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 Escape || Eden & Soren

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Eden J. Thoryse
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MessageSujet: Escape || Eden & Soren   Jeu 9 Mai - 14:46

Tout le monde attend. Tout le monde regarde. Même quand tu dors. Tout le monde attend pour que tu t'écroules. Tout le monde regarde pour voir les retombées. Même quand tu dors, garde tes yeux ouverts.
the escape
Jem…Je me sens si seule sans toi. Comment ais-je réussi à vivre jusqu’à maintenant ? C’est bien parce que je t’ai fais une promesse que je reste en vie. Vu la vie que je mène, mourir ne serait pas triste et amère, car je sais que je pourrais te rejoindre. Ô Jem, que je t’aime. Moi qui t’avais promis de me pas m’attacher à cet amour une fois que tu serais mort. Moi qui ne devais pas m’attacher au passé, aller de l’avant, vivre ma vie. « Je ne t’oublierai jamais. Soit heureuse, Ed. Profite de la vie et apprécie-la…pour moi. ».
Cette traversé du désert avec tous ses hommes…il ne m’arrivait pas un soir de pleurer et de les maudire. Je me souviens encore de ma rencontre avec le Tisroc, lorsqu’on m’a offert à lui en tant qu’esclave. Peut-être pouvait-il deviner que j’étais malheureuse, mais pour lui, je n’étais qu’une simple esclave. En fait, je n’étais rien. Il n’avait jamais eu pitié de moi, de toute façon je ne cherchais pas à jouer la victime auprès de lui. Tout ce que je voulais, c’était pouvoir m’enfuir d’ici, vivre la vie que j’avais promis à Jem. Oh Jem. Pourquoi es-tu partit si tôt ?

Depuis que je suis ici, je me sens encore plus faible qu’avant. Avant, je me sentais en vie. C’est comme-ci j’étais prisonnière de mon propre esprit. Combien de mois sont passés ici ? Je n’en sais rien. Je ne sais même pas ce qui ce passe en dehors du palais. Si tu es au ciel Jem, ne me regarde pas. Je dois être encore plus maigre qu’avant. J’ai faim, je suis obligé de voler discrètement dans les cuisines lorsque je la nettoie pour espérer avoir un peu plus de ce que j’ai d’habitude. Mais si on grossit trop, les gardes comprennent qu’on a volé de la nourriture et on se fait punir. Une fille s’est déjà fait coupé les mains pour cela. Voler est difficile, ils sont tous sur leurs gardes. Je ne fais que nettoyer et servir le tisroc. Un de ses amis a voulu le payer en échange de passer une nuit avec moi, mais étrangement, il n’a pas accepté.
Jem, je ne peux pas rester ici, la vie devient insupportable. Je ne tiens pas à finir mes jours dans ce palais, je veux voir le monde, comme je te l’ai promis. Je veux tenir la promesse que je t’ai faite, lorsque tu es mort dans mes bras.

Je mange du pain et je bois très peu d’eau, il m’ait déjà arrivé de boire l’eau avec lequel on lave le sol tellement j’étais assoiffée. Le Tisroc ne nous traite pas non plus mal, mais notre niveau de vie n’est pas facile pour autant. Nous ne sommes que des esclaves après tout. Je préfère rester discrète, car je sais qu’on ne me soupçonnera jamais de faire quelque chose. Je suis trop sage à leur goût. Je m’en moque, je préfère qu’ils me voient comme cela plutôt que d’être accusé tous le temps.
Je dormais dans une petite chambre avec une fille, mais elle est devenue la servante du tisroc. Elle a disparue depuis des mois, je ne la croise plus comme avant dans le palais. Dommage, je l’aimais bien, c’était la seule amie que j’avais dans ce palais.
Je me demande tous les jours ce que sont devenus nos anciens compagnons. Sont-ils morts come chef ? Peut-être sont-ils prisonniers ou ils ont réussis à partir très loin pour mener une nouvelle vie ? Je l’espère pour eux de tout mon cœur. Je veux qu’ils soient heureux.

J’aime la nuit. Le ciel est toujours très éclairé. J’arrive à voir les étoiles. Je me dis que tu es parmi elle. Je peux voir ton sourire. J’aimerai pouvoir voler et toucher les petits points lumineux. Je garde espoir. Un jour je partirai. L’air frai que je respire en ce moment même, j’espère pouvoir le respirer de nouveau mais d’une autre façon. Je veux pouvoir le sentir comme un sentiment de liberté. J’ai fais trop de chemin, j’ai fais trop d’efforts, j’entends les oiseaux chanter dans la brise estivale. Je suis seule dans la nuit. J’ai tout fait pour éviter les ennuis, mais c’est la panique dans ma tête. C’est comme ça que font les fleurs : elles vivent jusqu’à ce qu’elles se fanent. J’en ai marre de marcher jusqu’à voir les étoiles dans mes yeux.
Ce matin en me réveillant, je me suis décidé à partir. Depuis que le prince Soren a remplacé son frère Yoren, je me dis que ça sera peut-être plus facile de tout plaquer pour fuir. La guerre est finit à ce que l’on dit. J’espère que la paix qui est promise pourra m’être propice. J’ai déjà tout prévu. Cela fait des semaines que j’ai en tête mon plan d’évasion. Je pensais agir la nuit, mais la garde est redoublée à ce moment là. Le jour, peut-être on me laissera plus facilement sortir parce que je suis esclave. Je me suis imaginée plusieurs possibilité : je pourrai dire que je vais sur le marché ? Certains gardes ne sont pas très futés. J’ai décidée de quitter le château vers midi. J’ai dormie autant que je pouvais cette nuit pour être en forme, j’ai dû nettoyer les cuisines ce matin, j’en ai profité pour mettre un morceau de pain frai dans ma poche et quelques petites provisions. J’ai dérobée un panier la dernière fois, je vais y mettre toute la nourriture volée et un drap pour cacher. On ne part pas au marché sans panier, je ne serai pas convaincante.

Midi a sonné. Je dois rester prudente, mais rester calme, car si je suis trop paniquée, on sentira que quelque chose ne va pas et je risque d’être découverte. Je marche dans les couloirs du palais avec l’air le plus normal que je puisse prendre. Personne ne fait attention à moi, c’est parfait. Je croise un garde qui me demande pourquoi je ne suis pas à mon poste. Je réponds simplement et calmement que je reviens du marché et que j’apporte la nourriture achetée dans la réserve. Mon cœur bat la chamade, je tente de contrôler ma respiration. Il me laisse passer et j’accélère le pas dès que je tourne dans l’autre couloir. La cour du palais n’est plus très loin. Plus je m’approche et plus la frustration monte. Mon cœur bat vite, c’est plus dur que je le pensais. Je me motive en pensant à Jem, à la promesse que je lui ais faite.
J’arrive devant la grande porte du palais. Les gardes m’arrêtent et me demandent pourquoi une esclave comme moi traîne par ici. Je réponds que l’on m’a ordonné de me rendre au marché. Ils lisent dans mon regard, cherchant la vérité ou à démasqué un mensonge. Ils soupirent et m’ouvrent la porte. Je la passe et laisse le vent chaud s’écraser contre moi. La liberté est proche, j’arrive presque à en deviner l’odeur.
J’avance le long de la cour, il ne me reste plus qu’une immense grille à passer et je serais dehors. Tout ce passe bien pour l’instant. Il y a du monde aujourd’hui dans la cour, j’arrive à passer discrètement sans me faire remarquer. Je suis comme invisible devant les gardes. Ils ne prêtent même pas attention à moi. J’avance, j’avance, je suis presque arrivée.

J’arrive près de la porte principale. Les gardes qui sont là m’arrêtent tout naturellement et me demandent ce que je viens faire ici. « Je vais au marché chercher des provisions ! » dis-je en essayant de sourire pour me montrer aimable. Le garde est berné par ma douceur, mais l’autre me regarde et semble réfléchir. Il s’avance vers moi et me dit : « Montre nous ce que tu as dans le panier ! ». Je ravale ma salive. Dans tous les cas, si je lui montre le contenu du panier, je me ferai punir. Soit je tente de fuir quand même, soit je me fais couper la tête.
C’est alors que je lance le panier sur le garde qui se prend tout le contenu sur lui, et l’autre en tentant d’avancer glisse sur une pomme qui a roulé à ses pieds. Je cours, je ne sais pas où aller. J’arrive à me faufiler dans la foule, les deux gardes ont du mal à me suivre. Il faut que je sorte d’ici. Je pousse les gens, je cours à en perdre haleine. Je ne peux rentrer dans le palais, il faut que je passe par la muraille. J’atteins les escaliers que je gravis à grande enjambée. Les gardes en haut me regardent surprit et me crient de ne pas avancer. Je continue de foncer et je ne sais pas comment j’arrive à les esquiver soit en me jetant sous leurs pieds, glissant sous leurs jambes écartés, soit en passant à côté et en les poussant. J’arrive dans une impasse, d’autres gardes arrivent en courant de l’autre côté. Je n’ai plus qu’une solution : sauter. Je monte sur la dalle et regarde en bas. Nous sommes au moins à cinq mètres du sol, je risque de mourir si je tombe. Tant pis je saute.

Je me sens tomber, je ne sais plus ce qu’il ce passe après. Je sens juste mon corps se percuter avec le sol. Je crois que je saigne, mais je respire encore. De longues minutes s’écoulent avant que les gardes n’arrivent. L’un d’eux se penche vers moi et pose ses doigts contre mon coup. « Elle respire encore, dit-il avec un air surprit. C’est dingue après la chute qu’elle a fait. Elle, elle voulait vraiment vivre ! ».
Ils me soulèvent et je sais à ce moment là que ma tentative a échoué, qu’ils me ramènent au château. « On en fait quoi ? » demande l’un d’eux alors qu’on passe la porte d’entrée. « On la ramène dans sa chambre, le médecin va la soigner, puis lorsqu’elle se sentira mieux, elle se fera juger par le Tisroc ! ». Non…pas lui.
Je ne sais pas combien de temps s’écoule, des jours sans doute. Je vais déjà mieux, j’ai encore des plaies, mais elles commencent enfin à cicatriser. On me dit que je suis folle, que j’ai failli mourir, et que j’ai fais perdre mon temps à tout le monde en restant dans ma chambre durant plusieurs semaines. Maintenant, tout est gâché, je sais que si on ne me décapite pas, on va me surveiller et que je ne pourrai plus jamais tenter de m’évader. Une larme coule le long de ma joue : désolé Jem, j’ai essayé. Mais le destin semble vouloir que je reste ici pour toujours.
Je ne sais pas à quoi m’attendre, j’ai peur que mon jugement au près du Tisroc Soren arrive.

Un jour, on vient enfin me chercher. On m’attache les pieds et les mains pour pas que je me sauve. On m’emmène dans une grande salle. En passant dans les couloirs, je peux voir les regards curieux que posent les autres esclaves sur moi. Je suis passé du statut d’innocente à rebelle. Je ne regrette rien cependant.
On pousse les énormes portes et on arrive dans une luxueuse salle, sans doute la salle du trône, où un homme est assis au fond. On me dit de baisser le regard tant que je ne suis pas en face de lui, sa serait impolie. J’obéis sans rien dire et on me dépose comme un vulgaire objet sans utilité devant les marches. Je garde la tête baissée en attendant qu’on m’autorise à la relever et à porter mon regard sur le Tisroc.
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Soren Eshbaan
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MessageSujet: Re: Escape || Eden & Soren   Jeu 9 Mai - 22:23

Les esclaves. Un gros souci. Un souci auquel je ne savais pas comment remédier. Les esclaves représentaient une grande part du commerce et de l'économie du royaume. Ils étaient d'une aide précieuse au sein du palais, ainsi qu'au sein des forges et autres travaux de ce genre. Sans parler de la tradition : plus un seigneur était riche, plus il possédait d'esclaves qui eux-mêmes paraissaient plus riches que certains paysans au sud de Calormen. Malgré tout, la manière dont certains tarkaans et esclavagistes traitaient leurs esclaves me révoltait. Je n'étais pas un barbare. Tuer, frapper, maltraiter n'était pas une chose qui me réjouissait. J'avais tenté d'améliorer la condition des esclaves au sein du palais, mais je ne pouvais décidément pas l'étendre dans tout le royaume. J'aurais face à moi des dizaines et des dizaines d'hommes qui ne respecteraient pas cette règle, ainsi qu'un mécontentement général. Ne pensons même pas aux conséquences d'une interdiction formelle de commerce d'esclaves. Ce serait la fin de Calormen. Ce serait la victoire de l'anarchie et du chaos.

Malgré tout, les esclaves du palais semblaient prendre cette amélioration de leur qualité de vie - notamment pour les repas et les vêtements - pour une éventuelle fin de l'esclavage. Ils avaient de l'espoir. Un espoir qui les détruirait. Devais-je continuer ainsi ? Ou adopter la manière de mon frère : la crainte pour le respect ? Je savais à quel point n'importe quel homme pouvait obéir si il craignait une puissance, un châtiment. Lui donner un espoir, une chance de contourner ce châtiment, c'était lui enlever une part du respect et de l'obéissance qu'il devait envers la puissance supérieure. J'en étais conscient. Alors comment les pays du Nord comme Narnia ou Archenland arrivaient à obtenir une telle allégeance, autant en temps de paix que de guerre ? Ils étaient les pays de la liberté, de la paix. Et pourtant, cette méthode ne marcherait pas. Pas ici. Je ne pouvais pas transformer mon royaume en Narnia, et je ne le voulais pas. Pour rien au monde.

Mais pourquoi pensais-je aux esclaves ? Un incident s'était passé, quelques jours, ou quelques semaines plus tôt. Quelques esclaves se rebellaient parfois, ou volaient, rien de très grave, mais qui était gravement puni. Malgré tout, j'avais obligé les gardes à me faire venir les esclaves fautifs afin de comprendre ce qui les avait poussés à un tel geste, pour tenter d'y remédier. Pas la peine de couper la main d'un esclave qui a volé parce qu'il avait faim. Cette fois-ci, une jeune esclave avait été capturée alors qu'elle s'échappait du palais, nourriture et vêtements cachés dans un panier. Elle avait fait une mauvaise chute qui aurait du être mortelle, mais à laquelle elle avait survécu malgré tout. On l'avait soigné au minimum, et aujourd'hui, on devait la conduire devant moi afin qu'elle soit "jugée". Je n'aimais pas ce terme, mais c'était ce qu'il se passait après tout. J'avais donc fixé une heure particulière pour recevoir cette jeune esclave que je ne connaissais pas, au sein de la salle du trône, accompagné de quelques conseillers et de gardes.

△△△

« L'esclave est là. » Je fis signe de la faire entrer, au moment où les grandes portes de la salle s'ouvrait. Du trône dans lequel j'étais assis, je pus aisément apercevoir les gardes qui encadraient une jeune fille vêtue de vêtements usés et salis, même déchirés. Sûrement ceux qu'elle portait depuis des dizaines de jours. Depuis son accident. Elle semblait étonnamment jeune, avec son teint frais et ses cheveux dorés. Son regard était baissé sur ses pieds, attachés tout comme ses mains. Les gardes la lâchèrent, s'inclinèrent et repartirent en dehors de la salle. Seuls deux autres gardes se trouvaient de chaque côté de la salle, ainsi que deux conseillers. Conseillers qui ne me serviraient pas dans ce cas, mais que je devais garder auprès de moi malgré tout pour le moment. Après quelques instants de silence, je m'adressai enfin à la jeune fille. « Quel est ton nom ? » Elle releva enfin le visage. Je fus frappé par l'innocence qui ressortissait de ses traits. Malgré ça, ses yeux donnaient un puissant regard qui me foudroya en un instant. Je la fixai un instant avant de reprendre mes esprits.

J'attendis qu'elle me dise son nom, ou du moins son prénom, ce qui ne tarda pas. Eden. Un nom peu commun à Calormen. Tout comme le teint de sa peau et la couleur de ses cheveux. Sans doute venait-elle du nord. Mais cette séance n'était pas faite pour savoir pourquoi elle était devenue esclave. J'attendis quelques secondes, continuant d'examiner son visage. Elle semblait jeune, et pourtant, j'étais persuadé qu'elle n'avait guère que quelques années de moins que moi. J'étais bien trop jeune pour être Tisroc. Elle était bien trop jeune pour être esclave. « On m'a dit que tu avais subi une regrettable chute. Sans cela, tu aurais emmené ici depuis bien longtemps. » Sans doute le savait-elle. Je pris une courte pause avant de reprendre la parole : « Sais-tu pourquoi tu es là aujourd'hui ? »

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Eden J. Thoryse
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MessageSujet: Re: Escape || Eden & Soren   Ven 10 Mai - 1:13

Tout le monde attend. Tout le monde regarde. Même quand tu dors. Tout le monde attend pour que tu t'écroules. Tout le monde regarde pour voir les retombées. Même quand tu dors, garde tes yeux ouverts.
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Mes genoux touchèrent le sol marbré et froid d’un coup. Ayant vécue des douleurs bien plus dures à supporter, celle-ci fut tout à fait surmontable. Les gardes qui m’avaient amenés jusqu’ici se dirigèrent vers la porte de sortie. Je pus entendre un grand clac lorsque la porte se referma derrière eux. Nous n’étions plus que six en tout dans la salle du trône : moi, vulgaire esclave, deux gardes sur les côtés, me toisant dans le noir, s’attendant à ce que je me jette à tout moment sur leur Tisroc ou bien que je tente de fuir, puis enfin le fameux Tisroc Soren et ses deux conseillers. Soren ne semblait pas réellement savoir ce qu’il avait en face de lui. Je n’étais qu’une esclave parmi tant d’autres à son service. La preuve, il n’était même pas capable de mettre un nom à mon visage. C’était mieux ainsi d’ailleurs. Ses deux conseillers me dévisagèrent. Je compris à leurs regards qu’ils avaient dû avoir mot de mon saut. Ils devaient sans doute se demander comment j’avais fais pour survivre. Moi-même je ne le savais pas réellement. Ma volonté de vivre était bien plus forte que je le pensais. Pourtant la chute avait été violente et je ne m’en étais pas sortie sans blessure.

« Quel est ton nom ? » me demanda une voix qui semblait à la fois sereine et déconcerté. Je relevais la tête brusquement. C’était comme-ci tout devenait flou autour de moi. Je pouvais percevoir l’ombre de Jem, assit sur une caisse dans le grenier. Il me regardait du coin de l’œil, le sourire aux lèvres. « Comment tu t’appelles ? » m’avait-il demandé d’un air tendre. « Eden » avais-je répondue tout simplement, jouant avec une mèche de cheveux. « Joli prénom. Je m’appelle Jem ! ».
Le Tisroc me regardait avec un air étrange. Non pas parce que j’avais eue un moment d’absence, car ça, j’étais le seule à le savoir, personne ne l’avait remarqué. Non, il y avait un petit air curieux dans son regard. Il réfléchissait, mais je pouvais sentir un certain intérêt à mon regard. Il ne m’avait jamais vue auparavant, il devait sans aucun doute se demander ce qu’une fille comme moi faisait ici.

- Eden, Seigneur Soren…, répondis-je en hésitant à le regarder.

Je ne savais pas vraiment comment il pouvait réagir si je le regardais sans montrer aucune crainte. Mon accent du nord dû sans doute enrichir ses questions sur mes origines, ma couleur de peau, mon teint et mes traits qui n’étaient pas d’ici.
Le Tisroc Soren reprit la parole, abordant les faits de ma présence ici. Je savais qu’il ne s’intéresserait pas longtemps à moi, car le but de cette séance n’était pas naturellement de savoir comment j’avais atterrie ici. De toute façon, je me moquais qu’il est pitié de moi, je ne comptais pas lui raconter mon histoire. J’espérais seulement qu’il me laisse en vie, car sinon ma chute ratée aurait été inutile, si c’est pour souffrir, vivre et devoir mourir.
Que devais-je répondre à sa question ? Je pourrais faire la rebelle et lui dire que je suis là car j’ai tenté de retrouver ma liberté, de toute façon il connait les faits et sait ce qui m’a poussé à faire cela, mais si je me montrer trop agressive, il pourrait mal le prendre et je ne cherchais pas à l’avoir comme ennemi, bien qu’il ne serait pas non plus mon ami.

- Oui mon Seigneur, dis-je calmement en baissant la tête. Je suis ici car j’ai mal agis. Le ciel m’a punit en faisant en sorte que je tombe, que je me fasse mal, mais que je survive.

Je ne connaissais pas bien le Tisroc, même pas du tout. Seulement des rumeurs qui circulaient entre les esclaves du palais. On disait qu’il n’était pas aussi mauvais que l’ancien. Je pouvais lire l’intelligence dans ses yeux. J’aurais pu lui dire la vérité, le fond de ma pensée, mais c’était mal placé, je risquais d’avoir des ennuis. Je ne pouvais que jouer la victime. Peut-être prétendre que je suis devenue folle marcherait ? De toute façon, vu ce qu’il c’était passé, les gens le croiraient sans difficulté.

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Soren Eshbaan
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MessageSujet: Re: Escape || Eden & Soren   Sam 11 Mai - 13:51

La jeune esclave m'avait surpris par son regard puissant et profond. Pourtant, lorsqu'elle répondit enfin à ma question à propos de son nom, elle parla d'une voix hésitante et faible. Chose compréhensible, quand on y pensait. Elle ne me connaissait pas. Le peuple avait toujours vécu dans la hantise d'avoir un Tisroc tyrannique et sanguinaire. Mon père, durant son long règne, avait su se faire respecter tout en véhiculant une image bienveillante et pacifique. Mon frère, en quelques années, avait su montrer au peuple calormène qu'il ne voulait pas de cette image, mais préférait coller une nouvelle étiquette de barbarie sur le nom du royaume. Ma sœur s'y était toujours opposé, et elle avait fini en exil... J'avais repris les choses aujourd'hui, et tentait de reprendre le royaume de la même manière que mon père. Mais ce n'était pas simple. Le peuple avait perdu confiance en leur souverain. Que j'adopte une politique tyrannique ou pacifique ne changeait rien, dans l'état actuelle des choses. Il fallait d'abord reconstruire le pays, puis regagner la confiance du peuple. C'était ce manque de confiance que je voyais dans les yeux de l'esclave qui m'informa qu'elle se prénommait Eden.

Elle n'était vraiment pas d'ici, j'en étais persuadé. En plus de son teint et de ses cheveux, son accent et son nom me confirmaient qu'elle venait soit d'Archenland, soit de Narnia et ses îles, soit de Térébinthe. J'aurais plutôt dit des îles, mais je ne pouvais le confirmer. Peu importe. Après quelques instants, je posai une nouvelle question. Bien sûr qu'Eden savait pourquoi elle était là. Toutefois, l'entendre de sa bouche révèlerait bien des choses sur elle. Avec une attitude aussi douce que celle d'un agneau, elle me répondit avec le plus de politesse possible qu'elle avait mal agi et que le ciel l'avait puni. Le ciel. Tash. Bien sûr, Tash jugeait chaque Calormène. Méritait-elle la vie ou la mort ? Il semblerait que ce soit un jour de chance pour Eden. De ce fait, je ne pouvais me résoudre à lui donner la mort ou à la punir une nouvelle fois. Tash lui avait montré un aperçu des conséquences, si elle venait à fuir la ville et ses devoirs. Je n'avais aucun jugement à faire après ça. Mais je pouvais tenter de comprendre ce qui était arrivé. Elle ne me disait pas tout ; seulement ce que je voulais entendre en tant que Tisroc.

« Tu es ici pour avoir volé, pour avoir voulu fuir la ville et avoir refusé d’obtempérer lorsque tes intentions ont été devinées. » Ces paroles avaient été prononcées d'une voix tout à fait normale. Je ne voulais pas être dur ou juger, pas pour le moment. Je voulais gagner sa confiance, comprendre ce qu'il lui était arrivé. Certes, être esclave signifiait être au bas de l'échelle, ne plus pouvoir rejoindre ceux que l'on aimait et la terre où l'on était né. Mais elle était logée et nourrie en échange de ses travaux. En vue de sa fine silhouette, j'en déduisais qu'elle ne devait pas être assignée aux travaux de construction dans la ville, ou à la portée des affaires lourdes des seigneurs. Elle devait sans doute porter la nourriture, l'eau, se charger de la lessive, refaire les chambres, nettoyer les salles, ce genre de choses. Je gardai en tête de vérifier ceci tout de même. « Quelques années plus tôt, on t'aurait coupé une main et un pied pour de tels actes, afin que tu ne voles plus et que tu ne t'enfuis plus. Certains ne se seraient pas gênés pour te mutiler juste après ta chute. En es-tu consciente ? »

Certains avaient même la langue coupée pour insubordination, ou pour avoir manger de la nourriture à laquelle ils ne devaient pas toucher. Ces pratiques étaient courantes : sans la crainte d'un châtiment, les esclaves se révolteraient souvent et ne feraient pas leur travail. Toutefois je réduisais la fréquence de ces mutilations, ne tenant pas à avoir des esclaves incapables de faire la moindre chose au final. Autant commencer par une privation d'eau et de nourriture quelques jours, ou quelques coups de fouet dans le pire des cas. Mais dans le cas d'Eden, je ne voyais pas quoi faire. « Dis-moi, pourquoi as-tu voulu t'enfuir ? » La question pouvait paraître anodine et idiote, mais j'en demandais bien plus, et j'espérais qu'Eden comprendrait la subtilité de la question et me répondrait en toute franchise. Les conseillers qui m'accompagnaient me regardèrent étrangement, avant de reporter leurs yeux accusateurs sur l'esclave. Eden ne pourrait me répondre franchement si de tels hommes - sur qui je pouvais compter, et que je ne critiquerais pas - étaient présents. Après un court moment d'hésitation, je leur fis signe de quitter la salle. « Laissez-moi seul avec elle. Tout le monde. » J'attendis qu'ils partent, sans faire attention à leurs regards appuyés et leurs protestations, et ne repris la parole que lorsque les portes furent fermées sur Eden et moi.

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Eden J. Thoryse
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MessageSujet: Re: Escape || Eden & Soren   Dim 12 Mai - 2:03

Tout le monde attend. Tout le monde regarde. Même quand tu dors. Tout le monde attend pour que tu t'écroules. Tout le monde regarde pour voir les retombées. Même quand tu dors, garde tes yeux ouverts.
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J'étais déjà venue dans cette salle. Mais cela remonte à un moment déjà. Je me souviens, c'était mes premiers jours dans ce palais. On m'avait donné un seau d'eau, du savon et un chiffon, je devais astiquer le trône sur lequel était assis le Tisroc Soren en ce moment même, jusqu'à le faire briller. S'il n'était pas parfaitement nettoyé et lumineux, je me ferais punir. Je savais que dans tous les cas, il y avait une chance sur dix pour pas que l'on me châtie. En gros, quoi que je fasse, je recevrai forcément une correction. Mon amie Anémone m'avait raconté comment Soren était arrivé au pouvoir : il avait mis à terre son propre frère, cependant tyrannique à ce qu'elle me disait et ce dernier devint un roi sans couronne. Il libéra donc Calormen et essaya d'être un souverain juste. À ce que j'avais entendue et ce que l'on m'avait raconté, les conditions des esclaves avaient beaucoup changée depuis le régime de l'ancien Tisroc. Certes, même si je travaillais dur, j'étais quand même nourri et logé.

Ce trône…je me souviens des longues heures à le nettoyer, le savonner, l’asticoté. A force de le frotter, je le connaissais par cœur. Toutes les inscriptions et dessins dessus, je pourrais les recopier sans problème sur un parchemin tellement ils étaient gravés dans ma tête. Soren était assit aujourd’hui sur ce trône, sans se douter que je l’avais lavé avec mes mains. Il était le Tisroc maintenant. S’il en avait besoin, je serais obligée de lui laver les pieds avec mes cheveux. En fait, il pouvait faire tout ce qu’il voulait de moi. Il réfléchissait en ce moment même à mon sort, un claquement de doigt et j’étais morte. Mais je pouvais sentir qu’il n’était pas cruel comme son frère Yoren. J’avais peur cependant de sa quête de vérité. Il allait sans aucun doute vouloir savoir pourquoi une simple esclave comme moi, qui ne ressemble pas à une femme d’ici, voulait s’enfuir à tout prix au point de risquer sa vie.
Je l’écoutais sans rien dire. Malheureusement, des peines lourdes pour une esclave comme moi pesaient sur mes pauvres et maigres épaules. Cependant, je ne sentis pas de tension dans les propos de Soren. Etait-il tout à fait normal lorsqu’il parlait, même à une esclave ?

- Ou…oui, j’en suis consciente, répondis-je lorsque Soren me dit qu’auparavant, on m’aurait châtié directement sans subir un jugement.

C'est alors, qu'il me demanda pourquoi j'avais voulu m'enfuir. Je fus prise un peu au dépourvu, bien que je m'attendais un peu à ce genre de question. Je me demandais alors, devais-je être sincère et lui dire toute la vérité. Je risquais aussi d'aggraver mon cas si je mentais et qu'il découvrait que je l'avais trompé. La présence des conseillers du Tisroc me gêna un peu, je ne souhaitais pas parler devant eux, ils me faisaient peur. Ils me donnaient l'impression de vouloir me lancer des couteaux dès que je dirais quelque chose qui ne leur plairait pas. De toute manière, ils ne semblaient pas très d'accord que Soren me pose cette question, mais ils n'avaient aucun pouvoir sur lui.
Tout d'un coup, Soren leur demanda de partir. Je baissais la tête, le temps qu'ils sortent et quelques secondes après, nous étions seuls, que tous les deux. J'étais un peu gêné et perplexe. Je m'étais un peu recourbé, restant agenouillée.

- La vérité, dis-je après quelques instants de silence, c'est qu'il n'y a pas de vérité...mon Seigneur. Si j'ai voulu m'enfuir, c'est seulement parce que je suis une Sainte idiote. Après tout, personne ne m'attend dehors et je ne vis pas si mal que cela dans le palais. Mais je ne sais pas pourquoi, la liberté m'appelait.

J'étais un peu gênée et honteuse de m'ouvrir si librement devant le Tisroc Soren alors que je m'étais promise de me méfier et de tenir ma langue. Je ne sais pas pourquoi, je lui avais dit réellement ce que je pensais. Cette tentative de fuite m'avait fait comprendre plusieurs choses. Déjà, si je partais d'ici, où j'irais ? Je n'ai plus de famille, je n'ai pas d'amis. Que ferais-je ? Je volerai à nouveau, c'est ça ? Voulais-je d'une vie de vagabondage autant que je ne voulais pas d'une vie d'esclave ? Ici au moins, je rattrapais en quelque sorte mes pêchés en travaillant et j'avais un toit où dormir et manger. Ce n'était pas bien confortable, mais c'était mieux que rien après tout.

- Excusez-moi encore une fois...Seigneur Soren, me dépêchais-je de rajouter par politesse.


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Soren Eshbaan
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MessageSujet: Re: Escape || Eden & Soren   Sam 18 Mai - 23:52

Les portes se fermèrent dans un claquement sourd. Bientôt, la pièce se retrouva dans un silence incroyable. Le palais était habituellement très agitée par les tarkaans, les tarkeenas, les ambassadeurs, les serviteurs, les ouvriers, les peintres, les musiciens, les cuisiniers. Il régnait toujours une ambiance magique et envoutante, festive et chaleureuse, luxueuse et amusante. La salle du trône ainsi fermée sur nous deux semblait soudain être une prison dorée. Je ne sentais plus la douceur et la beauté de ces lieux. Seulement la poussière ancestrale. La justice accumulée depuis des siècles. La sagesse. La tyrannie. Ce trône sur lequel j'étais assis avait supporté des dizaines et des dizaines de Tisrocs. Des Tisrocs qui avaient du faire des jugements ici même. Sous le regard de Tash. Comme moi aujourd'hui. Et pourtant, j'avais l'impression que c'était la première fois qu'une telle situation se passait. Un Tisroc et une esclave seuls dans cette mystérieuse pièce, l'une attendant le jugement de l'autre.

Sans aucune pression, la jeune esclave finit par répondre, le regard baissé, toujours agenouillée au sol. Elle me parut étonnamment honnête, et semblait comprendre par elle-même les conséquences véritables de son geste. Eden s'était rendue compte qu'être libre ne signifiait pas que la vie serait meilleure. Oui, la liberté était tentante, je ne pouvais qu'être d'accord. Je ne fis pas attention à ses excuses polies, et me levai de mon siège pour me diriger lentement vers elle. « Qui n'a jamais rêvé de liberté ? » dis-je d'une voix douce et confiante. Je m'arrêtai devant elle et tendis ma main, à la fois pour lui faire signe de se relever et pour l'aider, bien qu'elle n'en ait pas besoin. C'était avant tout pour établir un lien avec elle. Eden semblait peu à peu être honnête avec moi, et je ne demandais pas mieux. Avant de véritablement la juger - bien que ce soit déjà fait par Tash - je tenais seulement à lui montrer l'étendue des conséquences, à la fois la punition mais aussi ce qu'elle aurait pu faire.

Je lui adressai un sourire bienveillant lorsqu'elle se releva. Je m'éloignai de quelques pas, détachant mon regard d'elle, afin que mes yeux parcourent la salle de fond en comble, pensif. Je laissai quelques instants de silence, avant de reprendre la parole toujours aussi sereinement. Mes yeux retournèrent vers Eden. « J'ai songé des dizaines et des dizaines de fois à la liberté. Quand j'étais Prince et amoureux. Maintenant, quand je subis le poids de toutes ces responsabilités que je n'aurais jamais imaginé. » Jamais je n'avais partagé ceci, à part avec celle que j'aimais auparavant, et ma sœur Crystal. Je ressentais pourtant le besoin d'en parler avec Eden pour lui montrer que je la comprenais. « Je sais ce que tu dois te dire. Que j'ai une vie de rêve, que des milliers de personnes voudraient l'avoir. C'est le cas, et je me rends compte de la chance que j'ai. Mais comme tout le monde, je suppose que j'aimerais vivre comme je l'entends, sans aucune responsabilité, devoir ou obligation. »

Un léger rire nerveux et gêné sortit de ma bouche, suivi d'un sourire qui transmettait le malaise que je ressentais. Je m'étais ouvert devant une simple esclave qui pourrait croire que détester avoir le pouvoir, alors que j'avais conduit mon peuple à une brève guerre pour l'obtenir. Ça n'avait pas été mon but premier, mais après Yoren, j'étais l'héritier du trône, et je ne pouvais le laisser à quelqu'un d'autre qui ne soit pas un Eshbaan. J'étais le mieux qualifié car je connaissais bien mieux le royaume que mes oncles et mes cousins. Peu importe, le sujet était Eden, pas moi. Je n'avais aucun jugement à subir pour le moment. « Je comprends que ta condition d'esclave ne te plaise pas, et que tu rêves de partir ailleurs. Je n'y peux malheureusement rien. Comme tu sembles l'avoir compris, tu es logée, nourrie et protégée ici, même si la vie est rude. Sache aussi que chacun a un rôle à jouer à Calormen. » Pas très rassurant, mais c'était un discours optimiste qui pourrait lui redonner un but, et de l'espoir. Après un court silence, je rajoutai, intrigué : « Tu ne viens pas d'ici, n'est-ce pas ? » Par cette question, j'espérais qu'elle m'en dise un peu plus, et pas simplement me répondre. Mais je n'insisterais pas si elle ne le souhaitait pas.

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Eden J. Thoryse
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MessageSujet: Re: Escape || Eden & Soren   Dim 30 Juin - 16:57

Tout le monde attend. Tout le monde regarde. Même quand tu dors. Tout le monde attend pour que tu t'écroules. Tout le monde regarde pour voir les retombées. Même quand tu dors, garde tes yeux ouverts.
the escape
La voix de Soren et son attitude envers moi me fit comprendre qu’il était loin de ressembler à son frère ou aux tisrocs du passé. Certes, les calormènes n’étaient pas mon peuple, je n’étais qu’une simple esclave après tout, mais j’avais suffisamment entendue mes…collègues, pour me faire une idée de l’ancien tisroc. Pourquoi prenait-il la peine de se lever de son trône pour aider une vulgaire esclave comme moi à se relever ? Je fus tellement gênée que je ne pris pas la peine de m’aider de la main qu’il me proposait. Il me regarda quelques instants, puis retourna m’asseoir tandis que je m’inclinais de nouveau pour le remercier de se montrer si patient avec moi. Je savais que je méritais d’être puni et que c’était pour cela que j’étais ici, mais me montrer malveillante à l’égard de Soren, qui ne semblait pas du tout me vouloir de mal, ne ferait qu’empirer la situation. Je ne cherchais pas à le faire douter de moi. Il était tout à fait incroyable : il arrivait à tisser un lien entre lui et moi de confiance, avec tellement de facilité et de bienveillance, que moi-même, une jeune fille loin d’être naïve, qui avait tendance à se méfier des gens, pouvait sentir. Oui, il ne me voulait pas de mal. La seule chose qu’il voulait en retour de sa gentillesse, c’était l’honnêteté et j’allais tâcher de lui faire honneur, bien que ce ne fût pas l’une de mes qualités les plus apparentes.

Je fus assez stupéfaite et désorientée face à Soren. Il se montrait si ouvert avec moi, je pouvais sentir sur les traits de son visage qu'il n'avait pas pour habitude d'être comme cela, du moins avec quelqu'un comme moi. C'était un peu étrange de voir quelqu'un de son rang avouer qu'il aurait aimé avoir une vie un peu plus libre, malgré les avantages qu'il avait. Effectivement, pensais-je, il était loin d'être à plaindre, mais je pouvais comprendre qu'il portait pour son jeune âge un poids difficile à supporter. Il eut un rire nerveux. J'hésitais à lui répondre, mais d'un côté, je préférais me taire plutôt que de dire quelque chose qui pourrait le mettre mal à l'aise ou qui tout simplement servirait à répondre quelque chose. Le silence était la meilleure solution. Cependant, j'eue à son égard un regard compatissant.
Il en revint ensuite à moi et j'étais tout à fait d'accord avec ce qu'il disait. Mais en même temps, être une esclave s'était également avoir un certain sentiment d'être prisonnière, accentué par le fait que je n'étais pas d'ici. Peut-être me serais-je moins montrer révolter à ma condition si j'étais née ici et que je vivais ici depuis ma plus tendre enfance, mais ce n'était pas le cas et personne, même pas le Tisroc, ne pourrait me blâmer.


- Oui, je ne viens pas d’ici, répondis-je.

Je pris une grande respiration, tout en fermant les yeux. Je crois que finalement, j’allais devoir lui parler un peu plus de moi que de ce que j’avais prévu.

- Je viens de Térébinthe plus exactement, mais je ne la considère que comme ma terre natale et non mon lieu de résidence. Pour dire vrai, je n’avais pas réellement de « chez-moi ». Très jeune, je suis partie de l’île pour Narnia, puis j’ai vécue dans les montagnes, à la frontière d’Archenland.

Je ne lui donnais pas plus d’indication pour le moment, de toute manière, il s’y intéresserait sans aucun doute et à ce moment-là, je serais peut-être apte à lui répondre.


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Soren Eshbaan
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MessageSujet: Re: Escape || Eden & Soren   Mer 3 Juil - 19:26

Je n'eus pas à insister. La jeune esclave me répondit après quelques instants de silence. Elle finit par s'expliquer en détails. Elle venait donc de Térébinthe ? Je me souvenais avoir fait, quelques mois plus tôt, un traité de paix avec le roi de l'île, ainsi qu'un traité de commerce pour leurs fruits mais aussi des esclaves. L'esclavage était peu pratiqué à Térébinthe, mais les voleurs et les légers criminels étaient envoyés en prison, ou à Calormen. Ils ne servaient pas les tarkaans et n'étaient même pas au palais, bien entendu ; ils étaient envoyés dans le désert, dans les chantiers des grandes villes ou au sud. Les esclaves du palais et des grands seigneurs de Calormen étaient bien plus dociles, et surtout bien plus présentables. Du moins...ils n'étaient pas mutilés, certains étaient seulement muets ou sourds.

Eden précisa qu'elle avait fui Térébinthe et était partie à Narnia. Le rêve de chacun...Narnia, le Nord libre. Qui ne connaissait pas la fameuse histoire du jeune Shasta, fils d'un pêcher du sud, qui avait fui Calormen pour gagner Archenland et Narnia, et qui se trouvait être en réalité le prince Cor d'Archenland, kidnappé quelques mois après sa naissance ? Chaque esclave, chaque pauvre, chaque petit enfant de tarkaan mal dans sa vie de riche rêvait de partir au Nord, dans les pays libres. Ce point m'énervait, je devais l'avouer. Mon empire était emprisonné sous des préjugés d'esclavage, de pauvreté, de luxure, d'impiété, de barbarie, et de bien d'autres choses immorales. Calormen était un pays hiérarchisé, contrôlé depuis le moindre détail, et sagement gouverné lorsque le Tisroc n'était pas un tyran. Pourtant, je fis attention à ne rien faire paraître, si ce n'est une légère crispation aux mots d'Eden.

Il comprenait malgré tout qu'elle cherche à retrouver la liberté, à aller à Narnia, en Archenland. Visiblement, pas à Térébinthe. Le roi Leonidas gouvernait d'une main ferme, très ferme, son royaume, et était réputé pour être dur et assoiffé de pouvoir. Il s'était d'ailleurs arrangé pour donner sa fille Kyara, une princesse des plus charmantes, en mariage au roi Edwin. Je n'aimais pas ça, et je ne savais pas ce qui pouvait se cacher derrière un tel mariage. Néanmoins, je ne m'inquiétais pas trop pour l'instant ; je n'avais aucun problème avec le roi Leonidas, ni avec Térébinthe. « Le rêve de la liberté au Nord, n'est-ce pas ? » Je n'en dis pas plus, et ne poussai pas non plus Eden à s'expliquer. Même si ça ne me plaisait guère, j'acquiesçai pour faire comprendre à l'esclave que ce n'était pas grave d'avoir un tel rêve.

Quelqu'un brisa soudain le silence en ouvrant la porte de la salle timidement. La tête d'un des conseillers qui étaient à mes côtés quelques minutes auparavant apparut. Je le chassai d'un signe de la main, lui faisant comprendre que je n'avais pas fini. Évidemment, voilà que tout le monde m'écoutait. Et bientôt, la rumeur dirait encore que je privilégiais les esclaves. Les couloirs étaient silencieux depuis qu'Anémone n'était plus là, en voyant que je ne faisais visiblement rien pour la secourir tout de suite. Les gens aimaient à me coller une telle relation sur le dos, et on disait qu'Anémone était la raison pour laquelle mon ancienne fiancée était repartie chez elle. « Je n'ai malheureusement pas le temps pour parler autant que je l'aurais voulu. Même si je ne veux pas te condamner, tu dois être sanctionnée. » Ma voix était devenue froide et dure l'espace d'un instant. Je ne pouvais plus faire de favoritisme aux esclaves, même si Eden paraissait être d'excellente compagnie. Seulement si je n'avais pas été Tisroc et elle esclave. Deux êtres que tout opposait.

« Je ne peux pas te mutiler ou t'emprisonner quelques temps, ce serait loin d'être rentable. Alors je vais te laisser le choix. Tu peux être privée du repas du soir pendant deux mois, ou tu travailleras à la rénovation du vieux palais en plus de tes devoirs habituels pour la même durée. » Le vieux palais était en effet en train d'être nettoyé, dépoussiéré, redécouvert. Loin d'être un travail plaisant que de travailler dans la poussière et la saleté accumulées depuis des siècles. Certes, je paraissais beaucoup moins sympathique d'un coup. Mais j'étais écouté de l'autre côté de la porte, et je devais la punir dans tous les cas. Mon frère m'avait dit un jour qu'il valait mieux être craint que trop aimé. Qu'il fallait assoir son autorité. J'avais beau ne pas adhérer à ses théories, Yoren avait un fond de raison : je devais montrer que j'étais capable de gouverner avec force, mais aussi avec sagesse et surtout avec un cœur.

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Eden J. Thoryse
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MessageSujet: Re: Escape || Eden & Soren   Sam 27 Juil - 14:06

Tout le monde attend. Tout le monde regarde. Même quand tu dors. Tout le monde attend pour que tu t'écroules. Tout le monde regarde pour voir les retombées. Même quand tu dors, garde tes yeux ouverts.
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Il me fut un temps de plusieurs secondes avant d’assimiler totalement ce qu’il venait de me dire. Je restais impassible, me contentant de regarder le Tisroc. Mon esprit était en contradiction avec se qu’il venait de dire. Mon départ de Térébinthe pour Narnia n’avait pas été réfléchit dans le but d’être libre ou quoique cela, j’avais plutôt été poussé par mon instinct de survie. Mais c’était un peu compliquer à expliquer, j’aurai pu très bien prendre le temps d’en parler à Soren, mais vu qu’il ne semblait pas me pousser à parler d’avantage, je ne vu pas de raison d’en rajouter.
Tandis que les conseillers de tout à l’heure pénétraient de nouveau dans la salle pour savoir si leur Tisroc en avait finit avec moi, je replongeais malgré moi dans mes pensées, repensant au désert, lorsque j’y avais habité. Mes souvenirs se déformaient sans doute dans mon esprit, mais je ne voyais pas le même paysage à présent qu’avant. Je rêvait d’un désert de couleur rouge, un lieu magique et dangereux. Je vivais dans une petite cabane, un endroit où j’étais heureuse, un lieu improbable, loin de tout, même des chemins. C’était un foyer assez rustique. A côté, il y avait un arbre avec un petit étang, qui me permettait de boire, même si l’eau était loin d’être délicieuse.
Lorsque Soren fit partir ces conseillers, mon cœur s’est soudainement serré. J’ai alors battu des paupières pour chasser les larmes qi me montaient aux yeux. Combien de temps je pourrais encore supporter cela ? Comment pouvais-je survivre en étant hanté par des souvenirs à la fois agréable et douloureux et des émotions si violentes que je ne savais plus ce que je ressentais.

Si Soren me renvoyait  dans ma chambre, je ne pourrais même pas dormir avant de heures, tellement j’étais tendue.
Le Tisroc m’expliqua qu’il allait devoir me sanctionné pour ma tentative de fuite, ce qui était tout à fait normal après tout et me laissa le choix entre être privé de repas le soir durant deux mois ou rénover le vieux palais en plus de mes tâches quotidiennes.
Aussitôt, une bouffée de panique m’a envahie. Un léger frisson de terreur m’a traversée. Depuis mon arrivée au palais, j’avais toujours travaillé dur afin de m’occuper les eux  et l’esprit, pour ne pas replonger dans mes souvenirs qui m’étaient douloureux. Mes je me tuais tellement à la tâche que mon ventre réclamait souvent à manger, en particulier le soir. L’idée de ne plus manger le soir durant huit semaines me semblaient faisables, mais dur à tenir étant donné mon appétit après une journée de travail. Même si j’étais capable de courir un kilomètre sans m’arrêter, je n’avais pas non plus les muscles d’un homme, même si je n’étais pas le genre de personne à abandonner ou baisser les bras en fonction de la gravité de la situation.
Je regardais Soren et sortit enfin du silence.


- Je pense que je préfère rénover l’ancien palais, dis-je d’une voix calme avec un léger ton solennelle.

Un frisson me parcouru le dos lorsque j’entendis mes propres paroles résonner en écho dans la salle vide.



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Soren Eshbaan
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MessageSujet: Re: Escape || Eden & Soren   Sam 10 Aoû - 15:18

Je lui avais posé un ultimatum. Malgré tout, Eden avait encore le choix, même s'il n'était pas simple. Un instant, je voulus me mettre à ma place et me demander quel choix j'aurais fait. Mais je savais que je n'aurais jamais à faire un tel choix et que je n'avais aucun droit ni aucun devoir de le faire. Je pensais toutefois que ma décision restait assez juste et assez forte pour donner l'exemple, même si je n'en étais pas fier. Je ne montrais rien, restant impassible et droit jusqu'à ce que la jeune esclave donne son choix. Finalement, elle me dit qu'elle préférait la rénovation du vieux palais, ce qui était sans doute mieux pour elle. Bien sûr, la tâche restait dure et épuisante. Il fallait dépoussiérer et nettoyer chaque centimètre carré de l'endroit. Il fallait également protéger les œuvres d'arts comme les tableaux et les tapis et les restaurer sans les abîmer. Il fallait aussi redécorer les lieux. Je ne savais pas s'ils seraient utilisés, mais l'endroit méritait du respect.

J’acquiesçai lentement et me levai de mon trône à nouveau. « Très bien. Je préviendrai les responsables des travaux dans la journée. Tu commenceras demain. Des questions ? » Je m'approchai d'elle et lui fis signe de se diriger vers la porte. Je n'avais pas vraiment grand chose à lui dire à présent et je ne pouvais la garder plus longtemps. D'autres affaires m'attendaient, et il valait mieux qu'on ne croit pas que je privilégiais les esclaves. Je me sentais toutefois assez mal pour Eden. Je savais que lorsqu'Anémone était présente dans le palais, j'avais pu l'aider et lui apporter mon soutien, mais je la voyais malgré tout malheureuse pour une raison qui m'échappait, et elle n'avait jamais rien voulu me dire. De même, Eden gardait pour elle ses raisons, mais j'apercevais sur son visage et dans ses yeux une certaine souffrance. J'abandonnai le regard impassible que j'avais utilisé jusqu'à présent pour un air plus soucieux.

Je n'étais pas sûr des choses à dire, mais je préférais être sincère avec elle. « Cette décision ne m'enchante pas, et crois-moi, je suis navré. J'aurais aimé au contraire pouvoir t'aider. Je suppose que tu ne voudras pas me voir pendant les deux mois à venir et que tu n'auras de toute manière pas le temps. Je te demande seulement de réfléchir si jamais l'envie te reprend de vouloir partir d'ici... Repense à ce que je t'ai dit. Je ne pourrai rien pour toi la prochaine fois. Alors...essaie de penser aux côtés positifs, même s'ils sont maigres comparés aux côté négatifs. Ça aide parfois. » Ce fut la seule chose que j'eus à lui dire. Je savais que j'étais toujours écouté, et je n'avais donc pas trop insisté, mais je voulais lui faire comprendre que je ne souhaitais ni sa mort, ni sa souffrance, et que je pouvais partager sa douleur avec elle si elle le souhaitait. Comme un ami. Pas comme un souverain. Avec un soupir, je me dirigeai vers la porte, assez lentement au cas où elle veuille me répondre.

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Eden J. Thoryse
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MessageSujet: Re: Escape || Eden & Soren   Mar 13 Aoû - 12:23

Tout le monde attend. Tout le monde regarde. Même quand tu dors. Tout le monde attend pour que tu t'écroules. Tout le monde regarde pour voir les retombées. Même quand tu dors, garde tes yeux ouverts.
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Je l’écoutais et lorsqu’il eu fini de parler, je lui adressais un sourire qui se voulait rassurant. Je ne voulais pas qu’il s’inquiète pour moi, j’étais habitué de toute manière à travailler dur, donc rénover un palais ne serait pas plus difficile et laborieux que de nettoyer les grandes salles de ce palais. Le Tisroc était vraiment navré pour moi, désolé même, cela me fit un peu mal au cœur de le voir dans cet état là, car personne ne s’était inquiété pour moi depuis un petit moment déjà. Une boule se forma dans ma gorge, c’était assez désagréable, mais je n’avais pas envie de pleurer pour autant.
Soren eut un dernier sourire compatissant, puis il m’invita à sortir de la salle du trône afin que je retourne me reposer dans ma chambre. Je lui fis une révérence et quitta la salle, passant par les deux grandes portes. Les conseillers que le Tisroc avait « chassé » tout à l’heure me toisèrent sans aucun scrupule, d’un air mauvais, j’aurai presque pu entendre des insultes ou des sermons du genre « Pfff…juste pour une esclave de rien du tout ». Mais je m’en fichais.
Je partis en direction de ma petite chambre qui était assez d’ici, car après tout, on ne mélangeait pas les classes sociales ici. Les premières étages se composaient de luxueuses chambres et les derniers de tout petit espace pour héberger tous les esclaves du palais, y comprit moi.

Je marchais, je ne pensais à rien, mais mes pas me guidèrent à travers le château, comme s’ils étaient programmés à l’avance pour me conduire jusqu’à destination, que je sois attentive ou non.
J’arrivais au bout de dix minutes de marche devant ma petite chambre. Je poussais la porte en bois et la referma sur mon passage, avant de me jeter sur mon lit.
Ma chambre était au dernier étage du palais, le long du couloir il y avait un balcon où j’allais parfois le soir en cachette pour regarder les étoiles et prendre un peu l’air, me perdant dans mes pensées et mes rêves les plus fous.
Je fermais les yeux, j’étais fatiguée. Par chance, Soren m’avait autorisé à me reposer encore un peu. Ce soir, je n’irai pas sur le balcon, non. J’allais dormir jusqu’au petit matin, afin de rattraper un maximum mon sommeil en retard, souhaitant de tout mon cœur ne pas ressembler à un monstre à mon réveil et je priais pour être apte à travailler, car si on n’était capable de rien faire ici, c’était mauvais pour nous…très mauvais.




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