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 « Tout bon exilé pense que ce qui vient d'ailleurs est toujours meilleur. »

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Yoren Eshbaan
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MessageSujet: « Tout bon exilé pense que ce qui vient d'ailleurs est toujours meilleur. »   Jeu 30 Aoû - 23:45

« Jamais l'exil n'a corrigé les rois. »


    Au loin, l’horizon semblait absorber le soleil. Yoren, étendu sur une vulgaire planche de bois, voguant où le vent le menait, ouvrit les yeux péniblement. Sa vision était trouble, tout paraissait irréel, l’air était frais et le vent, qui se faisait de plus en plus fort, venait fouetter ses cheveux mouillés et l’arracher à son lourd sommeil. Cela faisait maintenant deux jours que Yoren se laisser dériver, deux jours qu’il avait réussi à s’échapper de cette île peuplée d’indigènes cannibales, deux jours qu’il avait mis fin à ce cauchemar pour en commencer un nouveau. Mais ces deux jours semblaient une éternité aux yeux de Yoren qui, à bout de force et déshydraté, sentait sa vie lui filer entre les doigts. Pourtant, Yoren n’était pas du genre à abandonner. Mais qui aurait gardé espoir après avoir vécu l’enfer exilé sur île pour finalement se retrouver en pleine mer, seul et perdu ? L’océan à perte de vue semblait avoir eu raison de lui. Pour la première fois de sa vie, Yoren aurait voulu en finir. Après avoir donné la mort à des milliers de personne, il aurait tout donné pour accueillir la mort comme une amie aujourd’hui.
    Elle était loin l’époque où l’ancien Tisroc de Calormen baignait dans la luxure (et non dans l'eau salée), l’époque où il pensait être le meilleur et rien ne pouvait le stopper. Rien mis à part Crystal et Soren, sa propre famille, son sang, sa chaire… Mais à quoi pouvait-il s’attendre après avoir tué son propre père pour accéder au trône de Calormen? Comment avait-il pu penser qu’il pouvait mener une vie « normale » après cela ? Surement avait-il était, pour la première fois, trop orgueilleux et irréfléchi. Peut-être aurait-il dû tuer sa sœur, Crystal, comme il l’a fait pour sa gouvernante? Il n’y aurait eu alors aucun témoin et rien de tout cela ne serait arrivé… Il était à présent seul, en proie avec lui-même, au milieu de nul part, à se poser mille et une questions. Yoren savait mieux que tout le monde que l'on ne pouvait pas réécrire l’histoire. Il « vivait » aujourd’hui seul, ignoré de tous et déchu. Ce que la vie donne, la vie le reprend. Cette phrase avait alors pris tout son sens aujourd’hui.
    Yoren se savait condamné, qu’importe ce qui arriverait. Il pouvait rester sur cette planche et mourir. Il pouvait retourner sur l’île et mourir. Il pouvait être retrouvé par des pêcheurs, être ramener à Calormen où il ne serait pas, à coup sûr, accueilli à bras ouverts et donc mourir. « Au moins, j’ai l’embarras du choix, je peux choisir ma mort, ce n’est pas donné à tout le monde » ironisa-t-il dans ses pensées. Et pourtant, s’il avait eu l’opportunité de voir son reflet, il n’aurait pas été aussi sûr d’être reconnu. En effet, durant son long périple, Yoren s’était métamorphosé. On ne sort pas indemne d’un exil… Il s’était amaigri, ses cheveux autrefois soyeux et mi-longs avaient poussé, ainsi que sa barbe. Son propre père, s’il était encore de ce monde, aurait peiné à le reconnaître.
    Mais alors que le soleil avait totalement disparu, la dernière parcelle d’espoir en lui venait de s’éteindre quand un bruit inhabituel éveilla ses oreilles et attira son attention, un bruit qui ne lui était pas familier mais qui pourtant, le rassura. Peut-être approchait-il d’une terre? Un frisson le parcourut alors à cette idée « et si j’étais à nouveau de retour sur cette île affreuse ? Si le courant m’avait ramené là ? Si le destin avait définitivement décidé de s’acharner ? » se disait-il. Un sentiment alors inconnu s’empara de lui. Serait-ce de la peur? Non, ce n’était pas possible. Yoren n’avait jamais eu peur en vingt-quatre années sur terre. Il secoua alors la tête, comme pour se ressaisir. Des gouttes s’échappèrent ainsi de sa chevelure encore mouillée et éclaboussèrent sur son visage tendu et tiraillé par les épreuves qu’il venait de vivre. Malgré sa vue trouble, Yoren pouvait distinguer à une centaine de mètres des lumières, probablement dégagées par des chandeliers. Yoren porta alors ses mains au visage et se frotta les yeux. Ses mains, pleines de sel, brûlèrent ses yeux. Mais qu’importe la douleur, aussi minime soit-elle, il était fort. Il ne pouvait pas se permettre de laisser passer cette éventuelle chance d’évasion.
    Au loin, des bruits émanaient des petites lumières qui se rapprochaient de plus en plus. Il ne fallut pas moins de cinq minutes à Yoren pour distinguer que ces lumières provenaient en fait d’un navire et que les bruits étaient un vacarme humain. Il lui aurait été impossible de décrire alors le sentiment de soulagement qu’il a ressenti à ce moment là. Des humains qui parlaient, criaient et peut-être même chantaient, dans une langue qu’il comprenait. C’était bien la première que Yoren était « heureux » (ou presque) de voir des hommes civilisés, qu’importe si ces derniers étaient pauvres ou non, croyants ou non, Calormènes ou non… L’espoir semblait le regagner, le vent qui lui semblait si frais et si fort auparavant lui apparu alors comme une légère brise qui venait caresser son visage ; c’était comme une renaissance. Fidèle à lui-même, Yoren sentie sa hargne habituelle l’envahir de nouveau, le sentiment que peut-être, tout n’était pas perdu.
    « Tu vas rentrer Yoren. Tu vas rentrer sur ta terre et tu te vengeras. Seule la vengeance t’animera à présent, ils le regretteront de t’avoir fait subi ça… » À cette pensée, Yoren acquiesça un sourire machiavélique et, rassemblant ses dernières forces, il hurla. Il hurla à s’en casser la voix, il devait être entendu, à défaut d’être vu.

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MessageSujet: Re: « Tout bon exilé pense que ce qui vient d'ailleurs est toujours meilleur. »   Sam 8 Sep - 2:01

Océan.Soleil.Vent marin.Odeur salée.Je pouvais sentir tout ces cadeaux du ciel à un seul et même endroit.La mer c'était le paradis.Mon amour c'était mon navire.Tout deux été réunis à ma portée.J'étais reine dans son palace.Du haut de ma coq, j'admirais le soleil couchant qui plongeait lentement dans l'eau comme un poisson.Comme j'aurais voulu faire de même après cette chaleur.Cependant, mon équipage ne me l'aurait pas permis.Contrairement aux autres pirates,nous nous étions une vraie famille.Chacun se respectaient et auraient donnés sa vie pour l'autre.Nous n'étions pas des tueurs ou des mercenaires.Nous ce qui nous passionnaient c'était la mer et les trésors.Tout léquipage avait sa petite histoire.Harry avait perdu sa femme durant la guerre et s'était exilé sur un île pour enfin revenir à port e tnous rencontrer par hasard.En fait, rencontrer mon frère, car Harry avait étét le premier à l'aider à la construction du bateau.Puis est venu Charles, un marin d'expertise depuis so njeune âge.Son père lui avait montrer à pêcher dès ses un an.Il avait adorer et n'avait jamais quitté la mer depuis.Ensuite, le meilleur ami de mon frère,Ryan, s'intégra.C'est lui qui me déplaît le plus.Il est vantard et se croit tout capable.J'aime bien lui botter les fesses lorsqu'il me tape sur le système.Et surtout lorsque Jake me laisse lui donner une raclée.Tim,lui, c'est mon meilleure copain.C'est lui qui s'occupe de l'orientation.Il a une intelligence hors du commun ce garçon.On croit qu'il est faible et sans défence,mais c'est le meilleur escrimenur que je connaisse.Il trouve toujours la façon de nous désarmer en combat.En fait, c'est le seul qui m'a battu.Il y a aussi les jumeaux Alabano qui sont les comiques de notre équipage.Notre bon vieux loup de mer Zackary,bien évidemment qui est de trempe avec Charles.Puis, mon petit mousse préféré, Alex.Il est trop craquant ce gamin, mais c'est un vrai dure à cuire.Il sait se battre aussi bien qu'un adulte, mais il est aussi doux qu'un agneau.À chaque fois qu'il me parle, je me perds dans ses yeux remplis d'étoiles.Je l'adore comme s'il était mon petit frère.Puis, il y a le reste des marins que mon frère a engagé.Je connais tous leur noms,mais ils restent discret sur leurs histoire.

Bref, je regarde l'horizon du haut de ma vigie et respire à plein poumons la liberté qui m'est offerte.Puis, j'entendis un bruit sourd.J'ouvris les yeux et m'apperçue que la nuit était déjà tombé.Je m'étais assoupis.Je regardai en bas, puis vit mon petit mousse qu ime criait mille et une conneries pour attirer mon attention.Je lui sourit et lui répondit que je descendais.Prenant une grande respiration, je fermai les yeux et ouvrit mes bars pour former une croix et me laissai tomber dans le vide.À la dernière minute, j'attrapais la corde et traversa le pont pour me rendre à mon petit mousse.Alors qu'il m'iformai qu'il avait faim, j'annonçai le repas du soir.Tout l'équipage sortit notre butin avec appétit.La bière coulait à flot lorsque Ryan me renversa tout son alcool dessus.Ces yeux se remplirent de stupeur, puis il partit à rire.Folle de rage, je lui sautai dessus pur l'étrangler.Un combat de fer commença.Jake n'eut même pas le temps de s'interposer.Je balançai Ryan quasiment par dessus bord, lorsqu'il cria qu'il avait un homme à la mer.

-Tu ne t'en sortira pas en inventant des personnage imaginaire!, criais-je.

Je continuai mon combat sans me rendre compte que Jake criait des démarches pour amener l'homme mystérieux sur le pont.Les jumeaux m'empoignèrent pour que je cesse de me battre.Folle de rage, j'arrêtais sachant fort bien qeu mes amis ne me voulait aucun mal.Pourtant, je regardai à peine le nouveau venu.

*Je ne l'aime déjà pas, pensais-je

Il était dans un piteux état.Puis, mon frère l'invita à manger.Gardant ma moue de déplaisir, je m'assis sur un tonneau de bière et commença à jouer avec ma dague.Je me méfiais de cet homme, mais je ne savais pas pourquoi.C'était vraiment étrange.

-Alors, d'où viens-tu homme, demandais-je, et quel estton nom, finis-je avec une voix dure.

Mon frère me regarda avec des gros yeux plein de reproches masi je l'ignorai.
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Yoren Eshbaan
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MessageSujet: Re: « Tout bon exilé pense que ce qui vient d'ailleurs est toujours meilleur. »   Mar 11 Sep - 0:02

    Yoren hurlait à s’en cracher les poumons, l’eau salée qu’il ne cessait d’avaler lui brûlait le larynx. Il ressentait une vive douleur. La douleur… C’était la première fois qu’il la rencontrait. Il en avait connu des batailles, des combats, des guerres et s’en était sorti avec une unique cicatrice sur sa joue gauche.
    Le bateau était très proche de Yoren à présent. Il lui suffisait de tendre la main pour pouvoir laisser la coque de ce dernier glisser sous sa paume. Le bras tendu, il sentit un bois de qualité, un bois noble défiler contre sa main. Tout ce que Yoren pouvait redouter. Il ne voulait pas être « repêché » par une quelconque famille royale, être reconnu et donc reconduit en exil ou pire, à la potence. Des cris semblaient résonner en haut du navire mais ils paraissaient sourds aux oreilles de Yoren, car couverts par le cliquetis des vagues heurtant la coque du bateau. Yoren était perdu à réfléchir quand une grosse corde heurtant violement sa nuque.
    « Accroche ça autour de ta taille et sers fort garçon ! » criait un homme en haut.
    Après avoir passé brièvement sa main sur sa nuque pour tenter de se soulager, Yoren s’exécuta. Il enroula, tant bien que mal, la corde lourde et mouillée autour de sa taille.
    « C’est… C’est bon ! » tenta-t-il d’hurler, mais sa voix était tellement roque et cassée qu’il y avait peu de chance pour que quelqu’un l’entende. Néanmoins, il sentit son corps se dresser, se soulever lourdement et quitter, enfin, sa maudite planche de bois. Pendant qu’il se laissait hisser vers le haut, Yoren réfléchissait. « La voix que je viens d’entendre est tout sauf royale… Avec un peu de chance, ce sont des écumeurs des mers, des pêcheurs ou peut-être, dans le pire des cas, des pirates. » . Il fut arraché à ses pensées lorsqu’il heurta le planché du pont. Il fallut quelques secondes à Yoren pour comprendre ce qu’il se passait. Sa vue s’ajusta péniblement et il distingua alors quelques silhouettes. L’une de ces silhouettes le redressa d’un trait.
    « et bhen alors garçon, tu es dans un piteux état! On dirait que tu n’as rien avalé depuis des mois ! » S’exclama un vieux marin.
    Il reconnu alors la voix qu’il avait entendu quelques minutes auparavant. Sur ces mots, Yoren compris qu’il avait beaucoup changé. Pour la première fois depuis le début de son long périple, il examina ses mains, ses jambes, ses bras… Il n’avait plus que la peau sur les os. Il porta ses mains à ses joues. Une épaisse barbe avait fait son apparition. Il était donc méconnaissable. D’ailleurs, le vieil homme l’avait appelé « garçon » a deux reprises et non pas « Yoren » ou « Tisroc », rien qui n’évoquait son sang royal. Yoren ne savait pas quoi dire, il se contenta d’esquisser un sourire. Il n’avait pas l’habitude de sourire, et encore moins à des inconnus sur un navire, perdus en plein océan. Un autre homme, plus jeune, lui tapota joyeusement l’épaule et l’invita à manger. Ce n’était qu’un morceau de pain et du fromage qui, d'ailleurs semblait rance, mais qu’importe, Yoren n’avait pas mangé depuis des jours. Il commença à mâchouiller sa nourriture quand une voix féminine s’éleva.
    « Alors, d'où viens-tu homme et quel est ton nom ? » demanda la femme, d’une voix dure et déterminée.
    Yoren savait pertinemment qu’on allait lui poser cette question mais il ne s’y était pas préparé.
    « Je m’appelle Aralin m’dame, Aralin Ibeli, dit-il avec un accent de pêcheur prononcé. J’étais entrain de pêcher avec mon frère Alayb quand la tempête nous a emportés au large. J’ai perdu connaissance et puis j’me suis retrouvé à voguer sur c’tte planche » Yoren s’étonna lui-même. Il venait se sortir l’histoire d’un de ces anciens esclaves qu'il avait l'habitude de battre, tout en l’imitant à la perfection.
    Yoren balaya alors du regard les visages des dix marins présents, éclairés à la lueur des bougies. Tous semblaient y croire, même la femme qui, pourtant, continuait à faire valser une dague entre ses mains. Il leva ensuite la tête et aperçu, en haut du mat, un drapeau noir flottant dans les airs. Il avala bruyamment sa salive. Le sel présent dans sa gorge lui raviva sa douleur, il fronça les sourcils. « des pirates » pensa-t-il. Ne se laissant pas déconcerté, Yoren demanda sur un ton totalement détaché:
    « Qu’est-ce que des pêcheurs viennent faire un plein cœur de l’océan, la nuit, par un temps aussi calme ? »
    Il savait pertinemment que ces personnes n’étaient pas des pêcheurs, mais il devait détourner la conversation, qu’on ne parle plus de lui. Yoren posa à nouveau son regard sur la femme. À première vue, il n’appréciait guère sa vaine tentative de « l’impressionner » avec sa dague. Il n'avait pas l'habitude qu'on essaye de l'impressionner dans le mauvais sens du terme mais il appréciait son caractère déterminé.


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MessageSujet: Re: « Tout bon exilé pense que ce qui vient d'ailleurs est toujours meilleur. »   Jeu 13 Sep - 2:03

Je n'avais pas l'habitude de juger les gens avant de vraiment les connaître.Je prêtais attention à leurs faits et gestes pour essayer de démasquer leur vraie personnalité.On avait toujours dit de moi que j'étais une personne qui savait lire dans le coeur des gens.Ce qu'ils ne savaient, c'était que j'avais une vue plus grande que la moyenne, ce qui me permettait non seulement de voir loi, mais de remarquer les gestes subtils que les gens font sans s'en rendre compte.Au fil des années, j'avais su reliée certains geste à des personnalités bien précise.Tout être humain à ces mouvements.Un paysan va agir d'une façon et un pêcheur également.Un soldat va relever la tête et être très droit.Un serviteur de naissance va baisser la tête en présence de fortes têtes qui lui rappellerait ses maîtres.Le plus difficile était les bon acteurs.Oui la voix et les expressions donnait leur couleur mais les gestes ne mentaient jamais.Alors que l'homme s'exprimait dans un ton de marin assez brusque, auprès de mon frère, je remarquai une démarche totalement différente lorsqu'il accepta la nourriture qu'on lui offrait.Cela me rappelait les personnes riches de mon coin de pays.Une volonté sans fin et aucune frayeur.Pourtant, l'homme était sur un bateau de pirates.Cela piqua encre plus ma curiosité.Mon frère avait l'air de vraiment l'apprécier et ce qui me signifiait que démasquer cet homme serait fort difficile.Sans gêne, il me répondit à ce que je lui demandait.Son ton me tapait déjà sur les nerfs.Puis, son regard hautain me frappa encore plus alors que je jouais avec ma dague.

*Étrange, pensais-je

Personne n'allait vouloir me croire évidemment.La seule femme devait se faire forte auprès des hommes.On m'aurait prit pour une hystérique qui se souci de ses malheurs.Ce n'était pas moi.Cependant, mon instinct prenait souvent le dessus.On aurait dit de moi que j'étais dans une passe de femme et je voulais à tout prit rester loin de ce genre de commentaire. Je devais garder une certaine crédibilité au sein de mon équipage.Les hommes continuèrent à boire et l'étranger se massa à la foule.Pour être plus à l'aise et tranquille, je monta sur mon perchoir pour mieux l'observer.

Il n'avait que la peau sur les os et semblait souffrir de maux.Normal pour une traînée en mer!Cependant, il me cachait vraiment quelque chose.Les gars commencèrent à ce fatiguer et plusieurs décidèrent de se retirer.Contrairement aux autres, l'homme profita de l'air du soir.Il avait l'air soulagé, mais légèrement inquiet.J'essayai de forcer ma vue pour l'espionner davantage, mais il me faisait dos.Je voulu lui parler en privée pour lui tirer les vers du nez mais mon petit mousse ainsi que mon frère, sortirent à ma recherche.

-Léï!, cria mon petit mousse, viens! Je veux dormir avec toi ce soir, continua t-il, je ne veux pas faire.. en fait , tu sais pourquoi!

Je souris dans la nuit.Mon petit bout de choux était encore tout jeune.Il était normal pour lui de faire des cauchemars.Il vivait une vie d'homme depuis qu'il était bébé.Il essayait de se montrer fort, mais je savais qu'au fond, il était un petit enfant effrayé par le monde.

-Je descend, lui-criais-je pour le rassurer.

Et d'un saut vertigineux, je fus sur le pont.Mon frère s'approcha de l'étranger pour lui expliquer avec précision où se situait sa couchette.Je filai avec mon petit frère adoptif et le bordai.Je l'informai aussitôt que j'avais oublier quelque chose pour ne pas qu'il s'inquiète.Je n'aimais pas lui mentir, mais je devais savoir.alors que je vis l'homme entrer, je lui bloquai l'allée.

-Je sais que tu n'es pas ce que tu prétend être, commençais-je, ta présence sur mon navire ne me plaît pas du tout, continuais-je, je ne t'aime pas du tout, je dois être franche.Je ne te demande pas de te révéler, mais sache que je t'ai à l'oeil, finis-je.


Puis, je lui tournai le dos sans plus de mots.

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Yoren Eshbaan
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MessageSujet: Re: « Tout bon exilé pense que ce qui vient d'ailleurs est toujours meilleur. »   Ven 14 Sep - 0:11

    La femme, au prénom encore inconnu, ne cessait de jouer avec sa dague, tout en fixant Yoren. Il aurait voulu la fixer en retour, ne détacher son regard du sien que lorsqu’elle aurait baissé les yeux. Mais il n’était pas en position de force, il ne pouvait pas se permettre de s’attirer les foudres des dix pirates, les seuls personnes un tant soit peu civilisées qu’il avait croisé depuis des jours. Alors il se contenta de la balayer du regard. Il fit de même pour tout l’équipage, pour n'éveiller aucun réel soupçon.
    Un des marins offrit un godet de rhum à Yoren, c’était le vieux marin, celui qui lui avait lancé la corde. Yoren en bu un gorgée. Cette dernière lui enflamma la gorge mais il ne devait rien laisser paraître. En effet, les écumeurs des mers étaient connus pour leur attirance prononcée pour cette boisson et Yoren était censé être un marin égaré. En tant qu’ancien Tisroc, il était habitué à boire des boissons plus douces comme le vin rouge ou blanc, sûrement pas cette boisson qu’il considérait plutôt comme « alcool à brûler ». Le rhum aidant, l’ambiance se détendue rapidement. Les hommes blaguaient et Yoren se forçait à rire, d’un rire très naturel cela dit. Il s’essaya même à quelques plaisanteries, avec succès. L’équipage entier (ou presque) semblait l’avoir vite adopté. Il faut dire que Yoren est quelqu’un d’intelligent et de manipulateur. Il sait se faire apprécier si c’est pour obtenir ce qu’il veut. Ce qu’il voulait en l’occurrence, c’était que ces pirates le ramènent sain et sauf à Telmar. Là, il pourrait retrouver Edwin, son meilleur ami. Ils pourraient alors établir un plan pour remettre Yoren à la tête de l’empire Calormène.
    Bien qu’occupé à blaguer et à rire avec l’équipage, Yoren avait vu du coin de l’œil que la femme s’était mise à l’écart, en hauteur. « sûrement pour m’observer » songea-t-il alors. Mais très vite, les pirates commencèrent à se fatiguer. L’un d’eux était complètement ivre et ne pouvait regagner sa cabine seul. C’est ainsi qu’en quelques minutes, Yoren se retrouva seul sur le navire, avec bien entendu, la femme perché en hauteur. Il se leva du tonneau, posa son godet à moitié vide sur le sol et marchant vers le ponton. Il savait que la femme l’observait, il sentait son regard sur lui. Yoren décida alors de lui tourner le dos, pour l’agacer un peu. Il huma l’air frais, ferma les yeux et se sentit plus léger, comme si il venait de se débarrasser d’un lourd fardeau. Et il repensa à sa situation, se demandant comment les choses avaient pu s’enchaîner aussi vite, pourquoi le sort s'était-il acharné, d'un coup. La mutinerie, l’exil, les cannibales, les deux jours sur sa planche, le sauvetage inespéré et pourtant, tant attendu… Une voix l’arracha alors à ses pensées
    «Aralin, dit le pirate qu’il semblait être le capitaine de vaisseau, tu as de la chance, on a une cabine en trop ! » ce dernier se mit alors à expliquer avec exactitude où se trouvait cette cabine.
    « - Je te remercie…
    - Jake, moi c’est Jake !
    Une accolade plus tard entre les deux hommes, Yoren se retrouva à nouveau (quasi) seul. Il tourna et retourna encore la situation dans sa tête. Il devait convaincre l’équipage de l’amener à Telmar. Il espérait, au plus profond de lui, que leur destination n’était pas Calormen. Là-bas, il trouverait la mort à coup sûr. Il était persuadé que son propre frère serait prêt à le tuer. Après tout, peut-être que la famille Eshbaan était destinée à s’entre-tuer ? Yoren avait bien assassiné son père. Alors pourquoi Soren ne pourrait pas le tuer ? Qu’est-ce qu’il l’en empêcherait ? Il aurait, de plus, toutes les raisons valables de le faire et les trois quart des Calormènes soutiendraient sûrement Soren, l’actuel Tisroc.
    « Si seulement j’avais tué Crystal en temps voulu, rien de tout cela de serait arrivé » dit-il dans un murmure à peine audible.
    Mais Yoren fut à nouveau arrachait à ses pensées macabres. Jake était de nouveau là mais cette fois-ci accompagné du plus jeune des pirates. Très jeune même. Ce n’était qu’un enfant. Yoren s’interrogea alors sur sa présence. Que faisait-il là, à cet âge ? Une pensée effleura alors l’esprit de Yoren. Peut-être que c’était lui qui avait tué ses parents durant la guerre. Ou peut-être même qu’il avait réduit ses parents à l’esclavage, et les avait ensuite tués quand ils n’étaient plus assez efficaces à ses yeux. N’importe quel homme aurait été touché de penser cela. Mais Yoren restait impassible. Pour lui, c’était une pensée comme une autre. Et si cette dernière était vraie, c’était normal après tout. Il fut, jadis, l’homme le plus puissant et le plus barbare que Calormen est connu. Et ce n’est pas ce très jeune mousse qui allait le faire devenir sensible. Non, sûrement pas. Après tout, lui aussi n’avait plus de parents et il n’était pas malheureux pour autant. Au contraire, il n’avait jamais été aussi heureux que les mois qui suivirent l’assassinat de son père.
    Quelques secondes plus tard, la femme descendit enfin. « Tu ne pourras plus m’observer, c’est dommage » pensa alors Yoren, avec sarcasme. Jake, la femme et le petit s’en allèrent alors dans les cabines. Yoren décida alors d’en faire autant, tout en veillant à ne croiser personne. Cependant, la femme sortit d’on ne sait où et s’interposa entre Yoren et l’entrée de sa cabine.
    « Je sais que tu n'es pas ce que tu prétends être, ta présence sur mon navire ne me plaît pas du tout. Je ne t'aime pas du tout, je dois être franche. Je ne te demande pas de te révéler, mais sache que je t'ai à l'oeil. » dit-elle avant de tourner le dos à l’ancien Tisroc.
    Au fond de lui, Yoren était partagé entre l’envie de rire, l’envie de la faire passer par-dessus bord et par la "peur" d'être découvert sous son vrai nom, Yoren. Mais il se ressaisit vite. Si elle avait su qui il était réellement, ils l'auraient tué ou auraient pris peur. « tu payeras pour ton insolence plus tard » pensa-t-il.
    Il se contenta d’ouvrir grand les yeux, comme pour montrer qu’il n’avait pas compris, avant de dire (toujours avec son accent de pêcheur) :
    « Je comprends que ma présence puisse te gêner. Tu n’auras qu’à me déposer sur la prochaine terre habitée. De là, je me débrouillerais pour rejoindre Telmar par mes propres moyens. Après tout, je ne voudrais pas abuser de l’hospitalité de quelqu’un qui ne m’aime pas et qui… m’a à œil, je ne me sentirais pas libre de mes faits et gestes et c’est bien dommage pour un pêcheur, n’est-ce pas? »
    Les deux interlocuteurs de se regardaient pas mais la tension était palpable. Yoren sentait bien que la femme bouillonnait de l’intérieur. Elle avait peut-être réussi à deviner qu’il était un imposteur mais elle ne savait pas, à l’instant précis, cacher sa colère. Qu’importe, Yoren ouvrit la porte de sa cabine et lâcha un « Bonne nuit… M’dame ! » puis il sourit. Un sourire machiavélique bien entendu. Il savait que ce « bonne nuit » allait profondément l’agacer.


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MessageSujet: Re: « Tout bon exilé pense que ce qui vient d'ailleurs est toujours meilleur. »   Sam 15 Sep - 20:22

J'étais une fille simple qui ne cherchait pas les problèmes, mais lorsque quelqun me mentait cela me mettait hors de moi.Ce n'était pas tout le temps rose dans ma vie.Surtout à cause de ma faculté.Les gens me diraient: Mais voyons Leïla! C'est très utile comme don!Tu peux voir de loin, tu peux sauver des vies et dénoncer les escros!Ah oui? Et bien moi, je vois tout ce que je ne voudrais pas voir.Je ne peux pas sauver tout le monde!Est-ce si géniale de voir une jeune femme se faire agresser devant ses yeux sans pouvoir y faire quelque chose parce qu'on est trop loin?Savoir quand quelqun que tu aimes te mens?J'avoue que la vie est cruelle, mais j'aurais voulu garder cette innoncence d'enfant qui m'appartenait autrefois.Je me souviens d'une fois lorsque j'étais enfant et que j'étais avec mon père dans les champs.Les temps étaient chauds et pénibles pour les récoltes.Même les animaux avaient peine à survivre tellement cette chaleur était étouffante.J'avais trouvé une petite souris mort près du cours d'eau qui passait près de nos terres.J'étais revenue en courant à la maison, accablée.Pourquoi le destin avait choisi de tuer cette pauvre pettie souris?Mon père m'avait alors expliquer qu'il y avait un ordre à tout et qu'un jour ou l'autre un malheur tombrait sur la personne à qui ce destin avait été réservé.Cette réponse m'avait accablée encore plus, mais maintenant je savais que mon père n'aurait jamais pu me mentir, même s'il avait essayé.Puis, ma mère était venue me voir sur ma couette, alors que je posais délicatmeent le frêle petit corps de l'animal.Ma mère me dit que peut importe le destin, je pouvais y changer quelque chose, sauver des gens, venir en aide auprès des autres et leur éviter un moment tragique.Bien sur, maintenant que j'étais adulte, je voyais bien que ma mère essayait de me cacher une terrible vérité.Cependant, être dans son monde à elle m'avait toujours réconfortée.Mais si elle serait là aujourd'hui, je ne serais surement pas se que je suis devenu.Bref, la vie nous amenait plein de surprises dont plusieurs dont j'aurais pu me passer.Comme ce menteur qui était sur mon navire.

Je comprends que ma présence puisse te gêner. Tu n’auras qu’à me déposer sur la prochaine terre habitée. De là, je me débrouillerais pour rejoindre Telmar par mes propres moyens. Après tout, je ne voudrais pas abuser de l’hospitalité de quelqu’un qui ne m’aime pas et qui… m’a à œil, je ne me sentirais pas libre de mes faits et gestes et c’est bien dommage pour un pêcheur, n’est-ce pas?

Je le regardai incrédule.Alors comme cela, il voulait débarquer à Telmar.Mais pourquoi?Cette homme m'intriguait beaucoup plus que je le pensais.De plus, il mettait mon embarras sur ma faute.Comme si j'aurais eu pitié de lui.Lui un menteur!

*Désolé mon vieux, mais je n'aurais pas de pitié envers un homme de ta trempe, pensais-je.

Ces mots m'avaient choqués et je voulais quitter ce couloir à tout prix avant de lui casser la figure et de me faire faire la remontrance par mon frère.Je n'étais plus une enfant maintenant et je devais le prouver.Il n'était pas question que j'abandonne tout mes efforts pour un faux marin.

Bonne nuit… M’dame !

Cette seule remarque me fit virer au rouge.Quel insolence!Il savait e t je savais que je ne lui faisais pas confiance.Alors, pourquoi cette gentillesse soudaine?Ah! J'allais l'égorger vif cet homme!C'est alors que mon poignard sortit de ma poche par réflexe de rage et que je l'élançais vers le mur à quelques centimètres du visage de l'étranger.Je partis par la suite.Je me couchai près de mon petit mousse et essaya de ne penser à rien.Après plus de deux heures d'essaies, je m'endormis, mais j'avais l'oeil ouvert.

Le lendemain, je sortis de ma chambre avant tout l'équipage et marcha jusqu'à la coq du bateau où je m'assis confortablement.Alors que l'équipage sortait peu à peu, mon frère arriva en coup de vent sur le pont.Il avait l'air hors de lui

-Leïla!!!, hurla t-il

Je me levai d'un bond près à l'affronter, une fois de plus

-Pourquoi y a t-il un dague dans le mur?

Je baissai les yeux, car je savais que j'étais fautive, mais pas totalement.

-Qui as-tu voulu agresser? Et pourquoi? Nous sommes ta famille, bon sang!

-Non pas tous!, lui dis-je en pointant l'intrus du doigt, je ne lui fais pas confiance Jake, continuais-je, il ne m'augure rien de bon!

-Assez!, dit-il, cela en est trop Leïla!Tu n'as dont aucun respect?À partir d'aujourd'hui tu ne parles plus à l'étranger!

-Jake, tu ne...

-Suffit!

-Tu n'es pas mon père!, lui crias-je

Je partis folle de rage sur ma vigie adoré pour me remettre les idées clairs, ce qui ne serait pas facile.

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Yoren Eshbaan
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MessageSujet: Re: « Tout bon exilé pense que ce qui vient d'ailleurs est toujours meilleur. »   Jeu 20 Sep - 0:35

    Yoren était là, à l’entrée de sa cabine, tournant le dos à la jeune pirate, un sourire perfide dessiné sur son visage. Sa phrase semblait avoir l’effet escompté. Il ne la voyait pas mais il pouvait sentir sa colère, tellement cette dernière était intense. Et bien que très affaibli par son exil, Yoren n’avait pas peur. Depuis son plus jeune âge, il était habitué à se battre contre des personnes d’apparence plus fortes que lui, ce n’est donc pas maintenant qu’il allait changer, encore moins face à une femme. Petit à petit, il se rendait compte que son exil l’avait rendu encore plus fourbe et hargneux. Il en voulait à la terre entière. Il voulait que le monde paye pour la souffrance qu’il avait endurée. Pourtant, ces pirates l’avaient accueilli avec tant de gentillesse, l’avaient nourri et lui avaient proposé un lit. C’était loin du confort qu’il avait connu durant sa vie à Calormen et pourtant, aujourd’hui, ce pitoyable petit matelas semblait représenter à ses yeux le messie. Cela faisait des jours qu’il dormait sur une oreille. En fait, il ne dormait pas vraiment. Il se contentait de fermer les yeux quelques minutes, pour de pas mourir de fatigue. Mais comment trouver le sommeil sur une île peuplée de cannibale ? Ou encore sur une planche de bois, perdu au milieu de l’océan ? Malheureusement, il savait que sa dernière phrase ne lui permettrait pas de dormir tout de suite. Yoren sentait que quelque chose allait se passer et, à peine eut-il le temps de se tourner pour faire face à la terreur de la jeune femme qu'un bruit sourd retentit près de son oreille droite. Il pivota légèrement la tête et aperçu, avec stupeur, un poignard planté dans le mur. Il venait d’échapper à une nouvelle cicatrice sur son visage ou pire, à la mort. Yoren le savait, il ne pouvait pas mourir maintenant. Il devait d’abord se venger de sa sœur et de son frère, retrouver son meilleur ami et régner à nouveau sur Calormen.
    « Loupé » dit-il.
    Mais la femme était déjà partie. Yoren aurait voulu arracher la dague du mur, fouiller toutes les cabines, retrouver cette pirate et la poignardée en plein cœur. Il ne pouvait malheureusement pas le faire, il le savait pertinemment. S’il le faisait, s’en était fini pour lui, il finirait au fond de l’océan, noyé ou même pendu sur la vigie du navire. Et à vrai dire, il n’en avait pas vraiment envie. Il décida donc de laisser le poignard en vue, dans l’espoir que la femme se fasse réprimander ou punir par le capitaine. Yoren entra ensuite dans sa cabine. Il y était à l’étroit et ne pouvait même pas tendre les deux bras sans toucher les murs. En réalité, la cabine était à peine plus grande que le lit. Qu’importe, il s’en contentera. Il se laissa tomber sur le lit. Le matelas était dur, il n’y avait ni drap, ni oreiller, ni couverture. « C’est mieux que rien » pensa-t-il. Il ferma les yeux, encore imbibés d’eau salée. Il mit bien une bonne heure avant de trouver le sommeil. Non pas à cause de ce qui venait de se passer mais parce qu’il n’arrivait pas à arrêter de penser. Il avait déjà en tête des stratégies éventuelles pour remonter sur le trône de Calormen, il avait des idées de vengeance qui lui trottaient dans la tête.
    Sa nuit fut, pour la première depuis longtemps, paisible et longue, sans cauchemars ni rêves. Lorsqu’il ouvrit les yeux, ces derniers ne le piquèrent plus et il avait l’impression d’avoir dormi des heures durant. Il se sentait alors d’attaque pour affronter la journée, pour réaliser ce à quoi il pensait la veille au soir. Yoren se redressa. Il resta assis sur son lit quelques minutes, la tête enfouie dans ses mains. Sa main gauche effleura sa cicatrice qui semblait être cachée sous sa barbe. Il se frotta le visage, comme pour se réveiller et se mettre d’aplomb. Puis il se leva. Pour la première fois depuis son arrivée sur ce navire, Yoren sentit les mouvements de l’eau sous ses pieds. Il avait l’impression de tanguer à droite, à gauche, comme au cœur d’une tempête. Pourtant, quand il sortit de sa cabine et arriva sur le pont, un soleil radieux l’éblouit. Une légère brise souleva ses cheveux. Il prit une grande respiration. L’air, bien qu’humide, était frais et remplissait ses poumons. Yoren aurait voulu figer ce moment et qu’il dure encore longtemps. Mais ce qui pouvait s’apparenter à un moment de bonheur fit de courte durée. Le jeune mousse venait à son tour de se lever et, surement dans un but de paraitre plus vieux qu’il ne l'était, il attrapa fermement la main de Yoren et la serra.
    « Salut Aralin ! » s’exclama-t-il
    Yoren esquissa un sourire et le salua à son tour. Le vieux mousse arriva alors
    « J’ai bien cru que tu étais parti hiberner Aralin ! »
    Yoren n’avait pas envie de parler et supportait de moins en moins ces élans d’amitié des personnes qu'il connaissait depuis une soirée. Mais il ne laissait rien paraître.
    « J’ai cru aussi ! » dit-il en s’esclaffant.
    Un par un, tout les pirates venaient saluer Yoren. Ce dernier commençait à se familiariser avec son nouveau prénom. L’un des pirates lui offrit une pomme. Yoren commença à la croquer quand il vit Jake, le capitaine, sortir en trombe.
    « Leïla !! » hurla-t-il tout en se dirigeant vers la femme.
    Yoren n’eut pas la chance d’entendre ce que Jake avait à reprocher à Leïla. Mais leur conversation semblait être une dispute houleuse à propos de Yoren lui-même. Intérieurement, Yoren jubilait mais ne laissait, comme d’habitude, rien paraître.
    Jake passa devant Yoren en furie en lâchant un « salut, Aralin ». Yoren se contenta de lui faire signe de la main, tout en continuant à manger sa pomme juteuse. Il balaya le navire de regard et remarqua très vite que Leïla (il connaissait désormais son prénom) était perchée sur sa vigie. Elle avait l’air bien énervée, la couleur rougeâtre de sa peau trahissait sa colère.
    Une heure plus tard, Leïla était encore sur sa vigie mais semblait s’être calmée. Yoren décida donc, à contre cœur, de se diriger vers elle. Elle regardait l’océan et n’avait pas remarqué que Yoren s’approchait. Ce dernier s’éclaircit la gorge avant de parler, assez fort pour se faire entendre :
    « Leïla ! Je voudrais avoir une discussion avec toi ! Si tu ne veux pas, je ne suis pas pressé, je t’attendrais en bas ! »
    Puis il s’assit sur le premier tonneau venu, attendant Leïla.


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MessageSujet: Re: « Tout bon exilé pense que ce qui vient d'ailleurs est toujours meilleur. »   Mar 25 Sep - 1:16

Après ma dispute avec Jake, je m'étais évadée sur le toit de ma maison sur mer. J'avais de la difficulté à comprendre pourquoi ma propre famille ne me croyait pas. J'avais pourtant su réparer mes erreurs anciennes et me remonter aux yeux de mon équipage. Je voulais être prise au sérieux. Je n'étais plus la gamine d'autrefois qui avait des crises de colères et des hallucinations causés par mes cauchemars d'enfants. J'étais une jeune femme mûre qui ne voulait que possibilités d'être comprise et entendue. Étais-ce trop dure à avoir? Je trouvais pourtant que c'était simple à recevoir, un peu de confiance.

Bref, la journée continuait qu'en même. Même mon petit mousse n'osait pas venir me voir. Il savait depuis longtemps que mes sauts d'humeurs m'était difficile à contrôler. Jake n'était pas vraiment content et c'était rare qu'il se mettait en colère. J'avais l'impression qu'il voulait me nuire, mais ma raison me disait qu'il ne voulait que me protéger.

*En tout cas, il s'y prend un peu fort aujourd'hui, pensais-je, je ne l'ai qu'en même pas tuée, continuais-je dans mes songes, j'ai assez de visé pour éviter un homme.

Je me demandais même s'il doutait de moi. Avait-il encore le doute qu'il avait déjà eu jadis? Me croyait-il capable des horreurs que j'avais pu commettre dans mes crises de vengeances? Mon tuteur avait pourtant effacer toutes traces de méchanceté en moi. Oui, j'avais un gros caractère, mais jamais je ne serais aussi aveugler qu'autrefois. J'avais appris à me contrôler qu'en même! Ce seul saut d'humeur de sa part m'avait vraiment remis en question. Serais-je devenue trop dangereuse avec le temps?
Alors que j'étais perdue dans mes pensées, je ne m'étais pas rendu compte que l'équipage avait vaquer à leur occupations. Seul le marin dont je doutais fortement c'était placé près de ma vigie. La surprise se peigna sur mon visage lorsque ce menteur m'interpela. Il voulait qu'on discute. Moi!? Discuter ave lui? Alors là jamais! S'il pensait m'avoir , il perdait son temps!
Puis, j'aperçue Jake sur le pont. S'il me voyait agir de manière civilisé, peut=être allait-il de nouveau me faire confiance? Si c'était le cas, je n'avais donc pas de temps à perdre. Me réconcilier avec ce marin à la noix pourrait me sauver des jugements de mon équipage. Je sautai du haut de ma tour pour rejoindre l'homme qui ne m'avait jamais inspiré confiance. Puis, je m'avança vers lui d'un air déterminée. Le seul air qui me représentais en fait.

-Que me veux-tu, marin?, demandais-je en retenant ma répugnance et mes mots cinglants.

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Yoren Eshbaan
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MessageSujet: Re: « Tout bon exilé pense que ce qui vient d'ailleurs est toujours meilleur. »   Jeu 27 Sep - 23:20

    L’ancien Tisroc était assis sur un petit tonneau peu confortable. Le bas de son dos commençait à ressentir ce manque de confort. Et, à force de regarder la pirate en haut de sa vigie, son cou commençait également à le faire souffrir. À vrai dire, sa nuque était encore fragile depuis que la corde l’avait frappé. De plus, la nuit qu’il venait de passer sur un lit sans oreiller ni draps ne l’avait pas arrangé, bien au contraire. Quelques instants auparavant, Yoren se sentait d’attaque, plein d’énergie. Cependant, en y réfléchissant, c’était tout le contraire. Il avait mal partout, il était courbaturé et se sentait incapable de tout. Mais Yoren ne devait pas se laisser abattre, malgré le piteux état dans lequel il se trouvait physiquement, il devait rester mentalement fort. C’était un devoir.
    Il ne s’attendait pas à voir Leïla descendre du premier coup mais, cette dernière avait l’air tellement surprise qu’elle ne bougeait pas. Yoren se doutait bien qu’elle réfléchissait. Il avait envie d’hurler, envie de lui dire que s’il lui disait de descendre, elle devait descendre. S’il lui disait de l’écouter, elle devait l’écouter. S’il il lui disait de ne pas répondre, elle ne devait pas répondre. Bref, s’il lui disait de lui obéir, elle devait lui obéir. Il avait l’habitude de diriger les gens, même indirectement. Yoren était un fin manipulateur et il obtenait tout ce qu’il désirait. Mais il ne fit rien. S’il hurlait ou élevait un tant soit peu la voix, il se brûlerait tout seul. Il se contenta de fixer la jeune femme. Elle ne lâchait pas du regard Jake, le capitaine. Yoren avait deviné qu’un lien fort unissait ces deux personnes. Mais il ne savait pas encore si c’était un lien du sang ou un lien sentimental. Une chose est sûre, il allait devoir se rapprocher encore plus de Jake et obtenir son entière sympathie. Ainsi, il arriverait peut-être à convaincre Leïla qu’après tout, Aralin existait. Et, même s’il n’avait aucune envie de se lier d’amitié avec quiconque sur ce navire, il allait cependant jouer comme si.
    Leïla sauta de sa vigie et s’avança vers Yoren, d’un pas déterminé. Son air condescendant donnait à Yoren une furieuse envie de la frapper. Femme ou pas, il n’aimait pas être prit de haut. Il lui était supérieur. Il ne savait pas pour qui elle se prenait. Après tout, elle n’était personne, ce n’était qu’une simple pirate sans importance, elle n’avait aucune valeur et si elle n’était pas là, seuls ses proches s’en rendraient compte. Et depuis la veille au soir, l’instant où il avait fait sa connaissance, Yoren ne cessait de se répéter qu’il ne devait pas se rebeller, il avait besoin d’elle pour rejoindre Telmar. Mais une fois là-bas, il se vengerait et lui ferait payer son insolence.
    « Que me veux-tu, marin? » lui dit-elle
    À ces mots, Yoren devinait qu’elle était encore bien remontée contre lui, bien qu’elle essayait de le dissimuler. Comme hier soir, il ressentait sa colère. C’est comme si il pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert. La susceptibilité de Leïla n’avait d’égale que son arrogance. Yoren aurait voulu dire quelque chose pour l’agacer encore plus. Il avait toujours trouvé ça drôle de voir les gens s’énerver contre lui sans pour autant pouvoir faire quoique ce soit. C’était, en quelque sorte, son passe-temps, son petit moment de plaisir. Pousser les gens à bout, il aimait ça. Mais encore une fois, il devait se retenir, il n’avait pas le choix. Il devait lui répondre calmement, voir même s’écraser devant elle. C’était tout le contraire de ce qu’il souhait réellement.
    Yoren n’avait pas vraiment réfléchit à ce qu’il voulait lui dire, il savait simplement qu’il devait essayer de calmer sa haine envers lui. Il regretta presque de l’avoir appeler quand les mots sortirent naturellement
    « Je comprends que tu ne m’apprécies guère, dit-il d’une voix calme voir apaisante (une voix qui lui était alors inconnue), je suis arrivé sur ton navire, ton chez toi. Tu as dû m’accueillir alors que tu n’en avais nullement envie. Et à vrai dire, moi aussi je suis sur mes gardes et c’est peut-être pour cela que tu sens que je ne suis pas entièrement ‘moi’. Après tout, je ne suis qu’un simple pêcheur qui vient de perdre son frère. » Sur cette dernière phrase, les larmes lui montèrent aux yeux. Ce n’était pas joué, c’était des vraies larmes. Il avait vraiment « perdu » son frère, il le considérait comme mort à ses yeux. C’était donc des larmes de haine qui coulaient le long de ses joues mais nul ne pouvait savoir la nature de ces larmes.
    Puis il reprit, avant même que Leïla puisse répondre.
    « Je viens de perdre mon frère, répéta-t-il en reprenant ses esprits, et me voilà sur un bateau pirate. Par chance, je semble être tombé sur d’honnêtes pirates mais je reste sur mes gardes. Cependant, j’espère qu’on arrivera à trouver un terrain d’entente pour le bien de tout le monde ici. Jusqu’au prochain port… »
    Puis il se tut. Il n’attendait rien de la part de la jeune femme, du moins rien de positif.




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MessageSujet: Re: « Tout bon exilé pense que ce qui vient d'ailleurs est toujours meilleur. »   Mer 26 Déc - 4:36

J'avais toujours été du genre supérieur avec tout le monde. Je n'avais aucun plaisir à dominer les gens plus faibles que moi, car cela n'était guère mes intentions. Cependant, toutes les vermines de ce monde me rendait folle. Ils ne savaient pas comment vivre et on aurait dit que le mensonge était bien pour eux. Toute la haine du monde se retrouvaient dans leurs yeux et je crois bien que c'est pour cela que je ne faisais pas confiance à beaucoup de gens. J'avais tellement vu de pauvres gens se faire poignarder dans le dos que j'étais sur mes gardes en permanence. Ces gens-là pouvaient être de vrais perles rares, mais ils leur fallait beaucoup de patience avec moi, parce que je ne laisse personne entrer aussi facilement dans ma vie. Seul mon équipage a mon entière confiance, même Ryan malheureusement. Il peut être un vrai salop parfois, mais il ne nous trahirait pour rien au monde. On était en quelque sorte une famille et personne n'était laisser derrière. Nous ne sommes pas des pirates à l'eau de rose, mais pas non plus des pirates qui tue pour tuer. Ce qui nous passionnait tous était les trésors anciens que l'on pouvait s'approprier pour survivre et manger à notre faim, pour ne manquer de rien. Bien sur , ce n'était pas une manière saine de gagner sa vie, mais nous adorions tous l'océan et les aventures. C'est pourquoi aujourd'hui, nous sommes autant près les un des autres. C'est lorsqu'un étranger arrive que tout se brise. Cette harmonie maintenant briser à cause de se marin menteur. Je ne le croyais pas une seconde, mais Jake lui ne voyait rien d'étrange à celui-ci. Cela me frustrait et je devais tout faire pour ne pas que mon frère me croit immature et qu'il me croit intraitable. Je devais faire de gros efforts pour ne pas retomber aussi bas qu'il y a quatre ans. Bref, je devais aller à la rencontre du marin qui venait tout juste de m'interpeler. Je l'avais questionner fort durement même si ma mission était d'être aimable avec lui pour faire réaliser à mon frère que j'étais capable d'être sereine. Puis, il se justifia à moi.

Je comprends que tu ne m’apprécies guère, dit-il d’une voix calme voir apaisante (une voix qui lui était alors inconnue), je suis arrivé sur ton navire, ton chez toi. Tu as dû m’accueillir alors que tu n’en avais nullement envie. Et à vrai dire, moi aussi je suis sur mes gardes et c’est peut-être pour cela que tu sens que je ne suis pas entièrement ‘moi’. Après tout, je ne suis qu’un simple pêcheur qui vient de perdre son frère.

Je l'écoutais avec attention en essayant de trouver une seule erreur qu'il aurait pu commettre. Cependant, lorsque des larmes coulèrent sur les joues de l'homme, elle hésita. Elle aurait su reconnaître de fausses larmes, car tous ceux qui essayaient de l'amadouer avec une mimique de yeux qui faisait en sorte que les larmes coulaient d'elles-mêmes. De plus, l'homme n'avait pas eu d'absence, donc pas le temps de préparer ses larmes. Celles-ci étaient vraies et étrangement, les sentiments qu'émanait du supposé marin était pure et véritable. Cela m'ébranla grandement et je ne sus quoi dire.
Je fronçai les sourcils, car ses mimiques redevenaient fausses. Cette situation était un vrai cercle vicieux. On aurait dit qu'il avait cru me toucher ou m'avoir eu. Cependant, le doute regagnait peu à peu mon esprit. Je ne pus m'empêcher de dire ce que je pensais, mais il me coupa avant que je ne puisse dire quoi que ce soit.

« Je viens de perdre mon frère, répéta-t-il en reprenant ses esprits, et me voilà sur un bateau pirate. Par chance, je semble être tombé sur d’honnêtes pirates mais je reste sur mes gardes. Cependant, j’espère qu’on arrivera à trouver un terrain d’entente pour le bien de tout le monde ici. Jusqu’au prochain port… »

Tu as beau avoir perdu ton frère et c'est comprenable d'être triste. Mais la vie continue. On vit pas dans un conte de fée ici. La vie est extrêmement dure et elle ne te fera jamais de cadeaux. Elle n'en fait jamais crois-moi. Il faut se battre pour survivre dans se bas monde. Si tu te perds dans la tristesse et les sentiments , rien ne pourra te sauver. Commence par arrêter de jouer un rôle et après on verra pour le terrain d'entente. Mon frère croit peut-être que tu es vraiment celui que tu prétends être et peut-être l'es-tu? Cependant, je ne suis pas le genre de personne a laisser entrer des étranger dans ma vie aussi facilement. Alors, ne croit pas être copain copain

Je sentais regard de faucon de mon frère dans mon dos. Ça me glaçait le sang à chaque fois qu'il faisait ça. Je me tournai vers lui pour le regarder droit dans les yeux et il sourit content de lui. Je levai les yeux aux ciel et tourna le dos au marin. Quelques heures passèrent et l'après-midi commença. Ryan sortit son épée et proposa un combat amical entre les pirates. Je fus la première à me prononcer contre lui et il faillit m'avoir, mais un coup de bottes en plein visage l'avait fait mordre la poussière. Alors que les jeux continuaient, mon petit mousse repéra des ennemis au loin. Il sonna l'alarme et tout l'équipage s'arma. Mon frère accouru vers le nouveau marin et lui tandis une épée. Je regardai le marin avec attention pour voir comment il allait s'y prendre pour se défendre. Je me dis que garder un œil sur lui pourrait lui permettre de gagner davantage le respect de son frère. Puis, l'ennemie s'approcha du bateau et attaqua.
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Yoren Eshbaan
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MessageSujet: Re: « Tout bon exilé pense que ce qui vient d'ailleurs est toujours meilleur. »   Dim 6 Jan - 19:32

    Les larmes, aussi fausses soient-elles, roulaient sur les joues de l’ancien Tisroc. Il s’étonnait lui-même et semblait avoir semé le doute dans l’esprit de Leïla. Mais dès lors qu’elle recommença à lui parler, il sentit que son animosité envers lui était bel et bien de retour.

    « Tu as beau avoir perdu ton frère et c'est compréhensible d'être triste. Mais la vie continue. On ne vit pas dans un conte de fée ici. La vie est extrêmement dure et elle ne te fera jamais de cadeaux. Elle n'en fait jamais crois-moi. Il faut se battre pour survivre dans se bas monde. Si tu te perds dans la tristesse et les sentiments , rien ne pourra te sauver. Commence par arrêter de jouer un rôle et après on verra pour le terrain d'entente. Mon frère croit peut-être que tu es vraiment celui que tu prétends être et peut-être l'es-tu? Cependant, je ne suis pas le genre de personne a laisser entrer des étranger dans ma vie aussi facilement. Alors, ne croit pas être copain copain. »

    Ne souhaitant pas l’offusquer d’avantage, Yoren écouta attentivement la jeune pirate. C’était comme s’il buvait ses paroles. Il porta sa main à son visage et essuya ses larmes qui lui piquaient la peau. Il n’avait pas pour habitude de pleurer, bien au contraire. Mais cette sensation nouvelle lui déplaisait. Il détacha un bref instant son regard des yeux de Leïla et remarqua que Jake les observait. Alors, pour ne pas se mettre le capitaine à dos, Yoren acquiesça sans répondre. La jeune femme tourna alors les talons, le laissant seul. Ses dents se serrèrent, de rage. Pensait-elle vraiment pouvoir lui apprendre la vie ? Si elle savait à qui elle avait réellement affaire, son discours serait sûrement tout autre. Bien-sûr, elle ne devait probablement porter la famille Eshbaan dans son cœur pour avoir choisit de vivre une vie de pirates. Vivre sur l’océan et pas sur les terres Calormen. Yoren savait mieux que quiconque qu’il fallait se battre pour survivre, pour vivre et ne pas se laisser tomber dans la fatalité des sentiments. Après tout, il avait tué son propre père pour arriver à ses fins. C’était cette vie qu’il avait décidé de mener, sans remords, sans sentiments et surtout sans tristesse. Il était né comme cela. Insensible et cruel. Leïla pouvait bien lui donner des ‘conseils’, il n’en avait que faire. Mais il ne laissait rien paraître. Sur ce navire, il n’était pas Yoren Eshbaan, ancien Tisroc de Calormen et, accessoirement, ancien tyran. Non. Sur ce navire, il était Aralin Ibeli petit pêcheur telmarin perdu en mer, qui avait vu mourir son frère sous ses yeux durant la tempête. Il n’était, en somme, personne, un sombre inconnu. Mais aucun de ces pirates ne sauraient qu’ils ont aidé un tyran à regagner la terre ferme.
    Quelques minutes après l’échange avec Leïla, Yoren se vu offrir de quoi manger par Jake. Les deux hommes mangèrent ensemble, dans la bonne entente. Et lorsque l’après-midi fût déjà bien entamée, un pirate un peu prétentieux nommé Ryan proposa à l’équipage, ainsi qu’à Yoren, des duels à l’épée, pour tuer le temps. Tout le monde accepta de bon cœur. Leïla fut la première à défier Ryan. À le défier et à la battre. Yoren applaudit, comme pour montrer à Leïla qu’il n’était pas un mauvais garçon. L’ambiance se détendait peu à peu lorsque le son de la cloche retentit. Tous les pirates coururent à droite, à gauche et s’armèrent. Yoren savait parfaitement ce que cela signifiait même s’il n’était pas censé le savoir.

    « Que se passe-t-il ? » cria-t-il

    Mais avant qu’il n’eu le temps d’obtenir une réponse, le capitaine lui tendit une épée. Ce n’était pas le genre d’épée avec lequel il avait pour habitude de se battre. Son épée de Tisroc était bien plus lourde et plus travaillée. Mais l’épée qu’il tenait actuellement pouvait être tout aussi mortelle. Le problème étant qu’il n’était pas supposé savoir se battre. Du moins, il ne devait pas se battre à la perfection comme il avait appris depuis sa tendre enfance. Cette attaque ne tombait donc pas à pic. Devait-il prendre le risque de se battre comme on lui avait appris et se faire démasquer ? Ou devait-il jouer encore la comédie et risquer sa vie ? Yoren sentait le regard de Leïla sur lui. Elle allait probablement l’observer, sans relâche. La deuxième option lui parue alors plus adéquate. Il regarda alors Leïla, les yeux emplis d’une fausse peur.

    « Que dois-je… »

    Un coup de canon retentit avant qu’il ne pu terminer sa phrase. Yoren plongea sur le sol du bateau pour ne pas partir avec ce boulet de canon et mourir. Il se releva doucement pour n’éveiller aucun soupçon puis se tourna à nouveau vers Leïla. Cette dernière repoussait, péniblement, les pirates qui voulaient envahir le navire. Il était trop tard à présent. L’ennemi était sur le bateau. Yoren se défendu sans trop en faire. De temps en temps, il tombait, jouait la comédie. Mais lorsqu’il vu que Leïla était encerclée par trois pirates ennemis, il courut vers elle. Il planta son épée dans le dos d’un des hommes. Le pirate tomba. Un nouveau coup de canon retentit. Yoren tendit la main à Leïla pour l’aider à se relever. Les yeux ronds, il finit par hurler.

    « Je n’ai aucune idée de ce que je dois faire ! »


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MessageSujet: Re: « Tout bon exilé pense que ce qui vient d'ailleurs est toujours meilleur. »   Mar 8 Jan - 14:35

Je n'avais pas prévu me battre aujourd'hui, mais comme disait toujours notre vieux loup de mer, on pouvait jamais prévoir une bataille, mais seulement être prêt lorsqu'une s'annoncerait. Nous avions toujours prévu des minutions et des armes sur le pont pour qu'elles soient faciles d'accès. Nous avions établis un mécanisme qui faisait en sorte que le bas de la vigie s'ouvrait par un levier et laissait place à une vraie mine d'or en armes. Toutes les lames avaient été soigneusement aiguisé, puis rangé avec précautions. Chaque pirates avaient leur armes préférées. Pour ma part, c'était mon sabre ainsi que deux dagues à trois lames. Elles étaient très légères et elles me permettaient de les lancer aisément. Je tenais cette précision de mon mentor qui avait été le seul homme que je connaissais qui avait pu manier de telles armes. Après quelques semaines de travail intensif, j'avais finalement réussi à être habile avec ces petits bijoux.

Les matelots sur le pont ne savaient plus comment contenir leur rage. Ils haïssaient toujours les attaques sournoises des autres pirates puisqu'ils savaient qu'il y aurait des dégâts à ramasser par la suite. C'est pourquoi, nous nous empressâmes toujours de limité les dégâts pour éviter des réparations inutiles. C'est alors, que le navire adverse envoya ses pirates sur notre pont. Ils pénétrèrent dans notre libre arbitre comme des rats et cela m'enragea. Je fonçai dans le tas en gardant un œil sur mon imposteur favoris. Voyant qu'il risquait de mourir après deux minutes de cette attaque, je me reculai vers lui, découragée. J'avais l'impression de jouer à la gardienne d'enfant avec ce pauvre type. Ma corvée me mit dans une situation plutôt embarrassante. Trois hommes étaient sur moi en même temps. Je pouvais gérer cette galère pendant quelques instants, mais c'était très dangereux. Puis, le pire arrive, un homme était dans mon dos. Mon cerveau roulait à mille à l'heure et j'essayais un plan plutôt suicidaire pour me sortir de cette galère. Cependant, je n'eue pas à faire grand chose puisque le supposé marin avait enfin compris l'essentiel d'une épée. Soupirant de découragement, je voyais bien que l'homme tenait l'arme n'importe comment. Je me relevai sur mes coudes puisqu'un coup de canon avait fait trembler le navire et m'avait projeté au sol. Je pris avec regret la main que l'homme me tendait. Il me leva comme si je pesais une plume. Cette homme avait du muscle! Comment pouvait-il ne pas être capable de se battre avec une musculature pareille? Une question qu'il ne voudrait surement pas me répondre. Je me refroidis l'esprit en me disant que l'heure n'était pas à la justice d'un homme, mais bien à celle de tout un équipage.

« Je n’ai aucune idée de ce que je dois faire ! »

Je levais les yeux au ciel encore plus découragé de l'attitude de mon interlocuteur.

-On devrait enseigner le maniement des armes à tout les enfants sur cette terre, bon sang!, maugréais-je

Je m'assurai qu'on ne courait aucun danger et que les pirates ennemis étaient tous occupé à se tailler à l'un de mes hommes. Puis, je me retournai vers l'homme complètement inutile sur mon bateau.

-Empoigne le manche avec force et ne fait qu'un avec ta lame. Suis là et donne lui du mouvement. Tu es un homme fort. Emploi cette force avec ton arme pour obtenir une forte puissance.Reste toujours en équilibre c'est ça la clé! Sinon tu va te faire embrocher comme un poulet.

Puis, je vis mon petit mousse pris au piège par deux pirates. Un troisième semblait attiré par la scène d'un gamin qui allait se faire embrocher.

-Je dois protéger mon navire! Va dans la cale si tu sens que tu te sens trop impuissant, lui criais-je

Je poussai un cri de guerre qui alerta les hommes autour de mon petit mousse. J'attaquai avec force et efficacité. Je pris une corde et m'y agrippa pour cogner le pirate de toutes mes forces avec mes bottes. Celui-ci tomba à la renverse et je mis fin à ses jours. Puis, mon petit mousse en finit un autre. Je m'occupai du curieux qui affolé, tomba à la mer. Puis, je regardai autour de moi. Nous avions terrassés tout les pirates et leur navire coulait maintenant à côté du nôtre. Je regardai la scène les mains sur les hanches, satisfaite du travail de mes matelots. Puis, du coin de mes yeux, je vis un sournois qui s'avançait vers le marin.

-Ah pitié! Ce n'est pas vrai, maugréais-je.

L'homme restait figé sans rien dire pendant que l'ennemi levait son épée pour le finir comme un morceau de viande. Aussi rapide que l'éclair, je lançai ma petite arme qui siffla et alla se figer dans le torse du pirate qui s'écroula sur le pont. Je m'approchai de celui qui avait failli y laisser sa vie et le regarda dans les yeux.

-Vous feriez mieux de commencer à savoir vous défendre, car ce ne sera pas le premier bateau de pirates que nous allons rencontrer avant de déposer pied à terre., lui dis-je.
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Yoren Eshbaan
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MessageSujet: Re: « Tout bon exilé pense que ce qui vient d'ailleurs est toujours meilleur. »   Sam 19 Jan - 14:37

    Yoren venait de, pour ainsi dire, sauver Leïla qui ne pouvait pas s’en sortir avec les trois hommes autour d’elle. Cependant, il ne s’attendait non plus à des remerciements de sa part. À la place de cela, il la vit lever les yeux au ciel, comme pour montrer son mécontentement. Intérieurement, la rage s’empara de lui. Et, pendant une fraction de seconde, il hésita à s’allier avec les ennemis de ses sauveteurs. De là, il pourrait se battre contre cette pirate, lui montrer qui il était vraiment. Mais le regard de l’ancien Tisroc se posa sur le reste de l’équipage. Eux qui avaient été des plus aimables avec lui, sans le connaître ni le juger. Yoren se ravisa alors. Il pourrait obtenir réparation une fois qu’il serait de nouveau le vrai Yoren, le Tisroc de Calormen.
    Il fût rapidement sortie de ses pensées lorsqu’il entendu Leïla hurler :

    « On devrait enseigner le maniement des armes à tout les enfants sur cette terre, bon sang! »

    Yoren suivit Leïla sur le côté, tout en s’assurant d’être le plus lent et le plus empoté possible, pour handicaper la jeune femme. Le souffle faussement court, il finit par lui dire

    « J’ai été élevé pour pêcher, pas pour me battre sauvagement ! »

    Cependant, Leïla ne releva pas cette remarque ou ne l’entendit pas. A la place, elle se lança dans une explication graveleuse sur le maniement de l’épée.

    « Empoigne le manche avec force et ne fait qu'un avec ta lame. Suis là et donne lui du mouvement. Tu es un homme fort. Emploi cette force avec ton arme pour obtenir une forte puissance.Reste toujours en équilibre c'est ça la clé! Sinon tu va te faire embrocher comme un poulet. »

    Yoren écouta d’une oreille. Tout ça, il le savait déjà. Mais une chose retint son attention : ‘tu es un homme fort’. La jeune femme avait donc remarqué que la musculature de l’ancien Tisroc était plus développée que celle d’un simple pêcheur. Il n’avait pourtant commis aucune faute… Il allait devoir redoubler d’effort car cette pirate semblait avoir un œil de lynx. Quand, soudain, les deux ‘ennemis’ aperçurent au loin le plus jeune des pirates, encerclé par deux autres pirates. Il se débattait fort bien mais un nouvel homme débarqua. Le petit homme ne pourrait pas rivaliser. Leïla partit donc à son secours, dans un cri strident. Elle conseilla au passage à Yoren d’allait s’abriter dans la cale. Une fois qu’elle lui tourna le dos, il en profita pour pouffer. Finalement, il semblait être assez crédible dans son jeu de lourdaud pour qu’elle lui dise de se cacher. Aussi étonnant soit-il, cette situation amusait un peu l’ancien Tisroc. Habituellement, lorsqu’une attaque avait lieu et qu’il devait y prendre part, il terrassait ses ennemis en quelques minutes. Jamais on ne lui avait proposé de se cacher, bien au contraire. C’était un puissant guerrier. Il avait été élevé pour ça. C’était un barbare qui avait reçu les meilleurs enseignements en matière de combat. Il s’était toujours senti invisible avec une épée à la main. Encore aujourd’hui, il savait qu’il ne risquait rien, sauf s’il poussait son personnage jusqu’au bout, quitte à frôler la mort. C’est d’ailleurs ce qu’il se passa. Yoren vit un homme s’approchait de lui, en brandissant son épée. D’un coup d’œil furtif, il vit que Leïla avait presque fini d’achever ses ennemis. Deux options s’offrirent à lui : tuer cet homme en moins de deux secondes ou le laisser s’avancer, jouer avec la mort et voir ce qu’il se passera ensuite. Mais si Leïla venait à découvrir sa vraie identité, rien ne pouvait assurer à Yoren qu’elle ne le ramènerait pas à Soren. Et il préférait mourir que de se retrouver devant son frère dans ce piteux état. À coup sûr cette fois, son frère le ferait exécuter en public. Et Yoren était bien trop fier pour accepter cela. Alors, il choisit la deuxième option et resta là, les bras ballants et le regard vide, tel un imbécile ne sachant que faire. L’épée de son adversaire était de plus en plus proche de son torse à présent mais Yoren ne broncha pas. Il avait confiance. Il savait que Leïla ne le laisserait pas mourir, pas comme ça. Même si elle était dure et arrogante, elle avait bon cœur. Il ne douta pas une seule seconde. Et il avait raison. En un instant, il aperçut Leïla lancer une sorte de dague. Cette dernière atterrie alors directement dans le torse du pirate. Elle devait probablement avoir visé et atteint le cœur. Puis Yoren la regarda s’approcher de lui en furie. Elle semblait bien énerver.

    « Vous feriez mieux de commencer à savoir vous défendre, car ce ne sera pas le premier bateau de pirates que nous allons rencontrer avant de déposer pied à terre. »

    Ses doigts se serrèrent autour de son épée. Mais il s’efforça de paraître le plus abattu possible. Il attendit que Leïla tourne les talons pour déclarer :

    « Et bien… apprends moi ! » dit-il solennellement

    Il n’avait nullement besoin d’apprendre à se battre mais cela pourrait lui faire tuer le temps avant qu’il ne le tue. Et puis, cela pourrait être un bon moyen de gagner sa confiance ou du moins, d’apaiser les tensions.

    « Comme je te l’ai dit, je n’ai pas été élevé pour me battre mais pour pêcher. Je sais manier un filet comme personne mais l’épée… C’est une autre histoire. Toi, en revanche, tu sembles t’en sortir assez bien. Accepterais-tu de m’aider ? Avant la prochaine attaque, si attaque il y a bien entendu… »


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