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 Bien plus qu'une relation de maître à esclave...

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Anémone Âkerfeldt
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MessageSujet: Bien plus qu'une relation de maître à esclave...   Mer 1 Fév - 21:41


Nostalgique en face de la mer


Anémone s'était levée tôt, comme d'habitude. Elle s'était vêtue de son uniforme habituel: une robe blanche avec un corset noir. Elle arrangea ses cheveux comme elle pu grâce à un petit peigne cassé et mit ses chaussure avant de quitter sa petite chambrette d'esclave.

Une fois arrivée dans le couloir du palais de l'empire de Calormen, un de ses "supérieurs" lui demanda d'aller chercher de l'eau au puits. Chose qu'elle accepta avec une joie mal dissimulée: ce point d'eau indispensable au château se trouvait sur une terrasse qui donnait une vue magnifique sur la mer. Elle alla chercher un lourd seau de bois qu'elle porta difficilement jusqu'au point d'eau qui se trouvait de l'autre côté de la cour du palais de Tashbaan.
Une fois arrivée au puits, elle posa sa main sur la pierre dorée au soleil pour reprendre son souffle pendant cinq minutes. Si elle était déjà fatiguée après l'allée avec un seau vide, elle n'imaginait pas ce que ça allait donner pour le retour!

Elle mit ses gants de protection et envoya le seau au bout d'une corde au font du puits puis remonta à la seule force de ses bras l'eau remplie du liquide vitale, elle prit même appuis avec ses pieds pour éviter que toute l'eau qu'elle avait remonté après tout ses efforts ne retombe.

Une fois le seau assez proche du haut du puis assez près de la surface, elle se baissa et alla le chercher. De l'eau lui éclaboussa les mains, la soulageant de cette douleur brûlante qu'elle s'était infligée en se râpant les mains sur la corde tressée. Elle posa le seau du puis près de celui qu'elle avait amené et regarda la vue quand elle se redressa. Dire qu'il y a encore un an ou deux, elle ne se serait pas rabaissée à aller chercher de l'eau... Etant une sirène, elle en avait autant qu'elle en voulait et même plus.

Des larmes lui glissèrent des yeux, elle porta sa main à son visage et essuya ses yeux d'un bref mouvement de mains...Cela lui faisait toujours aussi drôle de pleurer...Vivant dans l'eau en temps normal, cela ne risquait certainement pas de lui arrivée.

Après un bon moment (elle ne saurait dire combien de temps) à regarder la mer, elle remplit le seau qu'elle avait apportée du précieux liquide et balança l'autre seau dans le puits. Il valait mieux qu'elle rentre maintenant sinon elle allait encore se faire taper sur les doigts.

Alors qu'elle était en train de forcer pour porter ce seau de malheur qui pesait une tonne,elle entendit une voix familière. Elle se retourna et fit une révérence en signe de respect reconnaissant le Tisroc.


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On peut très bien se venger sans tuer. Il y a tout un art de la vengeance et il se pratique avec lenteur, sadisme et fourberie, souvent sans faire couler une seule goutte de sang.
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Soren Eshbaan
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MessageSujet: Re: Bien plus qu'une relation de maître à esclave...   Lun 13 Fév - 20:58

Ces derniers temps, j'étais très songeur. A cause d'une seule pensée, j'en venais à reconsidérer mon royaume, et ma propre manière de vivre ! Un souverain se devait de penser au pays qu'il dirigeait presque chaque minute de sa vie, bien sûr. Mais il me semblait que jusqu'à présent, j'avais réglé le principal pour assurer la paix. Enfin, cette paix concernait l'ensemble du territoire, non pas l'intérieur. En effet, il arrivait qu'il y ait de très petites rebellions à l'ouest du royaume, que je savais désorganisé. Je ne les réglais pas par la force, parce que ce n'était pas vraiment utile. Ce dont j'avais peur, c'était une vraie rébellion de la part de mon frère ou d'un de ses sbires.

Mais passons. A vrai dire, ce qui me faisait tellement réfléchir, était l'arrivée proche d'une personne très chère à mon cœur. Elle était totalement étrangère à Calormen et ses coutumes, et c'était ce qui m'effrayait. En apprenant la réalité de l'esclavagisme au sein du territoire, chez les plus puissants en particulier, et parfois même chez des paysans, elle avait mal réagi. Je n'osais même pas imaginer ce qu'elle penserait de la "convivialité" de certaines personnes au palais... Je l'avais déjà rassuré sur le fait que je serai toujours avec elle, que rien ne pouvait lui arriver, qu'elle ne serait pas seule puisque ma sœur avait hâte de la rencontrer.

La conclusion que j'avais jusqu'à présent tirée, était que si elle acceptait de tout quitter pour venir vivre à Calormen, malgré le peu de connaissances qu'elle possédait sur le pays, c'était pour moi, avec ma personnalité, ma manière de vivre et celle des autres. C'était un sacrifice que je n'étais pas en mesure de lui retourner... Et pourtant, j'y avais songé, lorsque je n'étais encore que Prince. Ma vie à Calormen ne se résumait à rien, Yoren tenait le royaume d'une main ferme, aidé du roi de Telmar ; l'amour aurait pu me faire devenir un simple habitant de Narnia, méconnu de tout le monde, et déshonoré dans mon pays d'origine. Je n'avais pas pu imaginer que finalement, je serai à la tête de cet immense empire, qu'il fallait reconstruire pour préserver la paix, et préserver l'unité du peuple.

Rien ne m'empêcha aujourd'hui de penser à autre chose. Une petite affaire sans importance à régler à propos de l'argent du royaume ; une lettre à lire, puis à répondre, venant d'un tarkaan du sud ; bref, des affaires habituelles. Après être allé voir plusieurs fonctionnaires, notamment un des ambassadeurs venu des Sept-Îles depuis quelques temps, je sortis de l'intérieur pour aller dans l'immense cour du palais. Nous étions en hiver, et l'air maritime arrivant directement sur Tashbaan produisait une atmosphère assez fraîche, si bien que peu de personnes se trouvaient à l'extérieur. Personnellement, j'en profitais pour prendre l'air, réfléchir seul en dehors de ma chambre ou de la salle de Conseil, ou parfois discuter avec quelques personnes. Pour être tranquille, je me dirigeai vers le fond de la cour, face à la mer, dans le léger vent qui circulait. Une personne se trouvait déjà là, en train d'utiliser l'un des rares puits du palais.

« Anémone ? » demandai-je en reconnaissant la jeune esclave qui travaillait.

J'avais vu juste. Elle se retourna et fit une révérence presque immédiatement. Étonnamment, je ne pensais plus vraiment à mes soucis personnels. Je me rapprochai d'un pas plus rapide vers la jeune femme. C'était quelque chose de plutôt étonnant, mais Anémone était une personne que j'aimais bien. Quelque chose en elle avait toujours éveillé mon esprit, et elle semblait toujours être autre chose qu'une simple esclave. Sans que je me souvienne vraiment comment, j'avais établi avec elle une relation qui se rapprochait de l'amitié. Parfois, je sentais que je pouvais plus lui faire confiance qu'à d'autres personnes de mon entourage ; c'était peut-être en rapport avec le fait qu'elle soit muette, et soit analphabète.

« Attends. » Je me retournai et scrutai la cour à la recherche d'un autre esclave. Il y en avait deux, qui virent le signe que je faisais, et qui vinrent prendre les deux sceaux que remplissait Anémone. Ce n'est qu'en voyant le regard qu'ils lui lançaient, que je compris que cette idée n'avait pas été très bonne. J'espérais tout de même qu'elle n'aurait pas de souci. « Est-ce que tu vas bien ? » finis-je par lui demander. C'était là qu'on voyait que je n'avais pas une relation normale avec cette fille qui était esclave du palais. Le problème était qu'elle ne pouvait parler, donc la conversation se trouvait réduite. J'aurais pourtant bien aimé pouvoir discuter en toute liberté avec elle... Nous en étions réduits à une écriture irrégulière sur des bouts de parchemin.

« Avais-tu déjà remarqué la vue magnifique que l'on a ici ? » continuai-je tout de même.

J'attendis qu'elle réponde par un signe de tête. Puis, tous deux, en même temps, nous tournâmes le regard vers la vue en question, autrement dit, l'océan, et la vague forme de petites îles appartenant à Calormen. Le silence s'éternisa, mais il était pas dérangeant pour autant. J'en profitais pour me détendre un peu, penser à autre chose que tous mes soucis quotidiens et personnels. Toutefois, après un long moment, je me rappelai qu'Anémone n'était pas non plus mon esclave personnelle, et que si quelqu'un lui avait demandé de faire quelque chose, elle se ferait punir pour avoir du retard. J'avais beau être le Tisroc, je ne pouvais pas toujours arriver à temps et tout arranger comme je le voulais... Je pouvais quand même essayer.

« Es-tu attendue quelque part ? Je peux régler ceci, exceptionnellement. Pour le moment, je n'ai pas vraiment envie que tu partes. »


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They will come for you, to see what it means to be free of the shackles and the dreams that you claim to see. Felled in the night by the ones you think you love, they will come for you. And for every king that died, they would crown another...

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Anémone Âkerfeldt
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MessageSujet: Re: Bien plus qu'une relation de maître à esclave...   Sam 18 Fév - 20:54

Soren Eshbaan...Tisroc de Calormen. "Propriétaire" d'Anémone. Et... , plus surprenant, son ami.
Tout du moins, leur relation ressemblait à celle qu'on appelait "amitié". Anémone s'était toujours dit que les douces attentions que le nouveau Tisroc lui portait déjà quand il était prince et encore plus quand il avait pris la place de son frère exilé, Yoren, cachaient quelque chose... Mais il était le tisroc et ses désirs étaient des ordres, donc elle se devait d'accepter les cadeaux qu'il lui faisait. Le seul cadeau qu'elle avait réellement apprécié c'est ce tuteur qui lui avait appris à lire et à écrire...Elle cernait mieux les traditions et les coutumes de ce pays où régnait en maître cette chaleur si particulière même adoucie durant les mois de printemps, d'automne et d'hiver pour mieux ressurgir aux mois d'été torrides.
Soren avait toujours été là pour elle. Un jour, quand Yoren l'avait giflé quand une coupe de vin s'était renversé sur lui à cause d'elle, Soren avait osé s'interposer entre elle et lui, il s'était pris la seconde gifle que le - à présent - ex tisroc s'apprêtait à lui donner pour sa maladresse. C'est la qu'elle s'était souvenue de cette phrase qui lui avait dit quelques jours après son arrivée quand elle allait vraiment prendre son service.

Celui ci lui avait appris la dure réalité des esclaves au royaume de Calormen et si Anémone n'avait pas déjà perdu sa voix à ce moment, nul doute qu'elle aurait piqué une crise de nerf de tout les diables et alors qu'elle était en train de se débattre, Soren l'avait pris dans ses bras et lui avait murmuré doucement: "je serais toujours là pour toi, tu n'as pas à avoir peur". Il avait tenu sa promesse.
Quelques temps plus tard, il venait parfois "l'aider" en cachette (par exemple, quand ils se croisaient dans un couloir où il n'y avait pas un chat et que la muette était chargée comme un âne, il ne se gênait pas pour prendre une partie de sa charge et de discuter avec elle). Durant une de ses discussions, il lui parla de sa douce sœur, Crystal, qui était partie vivre à Cair Paravel (c'était en fait un exil ordonné par l'ex tisroc et aboli par le nouveau) et Anémone avait eu sur le coup hâte de la rencontrer.

Enfin bref, quand Soren avait reconnu l'esclave muette en l'appelant par son prénom (il a été le premier à ne plus l'appeler "la muette") elle s'était retournée et sans qu'elle ne comprenne pourquoi, il avait ordonné à deux esclaves de porter les lourds récipients. Elle ne récolta que les regards noirs qui ne se gênèrent pas de murmurer "chouchoute du tisroc!" avant de s'éloigner. Elle sentait déjà qu'elle allait encore avoir des problèmes.


« Est-ce que tu vas bien ? »

Elle secoua la tête en guise de oui. Elle avait failli ouvrir la bouche, elle n'était pas habituée au fait qu'elle avait perdu la voix mais elle devrait si faire! Elle savait aussi que le nouveau souverain de calormen aurait aimé discuté de vive voix avec elle mais ils n'étaient réduis qu'à écrire sur des bouts de papier et il arrivait à Anémone de faire des fautes d'orthographe ce qui n'était pas simple déjà qu'elle avait une écriture digne d'une gamine de cinq ans!

Elle risquait pas de beaucoup écrire avant, elle vivait dans l'eau!
Elle sorti pourtant un calepin et un stylo offert par Soren Eshbaan lui même quand il est arrivé au pouvoir.


« Avais-tu déjà remarqué la vue magnifique que l'on a ici ?

Elle écrivit d'une écriture irrégulière: oui, c'est magnifique!. Elle voulait surtout retourner à son travail. Elle n'était pas l'esclave personnelle de Soren et si elle arrivait en retard, elle allait se faire disputer.

« Es-tu attendue quelque part ? Je peux régler ceci, exceptionnellement. Pour le moment, je n'ai pas vraiment envie que tu partes. »

Elle hocha la tête et écrivit sur le calepin: oui, on m'a demandée d'apporter de l'eau en cuisine pour le repas de ce soir

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Soren Eshbaan
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MessageSujet: Re: Bien plus qu'une relation de maître à esclave...   Jeu 23 Fév - 22:46

Je laissai à Anémone tout le temps de répondre. Muette, il lui était dur de s'exprimer. Je voyais bien qu'elle hésitait parfois, ayant l'air d'avoir le réflexe de parler. Ceci me paraissait d'ailleurs étrange. La plupart des esclaves muets de Calormen avaient eu leurs cordes vocales coupées dès le plus jeune âge, ou au moment où ils avaient été achetés. Cela dépendait du seigneur qui achetait un ou plusieurs esclaves, mais aussi du parcours de l'esclave auparavant. Pour ma part, je trouvais idiot de les réduire au silence, voilà pourquoi j'interdisais cette pratique dans le royaume. Mais je ne pouvais, évidemment, pas surveiller chaque tarkaan, jusqu'à la province du fin fond du pays, ni les marchants d'esclaves. Cependant, pour une raison qui m'échappait, la jeune femme ne semblait pas avoir subi ce traitement-là. Je n'osais pas vraiment lui demander, et n'oserai probablement pas.

Finalement, elle sortit un carnet, utilisé normalement par les scientifiques, et qui n'étaient pas vraiment répandus. Cela permettait de ne pas mettre des bouts de parchemin partout, et c'était précisément ce qu'il fallait à Anémone. Elle put écrire, bien qu'elle était encore débutante. Depuis environ un an, elle avait fait des progrès impressionnants. Elle répondit à mes deux questions en écrivant suffisamment bien pour que je puisse comprendre. Je restai silencieux un court instant, une idée en tête. Je réfléchissais seulement à une chose : pouvais-je me le permettre ? Plusieurs autres idées arrivèrent, et je pris ma décision.

« Viens avec moi. »

Anémone rangea son carnet et ce qui lui servait à écrire rapidement, et dut me rattraper. Cette jeune esclave ne méritait pas l'état physique dans lequel elle était. Mais beaucoup ne méritaient pas ce qui leur arrivaient, non plus. J'allais, pour l'instant, m'occuper d'Anémone, et je verrai le reste après. Je me dirigeai vers les cuisines, ne faisant pas vraiment attention aux personnes s'inclinant à mon passage. Lorsque j'y fus, je dis au responsable de nommer quelqu'un d'autre pour la journée, ou du moins la matinée, pour aller chercher l'eau. Il n'eut d'autre choix que d'accepter, bien que je sentais que cela l'énervait. Tant pis hein. Sans autre mot, je fis demi-tour, allant cette fois-ci vers mes appartements.

Ma suite y était resté, tel que je leur avais demandé. Je leur demandai une cape à capuche, noire. J'en jetai un coup d’œil à Anémone, qui ne comprenait pas, et pris celle qu'on me tendait. Pour m'expliquer rapidement, je souhaitais lui acheter quelque chose. Malgré le fait qu'elle était l'esclave du palais, et pas mon esclave personnelle, elle pouvait porter une robe et des bijoux qui, tout en continuant de montrer sa situation, l'embellirait. Le problème était que, bien entendu, les autres esclaves risquaient de protester, bien que la moindre parole déplacée valait une série de dix coups de fouets.

« Je t'emmène au marché. Pas pour te vendre, ne t'inquiète pas. » rajoutai-je en voyant son air brusquement paniqué.

Sans rajouter autre chose, je pris la bourse d'argent qu'un jeune garçon de ma suite me tendit, se doutant que j'en aurais donc besoin. Je l'aimais bien, il était sympathique, drôle, serviable et me comprenait dans certaines situations ; sa jeunesse et sa naïveté me rappelaient mon adolescence. Mais bien entendu, il était dur d'être ami avec son maître...bien qu'il ne soit pas esclave. Sur ce, je repartis, cette fois-ci pour l'extérieur du palais. Anémone me suivit encore, ne devant toujours pas comprendre. Il fallait que je prenne soin de me balader avec la capuche sur la tête. Même si nous étions en pleine journée et que je paraitrais suspect, il valait mieux que l'on ne me reconnaisse pas dans la rue.

Après être sorti du palais, je dévalais les marches d'escalier, et au lieu de m'engager dans la rue principale qui allait du sommet de Tashbaan à l'une des sorties, je me dirigeai vers une ruelle un peu plus déserte. Là, dans un coin sombre, je me revêtis de cette cape, en mettant bien la capuche de façon à ne pas être reconnu. Je me tournai alors vers Anémone, toujours aussi perdue. A ce moment, je n'avais pas vraiment l'impression qu'elle était une esclave. Peut-être étais-je habitué à avoir des hommes et des femmes à mon service, ou peut-être tout simplement que je la voyais un peu plus comme une amie...

« Maintenant, je t'explique. Je vais te donner un peu d'argent pour que tu t'achètes ce que tu veux, une robe par exemple. Pas quelque chose de fantastique, mais seulement pour que tu changes un peu. » Je la vis secouer la tête en signe de refus, comme je m'y attendais. « Inutile de refuser. De toute manière, je vais ordonner à ce que les habits vous soient plus souvent changés. »

Mais ce que je pouvais aussi faire...c'était rendre Anémone esclave du Tisroc. Cela changerait ses habitudes : elle n'aurait plus à aller chercher l'eau dans un puits, mais seulement à me servir un repas déjà préparé, à s'occuper de petites affaires comme ranger mes appartements, mes vêtements, et autre. Elle pourrait aussi m'accompagner dans mes déplacements... Je ne savais pas si elle avait déjà vu autre chose que Tashbaan, à vrai dire. Enfin, cette question serait pour plus tard. En attendant, je lui tendis assez de croissants, la monnaie calormène, pour qu'elle achète une robe de meilleure qualité et peut-être plus élégante. J'allais, de mon côté, vérifier un peu comment se déroulait le marché dans les rues...

Je repris donc le chemin de la rue principale de Tashbaan, mais cette fois, je n'étais pas reconnaissable. Le marché se faisait sur une grande place, au milieu de cette rue, assez éloignée pour ne pas débordée sur le palais ou sur l'entrée de la ville.

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Anémone Âkerfeldt
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MessageSujet: Re: Bien plus qu'une relation de maître à esclave...   Ven 24 Fév - 21:42

Quand elle eu terminé son mot (oui, on m'a demandée d'apporter de l'eau en cuisine pour le repas de ce soir ), elle laissa le temps au Tisroc Soren de le lire et sans comprendre pourquoi, il lui demanda de le suivre après une petite hésitation.
Elle rangea son carnet et le suivit rapidement à travers les cuisines et Soren alla trouver le responsable - celui la même qui lui avait demandé d'apporter l'eau - il était bien évidemment mécontent qu'elle aie laissé d'autres esclaves s'occuper de sa corvée et était près à la réprimander mais quand il vit qu'elle était accompagnée par le Tisroc lui même, il ouvrit de grands yeux, surpris, que vient faire le chef de tout un empire dans les cuisines de son palais? Encore une surprise pour Anémone, il demanda au responsable de demander à quelqu'un d'autre d'aller chercher l'eau du moins pour la matinée au minimum.

Elle le suivi alors dans les appartements impériaux du Tisroc où attendait toute la suite (dame de compagnie du Tisroc, serviteurs et conseillers entre autres). Il demanda une cape noire à capuche qu'il mit pendant que Anémone se demanda de plus en plus ce que le Tisroc lui voulait.


« Je t'emmène au marché. Pas pour te vendre, ne t'inquiète pas.»

Elle soupira de soulagement. Elle ne voulait en aucuns cas être vendue et servir un quelconque homme! Soren prit une bourse d'argent, il voulait apparemment acheter quelque chose, et le suivit dans les ruelles de Tashbaan. Assez loin d'un palais, Soren se retournait et lui dit

« Maintenant, je t'explique. Je vais te donner un peu d'argent pour que tu t'achètes ce que tu veux, une robe par exemple. Pas quelque chose de fantastique, mais seulement pour que tu changes un peu. »
Elle secoua négativement la tête par peur d'être encore jalousée et persécutée par ses compagnons (la dernière fois, elle avait eu droit au contenu d'une marmite remplie de restes sur la tête pendant qu'elle passait sous une fenêtre les bras remplis de linges qui venaient d'être lavés )
« Inutile de refuser. De toute manière, je vais ordonner à ce que les habits vous soient plus souvent changés. »

Elle soupira et tendit la main quand il lui demanda, elle reçu assez de croissants pour s'acheter une nouvelle robe un peu élégante. l'air de ne pas vouloir la déranger, le Tisroc la salua et parti de son côté vers les marchés couverts.

Anémone regarda sa robe, elle était noire même les parties qui avaient du être blanches dans une autre vie avait viré au gris à cause de la saleté dans laquelle les esclaves étaient plongés.
En passant devant la porte d'une boutique, elle vit une splendide robe dans les tons beiges - bruns et or et entra. En pointant du doigt la robe, la vendeuse comprit qu'elle voulait l'essayer et n'eu de cure de ses vêtements salis à cause des travaux manuels révélant sa pauvre condition et l'aida à l'enlever. Elle l'aida également à mettre l'autre.

Elle se regarda dans la glace polie du magasin, la robe était un peu large au niveau du bas mais une paire de ciseau et on n'y verra que du feu! C'était bien la première fois - hormis la robe blanche hors de prix (volée bien entendu :/) que les pirates lui avaient enfilé de force quand ils l'ont vendue à Calormen - qu'elle portait une robe aussi luxueuse!

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Soren Eshbaan
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MessageSujet: Re: Bien plus qu'une relation de maître à esclave...   Dim 26 Fév - 10:40

Je laissai donc Anémone aller dans les petits magasins des rues. Je ne m'y connaissais pas vraiment en prix, mais j'avais dû lui en donner assez. Je veillai à bien avoir mis le capuchon ; je ne serais sûrement pas seul vêtu ainsi, voyant bien des étrangers venant à Tashbaan habillé d'une cape aussi noir que l'enfer. Les rues, resserrées, me plongeraient dans une ombre partielle, ce qui m'arrangeait aussi. Au lieu de passer officiellement, accompagné d'esclaves ou de gardes, où tout le monde s'efforcerait de s'incliner bien bas devant moi, en cachant ce qui pourrait être suspect. De même, si j'envoyais des personnes vérifier, ce serait pareil au final. Mais je n'avais pas l'intention d'y passer trois heures non plus. Je voulais laisser Anémone un peu seule ; elle pourrait prendre sa propre décision, et j'espérais qu'elle serait ravie.

Je passai donc devant tous ces commerçants, vendant une infinité de choses. On trouvait les réguliers, qui vendaient de la nourriture, et les plus rares qui proposaient des pièces de collection découvertes au fin fond du royaume, comme d'anciennes pièces de monnaie, des bouts d'ancienne architecture, de vieilles inventions qui aujourd'hui étaient passées dans la vie courante, etc. Au fond de la rue, on trouvait une petite place où étaient vendus les esclaves. Réglementer ça, ça serait pour plus tard... Je regardai avec précision un vendeur d'armes, notamment de poignards et de cimeterres. Je m'approchai de ce stand, et y jetai un coup d’œil. En général, les armes de ce genre étaient volées ; sans demander, je saisis un cimeterre de couleur gris et noir, qui semblait de très bonne qualité. J'enlevai le fourreau pour regarder la lame.

« Faites doucement, elle est tranchante. »

Je relevai lentement la tête vers le marchant, un gros bonhomme portant un turban, au teint très foncé, et à la longue barbe noire. Sans doute venait-il des provinces du sud. Je me retins de rire à sa remarque, mais n'en fis rien. A la place, je passai un doigt léger sur la lame, puis testai l'équilibre de l'arme. Le vendeur, voyant visiblement que le cimeterre avait attiré mon œil, me proposa deux poignards de même origine, assortis avec, tout en m'énonçant divers prix. Je me désintéressais totalement de ceci ; ce que j'avais remarqué en revanche, c'était la marque d'une très grande fabrique calormène, dont certains tarkaans utilisaient les armes forgées. En regardant les autres armes, je constatai que peu d'entre elles disposaient de cette marque, et étaient de moindre qualité. Je soupirai ; évidemment, j'avais de suite repéré un voleur.

« Avez-vous acheté tout ceci ? Ou les avez-vous volés ? » rajoutai en plongeant mes yeux dans ceux du marchant.

Bien entendu, il nia, et commença à s'emporter, prouvant par là sa culpabilité. Je levai les yeux au ciel d'un air exaspéré, et retirai mon capuchon. L'homme s'arrêta au milieu de sa phrase, en me fixant avec hébètement. Malgré cela, je pris quelques croissants et lui glissai sur la table où étaient entreposées toutes les armes. Étant honnête, je payai ce qu'il fallait, en rajoutant les deux poignards qui étaient de même fabrique, les fourreaux et les ceintures pour les attacher. Je n'avais pas l'intention de relever le nom de cet homme, de le faire torturer. Mais seulement le mettre en garde.

« Je n'apprécie pas les voleurs. La prochaine fois, revenez à Tashbaan honnêtement, ou ne revenez plus. »

Mon ton glacial sembla convaincre le marchant, bien que j'étais persuadé qu'il n'en ferait rien. Je remis mon capuchon, après avoir vérifié que personne ne m'avait vu, et repartis avec mes achats. J'allais tout de même faire une enquête là-dessus, auprès de la fabrique qui avait été volée. En effet, je ne supportais pas le vol, surtout pour un marchant. Plus loin, j'achetai deux pommes, et finis par revenir dans la rue où j'avais laissé Anémone. Elle ne devait pas être bien loin. Et justement, la voilà qui sortait d'un magasin, un paquet en main. Avec un sourire, je m'approchai d'elle.

« Viens, on rentre. Tu me montreras ça au palais. »

J'enlevai ma cape, et la tendis à Anémone ainsi mes achats, gardant cependant le cimeterre attaché à ma taille. Quelques minutes plus tard, nous arrivâmes au palais. Avant d'aller dans mes appartements ou de retourner dans la cour, je décidai d'aller voir l'homme se chargeant des esclaves du palais. On m'indiqua qu'il se trouvait dans les bains du palais ; peu importe, j'y allai tout de même. Je le retrouvai en train de se faire masser, bien heureux dans son petit monde. Sans un commentaire là-dessus, je commençai à parler avant même qu'il ne se soit levé et incliné.

«Daeren, je souhaiterais que les esclaves soient mieux vêtus. Si d'ici ce soir, j'en croise un mal habillé et sale, je reviendrai avoir une discussion avec vous. Prenez sur l'argent du palais, mais que ce ne soit pas à votre profit. Est-ce clair ? »

Le Daeren me regarda avec des yeux ronds, mais s'inclina à nouveau le plus profondément qu'il pouvait avec sa serviette autour de la taille. Je repartis en sens inverse, Anémone étant restée à l'extérieur des bains. L'avantage d'être Tisroc et de venir directement donner des ordres, c'était que ceux-ci étaient exécutés immédiatement. Je n'étais pas un tyran, mais je savais donner des ordres avec fermeté. Avant ça, j'avais tout de même été prince et l'un des généraux de l'armée calormène. Je revins dans mes appartements, suivi d'Anémone qui devait peiner à porter mes affaires et à me suivre d'un pas rapide depuis près d'une demi-heure. Cette fois-ci, je la fis entrer dans mes appartements, ordonnant à ma suite de sortir, excepté la seule femme qui m'aidait à m'habiller.

« Tu peux poser tout ça. » J'attendis qu'elle le fasse, tout en finissant de manger ma pomme, très délicieuse d'ailleurs. « Alors, cette robe ? »

[Je sais, ça va très vite les actions...OO' c'est rare que je fasse ça d'ailleurs. Enfin bref, si tu comprends pas, hésite pas à me demander, que ce soit ce post ou un autre.]

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MessageSujet: Re: Bien plus qu'une relation de maître à esclave...   Lun 27 Fév - 10:14

Anémone était en train de faire réajuster sa robe par la vendeuse avec une paire de ciseau. Elle se demandait toujours autant pourquoi le Tisroc était si gentil avec elle qui n'était qu'une esclave.
Quand elle est arrivée à la Cour de l'Empire de Calormen, il n'avait fait que lui adresser un bref regard à côté de son frère encore à la tête de l'Empire. Ce qui était logique puisque, d'après ce qu'elle en avait vu, les esclaves muets étaient monnaie courante.
Mais contrairement à elle, qui avait été empoisonnée, les autres avaient eu les cordes vocales tranchées. Pratique qu'elle trouvait cruelle et elle commençait à se demander si les hommes étaient tous aussi vils. Mais pour le moment, elle ne pouvait rien faire et se contenter de faire ce qu'on lui demandait.

Une fois sa robe mise à sa taille au niveau du bas, elle la paya et sorti pile poil au moment où elle vit Soren revenir les bras chargés d'un paquet rempli de pommes. Il lui sourit et, arrivé à sa hauteur, lui remit sa cape et son achat. Elle failli soupirer. Elle avait déjà son paquet à porter, qui pesait lourd et maintenant, elle devait porter les courses de Soren. Mais elle préféra se tenir à carreau.


« Viens, on rentre. Tu me montreras ça au palais. »

Elle dodelina de la tête et suivi son "maître" jusqu'à la Cour du palais, où il demanda où se trouvait le responsable des esclaves. On lui dit qu'il était en train de prendre un bain. Elle failli faire une tête blasée, les esclaves trimaient sous un soleil de plomb toute la journée et Mônsieur prenait un bain! Alors que si Anémone en avait un au moins une fois par semaine, elle pouvait s'estimer heureuse! Le fait que le responsable était en train de se relaxer ne freina pas Soren, bien au contraire! Il se dirigea vers les bains et Anémone préféra attendre à l'extérieur.

Elle entendit quelques éclats de voix et, après 10 minutes, revit le Tisroc sortir et elle se relança à sa poursuite et arrivèrent dans les appartements de Soren. Il fit sortir la suite qui était en train de jouer aux échecs à l'exception de la servante qui l'aidait à s'habiller.

« Tu peux poser tout ça! Alors, cette robe ? »

Elle déposa le paquet de pommes et son propre paquet qu'elle ouvra. Elle montra la robe dans les tons de beige, brun et doré qu'elle avait acheté.


Spoiler:
 

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Soren Eshbaan
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MessageSujet: Re: Bien plus qu'une relation de maître à esclave...   Jeu 19 Avr - 11:57

J'attendis que Anémone sorte son achat - qui était bel et bien une robe - de son paquet. Ce fut avec un sourire que je regardais le vêtement. Certes, ce n'était pas une robe que portaient toutes les jeunes femmes de la cour, mais après tout, Anémone était une esclave. Ce genre de robe paraissait d'assez bonne qualité, sans pour autant être très couteuse. Les femmes de la ville, ou de la campagne pouvaient bien porter ceci sans être riches.

Je restai silencieux un long moment, pensif, en regardant toujours cette robe. Même si j'avais ordonné à Daeron d'améliorer les conditions vestimentaires des esclaves du palais, aucune jeune esclave ne serait habillée comme elle, excepté les esclaves appartenant aux tarkaans et tarkheenas. Les seigneurs de Calormen se faisaient un plaisir de bien habiller voire maquiller leurs esclaves, à la fois pour montrer leurs richesses, mais aussi pour que le peuple ait une bonne image d'eux, sans savoir que ces mêmes esclaves étaient parfois maltraités inhumainement.

Mais bien sûr, tous les tarkhaans n'étaient pas ainsi, j'en étais la preuve même : jamais je ne m'étais énervé sur un esclave, malgré les erreurs qu'ils peuvent commettre parfois. Aujourd'hui, je pouvais leur rendre la vie meilleure, sans pour autant les libérer, car il fallait que je respecte les coutumes calormènes, et que je n'éveille pas le mécontentement des hauts seigneurs. En regardant Anémone, j'avais l'impression qu'elle n'était pas maltraitée, sûrement parce qu'elle faisait assez bien son travail ; mais peut-être n'était-ce qu'une impression. Finalement, avec un sourire, je m'adressai à elle :

« Elle est magnifique, et je suis sûr qu'elle te va à merveille. » J'attendis quelques secondes et m'assis sur mon lit. « Dis-moi, Anémone... Excuse-moi si le sujet est délicat, je t'autorise à ne pas me répondre si telle est ta volonté. Je me suis toujours demandé pourquoi tu avais vendu comme esclave à mon frère. La plupart des esclaves du palais ont été achetés en masse ; or toi, si je me souviens bien, tu avais été vendue seule, comme si tu avais été aussi précieuse que la princesse d'un autre royaume. Mais bien sûr, je ne doute pas de ta personnalité que je sais très belle, ni de ton physique qui pourrait faire palir n'importe quel homme si seulement tu n'étais pas esclave... »

Bon d'accord, je m'embrouillais un peu. Je ne voulais pas non plus passer pour un homme au coeur de pierre, à lui parler d'esclaves alors que le sujet était sûrement sensible pour elle ; de plus, j'avais été honnête dans mes compliments, et j'espérais qu'elle le prendrait bien. D'ailleurs, c'était face à l'impression qu'elle donnait parfois que je m'étais demandé pourquoi elle était esclave. Derrière ses yeux tristes, je décelais parfois une mélancolie à une vie belle et riche, remplie de secrets à tout jamais scellés. Je n'y pouvais rien, je voulais l'aider et la rendre un minimum heureuse. Pourquoi elle, et pas quelqu'un d'autre ? Allez savoir.

Beaucoup se posaient des questions, et ils n'avaient pas tord. J'étais Tisroc, et voilà que j'aidais une esclave parmi tant d'autres à mieux vivre ; autant que je la libère. Ce n'était pas une chose concevable. Mais il pouvait y avoir une autre solution... Elle serait accusée de favoritisme, et les rumeurs n'en seraient que plus belles, mais peu importe. J'attendis patiemment qu'Anémone réponde sur son petit carnet, comme elle le pouvait, avant de reprendre la parole avec douceur :

« J'aurais quelque chose à te proposer, et j'aimerais que tu acceptes. Je pense, honnêtement, que tu n'es pas faite pour être esclave ici, au compte du palais. Aussi, je dois t'avouer que je t'apprécie, et je souhaiterais te voir un peu plus souvent. Pour cela... Je voudrais que tu deviennes mon esclave personnelle. » J'attendis à nouveau quelques instants, et enchainai ensuite : « Je veillerai à ce que tu ne manques de rien, surtout au niveau alimentaire et vestimentaire, et ne t'épuiserai pas à toutes les tâches. Je pense aussi t'emmener avec moi chaque fois que je dois voyager quelque part, tu pourras ainsi connaître un peu le monde à l'extérieur de ces murs. »

A ce moment précis, j'avais l'impression que j'étais en quelque sorte son protecteur. Et pourtant...je ne l'étais pas. Je ne me faisais pas d'illusion : ceux que je fréquentais ne pouvaient être réellement mes amis, et encore moins une esclave. Je ne pouvais pas être non plus son protecteur, par question de convention. J'étais le dirigeant, et elle l'esclave soumise à son maître, en l'occurence moi. La seule chose que je pouvais faire, c'est la connaître un peu et lui faciliter la vie. Plus jeune, lorsque j'étais encore prince et surtout insouciant, je devais avouer que j'avais parfois profité de la vulnérabilité et de la soumission de certaines jeunes esclaves comme Anémone ; mais je ne ferai plus ça. De toute manière, j'étais à présent amoureux, et ça suffisait. Enfin, peu importe, ce n'était pas le sujet pour le moment.

« Je comprendrais si tu n'acceptes pas, et sache que je ne t'en voudrais vraiment pas. »

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Anémone Âkerfeldt
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MessageSujet: Re: Bien plus qu'une relation de maître à esclave...   Lun 25 Juin - 22:43

Elle montra sa nouvelle acquisition à son maître, Soren Eshbaan; tisroc de Calormen qui lui dit:

« Elle est magnifique, et je suis sûr qu'elle te va à merveille. » Il s'assit sur son lit « Dis-moi, Anémone... Excuse-moi si le sujet est délicat, je t'autorise à ne pas me répondre si telle est ta volonté. Je me suis toujours demandé pourquoi tu avais vendu comme esclave à mon frère. La plupart des esclaves du palais ont été achetés en masse ; or toi, si je me souviens bien, tu avais été vendue seule, comme si tu avais été aussi précieuse que la princesse d'un autre royaume. Mais bien sûr, je ne doute pas de ta personnalité que je sais très belle, ni de ton physique qui pourrait faire palir n'importe quel homme si seulement tu n'étais pas esclave... »

Elle avait écarquillé les yeux. Elle était bien la princesse d'un autre royaume...Celui des sirènes. Il l'avait deviné rien que comme ça? Elle soupira et écrit sur son cahier:"Merci du compliment mais je préfère ne pas répondre à votre question, si vous me le permettez".

On se demandait fréquemment, à la Cour, pourquoi le nouveau tisroc s'acharnait à faire mieux vivre une esclave. Autant la libérer! Mais le problème d'Anémone c'est qu'elle n'avait nulle part où aller et le seul endroit où elle souhaitait rentrer...Elle ne pouvait pas y aller. Comme un éternel exil dans lequel elle s'était elle même enchainée...

Après lui avoir montrer le mot, il enchaina avec:


« J'aurais quelque chose à te proposer, et j'aimerais que tu acceptes. Je pense, honnêtement, que tu n'es pas faite pour être esclave ici, au compte du palais. Aussi, je dois t'avouer que je t'apprécie, et je souhaiterais te voir un peu plus souvent. Pour cela... Je voudrais que tu deviennes mon esclave personnelle. Je veillerai à ce que tu ne manques de rien, surtout au niveau alimentaire et vestimentaire, et ne t'épuiserai pas à toutes les tâches. Je pense aussi t'emmener avec moi chaque fois que je dois voyager quelque part, tu pourras ainsi connaître un peu le monde à l'extérieur de ces murs. »

Elle? Son esclave personnelle? Elle n'en avait rencontré qu'un et c'était l'esclave personnel du Tisroc précédent. Mais il avait été déchu pour l'avènement du nouveau Tisroc. Il y avait de quoi hésiter. Bien sur, elle vivrait et mangerait mieux, elle verrait du monde mais elle ne voulait pas être déchue de droits durement acquis quand Soren ne serait plus là.

« Je comprendrais si tu n'acceptes pas, et sache que je ne t'en voudrais vraiment pas. »

Elle écrivit: "ce n'est pas ça -au contraire, ça serait avec joie- mais l'ancien esclave personnel du Tisroc a été déchu de ses droits quand vous avez été couronné et je n'ai aucunes envies que ça m'arrive un jour"

Quelques servantes apparurent à la porte après avoir toquée: "Majesté, vous nous avez fait appeler pour votre nouvelle esclave personnelle?"



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Soren Eshbaan
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MessageSujet: Re: Bien plus qu'une relation de maître à esclave...   Dim 5 Aoû - 14:22

Avais-je blessé Anémone ? Était-elle gênée de mes propos ? Ou portait-elle un secret trop lourd pour être révélé ? Ces questions tournaient dans ma tête, mais la raison reprit le dessus. Je ne pouvais pas la forcer à me répondre comme je le souhaitais, car je n'étais pas un tyran, et ne voulais pas l'être. Je respectais assez Anémone pour lui donner ce droit, surtout qu'elle en avait peu.
Je finis donc par lui proposer d'être mon esclave personnelle, et le silence qui suivit me fit hésiter. Anémone me laissait souvent perplexe, et ma sympathie unique envers elle me surprenait aussi, je ne pouvais l'expliquer. Peut-être étais-je allé trop loin. Je glissai quelques mots, et elle finit par me répondre sur son petit carnet. Je fus plus ou moins soulagé.

Je comprenais ses inquiétudes. Il était vrai que l'esclave de mon frère, muet comme Anémone, avait du subir un long interrogatoire. J'aurais pu le garder pour moi-même, mais il avait été bien trop proche de Yoren, c'était un danger. On lui avait posé de nombreuses questions, auxquelles il avait fini par répondre tant bien que mal, et il avait été simple de savoir s'il mentait ou non. Je l'avais envoyé travailler avec d'autres esclaves dans des chantiers, je ne savais pas où il était actuellement, ou s'il était même en vie. Forcément, je comprenais qu'Anémone s'inquiète. J'étais un peu vexé qu'elle pense directement à ma perte et à ce qui lui arriverait si tel était le cas. Après tout, il y a quelques siècles encore, tous les Calormènes se devaient de dire "Puisse-t-il vivre pour toujours" lorsque le Tisroc était mentionné dans une conversation. Aujourd'hui, le terme était obsolète, et je ne souhaitais nullement l'entendre à longueur de journée, mais c'était tout de manque une marque de respect.

Plusieurs servantes arrivèrent et s'inclinèrent avant que je n'ai pu répondre. Elles étaient arrivées un peu plus tôt, et cela me fachait un peu plus encore car Anémone risquait de croire que je la forçais à devenir mon esclave personnelle. Il était vrai que j'étais déterminé, mais je voulais aussi lui laisser un minimum le choix. Elle m'avait pourtant dit - ou plutôt écrit - que cela ne la dérangeait pas. Il fallait seulement que je la convainque par rapport à cette histoire d'ancien esclave de mon frère. Je fis signe aux servantes de se redresser, et leur adressai ces quelques mots : « Attendez quelques instants à l'extérieur. »
Je me tournai vers Anémone une fois qu'elles furent sorties de la pièce. Celle-ci conservait son air neutre presque indéchiffrable.

« Prie donc notre grand dieu Tash que cela n'arrive pas. » dis-je d'un ton sec. Je me repris, et continuai d'un ton plus doux : « Je n'avais d'autre choix que de renvoyer l'esclave de Yoren. C'était ça, ou il partait en exil avec mon frère, mais je ne voulais pas que Yoren puisse encore donner des ordres à qui que ce soit. Si quelque chose devait m'arriver prochainement, ma sœur me succèderait, et si c'est dans une vingtaine d'années, ce sera un futur héritier. Je sais que les complots sont forts à la cour, mais je ferai tout pour que quelqu'un que je connaisse bien soit au pouvoir. Pour revenir à l'esclave de mon frère, il fallait que je coupe définitivement les ponts avec l'ancien Tisroc et la tyrannie qu'il exerçait. Peut-être que son esclave connaissait trop de secrets ou aurait tout fait pour me voir mort afin que mon frère reprenne le pouvoir. Comprends-tu ma décision ? »

Voilà le risque d'être dirigeant d'un pays. Nos décisions ne sont pas toujours acceptées par tout le monde. Après tout, ma prise de pouvoir n'avait pas ravi tout mon peuple, puisque une partie des tarkaans et des habitants des provinces qu'ils gouvernaient s'étaient rebellés après l'exil de Yoren. Sans parler de la guerre civile contre mon frère pour le chasser du pouvoir, que j'aurais préféré éviter... Dans toutes mes décisions, le cadet de mes soucis avait été les esclaves, il fallait le dire.
Je n'aimais pas devoir expliquer ces décisions, mais j'en ressentais le besoin devant Anémone. Comme si j'avais du m'expliquer devant quelqu'un de mon entourage proche. Elle ne m'avait rien demandé, et il aurait été irrespectueux qu'elle le fasse, mais elle le sous-entendait plus ou moins.

« N'aie crainte, tu ne subiras pas la même chose, ou alors, ce sera dans très longtemps, aussi longtemps que je l'espère. » J'attendis un peu, et repris : « Acceptes-tu ma proposition ? »

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