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 Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian

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Matías Ernelio
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MessageSujet: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Dim 27 Jan - 1:16

Il était tard. Je voyais peu devant moi, et seule la faible lumière de la lune, dressée dans le ciel telle une déesse qui surveillait le monde, parvenait à me donner une idée de ce qui se trouvait devant moi. Il était toujours intriguant d'aller vers l'inconnu, de sentir cette angoisse à l'idée d'être seul, livré à soi, devant cette immensité qu'était le monde, et de découvrir ses merveilles. Mais ce monde était rempli de dangers tous aussi abominables les uns que les autres. Ma méfiance était au plus haut point, et ma main prête à se poser sur la poignée de n'importe quelle de mes armes. Celui qui oserait s'attaquer à moi, qu'il soit briguant ou ennemi, le regretterait très vite. Je détestais voyager ainsi de nuit à travers les terres telmarines, mais je préférais encore être seul et tranquille qu'accompagné de valets, d'ecuyers et de soldats qui s'ennuieraient autant que moi. S'il m'arrivait quelque chose, peu de gens pleureraient ma mort de toute manière.

Il me semblait apercevoir un village, perché sur une petite colline. Autant y faire une pause, peut-être y passer la nuit, avant de repartir en direction de la capitale, où j'avais à faire. Je devais voir quelques personnes en particulier, dont le roi, à contre cœur, qui m'avait de toute manière convoqué pour un conseil entre seigneurs de Telmar. L'affaire devait être plutôt importante, même si d'après les lois, le roi se devait de discuter de ses décisions avec le conseil. J'allais m'amuser, c'était certain... Toutefois, je n'avais pas fait tous ces efforts pour monter vers le pouvoir, même si cela signifiait se rapprocher de ce roi usurpateur que je détestais par dessus tout, pour rien : j'étais responsable aujourd'hui, et je comptais rester au poste de Seigneur de Telmar pour quelques années encore.

Vêtu d'une cape noire comportant un capuchon rabattu sur ma tête avec soin, je pénétrai dans le petit village, et eus tôt fait de trouver la taverne du coin, qui faisait également auberge. De quoi rester là quelques heures, me reposer un peu et repartir avant l'aube pour parcourir le reste du chemin. Après avoir dépassé quelques maisons modestes d'où sortait un léger panache de fumée blanche, enveloppant le village d'un fin voile mystique, j'aperçus enfin l'écriteau en bois abîmé indiquant "Au Renard Chantant". Je descendis de cheval, et allai l'attacher dans la petite arrière-cour de l'endroit. J'ouvris ensuite la porte de l'auberge tout en abaissant mon capuchon, le froid mordant chaque parcelle découverte de ma peau remplacé par une douce chaleur mêlée à une odeur d'alcool et de transpiration. Le lieu était assez rempli, mais ce n'était pas un soir de fête. Chaque personne présente, même celles au fin fond de la pièce, se tourna vers moi ; je savais que peu me reconnaîtraient, et peu importe si c'était le cas. Ma cape, bien enveloppée autour de mes vêtements, empêchait toutefois de comprendre mon rang.

Je partis m'installer à une table vide sur le côté, à moitié dans l'ombre, décidé à prendre une bonne chope d'hydromel et un bon repas avant de me reposer. Une serveuse vint prendre ma commande, tout en ayant l'air de chercher qui je pouvais être. Je me doutais que la plupart des personnes ici devaient être des habitués, et que peu de gens passaient dans un tel endroit par hasard. J'eus rapidement ma chope et mon assiette remplie de morceaux de viande et de quelques légumes. Malgré mon apparente envie de manger, je surveillais en même temps la taverne. Je découvris, de l'autre côté de la pièce, un groupe d'hommes en armure. Des soldats. Il ne me fallut pas longtemps pour apercevoir l'insigne brodé sur leurs armures : ils faisaient partie de l'élite telmarine, ou presque. Les autres hommes étaient de simples villageois ivres, ou des nomades silencieux et solitaires. Mais alors que je faisais cette petite analyse discrète, quelqu'un entra dans la taverne, attirant tous les regards, dont le mien.

J'étais encore loin de savoir que tout allait changer.

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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Dim 27 Jan - 17:20

La lune montait petit à petit dans le ciel. L'obscurité domina bientôt et l'on pouvait voir de petits points lumineux dans le ciel formant une toison argentée. En dessous d'elle se trouvait une forêt de pin, une pinède. Un sentier la traversait jusqu'à un simple village Telmarin assez animé. Ce chemin était boueux et pas très praticable. Des trous ornaient les bas-côtés où l'eau tombée du ciel quelques jours plus tôt stagnait. La clarté de l'astre de la nuit se reflétait sur l'une de ces flaques. On pouvait y voir le simple reflet du ciel de la nuit, ainsi que quelques branches d'arbres. Mais alors quelques minuscules vaguelettes apparurent à la surface. Puis déchirant cette douce image, une botte marcha dedans, envoyant l'eau sur les côtés et brouillant le reflet. C'est la botte du pied d'un homme. Il marchait d'un pas rapide sur le chemin. Il portait des bottes en cuir et un pantalon de la même matière, plus foncé. Coincés dans ces chaussures un peu usées, deux dagues assez longues mais bien cachées. On en distinguait pas plus car au niveau du mollet on apercevait le bout d'une grande cape noire. Elle montait jusqu'aux épaules de ce même homme, et un capuchon lui couvrait la tête. Un bruit sec se fit entendre derrière lui. Il s'arrêta net et tourna la tête. La lune éclaira ses pupilles. Ses yeux marron presque noirs cherchaient quelque chose dans les sous-bois. Il avait des cheveux mi-longs d'un brun lumineux. Et une petite barbichette qui le rendait très séduisant. En effet il n'avait pas un visage de rôdeur ou de paysan, ou même encore un soldat, mais plutôt un visage doux, un visage royal. Il avait une expression assez crispé comme s'il avait peur d'être suivit. On entendit alors le hululement d'une chouette dans un arbre non loin. L'homme se radoucit un peu puis continua sa marche vers le village, plongé dans ses pensées.

Il se nommait Caspian, un nom royal. Seulement il avait appris à ne plus penser par ce nom, car on il avait déjà été attaqué par des soldats pour aucune raison qu'il soupçonnait. Voilà maintenant entre un et deux ans qu'il était devenu amnésique. Peu à peu, au fur et à mesure de ses voyages, quelques souvenirs lui furent redonnés. Minces mais importants pour lui. Il se souvenait de son enfance, de chaque visage. Il se souvenait également de sa vie dans le château mais rien de plus. Ces visages... Il n'arrivait pas à mettre de noms dessus. Et depuis qu'il se trouvait dans cette forêt, au royaume de Telmar, un souvenir lui était revenu, auquel il attachait beaucoup d'importance. Il se trouvait dans un château et dans ses bras il tenait une magnifique jeune femme à la peau plutôt blanche et aux longs cheveux bruns bouclés. Il creusait sa mémoire depuis des jours et des jours sans jamais trouver son nom, c'était vraiment frustrant. Surtout qu'il était à peu près sur qu'ils s'étaient aimés. Mais il ne se souvenait pas de son rang, ni de sa légitimité au pouvoir.
Il sentit la présence de son phénix non loin. Il le renvoya, ne souhaitant pas affoler tout le monde avec une créature pareille. Oui il avait un don. Oui il était un élu, mais un élu du Mal. Il s'était rendu compte au bout de quelques mois de fuite qu'il possédait le don de contrôler, la chaleur, les flammes, le feu. Mais il ne s'en servait pas souvent. Caspian tremblait en cet instant même, de froid, mais allumer un feu aussi proche soit il d'un village n'était guère une bonne idée quand on voulait échapper au plus de personnes possible.

Il arriva bientôt à la lisière de la pinède, à l'entrée du village Telmarin. Les maisons étaient éclairées par les feux de cheminées, et quasiment tout le monde était rentré chez soi. Caspian marcha à travers les maisons, cherchant une auberge ou une taverne. Il n'avait en aucun cas l'intention de dormir ici cette nuit, c'était bien trop dangereux pour lui, mais il voulait se restaurer un peu. Il n'avait avalé qu'un maigre lapin ce matin et c'était bien insuffisant. Il se retrouva bientôt devant un écriteau marqué ainsi :

Au Renard Chantant


Il poussa la porte de bois et entra. Le contraste de luminosité avec l’extérieur lui fit plisser un peu les yeux. La taverne était remplie de paysans, de voyageurs, d'habitués, et d'un groupe de soldats en armure. Le jeune homme comprit qu'il ne devait pas rester longtemps ici, il mangerait autre part. Seulement tout le monde avait le regard braqué sur lui. Certes il ne pouvait plus faire demi-tour. Alors il marcha droit devant lui jusqu'au comptoir en baissant son capuchon. Mais il rentra sa tête dans ses épaules en s'appuyant sur le bar pour cacher un peu son visage. Il commanda seulement une chope de bière. En attendant que le tavernier la lui remplisse il regarda discrètement autour de lui. Les clients avaient recommencés à parler entre eux. Tout au fond se tenait un coin à l'ombre avec un homme assis à une table, qui le fixait toujours. Caspian tourna vite la tête vers le bar. Cet homme derrière lui le dévisageait un peu trop à son gout. Le tavernier lui servit alors sa chope dans un temps qui lui parut interminable. En effet à sa droite le groupe de soldat parlaient entre eux tout en le regardant. Il commençait sérieusement à paniquer, il suait légèrement, il fallait partir. Il vida sa bière d'un trait, et pendant qu'il déposait des pièces sur le meuble en mois pour payer, les soldats s'approchèrent, leurs mains, sur leur épée. Celui qui semblait être leur chef prit la parole :

- Qui est tu toi ? Et que fais-tu ici ? Ton visage me dit clairement quelque chose. Répond !

Tout le monde autour d'eux s'était tus. Caspian respirait rapidement, trop rapidement. Il tourna lentement la tête vers le soldat fixant son regard dans le sien. Le jeune homme chercha les bons mots avant de répondre dans ce silence pesant au bout de plusieurs minutes.

- Je ne suis qu'un simple voyageur qui vient se désaltérer après plusieurs jours de marche et qui passe pour la première fois par ici.

Le soldat qui le voyait désormais de face et qui le dévisageait dangereusement ne tint pas compte de sa remarque. Il essaye de me démasquer, il doit me connaître, pensa le jeune homme. Il faut que je trouve une solution. Le silence régnait toujours en maître et Caspian suait de plus en plus, pris de panique. Il ne pouvait que soutenir le regard du soldat. Il le soutenait comme s'il était supérieur à lui, d'une manière tout ça fait... Royale ? Il ne savait pas d'où lui venait cette assurance mais il était clair qu'elle n'était pas venue comme ça. Alors les yeux de l'homme brillèrent de réussite.

- C'est lui ! C'est le traître à son sang, le lâche ! C'est notre ancien roi, Caspian X ! Arrêtez le sur le champ !

Le concerné n'eut pas le temps de réfléchir à ce qu'il venait de dire. Il avait tiré les dagues de ses bottes et para habilement l'attaque d'un des soldats qui s'était rué sur lui dans l'espoir de le capturer. Autour d'eux, tout le monde sortit précipitamment créant une foule affolée dans tout le village, alertant les habitants. Caspian essaya de se diriger lui aussi vers la sortie mais il se retrouva bientôt contre deux autres soldats. Il avait de plus en plus de mal et plusieurs fois les lames adverses le blessèrent. Sous les nombreux coups, il fut déstabilisé et tomba à terre. Alors que les hommes en armures s’apprêtèrent à le tuer, une ombre se précipita entre eux.


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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Dim 27 Jan - 20:55

Je buvais ma chope d'hydromel - loin d'être le plus fameux que j'ai déjà goûté - tout en observant le nouvel arrivant. Sa démarche, loin d'être celle d'un paysan dont les années de travail avaient courbé le dos et fatigué les traits du visage, était au contraire droite et gracieuse. Son visage, bien que marqué par une certaine fatigue et une certaine panique évidente, portait des traits fiers que peu d'hommes possédaient. Mais surtout, cet homme ne me semblait pas inconnu. Je ne le quittai pas des yeux, me moquant alors éperdument des soldats et des habitués de la taverne. Si au début, tout était calme, les gens reprenant leurs conversations sans problèmes, la situation se gâta lorsque les soldats décidèrent de chercher querelle au nouvel arrivant. J'écoutai alors, plus que jamais.

Le commandant des soldats n'hésita pas, dès qu'il eut des doutes, à exiger le nom de l'étranger. Ce dernier, visiblement perturbé, mit un moment avant de répondre. Il aura pu être convainquant si quelques gouttes de transpiration et ses yeux paniqués ne le trahissaient pas. Un lourd silence s'abattit dans la taverne. Plus aucune conversation, plus aucun bruit de couvert ou de chaise. Je posai doucement ma chope et lançai avec encore plus de force mon attention sur l'échange. Je tentais, en vain, de deviner l'identité de ce jeune homme qui était alors en difficulté. Ce n'est qu'après quelques secondes, observant son air fier malgré tout, qu'un souvenir frappant me revint en mémoire : la préparation de la guerre. J'avais enfin fini de mettre mon armure complète. Je rejoignis le roi dans ses appartements, où il finissait de régler les derniers détails concernant les armes, les rangs, le plan de surprise, d'un regard fort et fier. Lorsqu'il me vit arriver, il leva des bras accueillants, fraternels. Parfois, il semblait ne plus être celui que j'avais connu, comme si quelqu'un l'avait remplacé...mais ce n'était pas le cas, à ce moment-là. « Prêt à te battre et à gagner, frérot ? »

Caspian. Je faillis bondir de ma chaise et l'entraîner le plus loin possible de tout ce public qui pourrait le reconnaître, mais par un effort de réflexion, je restai tranquille, essayant de ne pas me trahir. De toute manière, chaque personne, dont les soldats, avait son attention rivée sur lui. Mais je n'étais pas le seul à avoir reconnu l'ancien roi de Telmar. Le commandant de la troupe de soldats sortit son épée, une belle arme fière, tranchante et pointue à souhait, tout en criant l'identité de l'homme. Si Caspian put rapidement se défendre grâce à quelques lames et grâce à des réflexes, dieu merci, conservés. Alors que tout le monde courrait vers la sortie, criant et réveillant tout le village, j'avais posé quelques pièces d'or sur la table, et je m'étais levé, dague à la main. Celle-ci se planta rapidement en plein cœur d'un brave soldat, qui malgré tout était un obstacle à mes intentions.

Je détestais devoir tuer des hommes de ma propre patrie, j'aurais pu être à leur place ; ils méritaient leur place dans l'armée, et ils devaient avoir une famille fière d'eux. Je n'eus cependant aucune pitié à tirer mon épée pour tuer ceux qui s'opposaient à moi. Ils n'étaient pas nombreux, heureusement, mais deux hommes seuls ne pouvaient les affronter. Je dus combattre l'un d'eux lorsqu'il s’aperçut de la mort de son compagnon ; il était très bien entraîné, mais ce fut une erreur d'inattention qui lui coûta la vie, après que ma lame se soit profondément enfoncé dans son abdomen, faisant jaillir un geyser de sang de la plaie et de sa bouche. En tournant la tête, j'aperçus Caspian en train mauvaise posture. Alors que deux soldats levaient fièrement leurs épées dans le but de tuer l'ancien roi, l'un d'eux s'effondra, violemment assommé par un coup de pommeau d'épée. L'autre soldat, prêt à abattre sa lame, fut stoppé dans son élan : les deux lames tranchantes se heurtèrent avec violence, et le bruit résonna longtemps dans la vieille taverne.

Je repoussai doucement l'arme du jeune soldat, qui devait pourtant avoir mon âge. Je n'eus d'autre choix que de le combattre. Pris par surprise, il ne vit pas le tranchant de l'épée parcourir son torse, laissant une profonde plaie bientôt écarlate. Il me regarda avec des yeux étonnés, avant de s'effondrer, le regard fixé dans une dernière surprise. Je ne perdis pas le nord, et j'attrapai Caspian par le bras pour le faire sortir de l'auberge, tandis que le tavernier et sa femme poussaient des hurlements d'horreur devant tout ce sang. Il restait encore le commandant et un soldat, et je redoutais de me battre contre le chef. « Suis-moi, et fais ce que je te dis. Au cas où tu ne l'aies pas remarqué, je suis de ton côté. »

Je pris note de ses blessures, et espérai qu'il pourrait au moins courir jusqu'à l'arrière-cour et monter à cheval. Dehors, les villageois étaient pratiquement tous réveillés ; certains attendaient devant leurs portes, d'autres derrière leurs fenêtres. Je rabattis mon capuchon sur ma tête et incitai Caspian à faire de même. Je le fis aller le plus rapidement possible vers l'arrière-cour, où je bondis sans attendre sur ma monture. Je tendis un bras pour aider le fugitif à monter à son tour, et mis mon cheval au triple galop dès qu'il fut dessus. A peine étions-nous dans la rue principale, près de la sortie, que d'autres bruits de sabots se firent entendre. Le commandant et le dernier soldat n'avaient visiblement pas l'intention de laisser filer l'ancien roi de Telmar et son complice...

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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Lun 28 Jan - 0:00

L'homme qui surveillait le jeune homme du fond de la taverne combattis et tua les soldats qui lui en voulait. Caspian voulut savoir de qui il s'agissait mais il n'en n'eut pas le temps. L'inconnu lui attrapa le bras le forçant a se relever, et l'entraîna dehors. En sortant, le responsable de cette pagaille regarda les hommes a terre et les propriétaires du bâtiment qui criaient a la vue du sang. Il n'aurait jamais du entrer ici. Il ne comprenait toujours pas pourquoi on le traitait ainsi, lui. Il se souvint alors des paroles du soldat. Il a dit qu'il était son... Les cris extérieurs le ramenèrent au présent. Des hommes couraient dans tous les sens, et l'homme qui aidait Caspian le forçat a avancer

« Suis-moi, et fais ce que je te dis. Au cas où tu ne l'aies pas remarqué, je suis de ton côté. »

Certes il l'aidait mais jusque où ? Oui il l'aidait, il lui avait sauvé la vie mais pourquoi ? Alors qu'ils couraient dans le village, Caspian dévisagea son "sauveur". Un visage jeune , un visage qu'il connaissait. Oui il le connaissait il en était sur, ce n'était pas la première fois qu'il croisait cet homme. Seulement sa mémoire ne voulait pas se rappeler. Il creusa plus profond et ne parvint qu'à se souvenir du fracas des épées, de l'odeur du sang et de la mort ainsi que du cri des hommes. Une guerre ? Ce fut ses propres douleurs qui le tirèrent de ses pensées. Un éclair fulgurant traversa sa jambe et il manqua de s'évanouir. Un des soldats avait du le toucher avec son épée.

Ils traversèrent ainsi tout le village jusqu'à une arrière cour où se trouvait plusieurs chevaux. L'inconnu en choisi un et grimpa dessus. Il tendit le bras pour aider Caspian mais celui-ci hésita. Pouvait il vraiment lui faire confiance ? Il n'en savait franchement rien, peut être voulait il le tuer aussi. Seulement pour le moment il essayait de lui sauver la vie ce qui était plutôt encourageant. Il accepta son bras, monta douloureusement et se tint comme il pût quand le cheval partit a fond. La course poursuite s'engagea mais les deux fuyards prirent l'avantage. Caspian regarda en arrière et aperçut de loin le chef qui éperonnait sa monture pour les rattraper. Mais il était déjà trop tard. Le jeune homme tenta de se souvenir de ce qu'il avait dit quand il l'avait reconnu. Qu'il s'agissait de leur... Ancien roi ? C'était impossible Caspian n'avait rien d'un roi, c'était complètement absurde. Mais plus il y pensa plus cela devint étrange. Pourquoi ces soldats et ceux qui l'avaient déjà attaqués auparavant s'en prenait il a lui ? Et pourquoi cet homme, cet inconnu le protégeait il ? Il n'était pas un personnage important pourtant ? ... Il essaya de se souvenir, de forcer sa mémoire bien quelle demeurait close. Il força encore mais a la place du soulagement de reconnaître des souvenirs il fut assailli par un mal de crâne puissant. Il poussa un cri, ferma les yeux et essaya de combattre la douleur.

Il sentit le cheval ralentir et l'inconnu descendre. Caspian voulut descendre à son tour mais il faillit s'écrouler si le cheval et l'inconnu de l'avaient pas soutenu. Il resta ainsi appuyé contre l'animal soufflant et inspirant profondément pour calmer la douleur. Ce n'était pas la première fois que cela arrivait. Cette même douleur l'avait assaillie quelques jours plus tôt quand il s'était forcé à se souvenir du nom de la femme dont il ne voyait que le visage. La douleur se calma un peu et devint plus supportable. Il se redressa, ouvrit les yeux et évalua la situation. Personne ne les avait suivis jusque la. Ils se trouvaient au beau milieu de la forêt, seuls. L'inconnu était la aussi et le fixait. Il soutint son regard, le prenant un peu de haut, l'air fier. Mais il ne pût s'empêcher de grimacer à cause de son mal de tête. Maintenant il devait s'occuper de cet inconnu. Il tourna la tête et regarda les sous bois marchant - ou plutôt boitant - un peu, en cercle, tout en se rapprochant de l'homme. Il s'arrêta. Fixa un point dans l'obscurité, puis il dégaina une dague et menace de sa pointe l'homme devant lui, l'empêchant de bouger. Il fixa son regard dans le sien. Oui il le connaissait. Il grimaça un peu de douleur lorsqu'il parla d'une voix stricte :

- Maintenant je vous ordonne de me dire qui vous êtes, pourquoi vous m'avez sauvé et pourquoi je suis ici avec vous ?

Il lui chargea un regard autoritaire et froid, sans cesser de fixer ses yeux. Oui il les connaissaient ces yeux, seulement il ne savait s'ils étaient avec ou contre lui. Il voulait pas prendre de risque, une seule erreur et cet inconnu pourrait le tuer. Il tenta de se souvenir lutant contre la douleur qui revenait peu a peu qu'il forçait. Mais il persista et grimaçant de plus belle non sans lâcher son regard. Il voulait se souvenir, il le voulait ! La douleur le fit trembler, il ferma les yeux et abaissa son arme. Caspian luttait au milieu de tout ces soldats. Il envoyait son épée sur tout ceux qui se trouvaient être ses ennemis. Il ne se reconnaissait pas, ce n'était pas lui qui avait voulu ceci, et pourtant il avait leur sang sur les mains, sur son épée. Il reçut un violent coup dans le dos et tomba a terre. Il se retourna et vit un de ses ennemis, l'épée levée au dessus de lui. Il vit alors la mort, qui repartie presque aussitôt. Un de ses propres guerriers s'était jeté entre eux et se débarrassa bien vite de l'assaillant. Alors il se retourna et tendit une main au jeune homme. Caspian était a terre, sur les genou quand la douleur s'estompa. Cet inconnu lui avait déjà sauvé la vie une fois. Et c'était apparemment un allié. Il se redressa, ouvrit les yeux et le fixa de nouveau.

- Je vous connais... Je ne sais qui vous êtes mais je vous connais. Vous m'avez déjà sauvé la vie n'est ce pas ?


(Désolé si il y a des fautes c'est pas pratique à corriger sur l'iPod ^.^')

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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Lun 28 Jan - 11:51

Caspian avait du mal, mais il put heureusement monter sur le cheval. Celui-ci réussit à nous faire prendre suffisamment d'avance, bien que les deux soldats restant soient toujours à notre poursuite. Il fallait les semer : quoi de tel que les bois qui se trouvaient à proximité ? J'imposai un rythme plus fort à la monture, et nous atteignîmes en peu de temps l'orée de la forêt. Il s'agissait à présent de s'éloigner du chemin témoignant du passage répété de bon nombre d'habitants, et de profiter de l'obscurité pour s'éloigner sans poursuite. Si j'avais été seul, le problème aurait été rapidement réglé ; or, il s'agissait de Caspian, et l'affaire était tout autant délicate qu'il ne devait pas être retrouvé, ni moi avec lui, ou nous étions tous deux bons pour être condamné à la potence pour trahison. Après quelques minutes de chevauchement, il semblait que les assaillants aient perdu notre piste, du moins pour le moment. Entendant ce qui semblait être un cri de la part de Caspian, je préférai m'arrêter.

Je fis ralentir le cheval et descendis. Mon demi-frère eut plus de mal, et je dus le soutenir, sans quoi il se serait écrouler. Ce n'était pas que les douleurs, il y avait autre chose. Je m'écartai de quelques pas, mais ne le quittai pas pour autant du regard. Des tonnes de questions se bousculaient dans ma tête, et je brûlais d'envie de les poser à Caspian. Seulement, je doutais que celui-ci apprécie un questionnaire pareil, surtout s'il était amnésique, comme on me l'avait dit... Je ne pus que voir son regard perplexe mais aussi dur, dès qu'il se remit de cette chose inconnue qui l'assaillait. Lorsqu'il détourna son regard, je voulus en profiter pour parler, mais il me devança en sortant soudainement une dague pointée vers mon cou. J'aurais dû m'y attendre, évidemment. Je soupirai et levai doucement les mains pour lui montrer que je ne tenais aucune arme, et n'allais rien lui faire.

Mais que lui dire ? « Tu es l'ancien roi Caspian X, et je suis ton demi-frère. Tu vas bien ? » Non, il valait mieux éviter. Caspian était bel et bien amnésique, et ce n'était sûrement pas le bon moyen que de lui dire toute la vérité d'un coup. Mais c'était bien lui, au fond... Ce regard, cette voix, c'était ceux qu'il avait toujours eu, ceux de notre père, ceux des grands rois. A nouveau, je m'apprêtai à parler, bien que je n'aie pas trouvé les mots adéquats, mais Caspian baissa alors son arme et sembla pris de tremblements incontrôlables durant quelques secondes. Je ne bougeai pas, le fixant seulement d'un regard inquiet. Il finit par parler à nouveau, la voix plus hésitante. J'acquiesçai avec un léger sourire, avant de lui répondre :

« En effet, et c'est pour cette raison que je t'ai également sauvé ce soir. Je sais tout ce qu'il t'est arrivé, et je suis là en tant qu'allié...et en tant qu'ami. »

Que faire ? J'attendis que Caspian baisse complètement son arme et la range pour être tranquille. Je m'éloignai un peu, fixai les alentours pour être sûr qu'il n'y avait personne, et finis par me tourner vers mon nouveau compagnon de route. « Laisse moi d'abord panser tes blessures. Je te promets de répondre à toutes tes questions après. » J'écartai ma cape, et ouvris la petite sacoche accrochée à ma ceinture. Une autre contenait de l'argent, mais celle-ci était plutôt remplie de trucs plus utiles, comme justement un court bandage et des plantes cicatrisantes qu'une amie m'avait donné. Je n'étais pas expert en médecine, mais je préférai ne pas prendre de risques lorsque je partais seul sur les routes dangereuses de Telmar, au lieu d'être accompagné de la moitié de la "cour" de ma demeure et faire un déplacement remarqué. J'aurais dû le faire, certes, mais jamais je n'aurais retrouvé Caspian...

Il apparaissait que seule la blessure de sa jambe était grave ; les autres n'étaient que superficielles et saignaient peu, heureusement. Je bandai donc comme je le pouvais la plaie, et vérifiai moi-même si je n'avais pas de blessures. Je finis par tout ranger et regardai alors Caspian assez fixement. J'avais passé des mois à le faire chercher, à le faire suivre, et après pratiquement deux ans de disparition, je retrouvais mon demi-frère en face de moi. Seulement, il était amnésique, et même s'il semblait se souvenir me connaître, il ne se rappelait pas de mon nom et de ma réelle identité, sans parler de la sienne. « Le hasard est bien fait... Je te cherche depuis bien longtemps, et je te retrouve alors que je perdais espoir. » Peut-être que quelque chose cherchait à me redonner espoir, à ne pas perdre la foi que j'avais en moi et en mon demi-frère, qui sait ?

« Je m'appelle Matías. A présent, je te laisse me poser toutes les questions que tu souhaites, j'y répondrai. Mais tiens toi prêt à partir s'ils reviennent. »

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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Lun 28 Jan - 20:58

« En effet, et c'est pour cette raison que je t'ai également sauvé ce soir. Je sais tout ce qu'il t'est arrivé, et je suis là en tant qu'allié...et en tant qu'ami. »

Caspian ne savait pas vraiment quoi en penser. Il se disait maintenant son allié et son ami ? Comment en être sur ? L'inconnu se tenait devant lui, debout. Il aurait pu le tuer s'il le voulait. Mais il ne le fit pas. Le jeune homme repensa a ce qu'il venait de découvrir. Il lui avait déjà sauvé la vie, il était forcément de son côté. Rassuré, il rangea sa dague dans sa botte et regarda l'homme surveiller les environs et venir s'accroupir auprès de lui. Il annonça qu'il allait le soigner, bander ses plaies. Caspian se laissa faire, en grimaçant légèrement quand il touchait l'entaille profonde. Le blessé en profita pour regarder ce qui se cachait sous sa cape, qu'il venait de soulever pour prendre les bandages. Il avait une armure légère avec le même genre de blason que celui que portait le chef des soldats qui les avaient poursuivis. Ils étaient du même camp ? Il se crispa légèrement puis pensa a son souvenir de nouveau. L'inconnu avait lui aussi, dans ce moment passé, le même blason. Caspian était il de son peuple ? Quel royaume déjà ? Telmar ? Caspian ne se souvenait pas de ce nom comme faisant partit de son passé. Pourtant le son qu'il produisait lui était familier. Quand il eut finis, il rangea ses affaires et fixa Caspian qui examinait attentivement le bandage. Il ne releva la tête que lorsque l'homme en face de lui prononça des paroles qui le laissèrent perplexe.

« Le hasard est bien fait... Je te cherche depuis bien longtemps, et je te retrouve alors que je perdais espoir. »

Ainsi la vie de Caspian comptait pour lui. Il l'avait donc cherché ces deux dernières années gardant un peu d'espoir. Et au moment ou il le perdait cet espoir, Caspian réapparaissait. Ce dernier réfléchit a cela. Peut être que l'univers conspirait a redonner espoir à cet homme. Et c'est ainsi que le jeune homme su qu'ils étaient proches, autrefois, et peut être même a ce moment-ci. Il allait lui demander son nom mais il le devança.

« Je m'appelle Matías. A présent, je te laisse me poser toutes les questions que tu souhaites, j'y répondrai. Mais tiens toi prêt à partir s'ils reviennent. »

Matías. Il se creusa la tête un instant mais rien ne lui vint. Surtout qu'il y avait déjà autre chose a quoi il pensait. Matias disait qu'il pouvait répondre a toutes ses questions ? Connaissait il aussi bien la vie du fugitif ? Oui il l'avait affirmé quelques instants plus tôt. Alors Caspian chercha ce qu'il voulait savoir. Une foule de question se présenta à lui toutes aussi intéressante que les autres. Matias lui offrait la possibilité de peut être recouvrer une mémoire complète. Il se calma tant qu'il le pût mais en sortit plusieurs.

- Qui suis je pour vous ? Pourquoi ais je perdu la mémoire ? Pourquoi suis je un fugitif qui doit se cacher des soldats royaux ? Et surtout... Pourquoi l'homme ma confondu avec un roi traître ?

Sa bouche resta ouverte car il s'apprêtait a poser une autre question brûlante. Celle de savoir qui était la femme dont il ne voyait que le visage. Mais c'était un peu trop intime. Alors il ferma la bouche et attendit les autres réponses même s'il ne pensait qu'à poser celle-ci.

(C'est bien court je suis désolé, je ne savais vraiment pas quoi dire °°)

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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Mer 30 Jan - 12:17

Je savais que Caspian ne me faisait pas entièrement confiance, et je ne pouvais le lui reprocher. Son regard témoignait l'incompréhension et le vide qui régnaient dans ses maigres souvenirs. Comme tout aurait été plus simple s'il n'avait pas été amnésique ! J'avais l'impression de voir l'homme que j'avais toujours considéré comme mon frère, bien que seul le sang et la chair de notre père nous relie ; mais lui ne me reconnaissait pas, comme si jamais nous ne pourrions retrouver le lien qui nous unissait auparavant. Ainsi, lorsque je lui expliquai que je répondrai à toutes ses questions, je vis une lueur d'espoir. Ses questions, comme je m'y attendais, étaient assez délicates. Je n'avais jamais été bien doué pour annoncer des choses personnelles et touchantes, aussi préférai-je utiliser la méthode directe. Caspian attendait des réponses à toutes ses interrogations, pas de la compassion... Je décidai toutefois de répondre dans un ordre prédéfini.

« Il y a eu une guerre, deux ans auparavant, entre Narnia et Telmar. Tu y as participé, tout autant que moi d'ailleurs. Tu étais même l'un des principaux responsables, même si je pense que... » je m'arrêtai, hésitant. Je ne voulais pas lui dire quelque chose dont je n'avais jamais été sûr, seul lui pourrait me le confirmait. « Peu importe. La guerre a été gagnée, mais tu as disparu, du moins ton corps n'a jamais été retrouvé. Certains disaient que tu étais parti du champ de bataille, d'autres certifiaient avoir vu une sorcière te jeter un sort. Je ne peux rien t'affirmer, mais il semblerait que tu sois devenu amnésique à ce moment-là, que ce soit par de la magie ou par un simple choc. Est-ce que tout ceci correspond à tes derniers souvenirs ? »

Je venais d'expliquer comme je le pouvais son amnésie, même si je ne disposais d'aucune information certaine. Comment lui dire à présent qu'il était en effet l'ancien roi de Telmar, et que c'était pour cette raison que les soldats du nouveau roi le poursuivaient ? Comment lui dire qu'il avait été prince ou roi, descendant d'une lignée de grands rois, qu'il avait été un roi juste et bon, jusqu'à ce qu'il soit mal conseillé voire ensorcelé ? Comment lui annoncer que j'étais son demi-frère ? Peut-être que cette dernière partie était la plus simple, en fait. Je laissai quelques secondes de silence, puis repris la parole doucement :

« Pour moi, tu es un ami, plus que ça. Nous avons grandi ensemble, nous avons appris à manier l'épée ensemble, même si nous n'avons pas eu la même éducation. Je ne devrais pas dire ça, mais...je suis ton demi-frère. Nous partageons le même père. Il nous a quittés lorsque nous étions enfants, mais je suis sûr que tu auras un souvenir, même vague, de lui. »

Je laissai un moment à Caspian pour comprendre tout ça et surtout le digérer. Je ne pouvais deviner sa réaction, et peut-être allait-il ressortir sa dague contre moi. Peut-être au contraire tous ces mots formeraient une image précise qui correspondraient à d'anciens mais vrais souvenirs, jusqu'à même lui redonner la mémoire. Je n'en savais rien à vrai dire, et je n'avais jamais côtoyé quelqu'un d'amnésique. Je ne fondais ma pensée que sur des hypothèses, et au fond, sur un nouvel espoir. Oui, j'espérais beaucoup de Caspian, même si je n'avais aucun plan sûr en tête. Actuellement, j'étais surtout heureux de revoir mon demi-frère en vie, devant moi, peut-être prêt à me rejoindre et à retrouver la mémoire. Je détachai mon regard de lui, songeant qu'il était peut-être mal à l'aise, surtout s'il ne se souvenait de rien.

Je m'éloignai de quelques pas, laissant quelques minutes Caspian seul. Il avait besoin de mettre de l'ordre dans ses pensées sûrement, et je devais faire de même. Que devais-je faire ? Lui dire qu'en effet, il était un ancien roi, qu'il avait livré une guerre contre sa propre patrie pour ramener la magie dans ce monde, qu'il avait ensuite brusquement changé d'idée, et qu'il avait été viré du pouvoir alors même qu'il devenait amnésique ? Oui, il était considéré comme un traître, et beaucoup ne m'appréciaient pas pour cela. Je n'avais jamais pu accéder à de réelles fonctions lorsque Caspian était au pouvoir, puisque j'étais aux yeux de la loi un bâtard ; j'avais pu cependant être nommé capitaine dans l'armée, le temps de la guerre. Maintenant qu'Edwin était roi, j'avais pu être nommé seigneur de Telmar, même si jamais je n'aurais imaginé ça de sa part. Toutefois, il restait toujours cette appartenance à l'ancienne famille royale, et les tensions étaient nombreuses avec beaucoup de nobles et de bourgeois.

Je finis par me tourner en entendant des bruits de pas. Caspian avait finalement bougé, et je devinais à son regard qu'il voulait en savoir plus, même s'il ne comprenait pas. Je soupirai doucement, sachant ce que je devais dire à présent. Bien sûr, Caspian savait qu'il était ce fameux roi dont avait parlé le commandant, mais il devait avoir besoin d'une confirmation. Quel vagabond, surtout amnésique, pourrait prétendre avoir été roi, après tout ? « Je suis désolé de te dire tout ceci, je sais que ce n'est sûrement pas très plaisant. Malheureusement, ce n'est pas tout. Comme tu l'as remarqué, tu es poursuivi par beaucoup de gens, que ce soit ici ou même à Narnia ou Archenland je suppose. Il y a bien sûr une raison à ceci, et...tu l'as entendu tout à l'heure. » J'attendis quelques secondes, avec une grande hésitation. Je pris une longue respiration et enchaînai : « Tu es l'ancien roi de Telmar, Caspian X, dernier de la dynastie des Caspian. »

Cette fois, j'eus du mal à détacher mon regard de celui de Caspian, malgré la gêne et l'appréhension qui régnaient dans ma tête. Ce fut un bruit étranger qui détourna mes yeux cependant. Alors que je regardais autour de moi plus par hasard que par surveillance, j'entrevis un mouvement au loin, suivi de bruits lointains de sabots, puis de cris. Les soldats ! Ils nous avaient retrouvés, et peut-être avaient-ils même eu le temps d'amener des renforts. Je jurai, et me retournai vivement vers Caspian. « Il faut partir tout de suite. » déclarai-je en dégainant mon épée de son fourreau, et en m'approchant de la monture que nous avions. Je ne savais pas comment m'en sortir, et je ne pouvais pas partir vers ma demeure sans que mes intentions ne soient révélées au roi. De même, ces hommes ne pouvaient pas rester en vie tant qu'ils savaient que Caspian était en vie et se trouvait ici... Si l'avis de villageois alcooliques importait peu, celui de soldats d'élite était bien plus fort.

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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Sam 2 Fév - 0:11

Caspian fixait toujours Matias dans les yeux, les siens étant pétillants, attendant plus que tout une réponse à toutes ses questions. S'il le connaissait aussi bien qu'il le disait, ce devait être assez dur de tout révéler ainsi, surtout si la vérité était terrible, et il le ménagerait surement, en y allant doucement. Mais Caspian était quelqu'un d'assez endurant, il pensait pouvoir encaisser. Et à sa surprise, Matias lui annonça assez directement qu'il y avait eu une guerre et que le jeune homme y avait participé tout autant que lui. C'était probablement le souvenir qui lui était revenu quelques instants plus tôt. Mais il lui annonça qu'il était également un des principaux responsables de cette guerre. Caspian fut surprit. Il ne savait presque rien de son ancienne vie, ni de quel genre de personne il était, mais il ne s'imaginait pas causer une guerre, faire mourir des gens à cause d'un simple conflit entre quelques hommes. Il essayait de se souvenir de cette guerre, il ne vit que quelques images où il combattait des soldats, des animaux... qui parlaient ! Des narniens ! Il avait combattu contre des narniens et il était responsable de leur mort ! Matias avoua qu'ils avaient eux-mêmes gagnés et cela ébranla encore un peu plus le jeune homme, il regrettait une guerre qu'il avait gagné. Comme c'était étrange. Il releva la tête quand il lui apprit l'origine de son amnésie. Un choc ou de la magie ? Il penchait plus pour de la magie, il le sentait jusque dans sa moelle. Il ne savait que penser des actes de cette... "Sorcière", mais il éprouvait haine et joie. De la haine parce qu'elle lui avait enlevé tout ce qu'il était, depuis sa naissance, elle lui avait enlevé le nom des personnes qu'il aimait. Il aurait voulu s'expliquer sur le champ avec elle. Mais il ressentait une joie assez étrange. Quelle ironie ! Être joyeux d'avoir perdu la mémoire... Mais c'était ce qu'il ressentait. Si cette sorcière avait eu de bonnes intentions c'était probablement pour enlever des actes horribles qu'il aurait commis de sa mémoire. Pour qu'il ait une chance de commencer une nouvelle vie, ce qu'il avait nié au début de son "voyage".

Quand il lui demandait si cela correspondait à ses souvenirs il ne voulait pas dire quelque chose dont il n'était pas sûr lui-même. Il remonta aussi loin qu'il pouvait dans les deux ans qui s'étaient écoulés. Il se rappelait très bien ce jour où il avait tout perdu. Caspian courait à travers la forêt pris d'une grande folie. Il courait comme un fou, comme s'il eut trop bu la veille, ne savant où il se rendait, il sentait seulement son esprit partir loin. Il voulut se rappeler comment il était arrivé là, et alors qu'il tenait la réponse elle s'en alla tout aussitôt et il ne sut bientôt plus à quoi se raccrocher. A bout d'un moment il arriva au bort d'un petit ruisseau. Il tomba à ses rives, la tête basse, transpirant, regardant ses mains. Ses mains. Elles étaient recouvertes d'un liquide visqueux et écarlate. Du sang. Il voulut crier, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Ce sang lui faisait peur, et il avait l'impression de le connaître, comme s'il avait fait une grave erreur. Il plongea ses mains dans l'eau et les frottas, un masque horrible de panique sur son visage, pleurant à moitié. La folie le gagnait tandis qu'il essayait d'enlever le sang qui s'accrochait à sa peau. Il ne voulut pas rester plus longtemps là. Il se leva et continua sa marche en titubant, se frottant toujours les mains sur lesquelles il ne restait qu'un peu de sang, tandis que tous ses souvenirs s'envolaient. Mais il était prêt à tout pour l'enlever. Puis il se rappela à qui il appartenait. Alors un mal se rependit en lui et il cria de toute la force qu'il put, tomba à genou et serrant sa tête avec ses mains pour atténuer la douleur. Il finit par s'évanouir, ne sachant plus qui il était. Caspian grimaça encore de douleur à ce souvenir. C'était celui qu'il aimait le moins se rappeler.

- Je me souviens marcher comme pris de folie, dans une forêt. Je me suis retrouvé au bord d'un ruisseau et essayait alors d'enlever du sang qui était sur mes mains, tout en perdant ma mémoire. Puis je me suis évanoui. Et à partir de ce moment... J'ai voyagé, tentant de retrouver qui j'étais. Mais je suppose que tu vas me le révéler ?

Caspian continuait de fixer son interlocuteur écoutant avec attention ce qu'il allait lui dire. Au fur et à mesure qu'il parlait, d'autres flash l’agressèrent. Il revoyait ce petit garçon qu'il était et un autre en face de lui qui ressemblait étrangement à Matias. Il se souvint de leurs combats à l'épée, à la dague, à tous leurs jeux d'enfance, à leurs chevauchés autour du château de leur père. Matias... Son demi-frère. Oui, celui en qui il avait toujours eu confiance malgré qu'il aime davantage la guerre que Caspian. Il fixait dorénavant son demi-frère. Non. Son frère car c'est comme ça qu'il l'avait toujours regardé, malgré que son père l'eut créée par adultère. Son père. Il s'en souvenait aussi. Il se souvenait déjà de lui auparavant, même s'il ne connaissait toujours pas son nom. Le jeune homme fixait son frère, heureux de le revoir ainsi, vivant.

- Oui je me souviens de père. Je me souviens aussi de toi. Matias...

Il aurait voulu le prendre dans ses bras, comme toutes les autres fois, quand ils se donnaient courage. Seulement il ne put. Le temps avait placé un énorme vide entre eux.
Toutes ces informations avaient troublé Caspian et il essayait tant bien que mal de faire le tri dans les souvenirs qui revenaient. Il les plaçait un à un, chacun dans un endroit précis de sa tête, en prenant soin de revoir chacun deux. Matias du percevoir son trouble car il s'éloigna un moment, laissant le jeune homme tranquille. Caspian en profita pour se souvenir un peu de qui il était dans tous ces souvenirs. Il avait retrouvé la mémoire de son enfance. Il était rêveur et il se reconnut un peu dans ce qu'il était aujourd'hui. Certaines choses ne changeront jamais. Mais il se concentra sur ses souvenirs avec son frère et son père. Les deux demis-frères étaient complices étant jeunes, même si Matias avait eu une éducation différente de la sienne. Il lui semblait que son père les aimait autant l'un que l'autre, même si Matias était et resterait un bâtard. Caspian se remémora les souvenirs qu'il avait de son père. Dans tous ces souvenirs il était dans ce même château. Un château royal. Tout ce que lui montrait son père, que ce soit des ouvrages, des armes, et des tas d'autres choses, avaient un apparence plutôt riche. Puis il le vit allongé sur son lit de mort. Il pleurait sur son corps. Ces vêtements étaient de beaux habits royaux, et sur sa tête... Un couronne en or. Un or massif incrusté de pierres précieuses.

Caspian se releva brusquement. Son père était un roi. Tout était parfaitement logique. Caspian devait être son héritier mais après des évènements qu'il ignorait, celui qui avait voulu s'approprier le trône voulait le tuer pour pouvoir avoir un contrôle absolu sur son royaume. Mais Caspian n'a jamais été roi, non. Il pensait ne pas en avoir la force. Il était peut-être de sang royal, mais il 'avait pas été roi. En réalité il avait peur d'avoir été roi, car si ce que lui avait dit Matias était vrai, c'était lui le seul et unique responsable de cette guerre contre Narnia, et il ne voulait pas porter une aussi terrible vérité sur ses épaules. Il lui fallait la connaître. Alors il s'avança vers Matias, qui n'avait toujours pas répondu à une de ces questions. Il voulait savoir.

- Tu es l'ancien roi de Telmar, Caspian X, dernier de la dynastie des Caspian.

C'était donc vrai. Il le savait au fond. Tout ce qu'il voyait d'illogique avant ne l'étant plus aujourd'hui. S'il avait commandé une guerre, c'était sa faute et entièrement la sienne. Il regarda ses mains. Elles avaient dut faire des choses aussi bonnes que terribles. Caspian ignorait quel genre de roi il était. Puis il se souvint. Il se souvint d'un grand lion, d'un château éclatant à la lumière du soleil, de toute une foule autour de lui. Il revit cette couronne qui était celle de son père, Caspian IX. Puis à sa droite, il vit quatre personnes, dont leurs visages lui étaient flous, et à sa gauche un grand lion. Aslan.

Il fut tiré de la contemplation de ses mains par la voix de son frère. Les soldats les avaient retrouvés. En effet l'ancien roi entendit le son des chevaux et des guerriers plus loin. Matias tirait une épée de son fourreau. Caspian songea un court instant à ses dagues. Maintenant qu'il se souvenait avoir eu une épée, utiliser ses dagues le dérangeait un peu, comme s'il n'avait pas l'habitude. Il n'avait pas combattu beaucoup ces deux dernières années, et encore moins avec une épée. Matias ce dirigeait vers le cheval, mais Caspian le rattrapa.

- Attend. On ne pourra pas toujours les fuir. Ils ont peut-être appelé des renforts mais il faudra un moment donné les combattre. On pourrait les prendre en embuscade, par surprise, qu'en dis tu ?

Caspian avait retrouvé sa vitalité malgré sa jambe blessée, qui lui faisait moins mal. Il avait agit avec intuition. Au fond tout ces souvenirs le faisait redevenir celui qu'il était avant, même si toute la partie suivant son couronnement lu était encore inconnue. Il se trouva même surpris de parler avec autant d'autorité. Oui il en était sur, il avait été un roi.

Il analysa ce qui se trouvait autour de lui. Ils avaient un cheval, et la forêt autour d'eux était une pinède. Son cerveau bouillait en établissant plusieurs solutions. L'une consistait à les attendre de front. L'autre à monter aux arbres et à les surprendre de haut, mais les première branches étaient bien trop hautes. La dernière consistait à se cacher dans l'ombre et faire peur aux montures qui se cabreraient et laisseraient tomber leurs maîtres, et il n'y aurait plus qu'à les tuer tant qu'ils seraient encore à terre. Il exposa la dernière solution à son frère, espérant que cela fonctionnerait.


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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Sam 2 Fév - 21:12

Je pensais que Caspian ne se souvenait de rien, qu'il refuserait d'entendre tous ces mots durs et irréels, voire pire. Pourtant, lorsque j'annonçai qu'il était mon demi-frère, il sembla comprendre, se remémorer, comme si une lumière était apparue dans son esprit. Je sentis l'émotion étreindre ses mots quand il confirma qu'il se souvenait de notre père et de moi. Ce fut étrange, après tant de temps passé à me dire que je devais le retrouver pour virer Edwin, pour que tout soit comme avant. Mais en réalité, à ce moment précis, je profitais de ces retrouvailles hasardeuses avec mon demi-frère, mon frère. Autant troublé que lui, je m'éloignai toutefois, sentant quand même une certaine confusion dans ses yeux. Quelques instants après, que ce soit quelques secondes ou quelques minutes - je ne savais pas trop - Caspian revint vers moi, et je dus annoncer la vérité, celle qu'il attendait réellement : il était fils de roi, et avait été roi.

Mais avant d'avoir le temps de réagir, de poser des questions, d'avoir des réponses, nous remarquâmes tous deux que des intrus étaient là. Les soldats étaient revenus, et même s'ils ne nous avaient pas encore vu, ils n'allaient pas tarder à nous trouver. Mon premier reflexe fut la fuite, sachant que Caspian était blessé et perdu, et que je ne pouvais prendre le risque de me faire reconnaître. Mais alors que je sortais mon épée tout en allant vers le cheval, Caspian m'interrompit, et ses paroles laissèrent un mur de surprise sur mon visage. Son regard brillait d'idées, de stratégies. S'il n'avait jamais vraiment été attiré par la guerre et les armes, il savait être un bon stratège, organisé et prévoyant. Un vrai roi. Je souris, content de voir que je retrouvais peu à peu le Caspian que j'avais toujours connu. Les souvenirs semblaient donc revenir chez lui.

Il m'exposa une idée qui me semblait possible, seulement si nous arrivions à les faire tomber dans un piège sans tomber dans le leur. Je regardai autour de moi, cherchant l'endroit idéal. Il faisait nuit, ce qui faciliterait l'embuscade. Les cris des soldats et les bruits de sabots plus proches me rappelèrent que nous devions agir vite. Je jetai alors un coup d'oeil aux armes de Caspian : deux dagues simples, usées mais toujours aiguisées. Il me semblait que celui-ci avait toujours été adroit avec une épée ou une arbalète. « Prends le cheval, attire-les par ici puis pars sur ce chemin étroit. Dès que tu le peux, cache-toi derrière un buisson ou derrière un arbre, je t'y rejoindrai. » lui dis-je rapidement en indiquant le chemin plongé dans le noir. Je lui tendis ensuite l'épée que j'avais, tout en sortant mes propres dagues. « Mais bien-sûr, je suis sous vos ordres, Votre Majesté. » ajoutai-je avec un sourire.

Certes, j'étais mieux avec une épée, mais je savais tout aussi bien me servir de dagues, d'un arc, d'une arbalète, d'un fléau, ou d'une hache. Je m'entraînais dans l'armée depuis de nombreuses années après tout, même aujourd'hui. Je laissai donc mon demi-frère seul, espérant que le plan fonctionne. Je partis par un autre chemin, mais en suivant celui que je devais rejoindre, rapidement mais discrètement et sûrement. J'entendis les bruits des deux soldats - ou peut-être plus ? - se rapprocher au fur et à mesure que je m'éloignais. Je trouvai alors le chemin indiqué, et me cachai bien dans l'ombre derrière un arbre, dagues à la main, prêtes. Je n'eus pas à attendre longtemps : Caspian arriva sur le cheval, et en descendis avant même que la monture n'ait ralenti. Il agissait vraiment comme celui que j'avais toujours connu, comme un prince de sang royal, comme un roi. Il ne perdait rien de sa grandeur à présent qu'il semblait se rappeler de tout ceci.

Il m'aperçut alors que je me penchai, et se cacha tout en face. A nouveau, après quelques secondes, deux chevaux apparurent, montés par ces mêmes hommes en armure à qui nous avions échappés. Ils avaient aperçu notre monture, et la poursuivaient. Seulement, ils ne savaient pas qu'en réalité, nous étions cachés. Malgré tout cet avantage, je ne voulais pas sous-estimer ces hommes. Je rabattis mon capuchon sur ma tête, et attendis le bon moment, celui où nous pouvions jaillir devant les montures des Telmarins pour les effrayer et faire tomber les soldats pour les avoir et les tuer ensuite, même si j'aurais préféré faire autrement, en dehors de ces circonstances. Serrant les dagues avec toute la force que possédait mes mains, je jaillis de l'ombre, aussi rapide qu'un renard, en parfaite synchronisation avec Caspian. J'eus alors un réel espoir de finir cette poursuite, de continuer à raconter ce qu'il fallait à mon demi-frère, lui faire retrouver sa mémoire entièrement, le faire rentrer chez moi et loin de Telmar, préparer un plan.

Comme prévus, les chevaux furent effrayés, et l'un des hommes tomba violemment à terre, sans bouger pendant quelques instants. L'autre homme, le commandant, réussit cependant à contrôler sa monture, et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il dégaina son épée, longue, épaisse et puissante, et je me retrouvai à terre sans comprendre. Il cria quelque chose que je ne pus entendre, sentant brusquement une douleur aveuglante apparaître dans mon bras et se propager dans mon corps comme un poison. Le mal disparut vite, du moins je pus le contenir, mais je vis alors que ce même homme se dirigeait vers Caspian, tandis que l'autre soldat, loin d'être assommé, avait pu se relever, et dirigeait à présent son arme vers moi. Malgré la blessure sur mon bras droit, je pus lever ma dague, et même si le combat n'était pas équitable, je réussis à avoir le dessus. Le soldat tomba rapidement au sol, cette fois bien mort. Mais je vis alors Caspian en mauvaise posture, tandis que d'autres soldats à cheval, en renfort, arrivaient de l'autre côté. Pour l'une des rares fois de ma vie, je ne savais pas quoi faire. La scène se déroulait devant mes yeux, comme au ralenti, la douleur toujours plus forte, et je ne faisais rien.

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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Dim 3 Fév - 21:19

Les soldats approchaient de plus en plus des deux frères. Caspian attendit l'avis de Matias, qui regardait les alentours, et observait ses armes. L’ancien roi ne tenait pas en place, c’est maintenant qu’il fallait agir, surtout que les soldats se rapprochaient à grande allure. Matias lui exposa alors une idée pour inciter les soldats dans la bonne direction. Cela lui semblait être pas mal. Il n’eut pas le temps d’acquiescer que son frère lui tendit son épée. Il hésita un moment, ne sachant s’il serait capable de savoir s’en servir aussi bien qu’avant. Il n’en n’avait pas manié depuis bien longtemps et même si ses dagues ne lui parurent pas adaptées Caspian n’était pas sûr. Néanmoins il prit l’arme, la tenant fortement pour ne pas la lâcher, tout en la soupesant. Il marcha vers le cheval, mit un pied dans l’étrier en prenant son appui puis se hissa sur la selle. Avant de partir, son frère lui dit avec un sourire qu'il était quand même sous ses ordres et ajouta un "Majesté". Caspian sourit a son tour, cela faisait si longtemps qu'on ne l'avait pas appelé comme ceci. Il tourna la tête vers l'encolure de l'animal et prit les reines de sa main libre, l'autre tenant toujours l'épée, tout en souriant d'amusement. Il ne voulait pas répondre, il ne savait pas quoi y répondre.

Il pressa sa monture pour quelle marche lentement au pas, afin que les soldats le voient bien en le rattrapant. Quand un cri retentit derrière lui, Caspian pressa plus fort ses jambes et partit au galop, l'épée a la main, sur le chemin s'enfonçant dans les ténèbres. Les poursuivants accélèrent également et le poursuivit les laissait faire. Il aperçut alors un mouvement devant lui, ce devait être Matias, il pressa encore le cheval et passa vite sa jambe au dessus de son encolure, sautant à terre et se rattrapant de justesse. Le jeune homme se cacha bien vite derrière le tronc d'un viel arbre centenaire qui avait de la corpulence, heureusement pour l'humain. Son frère se tenait en face de lui a sa gauche puisqu'il se trouvait dos à l'arbre. Les claquement des sabots se firent de plus en plus tintant. Et Caspian serrait son épée très fort, comme s'il avait peur de la perdre. Il ne savait pas si cette bataille se terminera bien pour lui, ni pour Matias. Ce dernier ne savait encore rien de la présente vie de son frère. Il ne savait pas par exemple qu'il avait un don. Caspian ne savait pas si c'était une bonne idée, mais si le combat devrait mal tourner il n'hésitera pas a l'utiliser.

Matias et Caspian surgirent en même temps de leur cachette au moment où les soldats étaient le plus près. Comme prévu les chevaux furent effrayés et le premier soldat tomba lourdement sur le sol. Son chef en revanche réussi a maintenir sa monture et s'en prit directement a Matias, qui fut très vite blessé. Caspian avait accourut et réussi a mettre le chef a terre, tandis qu'il était occupé. Caspian n'hésita pas à l'attaquer, mais l'homme était fort, il ne devait pas être chef d'une patrouille pour rien, et réussissait à se relever tout en combattant. Caspian retrouvait son agilité d'antan, et paraît les coups avec habilité et attaquait quand il en avait l'occasion. Il essayait de le coincer contre l'arbre centenaire et il y réussi. Il projeta son épée avec force pour lui trancher la tête, mais l'homme fut plus rapide et esquiva sur le côté se retrouvant derrière Caspian, qui en se retournant fut brusquement poussé sur le tronc. Son dos reçu un terrible coup et il grimaça de douleur. Il en avait même lâché son épée, désormais a terre. Le soldat le tenait fermement a l'arbre, le tranchant de son épée sur le cou du jeune homme, prête a trancher la chair. Il ne pouvait plus bouger ou alors il mourrait. "Si je te tue, j'aurais une plus faible récompense que si je t'amène en vie a notre vrai roi. Alors tu vois j'hésite. Mais si je te tue j'aurais une plus grande satisfaction personnelle..." Telles étaient les paroles du soldat, qui avait une voix grave mais étrangement calme vu la situation.

Caspian ne savait ce qui allait se passer. Soudain d'autres chevaux arrivèrent du village, c'était les renforts des soldats. L'ancien roi tourna le regard vers Matias qui semblait indécis de ce qu'il voulait faire, comme paralysé. S'il venait l'aider les renforts auraient le temps de les massacrer. Alors que s'il essayait de se défendre ils auraient peut être un peu plus de chance. Le jeune perçût alors sa présence non loin. Un léger sourire se dessina sur son visage et le soldat fronça les sourcils. Caspian sut ce qu'il devait faire même si cela lui déplaisait. Il puisa en lui, son corps se mettant à chauffer dangereusement. Il centra la chaleur sur son cou, au seul point où la lame ennemie était posée. Le métal rougit un peu et cela se propagea, jusqu'à la poignée. Le soldat le ressenti car il recula soudainement lâchant son épée rouge et secouant sa main brûlée. Caspian ramassa son épée et transperça le soldat avec une expression crispée sur le visage. Mi-colère mi-soulagement. L'homme tomba sur les genou, l'ancien roi retira son épée et sa victime s'écroula au sol. Il tourna la tête vers les autres soldats qui arrivaient et se ruaient sur son frère. Il courut a ses côtés pour le protéger l'arme au poing et fit face aux assaillants. Ils étaient du nombre de quatre.

Caspian tourna la tête vers son frère toujours aussi paralysé. Il fallait qu'il l'aide dans cette bataille ou tout serait perdu. Il vit alors sa blessure au bras. Il posa deux doigts dessus et s'excusa auprès de Matias. Il cicatrisa là plaie avec son feu ce qui devait être extrêmement douloureux il en convint, mais il fallait qu'ils soient en forme. L'ancien reporta son attention sur leurs ennemis, ils devraient les tuer ils y étaient obligés. Caspian leva le bras prêt a brûler ses assaillants, ce qu'il n'aimait faire mais son phénix fut plus rapide. Il cria tel un rapace et plongea du haut du ciel vers les soldats et en fit tomber deux. Heureusement il avait éteint ses flammes pour ne pas alerter les environs. Caspian courut vers les deux soldats restants a cheval laissant les deux autres a Matias. Son épée toujours en main il l'abattit sur l'un des soldats qui para le coup. Il était en hauteur et c'était plus difficile. L'ancien roi projeta une flamme vers la main ennemi, qui lâcha l'épée. Il la prit et tira dessus, l'homme s'écroula a terre, non mort. L'autre homme était déjà a terre et s'avançait vers Matias. Caspian le rattrapa au moment où il leva son épée sur son frère, occupé. Il para et engagea le combat qui dura un petit moment. Il prenait l'avantage mais après avoir utilisé son don, sa forme avait baissée et ce fut bientôt l'autre qui prit de l'avance. Le soldat mit alors un coup de poing sur la cuisse bandée de Caspian qui recula vivement. Le soldat se jeta sur lui et il eut juste le temps de lever l'épée qui troua l'armure de l'homme. L'ancien roi se releva et chercha du regard l'autre soldat. Il se retourna et il le vit qui s'enfuyait a travers les bois. Non il ne fallait pas qu'il s'échappe ou ils préviendrait d'autres renforts. Caspian n'avait plus de forces. Il n'avait pas mangé depuis hier matin et n'avait avalé qu'une bière a la taverne, de plus son don l'avait épuisé et la force qu'il lui avait fallu pour ce souvenir de toutes ces révélations aussi. Il tourna la tête vers son frère qui s'en sortait pas mal. Alors il leva le bras et envoya une très grande flamme en direction du fuyard. Celui ci s'enflamma sur le champs et hurla de douleur. Ses cris parvinrent aux oreilles de Caspian qui détestait ça. Personne ne devrait mourir ainsi, brûlé vif. C'était tellement horrible. Il ferma les yeux pour s'empêcher de voir. Il voulut retourner prêt de Matias mais sa tête le lança et il fut pris de vertiges. Il s'écroula sur le sol, n'ayant plus de forces. Il ferma les yeux sur l'image flou de pas venant à lui et son esprit se mît en veille, reprenant des forces dans un repos sûrement mérité.




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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Sam 9 Fév - 15:12

Je ne savais que faire. J'étais perdu. Vide. Mon attention se concentrait sur ma blessure. Si la douleur s'était estompée rapidement, elle était maintenant forte, très forte. Brûlante. Je sentais un feu parcourir mon bras. Paralyser mon épaule. Bloquer mon torse et ma respiration. Faire perdre toute sensibilité dans mes jambes. Mon regard était aussi vide que le ciel noir au dessus de nos têtes, et pourtant, la situation était critique. Je ne savais si c'était de la peur, à cause de cet imprévu, de ce piège, ou si un poison provenant de l'épée du soldat à présent mort se rependait dans mes veines à une allure folle. Dans les deux cas, j'étais sans aucun doute voué à la mort. Quelle ironie. Je voyais de vagues mouvements, qui me semblaient de plus en plus fous. Des bruits d'épées. Une voix grave, lointaine. Un cri. Un corps au sol. De nouveaux cris, plus nombreux, plus proches. Caspian, sa main sur ma blessure. Une brûlure qui m'arracha un cri que je ne pus entendre. Le soulagement.

Je repris alors mes esprits en très peu de temps. Je sentis chaque partie de mon corps, comme si l'état dans lequel j'étais plongé quelques secondes plus tôt n'avait été que le fruit de mon imagination. J'étais néanmoins désarçonné, et je mis du temps à me rappeler de l'endroit où je me trouvais, et de la situation. Un brusque cri perçant vira mon attention vers le ciel, où un majestueux oiseau fusait dans l'air avec grâce et dangerosité. Je ne pus l'apercevoir vraiment qu'un bref instant, lorsqu'il ralentit sa vitesse. Il s'agissait d'un animal que je n'avais vu que dans des contes. Un phénix. A moins que ce soit mon imagination qui me joue encore des tours. Je tournai alors mon regard vers Caspian, tout en faisant jouer les dagues toujours serrées dans mes poings, prêtes à poignarder les ennemis sans pitié. J'aperçus alors une...boule de feu dans la main de mon demi-frère, qui perça l'air pour foncer sur les assaillants !

Je ne pus y réfléchir, devant m'occuper également de soldats. J'eus quelques difficultés, ces derniers étant forts mais aussi à cheval, et bien mieux équipés que moi. Finalement, l'un d'eux reçut une dague en pleine gorge, si bien qu'il cracha du sang comme un volcan crache de la lave, avant de s'effondrer, mort, à terre. J'évitai juste à temps un coup d'épée qui m'aurait décapité. Je parai ensuite la lame puissante contre ma dague fine, qui était heureusement solide car de bonne facture. Le soldat me fixa, et son visage prit soudain une expression de stupeur. « Vous ! Je dois aver... » Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'il finit à terre, poignardé par la dernière dague qui me restait. Je soupirai et récupérai son épée. Cet homme m'avait reconnu, et si par malheur il m'avait échappé, j'aurais été condamné à la potence ou à l'exil à perpétuité. Je me tournai chez Caspian, lui-même tourné vers le dernier homme en vie. Ce dernier s'enfuyait. Mais il fut alors stoppé. Par une boule de feu. Brûlante. Mortelle. Il ne resta plus que les restes carbonisés d'un jeune soldat Telmarin. L'origine ? Je m'approchai de Caspian, stupéfait, le regard rempli de questions. Mais quand celui-ci se tourna, il s'écroula, et perdit connaissance.

Je me précipitai vers lui, et tentai de le réveiller, en vain. Je dus prendre l'un des chevaux resté sur place, et réussis à mettre mon frère sur son dos, le mieux possible. Je ramassai ensuite les armes utiles, et poussai les cadavres dans les buissons et les fossés, bien que le sang au sol soit toujours présent. Que faire ? Il faisait nuit, nous étions au milieu de nulle part. Peut-être que d'autres soldats étaient à notre recherche. Nous devions nous éloigner grandement des alentours, sans attirer l'attention. Je pris une autre monture, que je débarrassai de tout signe de l'armée telmarine, et montai ensuite dessus. Une main tenant mon épée, l'autre les rennes du cheval transportant Caspian. Plus attentif que jamais, j'avançai dans les ténèbres, vers l'inconnu. Seul l'espoir me dirigeait à présent.

Les chevaux avançaient au pas, lentement, suivant des chemins inconnus. J'avais manqué de m'assoupir une ou deux fois. La marche durait depuis des dizaines de minutes, peut-être des heures. Caspian ne bougeait toujours pas, mais je savais qu'il était en vie. Finalement, je décidai de m'arrêter lorsque je vis que nous avions atteint le bout de la forêt dans laquelle nous étions. Impossible de savoir où nous étions. A en juger par la lune, nous n'étions qu'à quelques heures de l'aube. Je descendis de ma monture, que j'attachai à un arbre. J'installai mon demi-frère au sol avant d'attacher également son cheval. Je fouillai les fontes des selles. Pain, viande, fruits, parchemins. Je mangeai un bout de pain légèrement durci, tout en inspectant ce que j'avais découvert. J'enfouis ces papiers dans ma poche, au moment où Caspian bougea avant de lever la tête lentement.

« Je crois que tu me dois quelques explications. »

De quoi étais-je en train de parler ? Des flammes. Du phénix. J'avais tenté de ne pas y réfléchir durant le trajet, mais des flashs m'interceptaient quand mon esprit était au calme. Lorsque les choses étaient anormales, je voulais y chercher une explication. Ceci était sans doute dû à mon éducation telmarine : la magie n'était pas naturelle. Je côtoyais la magie en ces temps, notamment avec les Nomencis, mais ceci ne me plaisait pas du tout. J'étais pourtant sûr que mon frère avait utilisé cette...chose. Ou alors ce n'était que mon imagination. Je soupirai, et lui tendis une pomme trouvée dans les fontes des selles des chevaux. Certes il y avait de la viande, mais il fallait allumer un feu pour la cuire, ce qui attirerait l'attention. Pas de viande donc. Quant au feu...

« Raconte-moi, qu'est-ce qu'il s'est passé entre ton début d'amnésie et aujourd'hui ? »

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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Lun 11 Fév - 22:06

Caspian ouvrit lentement les yeux en soulevant ses paupières. Droit devant lui il voyait toujours un ciel sombre et étoilé, ainsi que quelques branches d'arbres. Il prit conscience de son corps et examina chaque partie de lui avant toute chose. Il ne perçût qu'un gêne a la jambe droite ainsi qu'un picotement aigu sur sa joue gauche. Alors il plongea dans sa mémoire et se souvint des soldats, du feu, de son don, de ce qu'il avait retrouvé de son passé, et de Matías. Il s'assit lentement le cherchant du regard et le vit près des chevaux qu'il avait pris et fouillait les sacs. Son frère se retourna quand il l'avait entendu remuer. Il lui posa une question a laquelle Caspian s'attendait. Il ne répondit pas tout de suite, réfléchissant de la meilleure manière de lui dire ce qu'il savait sur son don et son origine. Il s'assit tout en tâtant la joue qui le picotait. Il avait une petite blessure peu profonde d'un ou deux centimètres de longueur, rien de bien inquiétant. Puis son attention vint en direction de sa jambe, qui se remettait doucement, ne semblant pas s'infecter. C'était une bonne chose.

Matias soupira et lui tendit un pomme. L'ancien roi la prit sans hésiter et croqua avidement dedans, se délectant d'avoir quelque chose a manger. Au moins ces soldats avaient apportés quelque chose d'intéressant. Un goût sucré et juteux passa par sa bouche lui apportant des forces. Il croqua une deuxième fois quand son frère lui demanda ce qu'il c'était passé ces deux dernières années. Caspian avala cette bouchée puis regarda son frère, toujours debout. Il soupira a son tour, puis abaissa son bras et la pomme, cherchant un moyen de commencer son long récit.

- Après que je me sois évanouis, je ne pouvais même plus rêver, je n'avais aucun souvenir, seulement mon nom. Je me réveillait dans une maison bien pauvre, une ferme je crois. Deux personnes âgés m'avaient accueillis et m'avaient soigné. Ils ne savaient en revanche rien de moi. Je restais donc chez eux plusieurs jours. Puis un matin deux soldats sont arrivés cherchant un dénommé Caspian. Je ne me suis pas présenté mais me suis plutôt caché en prenant la fuite dans la forêt. Ils m'ont vu et m'ont pris en poursuite. J'ai réussi a les semer de peu, mais je perdis alors de vu mes hôtes, préférant découvrir qui j'étais de moi même. Je parcourus le monde comprenant que mon nom et mon être étaient recherchés pour quelque chose que je ne comprenais pas. Plus le temps passait plus les nuits étaient tourmentées. Je voyais un endroit que je ne saurais d'écrire aujourd'hui, et cela se répétait. Puis un jour où je dû tuer un soldat qui me poursuivait la nuit suivante il se produisit quelque chose d'étrange. Le dieu Trash vint me voir en rêve m'accordant un don, me disant qu'il faisait partit de moi et me définissait, faisant de moi un élu. Un élu du mal.

Caspian s'arrêta la pour le moment, le temps de laisser Matias tout aborder avec calme. L'ancien roi ne savait toujours pas pourquoi il était un élu, un élu du mal. Sa "première" vie ne devait pas être des plus simples et des plus belles... Il croqua de nouveau dans la belle pomme rouge, mâchant lentement, le regard lointain, fixé sur un point invisible. Il avala encore et reprit de plus belle.

- Puis les semaines passèrent et je me rendais compte que je contrôlais le feu. Dans les temps où je n'avais rien à faire, qui étaient nombreux, je m'exercais à mon don le contrôlant de mieux en mieux, sans toutefois comprendre. J'entendais bien des rumeurs selon lesquels il y avait d'autres élus, mais je ne comprenais pas pourquoi moi. D'ailleurs je ne comprend toujours pas... Puis il n'y a guère longtemps, je m'apercevais que je ne savais toujours pas qui j'étais, et j'étais désespéré, surtout qu'un souvenir particulier m'était revenu, auquel je ne trouvais pas de nom. Puis la nuit dernière j'ai rencontré une elfe, qui m'a parlé d'Aslan. Je me suis souvenu de lui, oui. Mais en cherchant des souvenirs je me suis souvenu également de ce souvenir auquel j'attache de l'importance, et un simple détail ma fait recouvrir un peu d'espoir. Je... Ce souvenir c'est le souvenir d'une jeune femme... Elle avait l'air importante pour moi... Saurais tu me dire son nom ?

Caspian venait de poser une question délicate. S'il se souvenait d'être aussi proche de son frère qu'il l'était, celui ci devait sûrement la connaître ou bien alors Caspian n'avait jamais eu de secrets pour lui auparavant. Il se repassa encore une fois ce souvenir, cette femme qui l'embrassait. Il sourit légèrement. Mais il avait le sentiment que cette femme et le pourquoi il avait fuit cette guerre dont parlait Matias, ainsi que son titre d'ancien roi étaient liés, il y avait quelque chose. Et ce sang sur ses mains le jour ou il est devenu amnésique ? Cela formait dans son cœur une boucle parfaite et fermée. Il perdit son sourire et planta son regard dans celui de son frère.

- Qu'ais je fais exactement pour être recherché dans presque tout le continent ? Qu'ais je fais de si terrible ? Oui je le sens que c'est terrible, mais je ne comprend pas.


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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Sam 16 Fév - 14:08

J'attendis patiemment que Caspian prenne la parole. Je n'avais pas à le brusquer, et je savais que j'obtiendrais une réponse. Lorsqu'il prononça enfin les mots que j'attendais, je m'approchai et m'assis, le regard fixé dans celui de mon demi-frère. Ces yeux marrons que nous avions en commun de notre père, dernier héritage de la royauté. Caspian ressemblait bien plus à notre père que moi, et seuls ces yeux et notre sang nous liaient au final. Aussi, je pus y déceler facilement la vérité lorsqu'il me fit part de ses "aventures" récentes. Il était dur d'imaginer ce qu'il avait vécu, et sans doute ne pourrais-je pas le comprendre. Ce devait être un véritable soulagement de retrouver ses souvenirs, et d'être face à quelqu'un de connu sur qui il pouvait compter et qui ne voulait pas le tuer. Oui, j'étais son seul allié en ces durs moments, dans n'importe quelle terre de ce bas monde. Mais retrouver ses souvenirs impliquait de se rappeler de tous les moments de cauchemars qu'il avait vécu. Était-il vraiment au courant ?

Soudain, mon frère me parla de Tash, le dieu Calormène. Mon regard se fit perplexe, et je n'eus pas à attendre longtemps pour découvrir le lien. Un Élu. Si j'avais pu, ma mâchoire se serait décrochée pour tomber au sol. Un élue du mal. J'eus du mal à digérer la nouvelle. Je côtoyais Edwin, un élu du mal, la reine Susan prisonnière à Telmar était une élue du bien, et une petite esclave Calormène que j'avais capturé et qui était elle aussi prisonnière était également une élue, sans que l'on sache réellement son camp. Voilà qu'un quatrième élu débarquait dans ma vie, et il s'agissait de mon frère. Un Élu du mal. Je ne regardais plus Caspian, j'essayais de comprendre et de digérer la nouvelle. Après quelques minutes, je lui fis signe de continuer. « Très bien. Je suppose que ce n'est pas fini ? »

En effet, Caspian n'avait pas terminé. Il me révéla qu'il contrôlait le feu, qu'il s'était entraîné, mais qu'il ne comprenait pas et que rien de tout ceci n'avait ramené ses souvenirs. Il me parla ensuite brièvement de sa rencontre avec une elfe - sûrement à Narnia, ou pas très loin - et d'Aslan. Je restais pensif. Caspian avait, quelques années plus tôt, mené une rébellion contre notre oncle, et il avait eu l'appui d'Aslan, celui que les Narniens considéraient comme leur Dieu, leur créateur, et que les Calormènes et les Telmarins considéraient comme un monstre, un démon. Il évoqua ensuite le souvenir d'une femme, qu'il ne semblait pas avoir résolu malgré le fait qu'il ait récupéré sa mémoire. J'y réfléchis un instant, cherchant quelles femmes Caspian avait pu côtoyer dans son règne. Je me rendis vite compte que je m'y prenais mal, et que la réponse était simple. Fallait-il pour autant le lui révéler ?

« Je... »

A peine eus-je commencé ma réponse que Caspian m'interrompit, complètement panique et effrayé. Ainsi, il ne se rappelait pas de la cause de cette haine que tout le monde ressentait à son égard, à Narnia et en Archenland. Je soupirai sans quitter le regard inquisiteur et puissant de mon frère. Je ne pouvais lui cacher la vérité, sous peine qu'il m'en veuille à vie. Je pouvais éviter de parler de la Reine Susan, mais pas du sang que Caspian portait sur les mains depuis la guerre. Cette fois-ci, je devais y aller plus doucement, et ne pas lui répondre brutalement. Comment réagir quand on apprenait qu'on avait tué un roi légendaire, un ancien ami, un souverain aimé de tout un peuple, un homme béni par Aslan lui-même ? Je restai silencieux quelques instants, qui durent ressembler à une éternité pour mon frère, avant de répondre.

« Je ne sais pas si tu t'en souviens, ou si tu en as idée... Après ton couronnement, tu as peu à peu commencé à changer, tu étais souvent absent, et je n'ai réellement compris que lors de la guerre : tu étais manipulé par Jadis. Je pense que c'est pour cette raison que tu as déclenché la guerre. Peu importe, tu as commencé à couper les ponts avec les Narniens, et tu n'avais plus aucun contact avec les souverains. Est-ce que tu te rappelles d'eux ? » J'hésitais, mais poursuivis mon récit avant même qu'il ne réponde. « Tu étais très ami auparavant avec le roi Peter et le roi Edmund, protecteur avec la reine Lucy, et très proche de la reine Susan. Tout ceci semblait être effacé de ton esprit quand Jadis te contrôlait. Lors de la guerre, tu t'es battu contre les Narniens, et je me souviens que tu cherchais à tout prix à combattre les deux rois...pour les tuer. Tu as réussi pour l'un d'eux... Il s'agissait du roi suprême Peter. Le jour où ceci s'est produit correspond au jour où tu as disparu. »

Devais-je maintenant révéler que la femme à laquelle ses souvenirs se raccrochaient était sans doute la reine Susan ? Celle qui en voulait à mort à Caspian, qui était fiancée au roi Jace, une élue du bien, et prisonnière au château royal ? C'était beaucoup trop à endosser. Si Caspian se raccrochait à ça, et savait que ce souvenir témoignait d'une bonne vie, lui détruire cette image serait dévastateur pour lui. Aussi, je préférai ne rien dire pour le moment, et éventuellement le lui révéler plus tard. « Quant à la femme dont tu parles, je n'ai aucune idée. Mais j'y réfléchirai, quelque chose me reviendra sûrement. » Je tendis ensuite une gourde remplie d'eau à mon frère, avec un regard et un léger sourire compatissant. « Rappelle-toi que tu n'étais pas toi-même. Le Caspian que j'ai toujours connu et que je retrouve aujourd'hui n'aurait jamais fait ça. »

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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Mar 19 Fév - 19:13

Le jeune homme attendit la réponse de son frère, qui mit du temps à lui répondre, ce qui en devint une éternité pour l'ancien roi qui voyait ce silence devenir de plus en plus pesant. Quand finalement Matias parla d'une voix hésitante, Caspian ne voyait pas trop où il voulait en venir. Il lui parlait de Jadis, dont il avait déjà entendu parler dans les villages où il se rendait. C'était, d'après ce qu'il savait, une ancienne sorcière, qui avait déjà essayée de revenir dans ce monde par deux fois. Et la deuxième, c'était lui-même qui l'avait réveillée. Il se souvenait de ses actes dans les contes qui lui lisait sa nourrice quand il était jeune. Elle parlait de quatre frères et sœurs qui avaient sauvés la terre de Narnia auparavant hostile, de cette sorcière et avaient régnés pendant de longues années de paix. Son frère lui parlait aussi de ces quatre souverains, mais parmi les quatre visages flous de son souvenir il n'en voyait qu'un à peu près visible. Mais il n'eut pas le temps d'y prêter plus d'attention car Matias reprenait de plus belle son récit.

Caspian sentait son cœur se serrer à chaque mot. Peter. Edmund. Lucy. Susan... Tout trois provoquèrent des changements en lui. Il vit Peter et Edmund avec lui sur un champ de bataille, Peter était en plein duel contre un soldat Telmarin à l'armure dorée, Edmund était à ses côtés et ils encourageaient le roi, ensemble. Il reconnut Lucy quand il la vit avec un grand lion, Aslan. Elle était souriante et particulièrement vaillante. Quand à Susan... Il ne vit qu'une silhouette floue à ses côtés alors qu'il s'entrainait à tirer à l’arbalète, dont il ne vit le visage car son mal de tête se réveilla à ce moment. Il monta sa main libre à son front, essayant de soulager la faible douleur. Puis son frère prononça alors d'autres mots que Caspian ne crut d'abord pas, prenant un coup de poignard en pleine poitrine à chaque fin de phrase. Peter, son ami... Il vit alors des images, choquantes. Entre chacune d'elle il n'y avait qu'un écran noir, comme un coup puissant, et à chaque image ce sont des coups à l'intérieur de sa tête qu'il prit: Premier flash, il serrait sa pomme très fort sous la douleur. Caspian combattait, contre Peter. Il n'avait en lui que colère et haine, il ne les contrôlait pas et ne reconnaissait pas son ami. Il attaquait avec rage. La douleur disparut alors soudainement et revint presque aussitôt, plus puissante. Peter était à terre et Caspian multipliait les coups, criant de colère, ce qui ne lui était pas propre. L'ancien roi plissa les yeux et le front et profita d'un cours moment de répit. Ses doigts s'enfoncèrent dans la pomme quand la douleur revint à la charge. Caspian venait de désarmer le Grand Roi et le menaçait de sa lame. Il n'y eut dans ses yeux qu'une courte hésitation, courte mais présente. Elle était passée dans son esprit, cette once de bien depuis longtemps oubliée, repartie aussitôt. Alors dans un seul cri il enfonça sa lame dans le corps de Peter, qui s'écroula au sol. Cette fois le jeune homme n'eut pas beaucoup de temps de répit, la douleur était sauvage. Ce masque de haine s'effaça aussitôt de son visage. Il avait plutôt une expression d'horreur, de peur sur lui. Il regarda Peter, mourant, puis ses mains. Ses mains... Pleines de sang. Il l'avait tué de ses propres mains ! Cette fois la souffrance disparut d'un coup, Caspian n'était en revanche pas soulagé. Il lui restait une dernière image à voir, une seule, juste une seule. C'est comme si le temps s'arrêtait autour de lui, comme s'il n'était jamais là. Comme si tout était au ralenti, comme ce qui suivit d'ailleurs : Caspian le vit alors, dans toute sa fierté, ce Grand Roi qu'il avait toujours considéré comme son égal, comme un ami, comme un très bon ami. Il marcha vers lui, d'un pas souple, ouvrant ses bras à lui. Le Roi Suprême Peter les ouvrit aussi, un sourire chaleureux sur le visage, riant de revoir son vieil ami. A ce moment rien ne comptait que l'amitié qui les liait. Il s'enlacèrent comme les anciens compagnons qu'ils étaient. Le Roi de Telmar se surprit à penser que jamais, même dans le pire des cas, il ne pourrait le tuer, non. Jamais...

La main de Caspian qui tenait le fruit se desserra alors totalement, comme soulagée. La pomme rouge roula doucement et tomba sur le sol, continuant sa course dans l'herbe, du mieux qu'elle put car sa moitié ne faisait plus partie d'elle. Caspian avait une expression figée, d’incompréhension et de culpabilité. Il fixait un point invisible derrière son frère. C'est difficile de décrire ce qu'il ressentait à ce moment présent, il ne le savait pas vraiment lui-même. Il était certain d'avoir commis des actes horribles, mais au point de tuer un ami proche, il n'y avait pas cru. Pourtant c'était la vérité, Caspian ne pouvait traiter son frère de menteur. Ce n'est pas un sujet sur lequel on ment.

L'ancien roi se leva brusquement et marcha sur quelques pas, pour essayer de se détendre, ce qu'il ne réussit pas. Il ferma ses yeux sur un regard faible et épuisé. A ce moment il regrettait, tous ses actes, tout ce qu'il a pu commettre de moche dans sa vie. Il regrettait de ne pas être partit plus tôt ailleurs, dans un monde lointain, un monde où personne ne voudrait le tuer, un monde où ses souvenirs ne le faisait pas souffrir. Jamais il n'aurait du essayer de retrouver ses souvenirs. Ce fut une grossière erreur. La colère l'envahit peu à peu. Oui il était en colère, contre lui-même, contre Jadis qui l'avait manipulé et mené par le bout du nez, contre cette autre sorcière qui lui avait enlevé la mémoire contre tous ceux qui lui avait voulu du mal. Son frère lui parla encore, mais il ne prêta guère attention à ses paroles. Il avait toujours les yeux fermés quand Matias insista, tentant de le rassurer en lui tendant une gourde d'eau. Caspian avait envie de crier, de libérer toute sa colère et tout ce qu'il ressentait à ce moment-ci. Seulement il ne put. Il se tourna vers Matias d'un bloc, souleva ses paupières et le fixa d'un regard dur, flamboyant de colère.

- Alors peut-être seulement que le Caspian qui tu as connu a changé. Peut-être que je ne suis plus le même. Jadis m'avait peut-être sous son emprise, mais si je l'aurais vraiment voulu, j'aurais certainement pu lui résister. Je devais avoir une bonne raison de la ramener à la vie, une raison qui ne ressemblait pas à celui que tu as connu.

Caspian ne savait pas ce qui l'avait poussé à faire renaître Jadis, mais il l'avait fait parce qu'il le voulait. Il en était sur maintenant, qu'il n'était pas un si bon roi que ça. Il tenta de se calmer mais sa colère avait pris le dessus. Son phénix s'était rapproché, inquiet, et l'on entendait le battement de ses ailes non loin, au dessus d'eux dans cette nuit noire d'hiver. L'ancien roi songea que, finalement, les hommes qui le poursuivaient avait une bonne voire une très bonne raison de le tuer. Il devait être haït de toute personne qui vivait sur terre, chacune voulait son sang, personne ne le cherchait pour du bien. Alors il pensa à une chose...

- Et toi Matias, pourquoi me cherchais tu ?

C'était une question qu'il avait posé dans son esprit mais aussi à haute voix, il n'avait pas réfléchi avant de la poser. Il attendit la réponse, toujours en colère. Il marcha d'impatience autour de son frère, cherchant la pomme qu'il avait lâché. Quand le jeune homme la trouva, il la ramassa la tourna dans sa main et après un instant de réflexion il la donna au cheval qui leur avait servit de monture, et un autre bout à l'autre équidé non loin de son congénère.

- Tu n'aurais jamais du me retrouver Matias, je ne suis pas quelqu'un de bon à côtoyer. Je suis un meurtrier qui fait du mal à ceux qui l'entoure. Il fit une courte pause, ne laissant pas son frère répondre tout de suite. A ton avis pourquoi je suis un Élu du Mal ? Je ne suis pas quelqu'un de bon.

Il avait prit un peu de ton, seulement pour montrer son tourment, il n'éprouvait pas de colère envers son frère. Finalement ce qui lui permettait un peu de tenir c'était ce tout petit espoir qu'il gardait bien précieusement. L'espoir que la femme de son souvenir l'avait aimé, mais peut-être ne savait-elle pas qu'elle avait aimée un être pareil. Ou alors elle l'avait compris bien plus tard, et s'était séparée de Caspian. Cette seule pensée le chagrinait un peu. C'était peut-être pour cela qu'il était mauvais. Peut-être avait il simplement changé, qu'un évènement avait changé son destin. Caspian n'avait pas encore pensé à cela jusqu'à maintenant...


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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Sam 23 Fév - 15:58

J'étais stupéfait devant la réaction probablement intérieure de Caspian. Il n'était pas simple de recevoir tant de souvenirs d'un seul coup, surtout lorsqu'il s'agissait du meurtre d'un roi, d'un ami, dans une guerre qui l'opposait à ses anciens alliés qui avaient été trahis. Je ne pouvais malheureusement rien faire ; je m'en voulais de lui causer tant de souffrance, mais il devait savoir, et lui cacher la vérité ne serait que plus dur pour lui. Je l'aidais malgré tout à retrouver la mémoire, même s'il restait beaucoup d'étapes avant qu'il n'ait tous ses souvenirs à nouveau. Soudain, il se leva, l'air enragé. Malgré tout, je prononçai quelques paroles pour tenter de l'apaiser, de lui faire comprendre que ce n'était pas réellement sa faute. Caspian se tourna vers moi, loin d'accueillir mes mots avec joie. Je ne pus lui répondre, car au fond, il avait raison. A cet instant précis, il n'était pas sans rappeler notre oncle Miraz, et je sus qu'il valait mieux que je ne dise rien. Je ne lui en voulais pas, j'espérais seulement qu'il s'en remettre, qu'il comprenne.

Mais qu'il comprenne quoi ? Qu'il avait été roi, que tout un peuple comptait sur lui, qu'il avait échoué une fois et que tout le monde en payait les conséquences ? Que c'était du passé, et qu'aujourd'hui, chacun avait d'autres problèmes à affronter ? Qu'il fallait remédier à ça au lieu de s'en vouloir toute une vie ? Oui, c'est ce que j'aurais dit, ce que j'aurais pensé. Mais c'était plus facile à dire qu'à faire et qu'à assimiler. Alors que je pensais au moyen de ramener mon frère à la raison, celui-ci m'interrompit en me posant la question que je redoutais. Oui, pourquoi l'avais-je cherché ? Je ne serai pas convaincant, mais je n'avais pas le choix. Je lui devais une explication, encore une fois. Chacun son tour, on dirait. J'hésitai à répondre, le voyant toujours aussi énervé, prêt à déchaîner sa colère sur moi. Mais Caspian reprit la parole avant que je n'ai songé à prononcer le moindre mot.

« Crois-tu que je sois un saint ? J'ai menti et tué, j'ai joué au jeu stupide et dangereux de la politique, le tout sans avoir le moindre remord. Mon âme ne peut pas être sauvée. En revanche, tu as des remords, ton âme est bonne et pure. Ce n'est pas un hasard si un Dieu t'a offert un Don, qu'il soit bon ou mauvais. Ta destinée a toujours été d'être roi de Telmar, et si tu as reçu ce Don, c'est pour combattre Edwin, qui est également un Élu du mal. Combattre le mal par le mal, pour rétablir la paix. » Je m'arrêtai un bref instant, avant de reprendre. « Tu es quelqu'un de bon. Tu as fait une erreur, une grosse erreur certes, mais tu peux te racheter aujourd'hui. »

Je me rendis compte peu après mes motivations, sans l'avoir voulu. Oui, je voulais qu'il soit roi de Telmar, qu'il reprenne le pouvoir comme il le devait, c'était réellement sa destinée. N'avait-il pas combattu son propre oncle - et moi-même, au passage - ainsi que ses alliés pour faire valoir son droit au trône ? Caspian avait toujours eu la force d'être roi, et je n'allais pas laisser passer le nouvel espoir qui s'offrait à moi. J'espérais toutefois que Caspian comprendrait ma pensée, qu'il se ressaisisse. Je venais de retrouver mon frère, et c'était une nouvelle chance d'être plus proche de lui, comme un vrai frère de sang. Un vrai grand frère que je n'avais pas eu. Un vrai frère qui ne penserait pas à l'adultère de notre père.

« Je te cherchais car j'avais un espoir. Je te savais vivant, et je devais te retrouver, parce que tu es mon frère. Tu es également le seul à pouvoir être de mon côté désormais. » Je soupirai, sans quitter Caspian des yeux. Et s'il ne voulait pas du tout reprendre son rôle de roi, se battre pour son titre et sa famille ? S'il restait convaincu qu'il avait fait trop de mal pour en infliger encore ? « Je comprendrais que tu ne veuilles pas. Mais veux-tu réellement passer ta vie à fuir chaque soldat, dans tous les royaumes ? Aurais-tu vraiment préféré ne pas retrouver ta mémoire, à rester ignorant de ton ancienne vie, à vagabonder pour survivre ? »

Je tentais de convaincre mon frère, mais je ne pouvais pas vraiment influencer sa décision. Caspian avait toujours été borné, tout comme moi. S'il était décidé à ne pas vouloir intervenir dans ma lutte contre Edwin, alors je ne pourrais rien faire. Mais j'espérais vraiment qu'il mette de côté ses remords, ses regrets, ses erreurs passées. Il était fort, et ne se laisserait pas abattre par la difficulté. Si je ne m'étais pas battu dans la vie, je serais aujourd'hui un de ces bâtards dont on oublie le nom mais dont on se moque quand on peut. Un homme parmi le peuple, insignifiant, plus faible que le plus pauvre des paysans. Au contraire, j'avais voulu renverser la tendance, ne pas me laisser marcher dessus, tout comme ma sœur. Caspian prendrait-il la bonne solution ?

« De toute façon, le problème ne se pose pas tout de suite. Nous devons savoir ce que nous allons faire. Je ne peux pas te laisser dans la forêt ou en cavale. Il serait également risqué de te faire venir dans ma demeure, même si c'est sans doute la meilleure solution. Je peux m'arranger pour éviter toute visite, et me déplacer plus souvent vers la capitale. Pour résumer la situation, j'ai réussi à pénétrer le cercle du conseil et des seigneurs de Telmar, ce qui me confère heureusement un rôle plus important. Mais c'est également plus dangereux. » Je restais perplexe sur la manière de garder Caspian auprès de moi. Qu'on fasse un plan ou non pour détrôner le roi actuel, il valait mieux qu'il reste. « A moins que tu ne veuilles reprendre la route seul, bien sûr... »

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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Dim 24 Fév - 16:01

Caspian était toujours en colère, essayant de ne pas regarder Matias, détournant le regard, alors que celui-ci cherchait justement son frère. Il ne voulait pas qu'il voit trop de choses en lui, qu'il remarque que tout ceci le troublait énormément. Car c'était une évidence, l'ancien roi était troublée. C'est à peine s'il ignora Matias quand il commença à débiter de ce qu'il avait fait de sa vie après l' "absence" de son frère. Caspian arqua un sourcil de surprise quand il parla de sa destinée et d'Edwin, le Roi de Telmar. Ainsi c'est ce qu'il attendait de lui. Matias voulait voir son frère de nouveau sur le trône de Telmar. Mais ce n'est pas ainsi que l'ancien roi voyait les choses. Il avait des regrets, aujourd'hui certes, mais quand tout sera redevenu comme avant, si cela arrive un jour, le regrettera il vraiment ? Cette fois-ci Caspian se retourna et le fixa de ses prunelles flamboyantes, avec le même visage de colère qui lui était bien propre à lui et à lui seul dans ce monde.

- Oui je regrette ! Aujourd'hui je regrette par ce que je ne me rappelle plus de celui que j'étais auparavant, du moins pas totalement, et que ce que j'ai fais est... n'est pas digne. Mais quand j'aurais retrouvé toute ma mémoire, tout celui que j'étais, crois-tu vraiment que j'aurais des remords envers mes actes, mes propres décisions, mes propres ordres ? Caspian se tut quelques secondes. Quant à Edwin, le peuple n'a pas l'air de le détester, contrairement à moi.

Caspian se retourna vivement, énervé de plus belle. En fait il apprenait bien trop d'informations nouvelles d'un coup, et cela le frustrait. Son phénix se rapprocha plus près encore jusqu'à n'être qu'au dessus des arbres sous lesquels ils étaient. Matias continuait toujours de parler. Il l'avait cherche car il était son dernier espoir ? Avait-il autant d'ennemis que Caspian ? Après tout il était son frère, le bâtard du roi. Caspian se demanda ce qu'on son frère avait bien pu faire toutes ces deux dernières années... Il fixa de nouveau Matias.

- J'aurais préfèré ne jamais revenir ! Il y a deux ans, j'ai hésité à rester sur cette terre, j'ai hésité à partir loin, ailleurs, et commencer une nouvelle vie. Mais j'ai choisis l'autre chemin, celui de me souvenir qui j'étais, celui qui m'a mis dans les pires galères ! C'était une grave erreur. J'aurais du partir, laissant croire a ma mort, vivre et mourir en paix loin de tout ceci. Mais maintenant je ne peux plus retourner en arrière, et même si je le pouvais je ne le voudrais pas, j'ai des souvenirs horribles certes, mais d'autres plus heureux que je veux éclaircir.

Il devait désormais choisir de ce qu'il souhaitait faire. Il pouvait continuer de fuir comme un lâche et de vivre cette vie quotidiennement ennuyeuse jusqu'à ce qu'il se fasse prendre. Ou alors il pouvait faire face, reprendre son trône et peut être retrouver la mémoire, ainsi que souffrir des conséquences de ses actes passés.

- De toute façon je n'ai pas le choix hein ? Je ne vais pas laisser mon petit frère tout seul face à... Tout ça.

Caspian s'était un peu calmé et cherchait quelque chose a faire, l'atmosphère devenait plus pesante. Alors seulement il vit son phénix. Ce dernier s'était approché mais était méfiant a l'égard de Matias. L'ancien roi lui fit comprendre que c'était quelqu'un de haute confiance. Le phénix se posa alors, aux côtés de son compagnon et fixait Matias, méfiant. Caspian le rassura encore et regarda alentour. Il n'y avait absolument personne, et personne ne les cherchait. Mais alors Caspian fut pris d'un frisson. Oui c'était l'hiver et le froid de la nuit devenait plus glacial encore. Il vérifia bien que personne ne les surveillait et alluma une flamme dans sa paume de main. Il ramassa quelques branches qu'il mît en tas et alluma un feu avec le sien. Le bois s'embrasa et répandit tout de suite un peu de chaleur qui fit du bien au jeune homme. Il s'assit en tailleur devant le feu, le phénix toujours a côté de lui, fier et fort. Caspian leva alors la tête vers son frère, le reflet des flammes dans ses yeux.

- Personnellement je me vois mal passer a l'action tout de suite. Je... J'ai besoin de faire le tri dans mes souvenirs tu comprends ? Je peux pas me mettre en quête d'un trône, sans rien complètement savoir de moi. J'aimerais pouvoir retrouver la mémoire tu entends ? Il réfléchit un instant sur le moyen de retrouver la mémoire. Ne trouvant rien de concret il se rabattit sur autre chose. Tu te rappelles maintenant de cette femme ?

Cette fois il se contenta de le fixer d'un regard suppliant, emplit d'espoir




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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Sam 2 Mar - 15:30

Je ne pus répondre à Caspian. Ses justifications étaient justes. Mais s'il récupérait entièrement ses souvenirs, il aurait alors la mémoire de deux personnes, de deux vies. L'ancienne, et la nouvelle. Je comprenais qu'il ait peur de redevenir mauvais, de décevoir tout un peuple, de faire du mal à nouveau. Mais cela ne lui arrivera pas. Simplement parce qu'il avait désormais plus d'expérience. Il ne se ferait plus avoir. Il ne répèterait pas les mêmes erreurs. Et cette fois, je veillerais à ce qu'il ne se fasse pas manipuler. Mon discours ne servit à rien, du moins pour l'instant. Caspian restait fixé dans ses idées, et je ne pouvais le contredire, pas maintenant. De même que je n'eus pas envie de le reprendre au sujet d'Edwin, bien que j'aurais eu raison. Le peuple n'aimait pas Edwin. Il le craignait. Et c'était bien pire. Sans parler du don des ténèbres qu'il possédait à présent... Personne n'oserait l'affronter. Sauf le véritable roi de Telmar, accompagné de son Don, et je l'espérais d'alliés.

Caspian avoua ensuite qu'il aurait préféré se perdre, ne jamais retrouver la mémoire. Pourtant, maintenant qu'il avait récupéré une partie de ses souvenirs, il devait finir de connaître l'ancien Caspian, celui qu'il était. Je me demandais jusqu'où sa mémoire était allée. Il se rappelait de moi, de notre famille, sûrement de son règne, de la guerre, des Rois et Reines de Narnia, d'Edwin. Éclaircir des souvenirs heureux... Il avait été heureux au début de son règne ; sûrement dans son enfance, du moins avant que notre père ne meure, puis sa mère quelques années plus tard. Ces souvenirs "heureux" correspondraient-ils à cette femme dont il parlait ? Le don de Caspian, son phénix, apparut alors à ses côtés, me fixant d'un air méfiant. Mon frère utilisa ensuite ses pouvoirs pour allumer un feu discret néanmoins très chaud. Il reparla d'ailleurs peu après de cette femme, me demandant une nouvelle fois si je la connaissais. A nouveau, je laissai cette interrogation pour la fin.

« Même si je n'ai pas vécu tout ce que tu as pu affronter ces deux dernières années, je comprends. Je sais que tu as des questions, que tu hésites, que tu as peur. Aussi, je ne te demande pas de passer à l'action tout de suite, c'est impensable. Je veux que tu ailles mieux, que tu récupères ta mémoire, que tu sois sûr de la décision à prendre. Sache seulement que je ne t'abandonnerai pas, maintenant que je t'ai retrouvé... »

Je glissai un léger sourire à cette dernière phrase. Oui, je le soutiendrai le temps qu'il faudrait, et tant pis s'il ne voulait pas reprendre son trône. Je comprendrais, et je ne m'y opposerais pas. Edwin resterait alors roi ; peut-être quitterais-je ce royaume, même si c'était d'autant plus risqué pour mon frère. Plusieurs plans me venaient en tête. Je pensais même à Anne, à l'autre bout de Narnia, qui avait promis de m'attendre... Elle qui voulait aussi trouver Caspian... Devais-je la retrouver ? Tout comme mon frère, mes pensées étaient dirigées vers une femme. Je me sentis alors coupable. Ne devrais-je pas lui dire la vérité ? J'étais pourtant sûr que cette nouvelle l'anéantirait. Son regard était rempli d'espoir. Un espoir qui serait aussitôt brisé si il savait tout. Rien que de lui dire l'identité de cette femme lui ferait mal. J'enchaînai sur quelques mots pour me donner du temps.

« Tu sais... J'étais prêt à abandonner. Quand Edwin a pris ton trône, j'ai tenté de me révolter, mais le peuple ne supportait plus la guerre, et l'armée était contrôlée. Il sait parfaitement ce que je pense, et je ne m'en cache pas. Ces deux dernières années, j'essayais de trouver une faiblesse, mais il n'a cessé de gagner en puissance. Mes espions t'avaient aperçu, mais je n'ai jamais réussi à réellement te trouver. J'étais vraiment sur le point d'abandonner la lutte, de me soumettre à Edwin jusqu'à sa mort, ou de partir loin d'ici. Tu m'as réellement redonné espoir. Et même si tu ne veux pas repartir dans une guerre, je sais au moins que je ne suis plus seul. »

J'en profitais pour donner quelques informations à Caspian. Il avait lutté pour sa mémoire, j'avais lutté pour la résistance, pour le renom de la dynastie royale à laquelle j'appartenais. Mais à force de ne plus pouvoir rien faire, je perdais espoir. D'un autre côté, j'avais revu Anne, me rendant compte que nos sentiments réciproques étaient toujours présents. Je regardai alors mon frère, tout en m'asseyant près du feu, face à lui. Je me mis à sa place un court instant. Comment est-ce que je réagirais s'il connaissait Anne, s'il connaissait ce que nous avions partagé, mais ne me le disait pas alors que j'étais dans le brouillard ? C'était dur. Caspian ne méritait pas de marcher dans le noir, il devait connaître la vérité. Je soupirai, très hésitant, avant de parler :

« Je pense savoir qui est cette femme. Mais... Je ne suis pas sûr que tu veuilles réellement connaître son identité. Je... » Je ne savais vraiment pas comment aborder le sujet. Plus je parlais, plus mes paroles donneraient envie à Caspian de connaître la vérité. Son regard se fit plus intéressé, plus pressant. « Je ne peux pas te le dire. Je t'assure que c'est pour te protéger. » Raison futile pour Caspian, bien sûr. Il se moquerait bien que je le protège ou non. Et lui avoir dit que je savais l'identité de la femme était pire maintenant. « Tu as eu beaucoup trop de révélations aujourd'hui, et celle-ci est dure à entendre. »

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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Sam 2 Mar - 23:31

Caspian était là, à terre, assis devant un feu. Son feu, celui qui émergeait de son pouvoir, son phénix à ses côtés. Il fixait les flammes, plongé en lui, songeant à tout ce qu'il était aujourd'hui, songeant où il en était maintenant. Il était né Prince de Telmar. Prince Caspian. Son père le roi Caspian IX avait commis un adultère et sa maîtresse lui avait donné un bâtard, Matias. Néanmoins le jeune homme l'avait toujours considéré comme son propre frère, ils s'entrainaient ensemble et jouaient ensemble. Mais son frère préférait les armes, Caspian lui, aimait les contes de l'ancien temps que lui contait sa nourrice à propos de l'ancien Narnia, celui où les Rois et Reines de l'ancien temps régnaient en paix. Puis son père est mort, et il en fut anéantit quand sa mère suivit. Il était le seul en ligne sur le trône, mais trop jeune. Il se souvint de son oncle Miraz qui essayait de récupérer le trône. Puis un jour tout bascula et Caspian dût fuir. A partir de là il n'avait que des fragments de sa mémoire. Il se souvint de Miraz, son oncle, la pointe de son épée sur son coup, ne sachant ce qu'il faisait. Le jeune Prince voyait Peter, Edmun, Lucy et Susan. Même si de cette dernière il n'avait rien, rien qu'un visage flou. Un visage collé au sien, l'aidant à choisir une cible alors qu'il tirait à l'arbalète. Il voyait un grand lion, Aslan, face à lui alors qu'il s'inclinait devant lui, avec à ses côtés les Pevensie. Il était sur un trône, celui de Telmar, la couronne d'or de son père sur sa tête. Le dernier souvenir "bon" qu'il eut était celui ou il voyait cette femme. Puis après tout devint sombre. Il avait le souvenir d'une grande tristesse si profonde et si ancrée en lui qu'il avait réincarné Jadis. Puis il se souvint de la guerre, de Peter, de son sang sur ses mains. Le reste... C'était ce qu'il était aujourd'hui. Un être quelque peu différent, différent car il ne se souvenait plus totalement de qui il était. S'il pouvait recouvrer sa mémoire et se retrouver lui, alors peut être fera t-il des choses horribles comme autrefois. Seulement aujourd'hui avec lui, il y a ces deux dernières années, ces années où il s'est conduit d'une tout autre manière et où il a changé. S'il devrait redevenir celui qu'il était, le Roi légitime de Telmar, il ne sera plus tout à fait pareil.

Caspian demanda une fois de plus a son frère s'il connaissait cette femme. Il avait le sentiment au fond de lui que son souvenir l'aiderait, mais a quoi ? Un souvenir ne peut aider à retrouver la mémoire, il ne peut apporter ni la connaissance ni le bonheur. Peut-être l'espoir. L'espoir de retrouver un sens à sa vie, car aujourd'hui il ne faisait que fuir, sans but précis. Il allait peut-être aider Matias, peut-être allait t-il retrouver son trône et Edwin serait condamné. Mais il voulait avant tout retrouver un peu de bonheur, il voulait revoir de nouveau son visage et la serrer dans ses bras comme tout homme trouve son bonheur auprès d'une femme. Chaque homme a un jour connu l'amour et c'est ce qui finalement fait tourner le monde, parce que chacun essaie de trouver sa moitié à un moment ou à un autre de sa vie, c'est ce sur quoi Caspian s'était engagé dés le moment où il avait retrouvé ce souvenir. Et il espérait que son frère l'aiderait. Seulement celui-ci essayait encore de gagner du temps, comme pour éloigner un fait à tout prix. Mais il ne faisait que retarder l'inévitable et l'ancien roi n'avait pas besoin de ça.

Néanmoins les paroles de Matias lui firent chaud au cœur. Après deux ans, enfin quelqu'un qui se souciait de lui et qui ne l'abandonnerait pas. Caspian leva le regard vers son frère et lui envoya un regard de remerciement chaleureux. Il s’apprêta à lui répondre mais le temps qu'il mit pour sortir un mot, son frère avait déjà repris la parole. Espoir... Rien que de l'espoir. En ce moment tout était question d'espoir. Envers un souvenir, envers une communauté, envers des rois, envers des sentiments, envers un souvenir, envers une personne. Matias l'avait perdu jusqu'à aujourd'hui. C'était Caspian qui lui avait redonné espoir. Les choses changeaient enfin. Peut-être que cette deuxième vie était à son tournant comme à sa première. Lors de cette dernière un évènement avait changé sa vie lorsque Miraz eu son fils et que le jeune homme dût fuir, seul. Mais il avait fait des rencontres, il avait conduit un peuple à la guerre, d'après ces quelques souvenirs, il l'avait probablement gagnée pour être devenu roi. Il avait accomplit des choses, et en ce temps là le peuple croyait en lui, le peuple avait foi en ce jeune prince et plaçait tout son espoir en Caspian. Espoir encore et toujours. Aujourd'hui cette 'deuxième' vie allait également changer. Il avait vécu une vie monotone jusqu'à maintenant. Il avait retrouvé des souvenirs, retrouvé la seule personne qui croyait encore en lui. Car jusqu'à maintenant Caspian était seul. En réalité ces deux vies étaient assez similaires. Il fut seul puis une rencontre changea son destin. Peut-être était-ce Matias ce tournant, peut-être qu'à partir d'aujourd'hui l'ancien roi allait-il accomplir des choses, pour se racheter et retrouver la foi du peuple. Il y croyait.

« Tu es peut-être le seul qui parle d'espoir en me voyant. J'aimerais t'aider Matias. Mais nous ne sommes que deux, qui nous aidera ? Je n'ai pas d'alliés, tout le monde veut ma mort. Je leur ai mis à tous une guerre, des morts et du sang entre les mains. Qui se joindra à moi ? »

L'ancien roi avait retrouvé son calme et fixait toujours son frère, assit en face de lui. Caspian attendit maintenant une réponse à sa question. Il le pressa du regard quand son frère avoua effectivement qu'il la connaissait, du moins son identité. Mais il parla d'une voix grave et Caspian eut peur. Peur de ce qu'il redoutait. Peur que cette femme lui en veuille également, comme toutes les personnes de ce monde. Matias prétendait le protéger. Mais de quoi ? Le cœur de l'ancien roi s’accélérait dans sa poitrine, il ne pouvait attendre, la réponse de ce qu'il cherchait était à portée. Mais il se méfia de ce que lui dit son frère. Si la vérité était dure à entendre elle devait l'être autant que tout ce que lui avait déjà dit son frère. Mais il ne pouvait rester encore dans l'ignorance, cela l'étouffait. Mais Caspian cette ignorance était son espoir à lui, que deviendra t-il si elle était détruite ? Le serait-il aussi ? Aurait-il encore un but à sa vie. Il y avait Matias et ce qu'il lui avait dit au sujet d'Edwin, qu'il ne devait rester sur le trône de Telmar. Caspian était inquiet et ne savait ce qui se cachait sous les mots de son frère, il se rattacha à son nouveau but : celui de reprendre son trône qui lui revenait de droit. Il ne voulait pas souffrir encore plus, mais il le savait, ce que son interlocuteur avait à dévoiler était dur.

« Qu'ais-je vraiment à perdre ? Au point où nous en sommes... Je... Je t'en prie Matias, dis le moi. »

Il essayait de son concentrer sur les flammes devant lui pour se donner du courage et caressa les douces plumes de son phénix, qu ressentait le tourment de son compagnon. Le phénix n'avait plus vraiment de méfiance envers Matias, et il se souciait de Caspian. Il lui donna un gentil cou de tête et Caspian sourit d'amusement. Un sourire. Un sourire qui l'avait déjà un peu réconforter pour la suite. Le seul sourire depuis longtemps.


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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Mar 5 Mar - 15:03

Caspian évoqua avec justesse le problème. Oui, nous étions deux, deux contre tout un peuple, contre plusieurs peuples. Plusieurs peuples qui pardonneraient difficilement à Caspian. Qui n'accepteraient pas d'aider un Telmarin. Qui ne voudraient pas se soulever contre Edwin, ce roi tyrannique, un Élu, qui possédait plus de ténèbres dans son âme que n'importe qui d'autre. Tant de raisons qui nous poussaient à renoncer à cette folie. Mais qu'est-ce que la vie, sans un brin de folie ? Comment le mal pouvait-il être renversé ? Comment un juste équilibre pourrait-être remis en place ? Ceux qui étaient aujourd'hui en pleine puissance avaient tout risqué pour gagner. Faire de même nous rendrait-il aussi mauvais qu'eux ? Non, nos intentions étaient bonnes, même si nous devions provoquer une guerre, encore des morts, des sacrifices. J'espérais seulement que ce ne serait pas en vain. Sinon, les puissants gagneraient encore en puissance, et les perdants seraient encore plus rabaissés et désespérés.

« Tu es un roi, Caspian. Du moins, tu es destiné à l'être. Il y a quelques années, tu as su convaincre des Narniens suspicieux, qui n'auraient fait confiance à aucun humain et encore moins à un Telmarin. Tu as su leur redonner espoir, et les mener à la victoire. Malgré tes erreurs, tu sauras les convaincre à nouveau. Je pense qu'on peut trouver des alliés, ou du moins des personnes qui veulent renverser Edwin. Ce sera suffisant. » J'hésitai et rajoutai doucement, sans trop insister : « Cette fois, je suis de ton côté. Je te le promets. »

Pour poursuivre sur la comparaison à propos de sa première rébellion. En effet, cette fois-là, je n'avais pas été de son côté. Je l'avais même combattu. J'étais resté du côté de Miraz, notre oncle. Pourquoi ? Parce que je ne croyais pas à la cause de mon frère. Parce que Miraz m'avait recueilli. Je lui devais beaucoup de choses, et je n'avais pu m'opposer à lui. Caspian ne m'en avait pas tenu rigueur, mais je me doutais qu'au fond, il m'en voulait quand même. Enfin, c'était du passé, et aujourd'hui nous étions proches. Nous étions quitte même. Je venais de le retrouver, de le sauver, de lui redonner la mémoire. J'étais le seul à poser de l'espoir en lui, comme il disait. Je n'insistai pas dessus. Caspian continua sur son souvenir, sur cette femme. J'observai le feu, comme lui, et remarquai que l'intensité de celui-ci semblait dépendre de l'humeur de son créateur. Au début très vives, les flammes étaient maintenant plus petites et moins agressives pour les yeux. Malgré mes hésitations, il voulait la vérité. Il avait raison : qu'avait-il à perdre, à présent ? Je n'étais pas tout à fait convaincu. Mais mon frère ne me ferait jamais entièrement confiance si je n'étais pas honnête avec lui. Je lui devais la vérité.

« Très bien. » Je pris une profonde inspiration, levant les yeux vers ceux de Caspian, à travers les flammes. « D'après ce que tu me disais à l'époque, tu étais tombé amoureux de cette fille dès que tu l'as vu. Un vrai coup de foudre, à t'entendre parler. Après ton couronnement, vous vous êtes rapprochés, et j'ai même cru que tu la demanderais en mariage tellement tu l'aimais. Mais... » A nouveau, je pris une courte pause, m'apprêtant à aborder le passage le plus dur : « Tu as alors commencé à changer. Tu étais persuadé que Narnia était un danger pour Telmar, pour toi, et que tu devais reprendre le pays comme tes ancêtres. Or, cette femme était Narnienne. En déclarant la guerre, tu l'as rejeté, et vous vous êtes séparés. Tu lui as fait du mal de la pire manière qu'il soit... Tu as tué son frère. » Caspian commençait à comprendre, bien sûr. Je sentais son regard torturé, signe qu'il se souvenait. Le mot final, étranglé dans ma gorge, sortit alors. « Je pense qu'il s'agit de la reine Susan. »

Je ne pus regarder mon frère. Je ne pus voir ses yeux désespérés. Je ne pus imaginer l'espoir qui se brisait en lui. Je me rendis réellement compte de mon lien avec lui quand je me sentis vraiment mal. Je ne pouvais imaginer la douleur de ces propos pour lui, et je m'en voulais. Pourtant, il lui fallait la vérité, et lui-même avait insisté. Avec un soupir, et sans aucun autre commentaire, je me levai. Je m'éloignai quelques instants, préférant laisser Caspian seul. J'en profitai pour fouiller les chevaux, et je découvris avec surprise deux gourdes presque pleines de vin. Au moins, ces foutus soldats serviraient à quelque chose ! J'ouvris une des gourdes, sentant avec méfiance la boisson interdite. Pas de la bonne qualité manifestement, mais l'odeur titilla mes sens. J'en versai un peu sur le sol pour ne pas me faire piéger. On n'était jamais trop prudents, il pouvait y avoir du pouvoir. Rien. Juste du vin rouge, à la couleur plutôt violette. Toujours méfiant, je goûtai avec prudence le vin. Visiblement, pas de poison. J'en pris une bonne gorgée avant de retourner vers Caspian.

Il ne semblait vraiment pas bien. Je n'avais jamais été très doué pour réconforter les gens, et encore moins mon frère. Je m'approchai lentement, en silence. Son phénix me fixa méchamment quelques instants avant de se détendre. Je posai une main compatissante sur l'épaule de Caspian, et lui tendis ensuite l'autre gourde remplie de vin. « Si tu en veux... Ça peut aider parfois. » je repris ensuite ma place en face de lui, de l'autre côté du feu. Je fixai les flammes chaudes et vives tout en buvant quelques gorgées de plus de vin. Il n'y en avait pas assez pour devenir réellement soûl, mais ce n'était pas mon intention. Même si Caspian et moi nous étions retrouvés, ce n'était pas un jour de célébration. Bien au contraire. Peu à peu, l'alcool réussit à embrumer mon esprit, me plongeant dans des pensées sombres, tristes, nostalgiques, anciennes.

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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Lun 11 Mar - 0:31

Caspian écouta son frère le remonter un peu. Peut être était ce vrai. Peut être que certains se rallieront à lui comme jadis. Oui il se souvenait maintenant. Il se souvenait d'avoir soufflé dans cette trompe, d'avoir enrôlé des Narniens contre son propre oncle, de leur avoir donné un espoir. Peut être qu'il arrivera a se faire pardonner, a défaire la toile qu'il avait tissé. Matias rajouta une chose et l'ancien roi haussa un sourcil. Ainsi son frère lui avait tenu tête lors de cette guerre. Il se souvint ne pas en avoir parlé avec lui, il n'y avait pas tenu, mais qu'il lui en avait un peu voulu. Mais après tout Caspian s'était enfuît si promptement, et Miraz devait être persuasif a l'époque. Le jeune homme secoua la tête de fatigue et se concentra sur les flammes et sur son phénix en attendant la réponse de son frère.

Les premiers mots lui rappelèrent de doux souvenirs. Le seul moment où il avait posé les yeux sur cette femme. Il se souvint avoir été frappé au cœur comme il ne l'avait jamais été auparavant, et d'avoir sourit bêtement de béatitude. Oui ce jour là elle l'avait touché en plein cœur. Il se souvint de ce moment de complicité lorsqu'ils entraînaient ensemble les Narniens au tir. Mais le reste des mots mirent du temps avant de l'atteindre. Oui il l'avait aimé, de tout son cœur, mais il l'avait aussi détestée aussi fortement qu'il s'en souvienne sans pour autant cessé de l'aimer. Comme c'était si étrange. Puis chaque mot, chaque son qui fit Matias l'atteignirent aussi profondément en lui, que ce mal de tête revint a la charge. Puis, enfin, il ne suffit alors que d'un seul nom. Rien qu'un.

Susan. Caspian n'eut d'abord aucune réaction se contentant de fixer les flammes. Comment avait il pût oublier ce nom. Un nom qui lui semblait si proche qu'il se maudit de l'avoir oublié, il paraissait si évident, elle paraissait si évidente. Il se souvint de sa douceur, comme une plume, qui allégeait son cœur au point de lui faire tourner la tête. Puis il se souvint également ce que cela lui avait infligé a un moment de son existence, un chagrin profond qui n'avait source que lui seul. Alors seulement il prit conscience, sa tête lui tourna alors. Caspian porta la main a son front et se leva. Elle monta en lui à une vitesse folle. Cette vague de sentiments tous aussi puissants les uns que les autres. Il marcha alors avec énervement, jusqu'au bois, puis revint près du feu, passa près de Matias et quand il n'y pût la contenir plus longtemps il frappa dans un morceau de bois avec son pied qui l'envoya au loin dans un cri. Un cri bref et pas très sonore qui trahissait néanmoins cette vague qui le noyait. Une vague, de l'eau, la seule chose qui peut éteindre un feu... Il tomba sur les genou, près du feu et ferma les yeux. Une, puis deux, trois, et quatre. Ce fut les seules larmes qui coulèrent sur ses joues. Quelque chose s'était brisé en lui et il ne pouvait le réparer.

Caspian sentit son phénix s'approcher de lui, compatissant puis Matias. L'ancien roi ouvrit des yeux humides et prit la gourde que lui tendit son frère. Il hésita un instant a boire, ce n'était pas son genre de boire beaucoup. Mais il avait besoin de sombrer dans l'inconnu ce soir. Le jeune homme porta la gourde a ses lèvres et sentit le liquide goûteux descendre le long de sa gorge et produire une chaleur réconfortante qui le plongea dans un soudain soulagement. Il bût une autre gorgé se délectant d'apaiser son cœur tant qu'il le pût encore. Il se rassît finalement et bût, bût encore et encore jusqu'à ce que ses sombres pensées ne lui firent plus mal. Elles étaient toujours présentes mais comme incertaines. Caspian remarqua alors que son frère buvait également et semblait soudain différent. Ses yeux fixaient un point, l'esprit pensif. L'aîné se demanda alors comment son frère avait comblé ses journées et pourquoi il était si sombre sous l'alcool ce soir là.

- Qu'as tu donc fait ces deux dernières années alors que tu me cherchais et que tu conseillait ce très cher Edwin ?

Peut être était ce un ton de reproche mais Caspian n'attaquait nullement son frère bien au contraire. Il voulait comprendre la vie d'aujourd'hui, comprendre ce qu'il était advenu de son demi-frère bien aimé. Mais c'était autre chose qui était la cause de tout cet alcool bût par Matias. Caspian le fixa un instant, oubliant même ce qui le tourmentait lui. Décidément le vin était une boisson fort pratique pour panser les blessures de son cœur.

- Et toi Matias. Pourquoi est ce que tu bois ? Que s'est-il passé ?



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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Dim 17 Mar - 13:07

Le cri de Caspian pénétra mon esprit, mon âme, transmettant une vague glaciale et brûlante à la fois de tristesse, de colère, de rage, de désespoir. Je pris le soin de fermer mon cœur à tout sentiment pour quelques instants. Trouver les gourdes remplies de vin était d'ailleurs sans doute la meilleure chose qui puisse alors arriver. Ce n'est qu'après de longues minutes que je décidai de revenir auprès de mon frère, tentant de le réconforter comme je le pouvais sans insister. Il ne servait à rien de le prendre en pitié, il n'en avait pas besoin. Je lui tendis une des gourdes de vin. A ma grande surprise, il la prit et but la boisson. Caspian n'avait jamais été du genre à boire, même quand il avait « changé ». Mais ceci pourrait lui réchauffer le cœur le temps d'une nuit, et transformer la douleur en euphorie. Tout comme lui, je m'assis, et bus le vin en silence. Un silence lourd et long.

Avant que l'alcool ne puisse agir dans mes veines, je repensai à ce que je cachais habituellement. J'étais adepte de la méthode "on verra plus tard", mais elle n'était pas très efficace. Les problèmes passaient au second plan, s'accumulaient, jusqu'à exploser. Tout avait décidé de resurgir sans prévenir, avant même que le vin n'ait pu faire son effet. Edwin. Anne. Caspian. Même Morrigan. Mon frère sembla remarquer quelque chose, puisqu'il me demanda ce qu'il s'était passé ces deux dernières années, avant de parler de la raison qui me faisait boire. Je ne pris même pas en compte le sous-entendu de Caspian. Un léger sourire vide de joie étira mes lèvres. Très souvent, j'avais bu pour m'amuser, pour penser à autre chose que la monotonie de la vie. Mais ces derniers temps, j'avais arrêté ce genre de pratiques : les choses étaient bien trop sérieuses. Autre raison pour expliquer la vague de souvenirs et de problèmes qui me submergeait à ce moment précis.

« Conseiller n'est pas vraiment le mot juste... Disons que j'ai essayé de me rebeller contre ce salaud, mais il avait l'armée à sa botte, et le peuple avait déjà bien trop souffert de la guerre pour prendre de nouveaux risques. J'ai du faire profil bas pendant quelques temps. Je n'ai pas caché les pensées très amicales que j'avais en l'encontre d'Edwin, mais je n'ai pas abandonné Telmar. C'est sans doute ce qui m'a permis de devenir seigneur. » Je perçus la surprise de mon frère. Je faisais partie de l'ancienne famille royale, celle qu'il fallait éradiquer, et j'étais un bâtard. Deux raisons suffisantes pour m'éloigner du pouvoir. Mais mon dévouement pour mon pays avait eu raison de tout le reste, visiblement. Edwin n'avait rien contre moi, ce qui n'était pas vraiment réciproque. « Crois-moi, le rôle ne me plaît pas tant que ça, je le rends volontiers quand tu seras roi. Être proche du pouvoir était le seul intérêt. »

Je détestais ce rôle. Pourquoi ? Les responsabilités n'étaient pas mon fort. Je n'aimais pas être responsable des personnes vivant sur mes terres. Je n'aimais pas être responsable de quelqu'un. Je n'étais pas quelqu'un à qui on pouvait donner sa confiance, bien au contraire. J'étais d'ailleurs bien heureux que Caspian ait retrouvé sa mémoire en grande partie et puisse se défendre et se débrouiller seul. Je n'avais pas réellement à m'occuper de lui, à faire attention. Pas de responsabilité.
Je repensai alors à sa deuxième question. Que lui dire ? Moi-même, je ne savais pas exactement pourquoi je buvais. Pour rien. Pour l'ennui. Pour passer le temps. Pour accompagner Caspian. Pour le plaisir. Ce furent les premières raisons qui me vinrent à l'esprit. Celles que j'utilisais d'habitude pour justifier mes périodes sombres, plongé dans l'alcool. Non, il ne servait à rien de mentir à Caspian. Étant prêt à vider mon esprit ce soir, je savais que tôt ou tard, la vérité sortirait.

« Anne. » Je jetai un coup d'oeil à mon frère, qui semblait perplexe. Il ne se souvenait pas d'elle. « La fille du gouverneur des Îles Solitaires. Je l'ai rencontré peu après ton couronnement. Blonde, forte, belle... Je l'aimais tellement que je l'ai demandé en mariage. Je me demande encore si c'était une erreur ou pas. » Une gorgée d'alcool. La gourde se vidait peu à peu. Je soupirai, et ne pus retenir les mots qui sortirent de ma bouche. « Aujourd'hui, je serais mariée avec elle, j'aurais eu un enfant, un garçon. Mais il faut croire que les fins heureuses ne sont pas pour moi. Tu as déclaré cette fichue guerre. »

Caspian se souvenait probablement de toute l'histoire, à présent. Même s'il avait changé, qu'il était manipulé ou je ne sais quoi, il savait à l'époque que j'avais été sur le point de me marier. L'enfant était en revanche autre chose que j'avais appris quelques mois plus tôt. Anne était tombée enceinte. Enceinte de notre dernière nuit ensemble. Mais avait fait une fausse couche durant la guerre. Une nouvelle gorgée d'alcool. Je me tournai à nouveau vers Caspian, me rendant compte de ce que je venais de lui dire. Il le savait, je ne souhaitais pas être méchant. Mais nous étions sans doute tous les deux désespérés, énervés. Je glissai un « Excuse-moi. » faible mais sincère, avant de poursuivre sur mon histoire.

« Nous nous sommes donc séparés la veille de la guerre. Je perdais ma fiancée. Quelques semaines plus tard, c'est toi que j'ai perdu. Ça n'a pas été simple, crois-moi. » Une autre gorgée d'alcool. Mes sens se brouillaient peu à peu. « Je l'ai revu. Une fois sur les îles. Elle m'a dit qu'elle avait été enceinte de moi, avant de faire une fausse couche. Une fois dans la forêt. Elle m'avait donné rendez-vous. Elle m'a embrassé. Je l'ai embrassé. Je l'aimais à nouveau. Puis elle m'a annoncé qu'elle allait être mariée contre sa volonté. Enfin...c'est vite dit. Elle m'a dit qu'elle m'attendrait. Et moi, je suis ici, comme un crétin, sans savoir quoi faire. » En parler était beaucoup plus dur. Par l'émotion et l'alcool, mon souffle était rapide, mes mots saccadés. Mon regard, vide. « Voilà pourquoi je bois, je suppose. » Une nouvelle gorgée d'alcool.

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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Mar 2 Avr - 0:00

La boisson écarlate coulait dans le bouche du jeune homme. Le liquide lui chauffa légèrement la gorge mais il n'y prit pas attention. La gourde se vidait peu a peu. Il parla d'une voix quelque peu differente quand il remarqua de ses yeux que son frère était différent. C'était bien la première fois qu'il buvait autant, ou peut être bien la deuxième. L'alcool fit bientôt son effet et sa tête lui tourna, pas en mal, mais c'était même agréable, il y prenait plaisir. Caspian n'avait pas l'habitude de boire, il ne tenait donc pas l'alcool. L'ancien roi avait déjà vécu ce ressenti de joie. Une seule autre fois. Ses souvenirs mirent du temps à se reconstruire à cause de l'alcool mais il y parvint. Oui il avait déjà bu. Il avait été chargé d'une grande tristesse, il ne sût pourquoi, mais cet alcool l'avait mené à réfléchir a des choses et une grande colère s'était insinuée et avait écrasé son bon jugement. C'était ce jour qu'une partie de lui s'était envolée et qu'il avait décidé de ramener la Sorcière Blanche, Jadis, à la vie. Qui ou quoi avait donc pu le rendre aussi triste ? Son mal de tête s'accentua a cause de l'alcool et le ramena a la réalité.

Caspian haussa un sourcil de surprise quand son frère lui avoua être devenu seigneur. Ainsi il s'en était sortit et avait réussi à rester proche du pouvoir. Chose qu'il nia ne pas aimer par la suite. Matias n'avait vraiment jamais apprécier les responsabilités. Lui il s'était entraîné a la guerre, alors que le jeune homme avait appris a diriger un royaume. Matias était fait pour être commandant ou grand soldat. Caspian était destiné a être roi.
Son frère prononça un prénom qui eut pour réponse un haussement de sourcil de la part de l'ancien roi. Ce nom ne lui était pas inconnu mais pas important pour autant. Pourquoi ? Parce que cette femme ne faisait pas partit de sa vie, mais de celle de son frère.ce dernier lui rappela d'ailleurs qui elle était et le jeune homme soupira un peu. Il se souvint les fois où Matias lui parlait d'Anne, le sourire au lèvres, amoureux. Il l'avait demandé en mariage oui, mais... Caspian détourna le regard quand son frère lui reprocha de les avoir séparés eux, comme il avait séparés de nombreuses autres familles en déclarant une guerre. Finalement tout le monde lui en voulait, mais il le comprenait très bien. Il ne niait pas ses actes, sans en être fier pour autant. Les paroles de son frère lui firent mal oui, mais ce n'était pas la première fois qu'on lui parlait ainsi. Matias s'excusa au bout d'un temps. Caspian ne le fixait pas mais avait toujours le regard détourné.

« Ne t'excuses pas. C'est un signe de faiblesse. »

Sa voix était un peu plus dure et sa raison avait refait surface un instant avant que l'euphorie de l'alcool de le noit de nouveau. Il attendit que Matias reprenne la parole en tendant la main vers son phénix. Elle se nommait Nyara. A vrai dire il n'avait pas voulu lui donner de nom mais elle avait insister. Elle se sentait plus a l'aise en présence de Matias désormais, et finit par s'allonger dans l'herbe en position de sommeil, le bec sous l'aile. Caspian lui caressa un instant le plumage, lui souhaitant un bon repos. Nyara souleva une paupière et le regarda chaleureusement, lui demandant de la réveiller lorsqu'il s'assoupirait afin de prendre le tour de garde tant que les bipèdes seront endormis. Il le lui assura et tourna le regard vers Matias lorsqu'elle s'assoupit. Le jeune Telmarin conta la suite de son histoire et son contenu étonna Caspian. Un enfant ? Son frère allait ou était déjà père ? Le jeune homme ne s'en réjouit qu'une seconde quand il apprit qu'Anne avait fait une fausse couche. La nouvelle avait dût être dure pour Matias. Néanmoins Caspian ne le prit pas en pitié, il était comme lui, il n'en avait pas besoin. Le jeune homme ne pût que lui envoyer un regard compatissant et affectueux. Matias ne savait plus quoi faire, tout comme son frère. Caspian ne pouvait le laisser ainsi, entre deux choix. Lui aussi avait du en faire, il le comprenait un peu. Il chercha quelque chose à dire. Mais quoi ? Une promesse ? Une phrase dite sans engagement ou une illusion ? Les mots sortirent d'eux même.

« Nous allons détrôner Edwin, ensemble. Et quand nous l'aurons fais, je reprendrais ma place et négocierais une paix avec Narnia, et les Îles Solitaires. Je ferais ramener Anne ou tu iras sur son île. Je bénirais votre mariage et vos enfants. J'assurerais leur protection et seulement ensuite quand tout sera redevenu normal je m'occuperais de moi... »

Un instant il y crut, peut être ces paroles et cette croyance n'était que le fruit de l'alcool mais peut importe. Il croyait en cet avenir, a ce que tout le monde soit heureux, qu'il ait fait réparation de ses actes. Caspian croyait et esperait peut être qu'il récupérerait un jour l'amour de Susan. Mais il songeait quelle ne lui pardonnera peut être jamais. Alors soit il vivra seul le restant de sa vie. Soit une rencontre inattendue et des plus étranges le mènera sur la voie du bonheur, après tout tout ce qu'il souhaitait c'était fonder une famille. Et en cet instant il y crut peut-être. La possibilité d'un futur exemplaire. Il avait déjà réussi une fois, pourquoi pas une seconde fois ?

Il sourit légèrement et l'alcool amplifia ce sentiment le rendant presque heureux. Caspian porta une nouvelle fois la gourde de vin à ses lèvres mais l'odeur forte du vin l'écoeura. Le jeune homme fit la grimace, reboucha la gourde et la posa plus loin. Il regarda Matias un instant puis dans un soupir s'allongea sur le dos, les yeux grands ouverts, la tête tournant toujours d'euphorie. Caspian regarda les étoiles, celles qu'il avait déjà contemplé de nombreuses fois lors de ses nuits à la belle étoile. Il n'avait pas envie de dormir, malgré la fatigue.

« On y arrivera Matias. Il faut que tu songes sur le pourquoi tu te bat. Toi tu veux retrouver Anne. Le peuple veut la paix. Et moi... Et bien je ne sais pas vraiment a vrai dire, je n'ai pas encore tout mes souvenirs. Mais on n'y arrivera crois moi. Je... Je te le promet. »

Caspian ferma les yeux un court instant espérant qu'il ne se trompait pas. Il était désormais lié à son frère par cette promesse. Il était peut-être fou de l'avoir faite mais ce fut désormais son but, le but de son combat. Pour le bonheur des autres, pour le bonheur de son frère. Le jeune homme avait rarement prononcé des promesses au cours de sa vie, du moins il ne s'en souvenait pas. Et celle là il ferait tout son possible pour la tenir, même si cela devait lui couter la vie. L'ancien roi serait prêt à se sacrifier pour cela et pour le bonheur des autres, si cela permettrait de changer les choses. Caspian avait envie d'en parler. Les mots sortirent avant qu'il n'eut le temps de les retenir. L'alcool jouait bien.

« Si durant ce combat tu devais choisir entre moi ou l'accomplissement de cette promesse, je t'en conjure ne laisse pas le sang qui nous unit la briser. Je serais heureux de me sacrifier pour changer les choses, et ceux qui désiraient se venger de moi, seront satisfait ainsi. »

Caspian s'était redressé difficilement sur les coudes a cause de l'alcool, et fixa son frère dans les yeux. Seules les flammes venaient parfois faire obstacle.


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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Mer 1 Mai - 23:25

Il y eut un instant de silence que je pris, sous l'effet de l'alcool brulant dans mes veines, pour une véritable éternité. J'aimais le silence. Mais ce silence-là ressemblait au vide du ciel. Au vide entre les tours du château de Telmar. Au vide de mon cœur. Et le vide m'effrayait. Il effrayait tout le monde. Tout le monde voulait y échapper. Je pouvais m'échapper du vide de cette conversation, qui n'en était pas un pourtant. Mais mon cœur ? Peut-être serait-il rempli par des sentiments un jour, de vrais sentiments amoureux, pas de simples obligations patriotiques ou familiales. Pas des actes dirigés par une haine incontrôlable. De toute manière, j'avais toujours été contrôlé par de tels mouvements d'humeur, ce qui ne faisait pas spécialement quelqu'un comme moi bon. Je pouvais envoyer des dizaines d'hommes à la mort sans aucun regret, seulement parce que je m'étais levé du mauvais pied. J'étais devenu Seigneur pour être proche du pouvoir, et je ne me souciais pas un instant de la moindre personne qui était sous ma responsabilité. Jamais je n'avais été doué pour le contact humain. Peut-être que sous le règne de Caspian, je pourrais être le commandant d'une troupe de soldats élites reconnus par tout le royaume et même par les royaumes voisins. De vrais guerriers sans la moindre pitié qui obéissaient au prix de leur vie. De même pour leur commandant.

Caspian reprit la parole tandis que je rêvassais d'un futur qui n'aura probablement jamais lieu. Rien ne se passe jamais comme on l'attend. L'avenir est rempli de surprises, certains disent qu'il est réglé par des Dieux, d'autres par un Destin. Dans les deux cas, une force supérieure aux pauvres humains que nous étions dirigeait notre vie comme bon lui semblait. Cette pensée valait bien une autre gorgée d'alcool. Voyant que la gourde était pratiquement vide, je reportai mon attention sur Caspian. Il avait l'air étrangement beaucoup plus lucide que moi, et fit un discours d'encouragement qui réussit à me motiver et à me donner soudainement une raison de ne pas tout abandonner. Comme si une lumière était apparue dans mon cœur. Voilà que je pense comme une fillette qui lit des contes de fées. Je soupirai sans perdre cette nouvelle sensation d'espoir. Elle se lisait aussi dans les yeux de mon frère, à croire que le vin avait su nous revigorer au lieu de nous faire tomber dans les ténèbres. Reprendre le trône. Négocier la paix. Se marier. Avoir des enfants. C'était beau.

Mon frère reprit son discours optimiste. Malgré l'alcool, la fatigue, toutes ces souvenirs, il gardait sa majesté. Il était le roi. Il n'était plus amnésique. Il n'était plus manipulé. Il était celui qu'il avait toujours été. L'héritier du trône de Telmar. La royauté coulait dans ses veines, et il méritait plus que tout au monde de gouverner le peuple comme héritage de sa famille. Il semblait tellement persuadé d'accomplir ce qu'il disait, j'y croyais moi-même. Et pourtant, plus il insistait, plus je me disais que ce mariage, cette fin heureuse avec des enfants, n'étaient que des foutaises. Il retrouverait son trône avec un peu de chances. Mais comment pouvais-je me marier avec Anne ? Elle ne m'aimait pas, j'en étais sûr ! Elle allait se marier à un autre de toute façon. Sûrement un Narnien qui avait tout pour lui, un de ces hommes parfaits. Anne tomberait sûrement amoureuse de lui et m'oublierait dans la minute qui suit. Et si je venais interrompre son mariage, la fête se terminerait par ma pendaison. Joli cadeau de mariage, en fait.

Caspian, à présent allongé, continuait de me regarder tout en déballant de belles paroles qui touchèrent mon cœur et mon esprit atrophiés par l'alcool. Étrangement, tous ces mots qui m'auraient donné un espoir bel et bien réel si j'avais été sobre ne me faisaient ni chaud ni froid. Je n'y croyais plus, pas pour le moment. Mais je ne voulais pas décevoir Caspian, qui était comme un grand frère pour moi. Sa promesse me toucha et me perturba encore plus. Finalement, j'adressai un sourire étonnamment sincère à mon frère avant de lui répondre : « Si tel est ton souhait, alors je le respecterai. » Comme il était facile de mentir. Quand bien même je devais être confronté à un tel choix, je ne pouvais laisser tomber Caspian et tout le peuple de Narnia. De même, je perdrais ma tête si Caspian était capturé ou tué. Mais je ne voulais pas briser une telle promesse. J'avais vu la lueur dans ses yeux, la manière dont il prononçait ses mots. Il agirait selon cette promesse et ne reculerait devant rien jusqu'à ce qu'elle soit accomplie. Ce n'était pas des mots en l'air du à l'alcool, tout comme les miens.

« Tu te rappelles, c'est toi qui m'as poussé à parler à Anne et à la courtiser. C'était la première fois que je n'osais pas aller voir une fille. Mais tu m'as convaincu d'y aller et de ne pas me penser inférieur à elle. » C'était le cas. Après tout, je n'étais qu'un bâtard sans aucune fonction à l'époque, juste un ado qui tentait de conquérir le monde. Caspian m'avait simplement rappelé que le rang d'Anne, alors fille du gouverneur des Îles Solitaires, ne devait pas influencer mon cœur. Et il faut croire que le conseil avait marché. Cette remarque n'était pas faite pour me déprimer encore plus, mais au contraire pour détendre l'atmosphère. C'était plus simple désormais, surtout grâce à l'alcool. Je finis d'ailleurs les dernières gouttes de la gourde avant de la jeter plus loin. Je m'affalai sur le sol, tentant de trouver une position suffisamment confortable. « Et dire que quand j'essayais de te pousser vers une fille, tu m'envoyais bouler ! » Un rire spontané et sincère sortit de ma gorge, remplaçant le silence de la forêt par une touche d'amusement et de joie.

Je voulais oublier les problèmes dans lesquels nous étions plongés tels des sables mouvants. Une étrange euphorie avait saisi mon cœur, me tenant aussi éveillé et joyeux que quand je buvais dans une taverne. C'était là où j'aurais voulu être. Une taverne, avec mon frère, de l'alcool, des hommes prêts à s'amuser. Loin de l'hypocrisie de la cour. Loin des soucis de guerre et de paix. Et dire que nous étions tous deux dans une taverne peu de temps auparavant... « Tu sais, on est pas pressés. Les choses ne sont pas en notre faveur, et ce n'est pas un problème pour moi. Au contraire, j'aimerais passer du temps avec mon grand frère, comme au bon vieux temps. Ça fait bien longtemps qu'on a pas pu se parler autant, toi et moi. » Ces paroles -dénuées de sens, je devais l'avouer - étaient sincères. Ces dernières années, depuis cinq ans à vrai dire, Caspian et moi n'avions pas été aussi proches qu'auparavant. Et le revoir aujourd'hui, malgré toute la douleur de notre discussion, faisait un bien fou. Il était mon vrai grand frère. Après ces quelques mots sensibles, mon attention se concentra sur le feu qui nous séparait. Les flammes, par leur couleur et leur chaleur, avaient quelque chose de fascinant. Mais aussi de dangereux. Mes yeux se posèrent brièvement sur mon frère, puis sur son phénix. Il était étrange de penser qu'il pouvait contrôler une chose aussi puissante. « Dis-moi, qu'est-ce que tu sais faire avec le feu ? A quel point peux-tu le contrôler ? »

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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Mer 22 Mai - 20:59

Matias le respectait et c'est tout ce que Caspian lui demandait. Même s'il n'y croyait pas il voulait que son frère croit au moins en lui, qu'il soit en lui. La combat serait dur, oui, et ils perdraient peut-être la vie où ils la garderaient, mais il fallait qu'il croit en lui. Ils étaient seuls et ils avaient besoin de croire en eux.
Matias lui parla encore d'Anne, du jour où Caspian l'avait poussé à elle. Le jeune homme sourit alors. Il s'en souvenait à présent oui. Matias s'était senti inférieur à elle, qui était fille du Gouverneur des Îles Solitaires. Mais son frère lui avait conseillé d'écouteur son cœur et il sembla que cela avait plutôt bien marché puisqu'il l'avait demandé en mariage. Alors Matias s'allongea sur le sol, imitant son frère. Caspian inspira à fond et apprécia le bon air frais du soir. Maintenant qu'il s'en souvenait, ses nuits au château lui paraissaient bien loin et bien moins agréables que celles qu'il faisait depuis deux ans. Ces deux ans avaient changés bien des choses en lui, et quand tout sera fini, si tout ce finissait bien, rien ne sera comme avant, rien ne sera plus pareil. Des journées à remplir des papiers assis sur un siège, ou sur son trône traitant des problèmes du royaume n'étaient rien à côté des journées en pleine nature, fuyant la mort et appréciant la vie réincarnée.
Il éclata d'un rire sincère avec son frère. Il était vrai que Caspian était bien plus coincé que son frère en ce qui concernait les filles. L'ancien roi avait le visage étiré, riant comme il n'avait jamais rit depuis des années. Son frère avait raison, ils n'étaient pas pressés et Caspian voulait passer aussi du temps avec lui. Il fallait vider tout ces soucis et ne penser qu'aux choses heureuses. Parler et parler avec lui jusqu'à ce que la fatigue le prenne. Ce fut le cadet qui lança un sujet.

- Ce que je sais faire ? Oh et bien...

A vrai dire il n'en avait jamais parlé et il n'avait pas vraiment à cherché à savoir jusqu'où il pouvait aller en puissance. En vérité il ne pouvait qu'invoquer et contrôler le feu ainsi que sa chaleur. Peut-être avait-il d'autres facultés mais il ne les possédait encore pas. Pour répondre à son frère il fixa le feu de camp qui leur faisait obstacle et les flammes s'intensifièrent d'un coup montant jusqu'à deux mètres de hauteur. Il les diminua au bout d'un moment jusqu'à une taille raisonnable. Nyara ouvrit les yeux et leva la tête. "Fait attention à ne pas enflammer toute la forêt non plus..." Pour seule réponse Caspian lui envoya une boule de feu en pleine figure. Bien sûr cela ne lui fit absolument rien. Nyara souffla, énervée et le toisa avec un regard noir. Le jeune homme se contenta de sourire. "Ça t'amuses hein ! Tu vas voir ce que tu vas voir." Elle déploya une aile et les plumes couleur feu rougirent dangereusement jusqu'à s'enflammer. Caspian eu juste le temps de tendre la main devant lui pour se protéger qu'une énorme vague de feu se déversa sur lui. Le feu se dispersa et disparut alors. Nyara se tenait droite devant son compagnon et lui lançait à son tour un regard espiègle. Il soutint son regard et finalement se tourna vers Matias.

- Désolé elle est... Légèrement susceptible.

Le jeune homme se reçut une claque derrière la tête qu'elle lui donna avec son aile. Caspian plaqua sa main sur sa tête et la poussa doucement dans l'herbe qu'elle se couche. Elle resta à terre et le regarda avec colère. "Qu'est ce que c'est bête un bipède.". Il l'ignora et reporta son attention sur Matias, qui ne devait surement rien comprendre, a leur discutions mentale qu'il ne pouvait entendre.

- On peut se parler par... l'esprit. Ça doit être grâce du lien. Sinon je peux invoquer le feu, la chaleur, les contrôler. Mon corps est un peu plus chaud qu'à la normale et je ne supporte pas beaucoup la pluie... Quand à Nyara elle...

- Je suis le feu tout simplement. Et les phénix peuvent porter une grande charge, leurs rares larmes peuvent soigner les blessures, et bien entendu ils renaissent de leurs cendres. Quoique je ne me suis encore jamais mise à brûler.

Caspian se tourna vers Nyara, qui regardait Matias, avec étonnement. Jamais elle ne parlait de vive voix et il n'était pas sûr de l'avoir déjà entendue ainsi. Peut-être une ou deux fois. Sa confiance envers le frère de Caspian s'était amplifiée, parce qu'il était son frère et qu'elle n'avait aucune raison de se méfier de lui. Le jeune homme sourit. Cela lui faisait plaisir qu'elle l'apprécie. Nyara n'était pas quelqu'un de facile, et lui ressemblant était tout aussi méfiante et susceptible que lui. Il n'aurait pas la gérer si elle avait de l'hostilité ou de la méfiance envers Matias, c'était les personnes qui comptaient le plus pour lui. Il se pressa contre l'esprit de son don, reconnaissant de sa sagesse."Moi aussi je t'aime petit homme." "Merci ma belle." Il lui sourit et se tourna vers Matias.

- Au fait, comment va Rosalie ?

Rosalie était la sœur de Matias, et par conséquent sa demi-soeur à lui aussi. Oui leur père avait eu eux enfants nés bâtards. Tout comme à Matias, le jeune homme n'en voulait pas non plus à Rosalie. Il n'avait pas été aussi proche d'elle qui le souhaitait alors.



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MessageSujet: Re: Most men would rather deny a hard truth than face it. | ft. Caspian   Ven 28 Juin - 15:00

Après avoir demandé à Caspian ce qu'il savait faire avec son Don, celui-ci n'eut pas une hésitation, et fixa intensément le feu. Je crus cependant saisir une lueur de réflexion dans ses yeux. Il ne contrôlait pas vraiment son pouvoir, pas encore. Mais je le sentais suffisamment confiant pour pouvoir se protéger et se débrouiller, comme lorsque nous avions été attaqués. Rapidement, je sentis quelque chose envahir notre environnement. Une nouvelle ambiance, mystérieuse, inconnue. La magie. Peu après, des flammes d'une hauteur impressionnante et improbable surgirent du feu, d'une couleur que je n'avais encore jamais vu. Miraz, comme tous les autres Telmarins, m'avait appris à fuir la magie, à la combattre. Un jour, une sorcière m'avait fait voir le beau de la magie. Et je le voyais encore aujourd'hui. Malgré la dangerosité de son Don, j'avais confiance en Caspian. Je me contentai donc d'observer le produit de cette magie en silence, me protégeant de la chaleur forte de ma main.

Peu après, j'assistai à un "combat" entre mon frère et son phénix. Je ne saisis pas exactement l'échange, mais je souris devant les boules de feu produites aussi facilement. La complicité évidente que l'on voyait entre les deux me rendait heureux pour Caspian. Il avait quelqu'un à qui s'accrocher. Quelqu'un qu'il aimerait toute sa vie, quelqu'un dont il ne pouvait être séparé. Je ne savais pas comment finirait cette histoire de Dons et d'Élus, mais j'espérais pour mon frère qu'il pourrait connaître une fin heureuse avec son phénix. A nouveau, je dus me protéger de la chaleur car contrairement aux deux, je n'étais pas immunisé contre le feu. Et ils avaient intérêt à s'en rappeler, je ne tenais pas à finir cuit. Ils semblèrent se souvenir que j'étais là, et Caspian commença à m'expliquer qu'ils pouvaient...parler par esprit. Rien que ça, tiens !

Et là, le phénix lui-même se mit à parler. Si j'avais réellement bu, j'aurais sans doute cru que l'alcool me donnait de violentes hallucinations. Et pourtant, malgré le vin, je sentais mes idées suffisamment claires pour distinguer le rêve et la réalité. Et la voix profonde et extraordinaire de Nyara, ainsi que son regard puissant, suffisait à me convaincre que c'était bel et bien la réalité. Je restai figé quelques instants, ayant l'air sûrement très idiot, avant de me mettre à rire à gorge déployée. J'avais retrouvé mon frère, combattu l'armée telmarine, découvert un nouveau Don, et celui-ci me parlait en toute confiance. Quelle soirée ! Lorsque je me calmai, Caspian me posa une question. Rosalie. Il se souvenait donc d'elle ? Mon cœur battit un peu plus fort pendant quelques secondes. Après une courte hésitation, je lui répondis franchement :

« Bien, je suppose. Je la vois moins qu'avant. Elle est toujours à Telmar, mais elle combat le nouveau régime. Tu la connais, elle a toujours voulu montrer que les femmes étaient fortes, et elle n'a pas supporté Edwin. Si ce n'était pas pour moi, elle serait déjà loin d'ici je suppose, sans doute à Narnia... » Pourquoi hésitais-je ? Parce que je ne savais pas ce que faisait exactement Rosalie. Mais tout simplement, je ne savais pas comment elle réagirait si elle savait Caspian en vie. Se souvenait-il seulement de ce qu'il lui avait fait, avant d'être amnésique ? Se souvenait-il qu'il l'avait condamné à mort ? Rosalie, convaincue à cette époque que Caspian était manipulé par son bras droit, un seigneur riche, qui savait jouer au jeu de la politique à la perfection, avait tué ce dernier. Bien entendu, Caspian n'avait pas le moins du monde changé, et avait du appliquer les lois sur celle qu'il ne considérait plus comme sa sœur.

Autre raison pour laquelle j'aurais pu haïr Caspian, et remercier Edwin qui avait délivré ma sœur. Mais je ne lui en voulais plus. Rosalie était en vie aujourd'hui, et il n'avait pas été lui-même. La complication était plutôt pour Edwin. Je le détestais au plus profond de mon être, et pourtant, il ne m'avait pas jeté en prison ou sous la lame d'un bourreau, et il avait gracié Rose. J'avais une dette envers lui. Sans doute aurais-je du expliquer ceci à Caspian. Il devait se demander pourquoi j'étais seigneur de Telmar, pourquoi j'étais du côté du nouveau roi usurpateur, et si je ne le trahirais pas un jour. Mais alors, je devrais lui rappeler ce qu'il avait fait à Rosalie. Et je n'étais pas sûr que ce soit la bonne chose à faire, pas après qu'il se rappelle de ce qu'il avait fait au peuple telmarin, au peuple narnien, à Peter, à Susan. S'il s'en rappelait, alors peut-être pourrions-nous en parler, mais ce n'était visiblement pas le cas. Un jour, peut-être. Nous devions rejoindre Rosalie à un moment ou à un autre, car elle pourrait nous aider.

En voyant le visage tiré et fatigué de mon frère, je décidai qu'il était le bon moment pour mettre un terme à cette discussion. J'aurais voulu lui parler toute la nuit. Mais nous aurions tout le temps à présent, n'est-ce pas ? Avec un léger sourire, je m'appuyai sur mon coude et le regardai. « Le jour va se lever dans quelques heures. Tu ferais mieux de dormir un peu. Je monte la garde en attendant. Je te réveillerai si je fatigue. » J'avais employé un ton qui supposait que ma décision n'était pas à négocier. Après quelques secondes, je finis par me lever totalement pour aller chercher une gourde plein d'eau que j'avais rempli peu avant. Je revins ensuite vers mon frère et son phénix, qui me donnèrent une idée. « Peux-tu éteindre le feu ? Nous sommes assez loin du village où nous avons été repéré tout à l'heure, mais il vaut mieux être prudent. » Le tout, avec économie d'eau. J'avais prévu d'éteindre les flammes avec, mais puisque mon frère contrôlait le feu, autant s'en servir. Décidément, ce pouvoir était très intéressant.

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