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 « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »

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MessageSujet: « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »   Mar 6 Nov - 14:37

    ❝ La Fleur du mal❞

    Morrigan ϟ Matias
    « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. »© Loon


    Une journée ordinaire se lever sur le manoir des Nomencis. Comme tous les jours, Morrigan fut levée par sa servante qui tirait les rideaux pour faire entrer la lumière, un réveil difficile pour la jeune fille qui se remettait difficilement de sa dernière mission. Elle était tombée malade durant deux jours. Deux jours à ne rien manger, à boire simplement de l'eau, à faire de la fièvre et se sentir nauséeuse. Son père était rester à son chevet pour la soigner de manière plus médicinal car, s'il avait utilisé la magie, il aurait pu aggraver la santé de sa fille qui avait souffert d'un trop plein de magie. Ce jour-là Morrigan allait mieux, elle avait terriblement faim et pouvait se lever or, sa nuit fut courte car, comme tous les soirs, elle avait lu jusqu'à très tard c'était une habitude que son père autant que sa servante blâmer or, personne n'osait contredire la jeune fille. Le grimoire était encore ouvert sur le lit de la sorcière, la servante n'osait même pas y toucher tellement elle en avait peur. Elle préférait s'occuper du bain et du repas de sa maitresse. Cette dernière se levait pour ranger son vieux livre et elle partit dans l'eau chaude que venait de lui préparer sa servante. L'eau lui fit un bien fou, elle y restait jusqu'à que sa peau se fripe. Une fois sortit, elle s'habillait d'une robe pourpre,sombre et laissait sa servante la coiffer de manière simple, il était inutile de faire compliqué car, les Nomencis ne recevaient jamais personne et ils n'étaient invités de personnes. La demoiselle descendit rejoindre son père qui l'attendait dans la salle à manger où un feu chauffer la pièce. Le père et la fille se saluèrent puis, commencèrent à manger en échangeant des banalités.
    « Comment te sent-tu ce matin ? » La belle lui répondait qu'elle allait mieux et poursuivit la conversation sur le beau temps et le programme de la journée.
    Quel programme ! Son père à peine sa fille rétablit prévoyait une après-midis entière d'entrainement à la résistance physique mais, aussi psychiques de la magie. Morrigan levait les yeux au ciel mais, ne répondit pas afin de ne pas contrarier son vieux père. Après le repas, la jeune apprentie avait jusqu'au déjeuner pour être tranquille et ainsi faire ce qu'elle voulait. Morrigan en profitait pour s'allongeait histoire d'être en forme l'après-midis.
    Elle ne fit aucun rêve, ni cauchemars, c'était grâce au bracelet ancien et ensorcelé que son père le lui avait donné pour qu'elle puisse dormir en paix. Il savait sa fille doté de prémonition une fois qu'elle s'endormait, ce qui la perturber énormément alors il lui avait fabriquer et donner ce magnifique bracelet.
    Morrigan fut réveillée par sa domestique qui la secouait doucement, le repas était prêt et son père l'attendait. Comme ce matin, ils échangèrent peu de mot et s'activaient à déjeuner. « Le roi ne t'as toujours pas récompenser pour la mission. » Morrigan haussais les épaules, peu lui importait tout ce qu'elle souhaitée c'était qu'on la laisse en paix. Ils terminèrent le repas dans un grand silence puis, ils partirent tout en haut du manoir dans la tour privé des Nomencis.

    La tour était le lieu où se trouvait tous les grimoires, potions, herbes et objets magiques qui appartenaient au Nomencis. Le vieux magicien sortit son propre livre. « Je vais de voir te laisser pour l'après-midis, j'ai des choses à faire en ville, je te fais confiance pour étudier sérieusement. » Surprise de la décision de son père Morrigan le regardait partir jusqu'à qu'il claque la porte. Songeuse, elle se demandait ce qui pouvait bien être plus important qu'elle pour son père. Sans doute avait-il rendez-vous avec une autre femme ? C'était possible car, ces derniers-temps il ne cessait plus de faire des allers-retours de la ville à chez eux et quand il revenait il comblait la sorcière de présent. Morrigan inquiète qu'une autre femme soit dans la vie de son père, s'approcha de la cheminée, elle incanta pour y faire apparaitre un feu et incanta une deuxième fois pour faire apparaitre l'image de son père. Ce dernier se tourna comme s'il savait que sa fille l'observait, il incanta et instantanément la connexion fut coupé. Surprise que son père ait deviné sa manigance, elle se mit au travail.
    Deux heures durant, elle incanta ou pas pour perfectionner sa magie sans relâchement, sans faire de pause. Ce fut la voix de sa domestique qui l'interrompit dans son travail. Quoi encore ?! Ne pouvait-elle pas se débrouillée seule ? Morrigan sortit de la pièce en claquant la porte d'un geste de la main, sa servante était en bas des escaliers, elle lui fit savoir qu'un « Jeune seigneur souhaité la voir. » Seigneur ? Qui donc pouvait la connaitre ? Elle ne fréquentait que très rarement la noblesse telmarine tout comme son père d'ailleurs, certains ne savaient même pas qu'ils existaient. Intriguée et méfiante, c'est d'une manière souveraine que Morrigan descendit les escaliers.

    «Tient donc, serait-ce le roi qui vous envoi ? » dit-elle au visiteur qui n'était d'autre que le seigneur Ernelio. « Allons, discuter ailleurs, Elvea veuillez vérifier si la porte d'en haut est bien fermé. » Ce n'était pas parce qu'elle avait un doute mais, elle savait sa servante curieuse aussi il était mieux de l'envoyer loin d'eux. Morrigan emmena alors le jeune guerrier dans la salle à manger. Elle ferma la porte grâce à la magie et fit voler jusqu'à eux de verres. «Que buvez-vous ? Nous avons du vin ou bien d'autre alcools plus forts. » lui demandait-elle tout en regardant dans le buffet en merisier ce qu'il s'y trouvé. Morrigan sortit toutes les bouteilles pour les présenter à Mat.




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Matías Ernelio
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MessageSujet: Re: « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »   Dim 2 Déc - 15:37

Quelques jours plus tôt, j'avais dirigé une mission secrète et offensive à Narnia, accompagné seulement d'une jeune apprentie. J'aurais considéré cette mission comme ridicule si cette jeune femme ne s'était pas avéré être la fille Nomencis, elle-même sorcière. Je devais avouer qu'elle était belle, très belle, et surtout résistante, ce qui aurait pu me plaire, seulement si elle n'avait pas été arrogante et râleuse. Heureusement pour elle, la mission avait atteint son but final, bien que nous nous en soyons sortis de justesse, et j'avais pu voir à quel point elle était puissante pour une apprentie. Une sorte de haine s'était installé entre nous, même si je qualifierais ça plutôt de jeu du chat et de la souris. Nous ne nous apprécions pas, on se faisait des joutes verbales, mais nous faisions avec et nous savions faire une bonne équipe.

Je m'étais remis de mes blessures, du moins elles avaient été soignés au mieux sans pour autant être cicatrisées ; de ce fait, la profonde plaie dans ma cuisse, résultant d'un coup d'épée narnien, me faisait parfois mal si je forçais trop dessus, mais les médecins m'avaient assuré qu'elle irait mieux d'ici quelques jours, et que je ne devrais pas en garder de séquelles. En attendant, bien qu'ils me l'aient déconseillé, je devais aller voir le roi et lui présenter le rapport de la mission, ainsi que celui sur la nouvelle recrue.
Je n'avais pas perdu mon temps, et avais décrit avec exactitude ce qu'il s'était passé, en passant sur les détails de nos "disputes". Je me moquais bien de ce qu'il pensait, tant qu'il me donnait quelque chose à faire. Ce n'était pas le cas pour le moment, je devais seulement retourner voir la Nomencis pour lui transmettre le rapport du roi sur la mission, celui ce que je lui avais dit. Je restai une nuit au château, et repartis le jour suivant en direction du manoir du sorcier, au nord de la capitale.

Je ne connaissais pas le chemin, mais il ne me fut pas difficile de trouver. Je fus en moins de deux heures devant la demeure des Nomencis, qui m'apparaissait légèrement effrayante. Je soupirai, songeant que je devrais me reposer un peu, et annonçai mon nom à un domestique. Un écuyer prit mon cheval pour l'emmener aux écuries, et on m'accompagna à travers la grande demeure jusqu'à visiblement l'une des grandes tours menaçantes que j'avais aperçu à l'extérieur. Peu après, la fille Nomencis, Morrigan, arriva, d'un air agacé. Pour ne pas changer, songeai-je. « En effet, je suis là pour ça. Je ne resterai pas longtemps. » répondis-je poliment avec une légère révérence de respect, puisqu'elle était également noble par titre.

Évidemment, elle me conduit vers la salle à manger, me proposant une boisson que je ne pouvais refuser pour ne pas paraître impoli, bien que je n'en avais rien à faire en réalité. Je levai les yeux lorsque Nomencis fit appel à la magie pour faire le travail qu'une personne normale ferait : attraper des verres et fermer une porte. Voilà que mademoiselle se la jouait futée maintenant. « Je prendrai bien un verre de ce vin, merci » finis-je par dire sans hésiter, en désignant un vin que je connaissais et qui était fabriqué à l'ouest du pays, sur les versants de petites montagnes. J'attendis qu'elle me serve pour boire une gorgée. Sans qu'elle m'y invite, je m'installai sur un fauteuil et sortis un parchemin. « J'ai eu une audience avec le roi hier, afin de lui faire le rapport de la mission. Il m'envoie pour te donner son avis sur tes aptitudes. »

J'attendis patiemment qu'elle s'installe aussi, et qu'elle soit prête à m'écouter. J'avais beau être l'hôte, je restai son supérieur, et j'apportai des nouvelles qui la concernaient et changeraient son avenir. Je déroulai le parchemin, lu en travers durant le trajet du château royal à ici, et le lis à haute voix en le résumant à ma manière : « Sa Majesté te remercie d'avoir participé à la mission et de t'investir loyalement pour le royaume. Il précise qu'en vue de ce que je lui ai dit, il se pourrait qu'il te renvoie en mission pour des motifs similaires, mais qu'il a besoin d'en savoir un peu plus sur ta magie, et souhaiterait que ton père vienne à Telmar. Il conclut en disant que tu es l'une des potentielles forces du royaume et qu'il aura encore plus besoin de ton père et de toi dans les semaines et les mois à venir. » Je fis une pause afin que Nomencis réfléchisse brièvement à tout ceci, et rajoutai calmement à la fin : « Je suppose qu'autant de compliments de la part du roi sont une chose pour toi. Ah, et avant que je n'oublie... » Je lui tendis le parchemin, où étaient écrits les vrais mots du roi. J'avais préféré m'abstenir de toutes ces formes hypocrites formulées dans la lettre. Je sortis ensuite une grosse bourse pleine, retenue à ma ceinture, et la posai sur la table en bois. « L'une de tes récompenses pour avoir participé avec succès à la mission. » Aucun besoin de dire que je n'avais pas eu droit à autant de grâces, mais je m'en moquais bien, je n'avais pas besoin d'argent.

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MessageSujet: Re: « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »   Sam 8 Déc - 17:33

    Les heures d'études et disciplines que lui avait infligé son père avait ramollit la sorcière. Cette dernière d'ailleurs serait bien partit se coucher pour se réveillée qu'une fois son père rentrer, or, une personne en décida autrement, sa servante l'appelait et lui fit savoir l'entrée d'un visiteur. La jeune femme descendit à pas de velours les escaliers et s'approcha du visiteur qui n'était d'autre que le seigneur Ernelio. Elle disposa sa servante et emmena son visiteur dans un lieu plus approprié pour une discussion. En bonne hôte, Morrigan proposa un verre d'alcool à son supérieur, qu'il accepta et enfin ils placent l'un en face de l'autre. Le jeune seigneur lui apprit qu'il avait eut une audience avec le roi au sujet de leur dernières missions.

    Morrigan très curieuse d'en savoir plus ne prononçait rien et regardait le parchemin se déroulait devant elle tandis que Mat lisait. Tant de compliment la déroutait, elle n'aimait pas la manière de parler du souverain, il flattait pour mieux se servir de ces sujets tel des pions sur un échiquier. Le regard de la demoiselle se rembrunit. Pire ! Il souhaitait la renvoyer en mission, voir son père, certes, il était plus simple de traiter avec le père qu'avec la fille qui était plus que méfiante et moi réceptive aux compliments. Ernelio lui tandis le parchemin et sortit pour elle sa récompense. Morrigan regarda la bourse, le parchemin puis le seigneur. Froidement, elle répondit.

    « On ne m’achète pas, ni avec des mots, ni avec de l'argent... »

    Son regard prit la couleur jaunâtre et en quelques secondes le parchemin fut réduit en un tas de cendre que la demoiselle lâcha à terre.

    « Gardez l'argent. Nous n'en n'avons pas besoin, votre roi ne m’achètera pas comme il a acheter mon père. Si je le sers c'est avant tout pour mon père. »

    La sorcière était en colère, le feu s'éteignit dans la cheminée est une froideur s'empara de la pièce. Mo ne le remarquait même pas, en proie à la réflexion, elle semblait avoir compris pourquoi son père était partit pour la ville. Sans doute avait-il deviner en avance ou avait-il prédit l'avenir sur le fait que le roi allait le réclamer aussi c'était-il dépêcher de prendre de l'avance, sans encore une fois, ne rien dire à sa fille. Cette manie de faire les coups en douces commençait sérieusement à agaçait Morrigan, son père allait de surprise en surprise or, la plupart du temps les surprises la concernait elle ! Qu'allait-il lui avouer la prochaine fois ? Qu'elle allait se mariée à vieux noble telmarin ? La belle reposa son regard froid sur le jeune guerrier et un sourire apparut sur son visage diaphane.

    « Que diriez-vous de dîner avec nous ce soir ? Mon père sera ravi de vous connaitre et puis, ce n'est pas tous les jours que nous recevons la visite d'un grand homme tel que vous. »

    Si Morindür voulait jouer , Morrigan allait le suivre dans sa partie or, ce soir, il aurait la belle surprise de voir le jeune Ernelio chez lui. A moins qu'une fois encore, il est vu l'avenir... Forcément si c'était le cas, la surprise serait gâchée.
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Matías Ernelio
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MessageSujet: Re: « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »   Dim 16 Déc - 15:42

Lorsque quelqu'un recevait une lettre du roi contant ses bienfaits et des remerciements, il y avait deux réactions possibles. La première consistait à être plus que fier de soi, de ses actes, de se promettre de faire encore mieux la prochaine fois et de se sentir honoré. La deuxième, à l'opposé, comprenait une réaction violente ou indifférente. Dans mon cas, je me moquais la plupart du temps des doux mots du roi, j'étais même parfois énervé. Nomencis, quant à elle, choisissait la voie violente et opposante. Je la comprenais, et ses mots me firent presque éclater de rire. Je me contentai de sourire, regardant le parchemin royal désormais réduit en cendres noires. Le père de Morrigan avait été anobli pour des raisons inconnues ; toute personne au courant de l'existence même des Nomencis soupçonnait qu'un ensorcellement en était la cause, ou encore un acte de magie puissant, contre nature, que le roi avait obtenu par le vieux sorcier.

La jeune Nomencis, d'un ton et d'un air plus calme mais que son regard trahissait, me proposa de rester pour dîner. Cette demande ne se refusait pas en principe, surtout entre nobles, bien que je sois supérieur aux Nomencis. Mais je n'avais aucune envie de rester dans un manoir aussi peu accueillant, avec une fille qui ne m'appréciait pas et préparait sans nul doute quelque chose. Sans parler du fait que je n'avais aucune intention de jouer dans une hypocrisie totale toute la soirée. Toutefois, je n'avais vu le sorcier qu'une seule fois, et j'étais curieux de savoir comment il était réellement et de deviner la raison pour laquelle le roi avait pu l'anoblir. Après un instant d'hésitation, je souris de la même manière que Morrigan et lui répondis : « Pourquoi pas. Je n'ai aucune raison de partir si tôt. » Je sentais que j'allais le regretter, je n'aimais pas du tout l'air qui se cachait au fond des yeux de Morrigan, que son sourire tentait de masquer, mais ma curiosité était piquée. Pourquoi soudain tant de "gentillesse" ? La jeune sorcière préparait quelque chose, contre moi, contre le roi, ou contre...son père ? J'aurais en tout cas la réponse à la fin de la soirée.

Je baissai le regard sur la bourse remplie de pièces d'or que Nomencis avait rejetté. Après un court instant, je reposai mes yeux sur son visage, et repris la parole avec plus de calme et d'honnêteté. « S'opposer au roi est quelque chose de dangereux. Il vous a fait une très grande faveur, et que tu le veuilles ou non, aujourd'hui tu dois t'en tenir à ce qu'il en est. Ma haine contre le roi n'est pas une chose que je cache, mais je fais ce qu'il me dit de faire simplement pour servir mon pays. Ce que je veux dire, c'est que tu dois faire ce qu'on t'ordonne, ce qu'il faut faire, et tu gardes ta colère pour toi. Alors accepte cet argent, ou donne le aux pauvres, mais ne le renvoie pas. » Je comprenais absolument la jeune Nomencis. Combien de fois avais-je jeté de ridicules parchemins du roi au feu, ou ri ironiquement à ce qu'il me demandait, ou maudit le nouveau souverain ? Je me permis de rajouter : « Il est bien que tu ne te laisses pas prendre par toute cette hypocrisie. Rares sont les gens qui ne lèchent pas les bottes du roi aujourd'hui... Malgré tout, sois prudente avec tes mots et tes actes. »

Preuve de gentillesse véritable ? Oui, ça m'arrivait. Malgré le fait que je n'appréciais pas spécialement Morrigan, je ne voulais pas non plus qu'elle réagisse de la mauvaise manière à tout bout de champ. Je regardai à nouveau la sorcière. Derrière son sourire et son air calme se cachaient toujours de la perplexité, de la frustration et de la colère. Sans doute allai-je regretter d'être resté. Je me demandais tout de même qu'elle pouvait être la raison de ces mauvais sentiments brusques. Je décidai alors de changer de sujet, et de meubler la conversation tant que je le pouvais, tout en essayant d'en apprendre un peu plus sur la vie secrète de cette jeune femme et de son père...

« Puisque nous devons attendre le retour de ton père... J'espère que je ne te dérangeais pas en arrivant ? Tu m'avais l'air plutôt préoccupée, je me trompe ? » Comme toujours, je posais les questions en attendant des réponses, et je n'avais aucune hésitation à me mêler de ce qui ne me regardait pas.

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MessageSujet: Re: « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »   Dim 23 Déc - 18:47

    La demoiselle vit le regard amusé de Ernelio lorsqu'elle refusa la bourse pleine d'or. Tout deux venait de se trouvait un point commun, l’honnêteté. Morrigan lui proposa de dîner avec eux ce soir, c'était un rare privilège car, les Nomencis ne recevaient personne et personne si ce n'est le roi lors de banquet, les recevaient. Ernelio accepta l'invitation à la plus grande surprise de Morrigan qui ne se cacha pas et afficha un hausse de sourcils. Elle allait devoir prévenir les cuisiniers, les domestiques qui sans aucun doute, mettrons les petits plats dans les grands pour satisfaite l'invité. Le silence couvrit la pièce puis, Ernelio le brisa en parlant du refus de Morrigan et des conséquences de ce refus. La demoiselle l'écoutait avec attention, elle n'était pas idiote, son refus serait forcément vu comme un affront, elle le savait or, si elle elle le refusait, son père lui allait sans aucun doute l'acceptait c'est pour cette raison que la bourse resterait là jusqu'au retour de Morindür.
    La jeune femme allait prendre la parole lorsqu'il poursuivit avec une phrase aussi honnête que aimable. Surprise pour la seconde fois, elle laissa tomber ses amers paroles et resta là a écouter la question du jeune noble.

    « Vous me dérangiez nullement, les Nomencis sont réputés pour leurs airs préoccupés, c'est notre passé qui veux ça. »


    Son regard ce fit plus vague, plus émotif, elle semblait être sur le point de pleurer alors qu'elle songé à son frère et sa mère. Finalement, Morrigan se reprit et adressa un sourire à Ernelio.


    « Oh, je manque à mes devoirs, venez je vais vous faire visiter. »


    La jeune femme se leva et partit ouvrir la porte, la domestique se trouvait derrière elle. Morrigan lui jeta un regard froid, ce n'était pas la première fois qu'elle surprenait sa servante à fouiner derrière les portes. Après ce regard de reproche, elle l'envoya en cuisine pour aider les autres à préparer le dîner car " Sir Ernelio dîne avec nous ce soir" . Après un bref sourire aguicheur auprès du jeune seigneur, la servante s’exécuta. Morrigan prit alors les escaliers, elle comptait montrer plusieurs choses à Matias qui allait sans doute lui plaire ou pas, en tout cas, il sera l'une des rares personnes à avoir vu l'immense richesse culturelle et de connaissance des Nomencis. La belle lui fit montrer leur grande bibliothèque, sa serre où diverses plantes poussé sous le regard maternel de Morrigan, elle lui montra aussi le laboratoire d'herboriste de son père et le sien puis, ils poursuivirent pour arriver vers la tour secrète des Nomencis. Avant d'y entrer, la jeune femme s'arrêta devant deux portraits, celle d'un jeune homme et d'une femme d'un certain âge. Morrigan resta quelques minutes devant eux à les contempler.


    « Voici mon frère Hadriel et ma mère Isabella. Mon père a pu faire leur portraits grâce à sa magie. »


    Le jeune homme possédait un regard bleu comme l'océan comme sa mère, toutefois, comme Morrigan , ses cheveux étaient noirs comme l'ébène tandis que la mère de Morrigan était blonde comme les champs de blés. Sur les deux portraits, ils semblaient nobles mais, si la mère souriait aux personnes en face d'elle, le jeune Hadriel lui semblait sérieux et aussi froid que sa sœur qui à ce moment-là était en proie à une forte émotion.


    « Hadriel fut tué durant la guerre, ma mère en est morte de chagrin... »


    Elle ravala ses larmes aux souvenirs douloureux du rêve prémonitoire, de cette journée où sa mère fut retrouvée au sol sans vie.. Morrigan n'en dirait pas plus car, le reste ne regardait pas le seigneur Ernelio, d'ailleurs, il en savait beaucoup trop.

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Matías Ernelio
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MessageSujet: Re: « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »   Mar 25 Déc - 23:41

Si, en général, une invitation à dîner signifiait qu'il était temps pour l'inviter de partir - virer quelqu'un d'indésirable avec politesse et respect, en résumé - ce n'était pas exactement le cas ici, mais cela n'empêcha pas Nomencis d'être surprise de mon acceptation. Sans gêne, je demandai à la jeune femme si je l'avais dérangé, ce à quoi elle me répondit avec des mots vagues et mystérieux. Le passé de cette famille récemment anoblie me semblait soudain intéressante. J'adressai un léger et bref sourire à mon hôte, ne sachant quoi lui répondre, et voyant son air en effet préoccupé et ailleurs. Elle se reprit rapidement et m'invita à visiter leur grande demeure pour passer le temps. Il était vrai que ce manoir était hors du commun, autant de l'extérieur que de l'intérieur. Je la remerciai brièvement et la suivis en silence.

Elle trouva sa servante derrière la porte, sûrement en train de nous espionner, ce que je comprenais puisque mes propres valets et servantes faisaient parfois de même. Je ne fis pas attention à la servante, qui sembla m'adresser un regard et un sourire que je traduis parfaitement ; j'avais déjà cédé aux tentations que m'offraient des servantes du château, lorsque j'étais plus jeune, mais aujourd'hui j'évitais. Il y avait bien assez de rumeurs à mon sujet, sur le fait que je sois un bâtard, que je haïsse le nouveau roi, et bien d'autres ; j'étais bien peu aimé à la cour.
Morrigan me changea les idées en m'emmenant dans divers endroits de la grande demeure. Certains étaient vraiment étonnants et impressionnants. La bibliothèque, bien que poussiéreuse, était très belle, et je songeai que ma sœur aurait adoré être ici. Bien entendu, il ne s'agissait pas que de simples libres sur la politique, sur des histoires ou des contes d'enfants... De même pour la serre, très belle et très étendue, mais que je soupçonnais d'être remplie de plantes loin de faire jolies ou de servir à nourrir...

Nous revînmes alors à l'endroit où l'on m'avait conduit lorsque j'étais arrivé, et d'où Morrigan était sortie. La jeune sorcière s'arrêta devant un mur pendant un long moment, et je finis par comprendre qu'elle regardait des tableaux, des portraits plus précisément. Je respectai le silence, me doutant que ces portraits ne devaient pas être anodins pour la jeune femme. Une certaine tension remplie d'émotions diverses envahissait l'atmosphère, et je fus sur le point de repartir moi-même dans des pensées négatives lorsque Morrigan prit la parole. Elle m'indiqua que ces tableaux représentaient des membres de sa famille. On reconnaissait des traits de famille en effet ; les portraits étaient de très bonne qualité, ce qui était dû naturellement à la magie, et pourtant il manquait quelque chose d'artistique. La jeune Nomencis ajouta alors que ces deux personnes, son frère et sa mère, étaient morts, ce qui expliquait que je ne les ai jamais vu. D'un geste hésitant, je posai doucement ma main sur son épaule.

« Je suis désolé. Je comprends tout à fait, j'ai à peine connu mes parents, et j'ai failli perdre ma sœur pendant la guerre. Ne te reste-t-il donc pas d'autre famille ? »

Morrigan avait été en partie sincère et révélatrice, autant que j'en fasse de même. Inutile de lui préciser qui était mes parents, et dans quelles circonstances Rosalie avait failli perdre la vie. Je la lâchai, afin de ne pas faire trop de familiarités. Après tout, la jeune femme était en proie à des émotions fortes et intenses, ce qui était risqué par rapport à ses pouvoirs. Sans parler du fait que nous avions passé toute la mission à ne pas nous apprécier et à être à la limite de nous taper dessus. Les choses n'allaient pas changé de suite. La jeune femme finit par bouger d'endroit, ce qui me rassura. Je n'avais pas l'intention de supporter des pleurs ou des crises d'émotions ; je n'étais resté que pour obtenir des informations sur ces fameux Nomencis.

« As-tu bien récupéré depuis la mission ? J'ai dû en parler au roi, il ne l'a pas précisé dans sa lettre, mais je suppose que c'est l'une des raisons pour laquelle il veut voir ton père... Que s'est-il passé exactement ? »

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MessageSujet: Re: « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »   Mer 26 Déc - 16:27

    Morrigan savait éveillée les intérêts autant par la nature de ses liens, par son caractère , par son regard elle était une énigme comme son père qui toutefois lui savait mieux traduire l’énigmatique fille unique. La jeune femme se leva et se dirigeait vers la porte suivit par son invité qui était bien silencieux.
    Derrière la porte sans surprise, se trouvait la servante de la sorcière qui lui jeta un regard froid et lui donna des ordres. Le sourire et regard aguicheur n'échappa pas à Morrigan qui fut surprise du comportement de sa domestique, comment osée-elle jouer de ses charmes sous son nez et aguicher ainsi un invité qui ne méritait même pas son respect. Morrigan fut prise d'une pointe de jalousie, à vrai dire, elle avait entendu plusieurs fois les domestiques se vantaient de leur vie très concupiscent. Ils étaient aimés, savait aimés, Mo en aucun cas n'avait connu cela et ne le connaitrait sans doute jamais. Par jalousie donc, la jeune femme punirait sa servante et sans que son père le sache.

    La jeune noble emmenait donc son invité parmi leurs trésors. Une immense bibliothèque poussiéreuse mais comportant de nombreux livres que certains épris de magie s'arracheraient, les serres de Morrigan comportaient de nombreuses pantes certaines dangereuses d'autres non, il suffisait de s'y connaitre. Ils poursuivirent leur route, Morrigan semblait presque joyeuse de montrer tout ce qu'ils possédaient or, une fois dans le couloir, sa joie disparue. Ils s’arrêtèrent devant les portraits d'Isabella et Hadriel. Elle sentit le contact chaud de la main d'Ernelio sur son épaule, étrangement, la demoiselle ne bougea pas, ne grimaça même pas. Morrigan se tourna vers lui pour lui répondre. Une autre famille ? Elle en savait rien, son père disait qu'ils étaient seuls, qu'ils ne pouvaient compté que sur eux.

    « Mon père est ma seule famille. »

    La belle resta encore quelques minutes et finit par se détacher des portraits pour partir vers leur tour. En chemin, ils poursuivirent leur discussion bien que Morrigan n'était plus d'humeur à parler.

    « J'ai bien récupérée, seules les plaies ont mis du temps à cicatriser. » répondit-elle. « Comment ça, que s 'est-il passé ? »
    dit-elle avec méfiance.

    Morrigan comprit à ce moment-là qu'Ernelio n'était pas seulement là pour la récompenser mais, aussi pour espionner ce qui lui déplut et c'est pour cette raison qu'elle changea d'idée. Pas question de lui montrer la tour tant qu'il ne serait pas sincère, à la place, elle l'emmena vers les jardins.


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MessageSujet: Re: « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »   Jeu 27 Déc - 11:48

La jeune femme me répondit d'un ton catégorique que seul son père faisait partie de sa famille. Peut-être était-ce mieux parfois. Dans mon cas, ma famille ne me reconnaissait pas. Mes oncles, tantes, cousins, et autre, ne m'avaient jamais apprécié et me considéraient comme une honte qu'ils éradiqueraient s'ils le pouvaient. Heureusement pour eux, mon père tenait à ma mère, et n'avait jamais souhaité ma mort, bien que je pensais qu'il avait voulu celle de ma sœur... Ce fut ensuite Miraz qui nous permit de résider au château en toute sécurité, après la mort de mon père. Je m'étais donc toujours appliqué à faire ce qu'il fallait pour qu'il soit fier de moi comme un père aurait pu. Aujourd'hui, ma « famille » demeurait soit au château royal pour les plus chanceux, soit dans divers manoirs, éparpillés sur le territoire et loin de tout pouvoir, soit dans une tombe, pourrissant à vue d’œil, sans personne pour se rappeler d'eux.

Je ne rajoutai rien de plus concernant la famille, et suivit Morrigan qui arrêta de regarder les portraits. Je décidai alors de lui parler rapidement de son état physique, sachant qu'à la fin de la mission, elle s'était évanouie, et n'était toujours pas en grande forme à son réveil. Elle m'assura donc que tout allait bien, que seules les plaies mettraient du temps à guérir. Il en allait de même pour les miennes, mais on m'avait assurer qu'elles guériraient vite. Je m'étais tout de même pris un bout de lame d'épée profondément dans la cuisse, et ceci me handicapait parfois. Heureusement, j'étais jeune et en forme, pas comme ces vieux rois atteints de la goutte qui menaient des batailles désespérées mais qui manquaient de faillir au premier pas. Mes pensées furent interrompues lorsque Nomencis commença à réagir au quart de tour, soudain méfiante, alors que je n'avais pourtant rien dit pouvant indiquer une traitrise ou un espionnage.

« Je parlais simplement de ta soudaine fatigue. Je ne me leurre pas, je sais que tu ne contrôles pas tout à fait ta magie, même si ton réflexe nous a permis d'en sortir vivants. » répondis-je en haussant les épaules. Pour le moment, j'étais très honnête, et je ne cherchais pas encore à lui extirper des informations. Je me moquais bien de sa magie, elle en faisait ce qu'elle voulait. Je soupirai et continuai mon chemin. Celui-ci menait visiblement à des jardins, et non pas à la tour comme je le pensais au début. Nous arrivâmes donc à l'extérieur, dans un endroit qui semblait enfin accueillant et familier. Toutefois, comme dans chaque pièce de la demeure, rien n'était normal. On trouvait par ci, par là des plantes et des arbres aux formes étranges, aux couleurs anormales, aux odeurs fascinantes mais irréelles. La magie me dégouttait, bien qu'on m'ait déjà montré qu'elle pouvait produire des choses merveilleuses.

« Votre père est de retour. » entendis-je soudainement. La servante qui nous avait espionné venait d'apparaître et s'adressait à sa maîtresse. Ah, enfin, les choses allaient être plus intéressantes. Toutefois, j'étais assez méfiant. Je n'avais aucune confiance en ce sorcier que je ne connaissais pas. Sans doute était-il plus vieux, mais aussi plus puissant, expérimenté et malin que sa fille. « N'oublie pas que chaque fait et geste pourrait être rapporté au roi, même si je sais qu'il vous protège... » glissai-je à Morrigan, en revenant à l'intérieur de la demeure.

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MessageSujet: Re: « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »   Mer 2 Jan - 23:06

    Son père, c'était sa dernière famille or, il n'était plus tout jeune et un jour ou l'autre il finirait par abandonner sa fille pour retrouver son épouse et son fils. Alors, Morrigan se retrouverait seule, sans attache, sans mari, sans enfants, sans famille, seule mais, puissante grâce aux connaissances qu'elle aurait accumulés. Toutefois, un jour ou l'autre elle aussi irait rejoindre sa famille mais, sur terre, personne ne se rendrait compte qu'elle n'était plus, personne irait la pleurer. C'était un triste et sombre avenir et c'est peut-être pour cela que le vieux sorcier forçait sa fille à allait vers les autres de se faire des ami(e)s. C'était un mal pour un bien mais, Morrigan n'était pas le genre de fille extravertie qui se faisait des ami(e)s en une heure, elle était froide, méfiante, trop blessée par la vie pour lui faire confiance après tout, cette dernière lui avait retirer sa mère mais, surtout son protecteur, son confident, son meilleur ami, son frère: Hadriel.

    Ils poursuivirent leur route, le jeune guerrier en profitait pour questionner la sorcière sur sa santé. Elle lui répondit du tac au tac, méfiante, la jeune femme n'était pas habituée à ce qu'on s’inquiète pour elle. Seul son père lui demandait comment elle allait et cette dernière pouvait bien lui mentir, il finissait toujours pas découvrir la vérité. La réponse d'Ernelio fit serrer les dents de Morrigan qui n'aimait pas qu'on lui rappelle à quel point elle était novice dans la magie. Toutefois, elle posa son regard sur lui, son regard devient subitement flamboyant, il était honnête. Il cherchait vraiment à savoir si elle allait mieux. C'était étrange, intimidé mais, moins sur la défensive Mo répondit:

    « En vérité, je suis restée deux jours sans que la fièvre me quitte. »

    Ils arrivèrent dans les jardins où se trouvait diverses plantes. A l'aide de la magie, la sorcière fit venir jusqu'à eux une rose rouge.

    « Tenez, vous la donnerez à votre épouse. Elle ne se fanera jamais... »

    Morrigan ne savait pas grand chose de la vie de son supérieur. Une paisible tranquilité régnait sur le jardin, le fond de l'air était frais et humide. Étrangement, les éléments qui entouraient la sorcière avait le don de changer son humeur ainsi, Mo était toujours plus aimable lorsqu'elle se trouvait dehors ou à la bibliothèque. « Votre père est de retour. » La jeune femme se retourna, en effet, son père était présent, elle sentait sa puissante magie qui les entouraient. Ils s’avancèrent à l'intérieur du manoir, le jeune seigneur en profita pour glisser un avertissement à Morrigan qui lui jeta un regard froid.

    « Si vous avez si peu confiance en nous, si vous haïssez tellement la magie et les êtres que nous sommes il suffisait de quitter les lieux, Messire ! ... »

    La demoiselle était presque dégoutée, indignée par le comportement de son invité, qu'il puisse l'incriminer elle c'était un fait mais, son père ? Non, cela c'était de trop. Avant même de pouvoir proposer à son invité de partir, Morindür Nomencis s'avançait vers eux. « Ah, Morrigan... te voici. J'ai cru comprendre que nous avions un invité ce soir... » Étrangement, le sorcier semblait très heureux de voir Ernelio chez lui, il s'approcha souriant afin de saluer convenablement le jeune seigneur. « Si je ne me trompe pas, vous êtes bien Matías Ernelio... » Morrigan fut surprise de savoir que son père connaissait déjà leur convive. « Votre sœur n'est pas avec vous ? C'est une jeune femme magnifique qui ressemble beaucoup à sa mère...» Une fois encore, la sorcière fut surprise de savoir que le vieux mage connaissait autant de chose sur le jeune guerrier pourtant, elle comprit comment il savait out cela, le mage ne lâchait pas la main du jeune homme et ses yeux sombres ne quittait plus le regard d'Ernelio. Embarrassé que son père use de la magie pour connaitre son invité, la demoiselle prit les choses en mains.

    « Mon père connait beaucoup de personne dans le château.. Hum et si nous allions nous rafraichir ? »

    Mais, une fois encore, le mage en décida autrement: « Votre blessure, votre grâce, n'est pas tout à fait guérit. Peut-être pourrait-tu t'en charger Morrigan, la tour est ouverte, pendant ce temps je m'occupe des rafraichissements...» Comme tout hôte, Morindür était attentif à ses invités or, ce soir-là il en faisait tellement que la sorcière craignait que le jeune guerrier s'en aille.

    « Bien sûr... Allons s'y. »

    La demoiselle plutôt que l’emmenait l'invité dans la tour, le plaça dans l'un des chambres d'invités. Morrigan, en profita pour s'excusait envers Ernelio.

    « Je suis navrée, mon père en fait toujours trop mais, ce n'est pas volontaire ni pour être méchant. Il aime simplement prendre soin des autres. » dit-elle. « Asseyez-vous que je puisse regarder... »







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MessageSujet: Re: « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »   Ven 4 Jan - 22:58

Morrigan finit par comprendre, et me dit par elle-même, finalement, comment elle avait récupéré de la mission. La magie devait vraiment lui coûter pour qu'elle soit dans un tel état ; mais avec de l'entraînement et avec l'habitude des missions, elle allait sûrement s'arranger. Je n'étais pas chargé de la surveiller et de l'accompagner dans chaque quête, mais je devais tenir compte de ses aptitudes et de sa progression. Bien que ma question reste personnelle et non professionnelle, je me renseignais et constituais un dossier mentalement, à rapporter au roi si nécessaire. Je ne faisais tout ça que pour le royaume, bien entendu. J'aurais pu tout abandonner, au point où j'en étais, mais j'étais à présent seigneur de Telmar, et même si cela signifiait subir les ordres d'Edwin, alors je le ferai en serrant les dents. Je ne pouvais pas risquer de perdre ma tête sous un coup d'épée ou de hâche pour trahison...

La jeune Nomencis me sortit de mes pensées en me donnant soudain une rose d'un rouge envoutant. Chaque pétale semblait parfaitement dessiné. L'odeur de la fleur me captiva un instant, m'emporta dans un souvenir méconnaissable mais très familier un instant. Je remis mes esprits, en me rappelant que cette rose était sûrement née de la magie, et comme l'avait souligné Morrigan, elle vivrait sous la magie. J'hésitai face à ses paroles, concernant mon "épouse", mais décidai de ne rien dire. Jusqu'à présent, ma vie sentimentale avait été un désastre, sans parler de mon mariage finalement annulé à cause de la guerre que menait Caspian. A 23 ans, il fallait que je me marie malgré tout ; et bien que je sois un seigneur, j'étais également un bâtard royal, qui plus est de l'ancien régime. Une honte, ou tout simplement un souvenir de la dynastie des Caspian qui s'était terminé avec lâcheté et déshonneur. Avec un soupir, je gardai néanmoins la rose et me promis de la donner à ma sœur.

C'est alors qu'une servante annonça l'arrivée du sorcier, le père de Morrigan. Je glissai quelques mots à l'oreille de la jeune femme, me montrant plus méfiant que jamais. Je ne tins pas compte de sa réponse, et lorsque je vis enfin le vieil homme, aucun sentiment sinon la bienveillance animait mon visage. Je me doutais que Nomencis n'allait pas boire tout ceci, mais il valait mieux jouer le jeu. Je saluai le sorcier comme il devait le recevoir. « En effet. J'espère que ma visite ne dérange pas. Votre fille m'a proposé de rester, je n'ai pas pu refuser... » répondis-je avec un sourire poli, tout en serrant la main du vieil homme. Si le fait qu'il connaisse mon nom m'intriguait un peu, la suite m'étonna encore plus. Voilà qu'il connaissait ma sœur, mais également ma mère ! Ma méfiance s'accentua d'un degré, mais je gardai toujours ce même air poli, ponctué d'une légère surprise qui n'était pas fausse. Sans lâcher la main ni les yeux du sorcier, j'attendis la fin de l'intervention de Morrigan, sans y faire attention, pour parler. « C'est le cas, elle lui ressemble beaucoup. Rares sont les personnes ayant pu faire la comparaison. »

Rapidement, la conversation changea de sujet, dérivant soudain sur ma blessure pas tout à fait cicatrisée, en effet. Malgré mes protestations, toujours polies, il insista, avec des politesses pour m'acheter, et je dus donc accompagnée Morrigan dans la tour où elle se trouvait lorsque j'étais arrivé. Je ne fis aucun commentaire mais réfléchis en cours de route. Ma mère était morte lorsque j'avais trois ou quatre ans. Il y avait bien quelques portraits, mais peu accordaient de l'attention à la maîtresse d'un roi, surtout lorsqu'elle n'est plus en vie, de même que le roi en question. Or, les Nomencis n'avaient été promus à la noblesse que récemment ; comment cet homme pouvait-il connaître ma sœur mais également ma défunte mère que je ne connaissais moi-même que très peu ? Je n'aimais pas du tout la tournure de cette histoire, et même si j'étais content de m'éloigner un peu, je sentais la suite très mal. Peut-être que rester n'avait pas été une bonne idée...

La fille Nomencis insista elle aussi pour me soigner, tout en excusant le comportement de son père. Ce n'était pas des excuses réelles, mais je sentais que quelque chose la gênait. Je ne fis cependant aucun commentaire là-dessus, me contentant de parler de la blessure. « Il n'y a aucun besoin d'examiner, elle sera rapidement guérie. Cette plaie n'est là que pour me rappeler que je n'ai pas été assez prudent, et que je ne referai pas la même erreur la prochaine fois. C'est ce qui me rend tout aussi humain et vulnérable que n'importe quel soldat. » dis-je finalement d'un air critique ; bien entendu, je ne souhaitais pas qu'elle utilise de la magie ou autre forme de sorcellerie non naturelle pour me guérir. Je n'allais pas mourir demain la veille à cause d'une plaie ! Malgré ce petit discours, j'étais toujours pensif sur le comportement et les connaissances du père de Morrigan. Trop de questions sans réponses, je n'aimais pas ça. Et ce n'était que le début de la soirée...

Je préférai ne pas interroger Morrigan, mais la méfiance montait d'un autre cran, m'incitant à ne plus jouer à l'homme honnête. « Nul besoin d'user de l'énergie pour ça. Retournons en bas. » Je ne fis nul cas de cet ordre que je venais de donner à mon hôte, et soudain froid, je quittai la pièce d'un pas rapide, bien que déséquilibré à cause de la blessure. Nous rejoignîmes le vieil homme, qui avait déjà apporté ce qu'il fallait. Il me proposa de m'asseoir et m'offrit un verre que je ne pus refuser, faute de respect. L'étiquette ne m'intéressait pas, mais les bonnes manières pourraient me servir à faire passer des messages à travers des paroles à priori innocentes.

« Pardonnez-moi ma curiosité, ma famille a toujours eu un don pour poser des questions et chercher des réponses... Comment connaissez-vous ma mère ? Et même si je suis moins surpris, comment connaissez-vous ma sœur ? J'ai beau arpenter les couloirs du château royal très souvent depuis ma naissance, jamais je n'ai eu l'occasion de vous croiser. » Ces questions naïves et ces quelques révélations montraient que je n'avais pas l'air de me méfier, pas trop du moins. J'étais habitué à jouer avec les gens depuis que j'étais jeune. J'avais vite appris à observer mon entourage pour deviner leurs faiblesses et savoir à quel moment frapper le plus fort. Je vis avec succès une étincelle s'allumer dans les yeux du sorcier : j'avais posé la question qu'il attendait. Peut-être n'aurais-je pas de réponses, mais j'avais attiré son attention.

« Ma visite avait pour but de remercier votre fille pour sa participation à la mission, et surtout pour la réussite. Malgré les quelques problèmes qui sont survenus, elle a fait un remarquable travail pour une première fois. Vous devez être fier d'elle... » rajoutai-je doucement, tout en regardant Morrigan. Elle ne m'intéressait pas et était totalement en dehors de la conversation, mais peu importe. J'attendis un peu et repris la parole : « Encore une fois, j'espère que je ne dérange pas ? Peut-être voulez-vous vous entretenir avec elle, ou être seul ? »

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MessageSujet: Re: « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »   Dim 20 Jan - 17:27

    Les confidences faites, un semblant de non animosité s'installa entre les deux protagonistes qui toutefois, ne dura quelques minutes seulement suite à l'interruption de la servante qui annonçait l'arrivé du chef de famille. Ah ! Enfin le grand sorcier se montrait, il avait sans doute déjà sentie la présence du jeune guerrier et monter tranquillement les escaliers pour rejoindre les deux jeunes gens. Avant que le sorcier ne se montre, le guerrier et la sorcière échangèrent des paroles blessantes sur la confiance ce qui fit descendre leur relation une fois de plus. Le père de famille était là, debout devant eux si bien que le guerrier ne pu répondre à la jeune Morrigan. Enjoué, manipulateur, espiègle, Morindür jeta un regard brillant de malice à sa fille avant de s’intéresser à son invité. Comme toujours, le viellard avait le monopole de la conversation et comme toujours, il surprit la sorcière comme l'invité par l'étendue de ses connaissances.

    Ainsi, avant que le jeune Ernelio se présente, il lui fit savoir qu'il le connaissait mais, plus que ça, il prétendait connaitre sa sœur ainsi que sa mère. Morrigan lui jeta un regard suspicieux mais, ne disait rien. Satisfait de sa surprise le vieillard répondit au jeune guerrier: « Oh vous savez à mon âge nous commençons à connaitre beaucoup de personne. » Ce qu'il gardait pour lui toutefois, c'est qu'il avait croisé une fois la jeune femme et il l'avait trouvé très à son gout, toutefois étant la maitresse d'un roi, il n'avait pas pu l'aborder de plus, il était mariée à sa belle à l'époque quoique, trompé son épouse ne l'aurait pas déranger. Toujours silencieuse et perturbée par les révélations de son père, le trio changea de sujet pour finir sur la blessure du jeune homme. Forcés, le duo partirent dans l'une des chambres pour soigner la blessure d'Ernelio. Morrigan en profita pour s'excuser de la part de son père. Elle se sentait très gênée et surprise, deux sentiments qu'elle n'apprécier pas. Du tout. Comme toujours, Matias fit des siennes, Morrigan leva les yeux aux ciel. Avant même que la demoiselle puisse réagir, le jeune seigneur faussa la compagnie de la belle.

    Après, tout, c'était son problème, Morrigan laissa tomber ses affaires et ensemble ils descendirent rejoindre le chef de famille qui attendait avec impatience les deux jeunes gens. Ils avaient déjà servit tout le monde, proposa des places, la meilleure place pour le jeune seigneur et à sa gauche sa fille. La question ne surprit nullement le mage qui eut un sourire. « Comme je le disais, à mon âge nous croisons beaucoup de personne et étant donné que je suis toujours de sortie je vois les personnes. Surtout les belles jeunes femmes, enfin, maintenant ceci n'est plus vraiment de mon ressort. J'ai passé l'âge de regarder les belles filles. En faite, ce qui est étrange et distrayant c'est que personne ne remarque le vieillard que je suis alors que pour ma part je remarque tout le monde. Dans ma jeunesse les filles se retournaient sur mon passage. Aujourd'hui, malheureusement, ce n'est plus le cas...» Morrigan écoutait son père de plus en plus surprise de l'entendre parlait aussi libre avec autant d'humour. Elle détourna le regard et se surprit à être très intéresser par les tableaux accrochés aux murs. Les deux hommes se parlaient, excluant la demoiselle qui était bien heureuse de ne pas figurer dans la conversation. Ne répondant pas à la première phrase du jeune garçon, le mage répondit: « Vous me dérangez nullement, c'est toujours un plaisir de recevoir des personnes de votre rang. Il est vrai que notre famille est très mal vu, nous sommes pas comme vous mais, nous disposons des mêmes valeurs humaines. » dit-il sérieusement. « Comme toutes les autres familles nobles de la région, nous cherchons à servir du mieux que nous le pouvons notre roi et c'est un véritable honneur de voir sa fille travailler pour le Roi. J'espère qu'avec cela, les autres familles serons plus enclines à nous voir de manière charmante, qui sait avec de la chance je trouverais enfin, un beau parti pour ma fille. » Morrigan eut un hoquet de surprise et manqua de s'étouffer discrètement. Encore une fois, son père l'avait mise hors-jeu et l'avait en plus de cela, ridiculisée.


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MessageSujet: Re: « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »   Lun 25 Fév - 22:31

Voir la jeune Nomencis de côté, loin de la conversation, achevait de me rendre joyeux. Je ne sais pas quel plan tordu elle avait inventé en voulant m'inviter, mais elle payait le prix de sa proposition. La conversation avec son père était bien plus intéressante, et il arrivait à me surprendre, ce qui était sans doute son but. Bien entendu, la méfiance ne quittait pas mon esprit, et chaque parole était analysée. Je devais reconnaître toutefois que le vieil homme avait également beaucoup d'expérience dans ce domaine, et savait tourner la conversation à son avantage. Je souris avec honnêtement lorsqu'il répondit à ma question concernant ma mère et ma sœur. En effet, qui aurait deviné un puissant sorcier manipulateur derrière cette apparence de vieillard fragile et savant ? Même sa fille offrait un contraste imposant avec lui.

Je ne répondis rien, me contentant de rire, avant d'avancer la raison pour laquelle je me trouvais ici. Encore une fois, le vieil homme tourna le sujet à son avantage, parlant de sa popularité. Il en fit des tonnes, bien sûr, et tenta les compliments. Comme moi. Comme si j'étais apprécié parmi les nobles ! Non au contraire, j'étais un rappel de l'ancienne royauté et beaucoup me détestaient pour ma position offensante envers le roi qui malgré tout m'avait accepté au sein de la noblesse et du Conseil. Privilège que je n'avais jamais eu, puisque même avant Edwin, j'étais peu apprécié, et personne ne s'empêchait de lancer des remarques désagréables voire insultantes dans mon dos. Nomencis continua, évoquant finalement l'éventuel mariage de sa fille. Je regardai celle-ci avec un léger sourire, me retenant de mon mieux de rire.

« Je pense que le cœur de nombreux hommes chavirerait si votre fille était un peu plus vue à la cour du Roi. Ça pourrait sans aucun doute faciliter les choses. »

Si j'avais pu, j'en aurais vraiment ri sans pouvoir me retenir. Cette situation était hilarante : imaginer Nomencis en robe de mariée, au bras d'un homme sûrement aussi âgé que son père ! Heureusement pour elle, la noblesse avait en partie été réformée lors de l'avènement du nouveau roi, et l'on voyait aujourd'hui des hommes de mon âge plutôt que des ancêtres aux cheveux blancs, incapables d'aligner deux mots sans oublier l'idée. Mais plus généralement, je ne voyais absolument pas une fille comme Morrigan, arrogante, égoïste, plaignante, loin d'être féminine, se marier. Mais tel était le destin des jeunes femmes nobles, même les magiciennes. J'étais au moins sûr de quelque chose : jamais Nomencis ne me proposerait sa fille en mariage, j'étais rassuré sur ce point.

« Le roi a du apprécier l'investissement de votre fille puisqu'il vous invite à venir au château dès que vous le pourrez, afin de discuter de ses capacités. Je suppose qu'elle est en bonne voie pour poursuivre quelques missions dans les mois à venir. »

J'avais en effet transmis le message à la fille, mais pas au père, qui était le principal concerné. Le vieil homme allait sûrement faire quelques courbettes de plus pour entrer dans l'intérêt du roi. Se servir de sa fille...lamentable. Nomencis savait parfaitement que malgré mon apparente neutralité, je n'étais pas de son côté ni de celui d'Edwin, et que tout ceci me dégoutait au plus haut point. Je jouais malgré tout le jeu de la politique et de la noblesse, et je gardais mes pensées. Je soupirai discrètement. Je regrettais maintenant d'avoir accepté l'invitation. Je ne voulais surtout pas passer la soirée à discutailler avec des mots cachés du roi, de Morrigan, et du passé sulfurant du vieux sorcier. C'est alors que le jeune page qui m'avait accompagné et qui était resté à l'entrée, dans l'écurie, entra timidement dans la pièce. Il s'inclina devant le vieil homme, une pointe de terreur dans les yeux. Il osa finalement parler, lorsque je lui fis signe d'approcher :

« Veuillez m'excuser. Un messager est arrivé pour vous Monseigneur. »

Il hésita à poursuivre, sûrement sur l'objet du message, mais se tut. Je le remerciai silencieusement d'un signe de tête, et me levai. « Excusez-moi, je vais voir de quoi il s'agit. Avec un peu de chance, ce n'est rien d'important. » et pourtant, je priais pour que ce soit le cas ! Ce messager arrivait à point nommé. Je suivis mon page d'un pas vif, jusqu'à retrouver le messager en question. « Le seigneur Giloze vous demande. Il paraitrait qu'il y ait des problèmes avec vos soldats, ainsi qu'avec des comptes. » Perplexe, je fixai le messager qui me tendit un court parchemin sur lequel était écrit ce qu'il venait de dire. Ce n'était pas l'occasion rêvée finalement, mais ce serait déjà un peu plus passionnant. Je n'avais d'autre choix que de me rendre chez Giloze, que je ne pouvais contrarier : il pouvait être un allié intéressant. Je retournai dans le salon où je retrouvai les deux Nomencis.

« Pardonnez-moi, mais je vais devoir vous fausser compagnie. Il semblerait qu'il y ait quelques problèmes que je doive régler rapidement. »

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MessageSujet: Re: « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »   Mer 27 Fév - 1:24

    C'était par habitude que son père écarté sa fille des conversations qu'il jugeait futile pour elle. Il faisait de son mieux pour lui impliquer des manières de gente dame, n'étant pas de haute naissance, elle apprenait sur le vive et faisait souvent des erreurs. Le problème c'est que son caractère très arrogant, froid et parfois impulsif lui causé de nombreux tords. Une manière de ne plus se soumettre, de ne pas dévoiler sa fragilité, le poids de son passé. En vérité, Morrigan avait honte de ses origines, elle n'aimait pas les bals, fêtes du roi pour la simple raisons que toutes les femmes présentes la jugeaient, la critiquaient, elles se connaissaient toutes depuis leur naissance et elle petite paysanne, sorcière des foret, sauvageonne venait jouer les grandes dames dans leur cours c'était une véritable farce ! Morrigan n'était et ne sera jamais à la hauteur, les femmes lui faisaient bien comprendre. Certes, elle n'avait pas la même fortune qu'elles, ni les mêmes parures, ni la même élégance, Mo se contentait de sa beauté naturelle, fade, sans artifices. Elle avait certainement d'autres qualités mais, la magie, le savoir des plantes, la guérison ne compter pas dans cette cours hypocrite. La conversation de son père ennuyait la demoiselle qui restait silencieusement cloitrée dans son coin, parfois, elle laissait trainé son regard sur Ernelio. Elle devait reconnaitre qu'il était beau garçon, il devait sans aucun doute avoir de nombreuses maitresses.
    Une remarque sur un potentiel mariage manqua de faire étouffer Morrigan, elle n'eut même pas le temps de protester que le chevalier sur-enrichissait déjà, en soumettant l'idée qu'elle se montre plus souvent à la cour. « Nous sommes bien d'accord ! Je ne cesse plus de lui dire, tu entend Freyja..», le sang de la sorcière ne fit qu'un tour, elle ne savait plus lequel des deux elle détestait le plus ? Son père pour l'avoir appelait Freyja devant Ernelio ou ce dernier pour avoir donner une mauvaise idée à son père.

    « Nous savons pertinemment tous deux que cela ne changerait rien , père ! Nous ne sommes pas comme eux et ils nous le font bien savoir. Ce n'est pas affubler de la tête au pied avec des bijoux qui changera quoique ce soit car, pour eux nous restons toujours des personnes à bruler sur un bucher ! »

    La réponse glacial de sa fille laissant quelque minute de silence, embarrassée et triste de la réalité, Morrigan prit congé.

    « Je vais voir ce qu'ils font aux cuisines.. »

    Elle se leva sans demander son reste mais, plutôt que de partir dans les cuisines, Morrigan partit se rafraichir. Pendant ce temps, le père restait avec le jeune homme. « Pardonnez-là, elle peut paraitre froide, arrogante et égoïste mais, croyez-moi elle est l'inverse de cela. Il suffit de la connaitre.. elle est fragile depuis la mort de son frère, autrefois, c'était une enfant souriante. » dit-il avec un triste sourire puis soupir. Il resta quelque minutes de silence et au plus grand soulagement du vieillard, le jeune seigneur prit la parole. Les paroles remontèrent le moral du vieillard qui resservit le verre de son invité. « Je serais ravi de pouvoir servir le roi, mon bon souverain et cela enchante Morrigan. » Ce qui n'était pas du tout le cas et Morindur le savait mais, pour lui, il fallait absolument rester dans les bonnes grâces du roi afin de ne pas revivre sa vie passé : finir dans la pauvreté, la misère la plus profonde et ne plus pouvoir nourrir sa fille chérie. Un jeune page timide fit alors son apparition dans la pièce, il s'inclina devant le vieux mage et délivra son message. Les deux jeunes partirent ensemble, le patriarche en profita pour partir à la recherche de sa fille qui s'était cachée pas très loin près des cuisines. Il ne lui dit rien mais, d'un regard, elle comprit qu'elle devait revenir auprès d'Ernelio et son père. Ils repartirent ensembles vers l'invité et son page. Une fois dans le salon, Morrigan tête baissée écouter nerveusement le jeune homme sortir son excuse pour partir. Le père eut un grand sourire et s'approcha pour venir le saluer. « C'est regrettable mais, le devoir avant-tout ! Je me fais vieux, Morrigan va vous raccompagnez mais, sachez jeune homme que notre porte est toujours ouverte et que nous serons toujours prêt. » Il jeta un sourire franc à Ernelio et laissa sa fille prendre soin du reste.

    La jeune femme suivit le seigneur.

    « Je m'excuse pour mon père, il cherche à se faire des amis... il ne comprend pas que des personnes comme nous ne sont que des ennemis ou des bouffons dans la cour du roi. » les paroles étaient durs mais, très réels. «Merci de vous être déplacé et bonne route à vous. »


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Matías Ernelio
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MessageSujet: Re: « Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »   Mer 27 Fév - 11:57

Morrigan réapparut lorsque je revins. Je repensai à ses paroles précédentes, bien plus réelles que celles de son père, en voyant l'expression de son visage qu'elle voulait sûrement neutre mais qui reflétait une part de tristesse, de nostalgie. Les mots de son père, la décrivant comme fragile et souriante me revinrent en mémoire, tout comme son expression lorsqu'elle m'avait montré le portrait de son frère et de sa mère. Beaucoup de monde souffrait dans la vie, était-ce une raison pour changer de masque ainsi du jour au lendemain ? Je réfléchis un instant, et me rendis compte que la réponse était oui. J'étais moi-même dans ce cas... Je rejetais les autres, je faisais comme bon me semblait, je revêtais cette apparence arrogante et insensible pour être fort. Mais ma sœur pouvait en témoigner, je pouvais également être jovial et heureux. Il me suffisait d'être en présence de personnes à qui je ferais confiance, qui ne me trahiraient jamais. Difficile de penser ceci pourtant. C'était sans doute le même cas pour Morrigan, après tout...

Le vieil homme accepta mon excuse - bien réelle, pour une fois - pour partir, tout en m'invitant à revenir une autre fois. L'offre ne me tentait pas vraiment, mais le sourire qui semblait authentique sur les lèvres du sorcier me convainquit. Je lui adressai également un sourire avant de reprendre la parole : « Merci pour votre accueil, je ne manquerais pas de m'en rappeler ! » Je quittai finalement le salon accompagné de mon page, ainsi que de Morrigan qui se chargeait de me "raccompagner". En chemin, elle voulut excuser son père. Était-ce réellement possible que le vieil homme soit si désespéré qu'il fasse tout, quitte à agir contre la morale, pour avoir un peu de reconnaissance ou d'argent ? Morrigan ne semblait pas du même avis que son père, et c'était flagrant.

« Il serait temps que tu prennes ton indépendance vis-à-vis de ton père, Morrigan. Certes, ce n'est que mon avis, et je sais que tu ne vas pas l'apprécier, mais c'est la vérité. Je comprends ce qui peut te retenir, mais tu dois agir seule. Tu n'es plus une enfant. »

Je n'en rajoutai pas plus durant les quelques mètres qui nous séparaient de la sortie. Là-bas, mon page me tendit la monture sur laquelle j'étais arrivé. Je grimpai en haut, tandis que le garçon monta sur un cheval de plus petite taille adapté à lui. Je me tournai vers Morrigan une dernière fois, la remerciant pour ses derniers mots. « Je doute que l'on se revoit tout de suite, d'après ce que j'ai pu comprendre. Porte-toi bien. » Je vis avancer mon cheval, tournant le dos à l'auguste demeure. J'avais décidé d'être sympathique avec la jeune femme, mais c'était une occasion unique. Si je devais me préoccuper de tous les caprices de toutes les petites nobles, je n'en avais pas fini. Il m'arrivait de m'en occuper pour un bref moment, afin de les séduire et de les réconforter à ma manière ; chose que je ne ferai pas avec Morrigan. Non pas qu'elle n'était pas attirante, mais elle n'était pas...normale. Il fallait toutefois reconnaître que mon attention s'était portée sur elle, et que ce n'était sûrement pas dû au hasard...


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    J'ai longtemps parcouru son corps, effleuré cent fois son visage. J'ai trouvé de l'or et même quelques étoiles en essuyant ses larmes. J'ai appris par cœur la pureté de ses formes. Parfois, je les dessine encore. Elle fait partie de moi
    code broadsword.
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« Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. »

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