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 Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer [PV Vitani]

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Eden J. Thoryse
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MessageSujet: Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer [PV Vitani]   Mar 13 Aoû - 12:05







Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer
Eden J. Thoryse & Vitani Lu-Kah Dastan

Rénover l’ancien palais, voilà où j’en étais aujourd’hui. C’était la punition que m’avait donné le Tisroc Soren à la fin de mon jugement, suite à ma tentative de fuite. Oui, j’avais tenté de fuir le palais pour devenir libre, vivre ma vie et voyager, comme je l’avais promis à quelqu’un de très chère à mon cœur.  Bon, j’avais eu le choix entre ça et ne pas manger le soir pendant deux mois, j’étais plutôt soulagée au final, car je m’attendais à quelque chose de bien pire que cela, comme par exemple me couper la main, les jambes, la langue…Certes, Calormen était un royaume civilisé, mais les punitions pouvaient se révéler être un peu barbares à certains degrés. J’avais donc accepté sans rechigner, de toute façon je n’avais pas le choix et je pense que Soren s’était montré très indulgent envers moi. J’y avais repensé mainte et mainte fois dans mon sommeil, pourquoi avait-il été gentil ? Je n’étais qu’une esclave après tout et rien ne l’autorisait à se montrer comme cela. J’avais beau me poser la question, je n’en trouvais jamais la réponse. Je finis par me dire alors qu’il était tout simplement gentil.

J'avais donc commencé la fameuse punition quelques jours après mon jugement. Mes heures à passer dans l’ancien palais avait été intégré parmi mes heures de tâches quotidiennes. Après un peu de ménage, j’étais donc partie en direction du « chantier » où on m’avait donné un seau et une éponge, avec serpillière, m’ordonnant de laver pour le moment le sol d’une des salles, afin de ne pas déranger les ouvriers.
J’étais parti dans une grande salle qui devait sans doute servir de lieu de prière au dieu Tash et je commençais à me mettre au travail. Retroussant mes manches, je trempais la serpillière dans l’eau et la mis sur les dalles, commençant à astiquer.
Je fis la même action durant une heure et demi au moins, j’avais déjà fais une grande surface. C’était un travail pénible, fatiguant, mais je me plaignais pas, j’avais appris à survivre depuis ma plus jeune enfance et je savais encaisser suffisamment pour ne pas sombrer.
Un homme vint me voir quelques minutes après et regarda un peu d’un air impassible ce que j’avais fais, puis m’autorisa à prendre une petite pause, d’un air froid et peu rassurant. Je ne me fis pas prier vingt fois et me leva pour aller m’asseoir sur une colonne qui était tombée sur le sol depuis des années, faute des dégradations avec le temps.

Je sentis quelque chose m’étrangler le cou, c’était désagréable. Je me penchais et attira ma main jusqu’à la source du problème et en tira une petite chaînette avec accrochée au bout un portrait. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. J’avais complètement oublié que c’était là ça. Je repris ma respiration, puis ouvrit le petit médaillon renfermant un portrait. Le médaillon n’était pas fait d’une matière très précieuse, de toute façon je n’avais pas les moyens d’en avoir un en or ou en argent. Il était en bronze. Et tant mieux, personne ne serait susceptible comme ça de vouloir me le voler. Dedans, il y avait un mini-portrait, celui de Jem. C’était un ami faune qui me l’avait offert, car il construisait des bijoux avec ce qu’il avait sous la main et était artiste à ses heures perdues.
Je contemplais le visage parfait et carré de Jem, un pincement au cœur. J’essayais d’éviter de ne pas me remémorer des souvenirs, car ils étaient trop douloureux. J’en avais presque les larmes aux yeux et je n’étais pas le genre de fille à pleurnicher à tout bout de champs , mais Jem était un sujet vraiment sensible et même s’il était mort, il restait mon talon d’Achille.

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Vitani Eshbaan
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MessageSujet: Re: Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer [PV Vitani]   Jeu 15 Aoû - 22:00






Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer.





Eden & Vitani

C'était avec une boule au ventre que je quittais la salle du trône où siégeait le dit Soren Eshbaan. Je savais qu'il se doutait de mon double-jeu, c'était obligé. Je supposais qu'il avait vu en personne son frère aîné, puisqu'il semblait plus énervé que d'habitude. Il devait sans doutes s'inquiéter ou chercher à s'occuper de son frère en personne. A vrai dire, je ne savais absolument pas à quoi il pouvait bien penser et quels étaient ses plans, parce que justement il ne me faisait pas du tout confiance. Oh, il me donnait toujours des missions à faire, mais elles semblaient plus ingrates que celles des autres qui remuaient gentiment la queue en se pavanant dans de beaux habits calormènes pour aller espionner les quatre coins du royaume. Evidemment, nous sortions également du pays, mais j'allais jusqu'à craindre ceux qui devaient tout comme moi se rendre à Telmar. M'espionnaient-ils eux aussi ? Savaient-ils pour l'aide que j'apportais au roi telmarin ? Mon alliance avec Riwal ? Ma trahison envers le tisroc actuel ?

Je ne voulais pas poser de question, je refusais de rentrer dans une toute autre idéologie me forçant à quitter le royaume ou à m'incliner devant ce crétin. Il ne le méritait pas, et il ne le mériterait d'ailleurs jamais ! Mon choix était de rester auprès de Riwal le plus possible, je lui faisais entièrement confiance et il prenait soin de moi et veillait à ce que ma sécurité soit assurée. Il avait des hommes à la cour, mais il semblait que Soren puisse également se méfier de lui. Quoi qu'il en soit, j'ignorais aussi si le tisroc était conscient de la relation que j'entretenais avec son frère... il savait que quelque chose devait me lier à lui, ça semblait même éviden. Il ne pouvait pas se douter de ce dont il s'agissait en revanche. Après tout, à Telmar comme à Calormen, les habitants semblaient forcés de choisir quel tisroc ou quel roi ils désiraient soutenir. Personne ne se plaignait jamais pourtant, mais chacun avait sa petite préférence qu'il désirait taire et masquer. Je n'avais rien contre le roi Edwin, après tout il faisait partie de nos alliés.

Quant à Caspian il avait aussi été l'allié de Yoren avant de devenir amnésique. La différence était simplement que l'homme que j'aimais avait son meilleur ami actuellement sur le trône et que ce dernier le cachait et le protégeait. Mon choix était donc fait, et je portai plus volontiers ce roi là dans mon cœur que le précédent, bien que ma loyauté reviendrait toujours vers le beau calormène. Je n'avais pas la possibilité de le voir régulièrement malheureusement, aussi j'étais dans un certain état de tristesse et de colère la plupart du temps. Il y avait un manque, une gêne. Je ne parvenais plus à faire mon travail correctement même. Je ne parlerai pas de l'espionnage d'un point de vue général... Je dirais plutôt qu'il s'agirait de ma soit disant fidélité à Soren. Je savais mentir, mais cela m'épuisait et ne m'intéressait guère... mais je n'avais pas vraiment le choix. Je ne pouvais pas partir, je demeurai un lien entre Telmar et Calormen, bien plus que Riwal qui ne pouvait pas aller à son gré dans cet autre royaume. Lui, il était plus puissant ici, et moi en voyageant et en informant. Je n'étais pas vraiment puissante en réalité, mais qu'importe...

M'étant perdue dans mes pensées, je n'avais pas vu les deux esclaves qui étaient en train de laver le sol de l'ancien palais en rénovation, dans lequel je m'étais retrouvée sans vraiment savoir pourquoi... ce qui bien évidemment me fit glisser sur le sol, devant ces pauvres calormènes enchaînés à ce lieu. Je devais reconnaître que moi au moins, j'avais un "vrai" travail contrairement à eux... Devant leurs airs amusés mais qui se retenaient de rire, probablement par peur de moi et des représailles que cela pourrait leur en coûter, je me relevais et leur adressais un sourire.
« Quelle étourdie... je me suis sans doutes retrouvée par terre en contemplant mon reflet au sol. Vous faîtes vraiment du bon travail en tous cas, bon courage. » leur dis-je en m'éloignant devant leurs mines déconcertées et surprises. Oh, ils ne devaient pas avoir l'habitude qu'on les complimentent ou qu'on les remarquent autrement que devant leurs fautes... Je n'étais pas de ceux qui avaient ces besoin inutiles de fouetter ou frapper les esclaves pour qu'il lustre encore plus le sol, ce n'était pas mon rôle et je n'étais pas comme ça.

Ils restaient avant tout des êtres humains. Je regardai autour de moi, me demandant comment j'allais profiter du reste de ma journée, puisque je n'avais pas à travailler aujourd'hui. J'avais fait mon rapport et j'étais dans l'attente d'une lettre ou d'une convocation au palais royal. Repartant dans mes pensées, je songeais à nouveau à Yoren et je me remémorai la soirée où nous avions pour la première fois parler comme deux égaux. Il avait du se douter que je n'étais pas noble puisqu'il devait connaître tous les gens aux titres hauts placés, mais cela ne l'avait pas empêcher de s'intéresser à moi. J'aurai tant donné pour me retrouver avec lui en ce moment même... J'aurais aimé que les événements tournent en notre faveur et qu'il récupère son titre et son trône, mais cela n'était pas aussi simple malheureusement. C'est alors que je repérai une jeune femme assise sur un pilier qui avait du tomber au sol il y a de là un moment. Je repérai également un calormène de haut rang non loin d'elle qui s'éloignait, puis je me rapprochais de cette personne à la mine triste et tenant entre ses mains un pendentif accroché autour de son cou. Arrivant doucement, je m'agenouillais près d'elle.


« Pardonne moi de te déranger, je t'ai aperçue et j'ai cru remarquer que tu n'avais pas l'air d'aller bien... » Je fis une petite pause afin de vérifier que j'avais capté son attention. « Puis-je m'asseoir ? »

Je pris ensuite place près d'elle sans river mes yeux sur son médaillon. Cela ne se faisait pas et j'ignorai comment elle réagirait face à moi... Aussi je regardai autour de nous, admirant malgré moi l'ancien palais et son édifice. Cet endroit était vraiment magnifique, il était dommage qu'il faille le rénover désormais. Néanmoins, même si je n'appréciais pas trop la notion d'esclaves, je me doutais que ce royaume en avait besoin, et que Soren ou non, ils ne seraient pas libérés. Yoren avait grandit et vécut en sachant qu'un esclave était son serviteur et qu'il était forcément inférieur à lui. Les autres royaumes possédaient des domestiques. Nous n'avions pas les mêmes coutumes évidemment, et notre contrée était plus barbare que les autres, c'était certain. Mais je ne pouvais pas me forcer à penser comme eux, je venais d'une ville près du port et j'avais grandit dans une famille aux moyens limités. Je ne me plaignais pas de ma vie, elle était telle qu'elle était et je me réjouissais d'avoir des amis, un endroit où dormir, un travail et un toit sur la tête. C'était le principal, ça et la santé évidemment... bien que j'avais l'impression d'être plus fatiguée et de perdre quelques peu mes forces ces derniers temps...

« Depuis combien de temps t'occupes tu de la rénovation de cet endroit ? » demandais-je calmement et avec douceur à la jeune femme. « Quel est ton nom ? Le mien est Vitani. »



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Eden J. Thoryse
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MessageSujet: Re: Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer [PV Vitani]   Ven 16 Aoû - 13:41







Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer
Eden J. Thoryse & Vitani Lu-Kah Dastan

Grande fut ma surprise de voir cette femme débarquer à côté de moi. J’étais tellement absorbée par mes pensées que je ne l’avais même pas vue arriver. Je ne pu m’empêcher de sursauter légèrement, pourtant, ce n’était pas dans mes habitues d’être comme cela, mais ça m’avait tellement surprit.
Je regardais avec de grands yeux ronds la nouvelle venue. Elle était plus grande en taille que moi, c’était certain. Oui, elle était grande et très fine, contrairement à moi qui était petite et discrète, elle, on la remarquait. Elle avait d’assez beaux habits je dois dire, du moins, elle était bien mieux vêtu que moi, elle devait donc appartenir à un rang assez important, mais que faisait-elle ici à discuter avec une simple esclave comme moi ? Peut-être allait-elle me gronder parce que je ne travaillais pas ? Pourtant, je n’eue pas réellement ce sentiment en regarda son sourire. Je sentais qu’elle ne me voulait pas de mal, mais je me méfiais quand même, car j’avais déjà croisé des gens qui faisait semblant d’être gentil pour te manipuler et j’étais loin d’être naïve ou sotte.

Je remarquais que son regard louchait vers mon médaillon, qu’elle contempla quelques instants avant qu’il se referme délicatement. J’avais tellement été absorbé par sa beauté que j’en avais oublié le petit portrait de Jem dans ma main.
Elle s’était agenouillée près de moi, on aurait dit une grande sœur qui venait en aide à sa jeune sœur, cela me fit étrange, mais je n’étais pas particulièrement mal à l’aise.
La jeune femme me demanda si elle pouvait s’asseoir, ce qu’elle fit sans attendre ma réponse, bien que j’avais hoché lentement la tête, sans la quitter du regard. Vu l’air qu’il y avait dans ses yeux, elle devait sans doute se demander comme j’allais réagir face à cette impolitesse, mais j’étais très mal placé pour lui dire quoi que ce soit, car j’étais une esclave et j’étais déjà puni, je n’allais tout de même pas lui faire de réflexion pour m’attirer d’avantages d’ennuis. Et puis étant ancienne voleuse, ce n’était surement pas moi qui allait lui faire un sermon sur son éducation.
Je continuais de la regarder, elle avait un très jolie visage légèrement carré et je remarquais ce regard sauvage dans ses yeux qui laissait pensé qu’elle avait vu du monde et qu’elle avait voyagé et cela me plaisait et me mit en confiance. Eh oui, j’étais assez douée pour lire dans les yeux des gens.

« Depuis combien de temps t’occupes-tu de la rénovation de cet enroit ? Quel est ton nom ? Le mien est Vitani. »

Pourquoi me posait-elle toutes ses questions ? Que me voulait-elle ? Pourquoi était-elle gentille avec moi ? De peur de paraître impolis, j’arrêtais de la regarder quelques instants, hésitant à répondre, puis la regarda de nouveau en essayant de sourire mais avec les yeux, histoire de montrer que je n’étais pas non plus espiègle ou insociable, même si on ne pouvait pas dire que je croulais sous les amis ici.

- Enchantée. Je m’appelle Eden, je travaille ici depuis aujourd’hui, c’est ma punition pour avoir tenté de m’évader !

Je m’arrêtais soudainement de parler, comme si j’avais dis quelque chose qu’il ne fallait pas, bien que c’était selon moi un peu le cas. Pourquoi lui avais-je dis avec autant de naturel et de spontanéité la vérité ?
Je me repris très rapidement. Maintenant que j’étais ici, à quoi bon mentir de toute manière ? La vérité était sortie toute seule de ma bouche et à présent, j’allais devoir assumer, bien qu’au fond, je faisais celle qui avait honte, mais la seule véritable chose que je regrettais s’était de ne pas avoir réussi mon cou, malgré tout ce que m’avait dit le Tisroc Soren. Bien qu’il était gentil lors de mon jugement et bienveillant envers moi, ce n’était pas quelques belles paroles qui allait changé mon état d’esprit qui avait évolué comme ceci depuis des mois. En fait, depuis que j’étais ici je prévoyais de m’enfuir du palais et malheureusement j’avais échouée. Ce qui m’accaparait le plus, c’était qu’à présent j’allais être surveillé et j’allais avoir beaucoup de mal à faire une nouvelle tentative d’aussitôt. Combien de temps j’allais attendre ? Vu comme les évènements se déroulaient, je dirais bien plusieurs années.
Etais-je donc destiné à passer le restant de ma vie ici ? A servir une sorte de roi qui n’est pas mon roi ? A  travailler pour un royaume qui n’est pas mon royaume ? A m’intégrer dans un peuple qui n’est pas mon peuple ? Si je devais être franche envers moi-même, je n’appartenais à personne, enfin si, à une seule personne, mais elle était morte,  mais j’étais une femme libre, bien que j’avais un obstacle sur ma route pour le moment, mais je ne resterai sûrement pas les bras croisés à vieillir dans cet endroit.

- Sans vouloir être impoli…Qui êtes-vous, Vitani ?

Osais-je demandé en tournant de nouveau la tête vers la jeune femme dont j’avais oublié la présence durant quelques secondes.

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Vitani Eshbaan
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MessageSujet: Re: Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer [PV Vitani]   Mar 20 Aoû - 17:00






Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer.





Eden & Vitani

Il me semblait évident que la jeune femme n'allait pas se confier aussi facilement à moi, peut-être même qu'elle n'aurait absolument pas confiance en voyant mon allure, si jamais elle la comparait à la sienne. Pourtant je n'avais pas l'impression qu'elle était d'ici, son teint était plus pâle que celui des calormènes que je connaissais et elle semblait un peu plus hostile à ce royaume que les autres esclaves que j'avais pu voir. Cependant je fus surprise de constater que, bien au contraire, elle me révéla aussi rapidement la raison pour laquelle elle était là. Je ne pus me retenir de laisser un sourire apparaître sur mon visage en imaginant quelqu'un fuir de Soren et de ce genre de vie. Elle n'était sans doutes pas esclave depuis toujours, cela semblait évident. Peu au fond semblaient vraiment avoir le courage de fuir leur tisroc, que celui-ci fut Yoren ou Soren. J'ignorais pourquoi, mais en cet instant précis, je ressentais le besoin d'aider Eden. Je ne la connaissais pas mais j'admirais déjà cette fille. Peut-être que les apparences étaient trompeuses, mais que pourrait-elle me faire de mal ?

« Je crois que je peux comprendre. »

Je n'avais jamais été esclave, donc je ne pouvais l'affirmer, mais je comprenais parfaitement qu'elle désire s'en aller. J'aurai voulu être sûre de ses origines et de son "expérience" en temps qu'esclave disons, mais peut-être qu'il était trop tôt pour en parler, à supposer que nous puissions en parler longtemps. Je ne savais pas exactement comment marchait les affaires dans ce lieu, mais je restais attentive aux rondes des sbires de ce crétin de tisroc. Eden me demanda alors quelque chose de plutôt... inattendu, qui aurait pu même paraître assez culotté pour une personne de son rang social, mais je ne me voyais pas vraiment supérieure à elle. Je n'avais aucun titre après tout, et je n'avais pas la prétention d'avoir plus d'importance ou de valeur qu'elle, car c'était bien évidemment faux. Cela m'amuse d'ailleurs de la voir me dévisager pendant quelques secondes avant de tourner le visage. Elle semblait perdue dans ses pensées durant quelques instants, aussi je ne repris pas la parole avant qu'elle ne le fasse. Je tournai la tête pour regarder autour de nous si quelqu'un était susceptible de nous entendre, hésitant à dire la vérité. Enfin... je n'allais probablement pas dire que j'étais au compte de Riwal évidemment.

« Disons que... je travaille pour Soren. Je suis espionne, je voyage donc souvent pour lui ramener des informations sur les autres royaumes, et sur ce qu'il peut se passer ailleurs, voir même dans le pays. Cependant, je vais surtout du côté de Telmar... »

J'ignorais pourquoi je lui avais dit tout ça, au point où j'en étais j'aurai même pu lui dire que j'avais revu Yoren au château telmarin et qu'il m'avait embrassée après que nous nous soyons vus ! Mais elle ne me semblait pas dangereuse, de plus... si elle avait tenté de fuir le palais pour reprendre ou prendre sa liberté, c'est qu'elle ne devait pas être une grande amie de Soren. Je savais qu'il ne traitait pas les gens et les esclaves de la même manière que son frère, cela s'était vite vu d'ailleurs. Mais je ne pouvais pas juger tout ce que faisait ce tisroc là malheureusement. Il avait épargné la vie d'Eden visiblement, du moins si c'était celui qui l'avait vu fuir... oui, mais à côté de ça il avait réussi à faire exiler Yoren avec l'aide des rois narniens, archenlandais et de sa sœur, Crystal. Bien-sûr, je n'avais pas pu le savoir lorsque c'est arrivé, étant donné que j'avais fait naufrage en mer... mais peut-être même que j'avais été sure cette même île ? Je ne saurais le dire. Quoi qu'il en soit, peu importe ce que les frères Eshbaan pouvaient faire, je ne serais jamais avec Soren. Ma loyauté serait toujours tournée vers l’ainé des frères..

« Si mes questions ou ma présence te dérangent, n'hésite pas à me le dire Eden. »

Je lui adressai un sourire franc avant de n'apercevoir un esclave tomber à une dizaine de mètres de nous. Un garde s'approcha alors de lui en lui donnant un coup de bâton pour "l'aider" à se relever plus vite encore. J'observai prudemment la scène et la salle, vérifiant qu'aucun autre garde ne se trouvait dans les parages avant de me lever doucement pour me rapprocher de la victime et de son bourreau. « Le tisroc désire que ce palais soit rénové. Je doute qu'en frappant ce garçon vous n'aidiez personne à avancer les travaux. » La grosse brute calormène me jeta un regard noir en grommelant dans sa barbe avant de ne m'adresser un sourire moqueur. « Peut-être que sa majesté m'a envoyé pour m'occuper des esclaves, mais aussi des bonnes femmes prenant leur défense alors qu'elles devraient être ailleurs ! » Il tenta alors de me donner également un coup alors que je me baissais pour l'éviter, me retrouvant en quelques secondes derrière lui, un couteau dans la main, prêt à l'égorger. « Votre travail consiste uniquement à la surveillance de ces pauvres gens, alors si l'envie vous vient encore de frapper quelqu'un, prenez vous en plutôt à nos ennemis. »

J'attendis qu'il se calme un peu avant de le relâcher. Il cracha près de moi en me poussant de son passage en profitant de mes dires pour me lancer quelques insultes assez fort pour que je puisse les entendre avant de finalement déguerpir plus loin. Je regardai l'esclave qui s'était relevé, tremblant un peu, puis posais ma main sur son épaule en lui adressant un sourire triste avant de retourner m'asseoir auprès d'Eden, soupirant légèrement. « Où en étions nous... ah oui ! Dis moi, es-tu originaire de Calormen ou...? Excuse moi si je fais erreur, mais tu ne ressemble pas beaucoup aux habitants d'ici. »


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Eden J. Thoryse
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MessageSujet: Re: Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer [PV Vitani]   Mer 21 Aoû - 12:24







Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer
Eden J. Thoryse & Vitani Lu-Kah Dastan

Depuis mon arrivée ici dans ce royaume, depuis mes débuts ici en tant qu’esclave, Vitani était l’une des seules personnes à être vraiment gentille avec moi. Certes, je m’étais liée plus ou moins d’amitié avec une jeune esclave qui était ensuite partit sur les îles solitaires, ou encore le Tisroc Soren qui semblait vraiment vouloir m’aider, mais Vitani dégageait quelque chose qui la rendait bien plus sympathique à mes yeux. Je ne sais pas pourquoi, mais au fond de moi, j’avais envie de lui faire confiance, de lui révéler mes secrets, apprendre à la connaître. Ce palais était un songe, Vitani était un rêve et moi le songe d’un rêve.
Je m’attendais à ce que la jeune femme me regarde un peu de travers suite à ma question un peu indiscrète, mais elle n’en fit rien. Elle semblait au contraire amusé. J’arrivais à saisir la personnalité des gens ou alors leur réaction, mais Vitani était vraiment imprévisible, je pouvais le sentir. Cela pouvait sans doute faire peur un tel trait de personnalité, mais j’étais loin d’être effrayée.
Elle me raconta qu’elle était espionne pour le Tisroc et qu’elle remplissait des missions à travers les royaumes et donc elle avait l’occasion de voyager beaucoup. Je l’enviais assez de pouvoir sortir du palais à sa guise et pouvoir bouger un peu partout dans ce monde. Lorsqu’elle parla de Telmar, elle laissa sa phrase en suspension, bien que finit, mais je pouvais sentir un léger ton de tristesse et de mélancolie dans sa voix.

- Non, non, pas du tout !

Répondis-je légèrement affolé et surprise, suite à la question de mon interlocutrice, qui avait peur de me déranger. C’était vraiment gentil de sa part de s’inquiéter de savoir cela, car certaines personnes seraient venus me parler sans s’en soucier, mais déjà bien sûr, il aurait fallut que l’on vienne me parler.
C’est alors qu’à quelques mètres de nous, un esclave tomba à terre, sans doute de fatigue ou parce qu’il avait glissé et un garde vint l’aider à grand coup de bâton à le relever. Je ne fus pas réellement choqué, car j’étais habituée à voir ce genre de scène et malheureusement je ne pouvais jamais rien faire, même si cela m’indignait profondément, mais quant on était un esclave, on était seul, on ne pouvait aider les autres au risque de s’attirer des ennuis. Et malheureusement, j’en avais déjà suffisamment comme cela.
Mais une chose improbable se produisit. Vitani se leva pour aider l’esclave, menaçant même le garde d’un couteau pour qu’il s’éloigne. Dans un tel royaume, être une femme n’était pas chose facile, encore moins réussir à s’imposer, mais Vitani ne semblait avoir aucun mal à réussir cet exploit, car oui, ça en était un.

Elle revint s’asseoir à côté de moi comme si de rien était, mais une certaine forme de respect à son égard m’avait gagné. Je ne m’étais dis à aucun instant que cela pouvait être une ruse pour se faire passer à mes yeux pour quelqu’un de bien, mais Vitani ne semblait pas être le genre de femme à faire toute une mise en scène simplement pour gagner la confiance d’une esclave comme moi. J’étais impressionné par son acte, elle semblait vraiment ne pas faire de distinction entre un esclave ou quelqu’un de la haute. C’était comme si tous les êtres humains étaient égaux et à la même échelle sociale. A mes yeux, cela devrait être pareil.
Elle ne semblait pas vouloir revenir sur cette scène, encore moins s’en vanter. De toute manière, mes yeux parlaient suffisamment pour moi, pour que je n’ai pas à faire un quelconque commentaire.
Vitani avait vu juste en me demandant si j’étais d’ici, en même temps ce n’était pas très difficile à remarquer, si on prenait la peine de m’observer, déjà à ma façon de parler, je n’avais pas cet accent occidental et j’étais loin d’avoir la peau dorée comme les gens de ce royaume. Cependant, Vitani n’était pas particulièrement bronzée, bien qu’elle l’était un peu tout de même et qu’elle avait une peau sublime, sa façon de parler ne m’aurait jamais indiquer qu’elle venait de Calormen. C’était comme si en fait elle adaptait son accent par rapport à la personne en face d’elle.

- Effectivement, je ne viens pas d’ici, répondis-je sans hésitation, car après tout Vitani avait bien gagné quelques informations sur moi. Je viens de Térébinthe, mais j’ai toujours vécue comme une nomade à vrai dire.

Je n’en dis pas plus pour le moment, car après tout j’avais répondue à sa question, non ?

- Et vous ? Etes vous d’ici ? (Je me mordis la lèvre face à une telle question stupide et inintéressante). Ca doit être bien d’être espionne, non ? On voyage beaucoup…


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Vitani Eshbaan
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MessageSujet: Re: Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer [PV Vitani]   Lun 26 Aoû - 16:39






Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer.





Eden & Vitani

Je m'intéressais à l'attitude et aux dires de la jeune femme, non seulement car je voulais savoir comment elle avait put se retrouver ici et aussi ce qui lui était arrivé. Mon sens de l'observation me permettait de comprendre assez facilement qu'elle n'était pas d'ici - bien que cela paraisse évident - mais aussi qu'elle avait du faire beaucoup de chemin et que finir ici n'était pas son objectif. Non, tout cela on pouvait le deviner, mais elle avait aussi ce médaillon et cette peine différente des esclaves originaires de nos terres. Elle n'avait pas grandi avec des gens à servir et je me questionnais au sujet de ce qui justement était son but. Un esclave n'a pas toujours l'esprit ouvert car il ne peut pas connaître ce qu'un noble peut savoir. C'était normal ici, les choses allaient toujours dans ce sens à vrai dire. Quoi qu'il en soit, elle semblait étonnée de ce que je venais de faire, ce que je pouvais comprendre quelque part, puisque peu de gens se seraient permis de faire la même chose. Je devais pourtant surveiller mes faits et gestes vis-à-vis de Soren et de ses sbires plus abrutis les uns que les autres, il fallait bien l'admettre.

Néanmoins, Eden n'avait pas du voir beaucoup de gens agir de la sorte depuis qu'elle devait être ici, donc je comprenais sa réaction. Je ne le faisais pas toujours car quelque part, je savais que les esclaves existaient depuis toujours à Calormen, qu'importe le tisroc qui se trouvait sur le trône. Ce n'était pas tant ça le principal problème, c'était la façon dont ils étaient traités. Je n'avais pas la prétention de vouloir changer tout ce qui n'allait pas dans le royaume, je n'en avais pas la capacité et je n'étais qu'une espionne insignifiante aux yeux de tous. Je n'étais pas la meilleure, je n'étais pas la pire, mais je savais comment faire mon travail. C'était juste que je ne le faisais pas exactement comme j'aurai du le faire, puisque je détestais le benjamin des Eshbaan. Quoi qu'il en soit, Eden venait de confirmer ce que je pensais en me disant qu'elle n'était pas d'ici. Je n'étais pas étonnée au fond, mais je l'écoutais attentivement. Je n'aurais pas deviné qu'elle était originaire de Térébinthe, mais elle n'était pas telmarine, ni narnienne, c'était déjà une certitude. Enfin, au moins je savais d'où elle venait maintenant.


« Je suis calormène, mais je ne suis pas née dans la capitale. » dis-je en lui adressant un sourire amical, puis je repris. « Ça dépend des jours. Disons qu'il faut beaucoup voyager, et pas toujours dans de bonnes circonstances, qu'il faut savoir acquérir certaines compétences et posséder de nombreux déguisements, si on peut dire ça comme ça. Quand je suis en mission, je ne suis plus calormène, mais je deviens une habitante du royaume dans lequel je me trouve. »

J'aurais pu en dire plus, mais je craignais que l'on soit entendues et j'ignorais encore si je pouvais faire pleinement conscience à la jeune femme, bien qu'elle ne m'ait pas l'air dangereuse. Mais justement, dans mon métier et dans la vie, il faut apprendre à se méfier de tout le monde, après tout j'étais relativement bien placée pour le savoir. Je baissais les yeux un instant vers le sol, songeant à Yoren et au fait que j'aurai aimé lui poser certaines questions sur son frère, les esclaves et sur sa famille, bien que quelque part je savais pertinemment que si je le revoyais, je n'y songerais plus. Parce que si je retournais à Telmar, je serais surtout en train d'essayer de ne pas passer une deuxième fois pour une idiote, comme lorsqu'il m'avait fait comprendre qui il était vraiment. Je ne parle pas du tisroc, non. Je travaillais pour lui, mais maintenant je suis au service de Soren si on veut, et surtout de Riwal. A mes yeux, Yoren était l'homme du bal masqué, l'homme qui depuis que je l'avais revu et cette fois-ci sans son masque, était parvenu à hanter mes nuits et mes jours. Je n'arrivais pas facilement à l'oublier et cela jouait sur mes missions, c'était pour ça aussi que je craignais que Soren ne remarque quelque chose.

« Dis moi... tu n'es pas obligée de me répondre, mais que représente le médaillon que tu tenais tout à l'heure ? Il me semble qu'il te rendait triste, mais je n'ai pas compris pourquoi. Il t'as été offert par quelqu'un qui te manque ? Ou il lui appartenait ? » J'avais relevé les yeux pour regarder en face de moi mais je ne posais pas mon regard sur elle, quelque part je pensais qu'il valait mieux ne pas voir sa réaction suite à mes paroles. « Je ne sais pas comment tu es devenue esclave, mais je sais que tu ne le demeurera pas. Je ne te connais pas suffisamment mais de ce que j'ai pu entrevoir, tu as un but. Les esclaves calormènes, ceux qui sont d'ici n'en ont pas tous un. Ils ne connaissent que cette vie, mais toi non. J'aurai aimé te dire que la vie est plus belle ailleurs, mais à vrai dire je crois qu'elle reste dure pour nous tous, peu importe ce que nous sommes au sein de royaume dans lequel nous nous trouvons. Nous sommes tous les mêmes. »


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Eden J. Thoryse
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MessageSujet: Re: Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer [PV Vitani]   Ven 6 Sep - 16:01







Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer
Eden J. Thoryse & Vitani Lu-Kah Dastan

Vitani commençait un peu à me parler d’elle. Je l’écoutais attentivement, car après tout, c’était la conversation la plus intéressante que j’avais eue durant des mois. Je ne parlais pas beaucoup à vrai dire en règle générale, même avec mes collègues. J’ouvrais la bouche seulement quand j’en jugeais nécessaire, bien sur, quand on m’adressait la parole, sinon au quel cas je ne disais rien. Bien sûr, avec Vitani c’était différent, car je ne me sentais pas du tout obligé de parler avec elle, sinon je serais partie depuis bien longtemps. Au contraire, j’appréciais parler avec elle, c’était vraiment une jeune femme passionnante, en plus d’être belle. Pour la première fois depuis ici, j’avais la sensation d’avoir une amie, bien que cela faisait à peine quelques minutes que l’on s’était rencontré. Un pur et heureux hasard à vrai dire.

Je comprenais le fait qu’être espionne n’était pas de tout repos, mais cela devait être tout de même une sensation très excitante, même si on n’était pas forcément tout le temps dans de bonnes situations. Cette femme était un caméléon, elle devait avoir déjà utilisée tellement d’identité. Et si elle jouait un personnage là ? C’était fort possible, mais elle semblait si naturelle avec moi, je ne savais pas trop.
Elle me parla soudainement de mon médaillon, celui qu’elle avait vue tout à l’heure. En général, les esclaves n’ont pas le droit d’avoir des objets personnels, moi je n’avais que ça et j’essayais de le cacher pour éviter qu’on me le prenne. C’est pour cela que j’avais légèrement sursauté lorsque Vitani était venue me parler, car j’avais peur que c’était un garde qui m’avait vu. En même temps, il fallait avouer que pour le coup je n’avais pas été très discrète.
J’eue un peu de réticence à lui en parler, car en fait, jamais je n’avais raconté ce détail là de mon passé à quelqu’un d’ici. Elle continua de parler et je fus touchée par de si gentilles paroles qui étaient d’ailleurs très éloquentes. La condition humaine, malheureusement.

« Dans ce médaillon, il y a le portrait de quelqu’un que j’aime beaucoup et qui n’est plus de ce monde malheureusement. C’était lui qui me l’avait donné, en souvenir…Se rappeler d'une chose amène à s'en souvenir d'une autre, puis d'une autre encore. Les souvenirs sont liés entre eux comme les maillons de ce médaillon. C'est ça qui nous rattache les uns aux autres. » Je fermais les yeux et baissa la tête quelques secondes. J'arrivais à voir son visage comme une fumée en train de voler dans l'air sombre des profondeurs de ma tête. « Ce n’est pas faux. Effectivement, j’ai un but, car je n’ai jamais eue l’habitude de me sentir aussi prisonnière. J’aimais ma liberté, j’aimais voyager et dans mon esprit c’est tout à fait normal que je retrouve un jour ou l’autre ce droit. »

Bien sûr, j’étais tout à fait d’accord avec elle sur le fait que la vie était difficile pour tout le monde, bien que certaines personnes s’en sortaient mieux que d’autres. Bien que j’avais très bien assimilé le fait que personne ne m’attendait dehors, que je pouvais très bien vivre ici et y rester jusqu’à ma mort, je ne voulais pas mourir ici en me sentant prisonnière d’un peuple qui n’était pas le mien. Je n’appartenais à aucun peuple à mes yeux, même si j’étais né à Térébinthe. Je n’appartenais à personne. J’étais libre.

« Excusez-moi si je parais indiscrète ou autre, mais j’ai vue également votre regard. J’arrive à sentir une certaine tristesse au plus profond de vos yeux, bien que vous le cachiez bien, mais seul quelqu’un d’attentif comme moi peut remarquer ce détail. » J’avais presque envie de rire de me vanter en quelque sorte. « Quand vous avez regardé le médaillon et quand je vous ai parlé de cet être cher à mes yeux, c’est comme si j’avais entendue les battements de votre cœur. Vous aussi aimiez quelqu’un ? » demandais-je, consciente que c’était très indiscret. Mais voilà, j’étais une jeune femme très curieuse malgré-moi et lorsqu’on me lançait c’était difficile de m’arrêter.



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Vitani Eshbaan
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MessageSujet: Re: Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer [PV Vitani]   Lun 9 Sep - 1:43






Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer.





Eden & Vitani
Ce sentiment destructeur que l'on a tendance à éprouver au moins une fois dans sa vie. C'était peut-être finalement le symbole que représentait son médaillon d'après ses paroles. Elle avait aimé la personne qui possédait ce bijou autrefois, et elle le gardait donc pour se souvenir, pour posséder quelque chose qui avait appartenu à cet individu et car il n'était désormais plus là. La vie se montrait plus souvent cruelle que bienséante, il fallait l'admettre. Mais il fallait toujours voir la lumière qui se trouvait au loin, celle vers laquelle nous avons tendance à nous diriger pour nous sortir de ces situations gênantes, dures ou mauvaises. Il n'y avait pas vraiment de mot à poser sur ce que l'on pouvait ressentir dans ces moments-là, et bien que je ne sois pas dans un même état d'esprit qu'elle sans doutes, je la comprenais. J'avais perdu quelqu'un aussi durant le naufrage de ce bateau, il y a quelques années. C'était assez récent d'ailleurs, quand on y pense... J'avais toujours un peu de mal avec les embarcations maritimes, l'eau, les tempêtes et ma santé mentale. Je m'en étais rapidement rendue compte lorsque j'avais éprouvé ce grand moment de honte en apprenant le retour de Yoren. Je m'en voulais encore, mais j'ignore avant mon naufrage, si j'aurai réagit de la même façon...

A ces pensées, je me crispais légèrement, serrant les poings et fermant les yeux en tournant la tête. Je ne voulais pas paraître faible ou perturbée par tout ce qui s'était passé et ma vie actuelle. Je n'étais pas la plus à plaindre, Eden était bien esclave malgré elle et avait perdu à tout jamais la personne qu'elle aimait. Moi j'avais toujours ma famille plus ou moins, j'étais plus ou moins libre et j'avais plus ou moins Yoren. Mais voilà, plus ou moins. Je demeurais silencieuse quelques minutes, attentive aux dires d'Eden et préférant me calmer un peu avant de reprendre la parole. Je ne devais pas le faire maintenant, non. Mais je me posais alors une question quant à la jeune femme assise à mes côtés : si elle était à nouveau libre, que comptait-elle faire ? Où comptait-elle aller ? Quel était son but ? Je rouvris lentement les yeux et déserrais un peu les poings, respirant doucement afin de bien me calmer. Je commençai à sentir comme un courant d'air cependant, et en tournant la tête, je remarquai qu'il s'agissait de mon imagination. Les esclaves nous entourant semblaient mourir de chaud, les gardes ne bronchaient pas plus que ça et Eden semblait tout à fait normale.

J'ouvris la bouche alors pour lui reposer quelques questions mais elle fut plus rapide que moi et me questionna la première. Je la regardai alors, avant de sentir d'autres courants d'airs, un peu plus proches. Au fur et à mesure qu'elle parlait, aussi je finissais par baisser la tête, pour ne pas laisser entrevoir une quelconque émotion dans mon regard. Mais c'était sans doutes trop tard, et je devrais me contenter de la confiance que je commençai à avoir pour elle pour qu'elle garde ça secret. Personne à Calormen, pas même ma famille, pas même mon frère ne savait. Personne. Elle avait raison quelque part, elle avait le sens de l'observation et malgré tout, cela me fit sourire. Je la connaissais à peine, mais je m'attachais étrangement à elle, j'aurai presque voulu la faire sortir d'ici maintenant si j'en avais eu l'occasion et que je ne risquais pas nos vies en agissant de la sorte. Je relevais les yeux vers elle en esquissant un mince sourire finalement, puis je pris doucement l'une de ses mains en la serrant dans la mienne. Je n'étais pas certaine qu'elle le prendrait bien, mais j'en avais besoin. Peut-être qu'elle aussi... Avant de ne chercher à lui répondre, je me remémorai le dernier souvenir que j'avais alors de Yoren.

Je sentais encore ses lèvres contre les miennes, avant de le voir disparaître. C'était un souvenir triste, mais il était aussi heureux. Je mourais d'envie de le revoir, je donnerai n'importe quoi pour passer ne serait-ce que quelques heures en sa compagnie. J'ignorais ce que nous aurions pu faire durant ces quelques heures, peut-être juste parler, peut-être plus. Sûrement un peu plus. Sa présence, c'était sans doutes ce qu'il me fallait le plus. Mais je n'avais pas à y penser, j'y songeais parfois trop. Pourtant je ne l'avais pas choisi, tout s'était passé il y a quelques années, et pourtant... nous n'avions jamais pu vraiment être ensemble. Quelque part, ça me brisait le coeur. J'espérai qu'Eden avait bien vécu avec celui qu'elle aimait. Sachant que je devais reprendre la parole, je me sentais néanmoins déconcertée. Devais-je d'abord lui poser mes questions ou répondre aux siennes ? J'étais peut-être un peu trop perturbée pour me lancer tout de suite dans une conversation sur Yoren. Je lui poserai donc mes questions en premier.
« Je vais te répondre, mais j'aimerais te demander quelque chose... cette personne, celle du médaillon... comment elle s'appelait ? »

Je fis une petite pause, soupirant doucement. « Je sais que ce n'est sûrement pas non plus mes affaires, mais si tu retrouvais ta liberté... que ferais tu ? Je veux dire, tu dois bien avoir un but pour après. » Je ne la connaissais pas par coeur, aussi j'espérais que mes questions ne la gênerait pas et qu'elle ne croirait pas à un piège de ma part, surtout maintenant qu'elle savait que j'étais au service de celui qui portait le titre d'empereur. Il ne le méritait pas, il ne resterait pas sur le trône. Ce n'était pas le sien, il n'était pas né pour gouverner le désert, il tomberait. Tôt ou tard, il devrait tomber de haut. Cette pensée me rappelant à nouveau Yoren, je répondis aussi à sa question. J'ignorais quoi lui dire exactement, car justement... il semblait illogique d'éprouver des sentiments pour le frère du tisroc actuel, sachant que les deux hommes sont ennemis. Enfin, je n'avais pas choisi cette situation... « Tu es très observatrice, je dois le reconnaître. Peu de gens remarquent ce genre de chose, ou c'est qu'ils n'ont pas envie d'y prêter attention. Je ne pourrais pas le dire pour sûr... je pense que oui, je ne sais pas. C'est plutôt compliqué à vrai dire... nous ne pouvons pas nous voir aussi souvent que nous le souhaiterions je suppose. »

Oui, au fond j'ignorais si le calormène lui-même était amoureux, je n'étais pas dans sa tête et encore moins près de lui pour le vérifier. Peut-être même qu'il avait dit les mots qu'il m'avait dit à d'autres femmes auparavant ou depuis. Il avait sa réputation, surtout lorsqu'il était tisroc, il y a quelques années maintenant... je me doutais bien que durant son exil il avait du se sentir plutôt seul, alors peut-être qu'il avait trouvé du réconfort auprès de femmes telmarines à son retour. C'était un homme après tout, et je n'avais pas assez d'expérience à proprement parler pour juger. Je n'y pensais pas souvent, je ne me le permettais pas. C'était déjà bien assez dur de ne pas pouvoir mettre un mot sur ce que nous avions tous les deux pour qu'en plus je doute de ce qu'il ressentait pour moi. Je détestais les telmarines, si cela était vrai. Je les détestais toutes, toutes celles qui l'avaient touché et aimé. Mais je ne pouvais blâmer personne... Yoren était loin d'être un homme déplaisant. Il avait juste cette réputation d'homme barbare et cruel qui le poursuivait où qu'il allait. Il avait tué son propre père, il avait exilé sa sœur, il avait menti à son frère. Ce n'était pas le genre d'homme avec lequel on avait tendance à vouloir passer le reste de sa vie.

Soren était son opposé, il avait même eu une fiancée... et justement, il l'avait trompée. Mais malheureusement, cela ne changeait rien. Je n'aurai pas voulu aimer quelqu'un comme lui. J'étais peut-être folle même d'éprouver ça pour Yoren. Mais c'était compliqué, trop compliqué. Après être restée un petit moment silencieuse, je sentis quelques frissons me parcourir le corps. Je devais être malade, il ne faisait pas froid ici, pas à Calormen. Jamais.
« J'ignore depuis combien de temps tu es esclave ici... tu n'as sans doutes pas du le connaître, et j'espère que tu n'auras pas à le faire. J'espère que tu seras libre le jour où les choses changeront ici. Elles changeront. J'ignore ce que tu penses du tisroc, Soren. Je t'en dis peut-être trop, peut-être pas assez, mais je ne suis plus sûre de ce que je dois dire ou non dans ce palais. » Je riais nerveusement avant de relâcher sa main et de la poser sur mes genoux, vérifiant que personne ne nous observait ou ne nous écoutait. « Il s'appelle Yoren. C'est le frère de Soren... celui qui a été exilé. Tu n'es pas d'ici donc j'ignore si tu es au courant. Tu sais, je doute que nous soyons vraiment différentes toi et moi. Nous avons cette même envie de vivre, libres. » Je veillais discrètement à nouveau avant de continuer.

« Toi en quittant ce royaume, moi en y restant. Quant à celui que tu as perdu, combien de temps avez vous pu vivre ensemble...? Bien que Yoren soit vivant et que je le connaisse depuis des années, je pense que tu as vécu plus de meilleures choses que moi d'un point de vue relationnel. C'est tellement compliqué à vrai dire... comme notre condition. Servir quelqu'un qui ne mérite pas qu'on le serve. » Je parlais trop, beaucoup trop. Mais je n'en disais pas assez non plus, et Soren était tellement niais et naïf que même s'il apprenait pour ma trahison... il ne me ferait pas de mal. Eden avait tenté de fuir et rénovait ce palais. Moi c'était différent, évidemment. Mais j'espérais, et je retournerai encore à Telmar. Je ne savais juste pas combien de temps encore je serais capable de mentir. Jouer la comédie était comme une deuxième nature, mais je ne pouvais pas jouer un rôle éternellement. J'avais longtemps cherché à savoir qui je pouvais être... c'était comme si, en revoyant Yoren, je commençai à me trouver. Mais cela n'amenait rien de bon visiblement, puisque Soren finirait par savoir. Je ne pouvais pas cacher ce que je ressentais. Plus mes sentiments envers l'aîné des Eshbaan prenaient de l'ampleur, plus ma haine envers le cadet se faisait grande...


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Eden J. Thoryse
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MessageSujet: Re: Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer [PV Vitani]   Dim 15 Sep - 0:17







Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer
Eden J. Thoryse & Vitani Lu-Kah Dastan

La vraie vie est une chose amusante. On craint tous, pour la plupart d’atteindre la fin de notre vie et de regarder en arrière en regrettant certains moments. J’ai déploré de n’avoir pu lui dire « Je t’aime » à temps. J’ai pleuré pour lui avoir dis « Je suis désolé. » trop tard. Encore aujourd’hui je ne pouvais me regarder en face sans trembler. J’avais ce poids sur le cœur, il fallait que je le vois, il fallait que je le lui dise, mais c’était fini. Trop tard.
Je serrais les mains l’une contre l’autre. Regretter le passé n’était pas la meilleure des solutions, je le savais, mais ma nature humaine et mon caractère faisait que j’étais comme ça. J’étais toujours soucieuse. Nous nous étions embrassé, j’étais tombée sous son charme. Un amour que personne ne pourrait nier, ni comprendre. Je le voulais pour toujours. Mais une fois que ce fut terminé, ce fut comme un kaléidoscope de souvenirs. Tout revient…mais jamais lui. Jamais.
« Jem…C’était son nom. » dis-je en souriant en énonçant ce nom, comme une pensée chaleureuse et merveilleuse. « Il appartenait à une guilde de voleur qu’il me fit rejoindre. Mais un jour, des soldats Archenlandais ont trouvé notre repère et on a dû s’enfuir, tandis qu’ils étaient à nos trousses. Ils nous ont pourchassés à travers tout le royaume, puis ils ont abandonné leur chasse quand nous nous sommes retrouvés en plein désert à la frontière de Calormen. »

Je fis une pause et regarda aux alentours afin de voir si personne n’était en train de nous écouter. Ma voix avait faibli, j’étais trop paranoïaque. Les murs avaient des oreilles après tout. « Nous avons marché durant des heures avant de tomber la nuit tombée sur une petite cabane abandonné près d’un oasis. Nous y avons vécu durant des semaines, buvant l’eau de l’étang, mangeant les restes de nourriture qu’on avait volé avant d’arriver dans le désert. Cependant, les provisions disparaissaient vite, bientôt on allait être à court de nourriture. On fit une escapade à Anvard afin de se réapprovisionner. Voyant qu’on nous avait oubliés depuis le temps, on décida de rester ici. Seulement on devait récupérer nos affaires à la cabane abandonnée. » Mon sourire disparut et je baissais la tête. « Mais c’était une erreur d’y retourner, car de retour là-bas, des Calormènes nous y attendaient. Ils ont tués Jem et m’ont capturé, me conduisant jusqu’ici afin de me vendre en esclave au Tisroc. » Je mis un point final sur mon récit, car c’était douloureux de revenir sur mon passé, mais j’étais plutôt content d’avoir passé cette épreuve qui était de le raconter sans pleurer en parlant de Jem.

Vitani ne s’attendait peut-être pas que je lui parle autant de moi, moi qui semblait s’y restreinte pourtant. Elle me posa ensuite une question à propos de ma liberté, si j’avais un but. Je m’attendais à cette question et j’allais naturellement y répondre, mais j’eue la mauvaise sensation qu’elle me la posait afin de réfléchir si elle devait agir à mon propos ou pas, et cela me gênait un peu. Quelque chose se préparait, je le sentais dans ses yeux. « Quand j’étais petite, j’étais dans une famille plutôt pauvre. Je travaillais dur pour subvenir à nos besoins. Je m’étais toujours dit qu’on devait toujours faire ce que l'on souhaitait le plus au monde, quitte à perdre des choses matérielles et immatérielles, car perdre c’est de savoir ce qu’est la vraie liberté. Mes parents me disaient tout le temps que j'avais une âme de caméléon. D'après eux, je n'avais aucune morale, aucune personnalité fixe. Juste une indécision intérieure qui était aussi large et aussi chancelante que l'océan se dressant sous nos yeux. Je n'appartenais à personne, du moins pas une de ses personnes qui appartiennent à tout le monde. Je n’avais rien. Ma famille n’était plus là, rien ne me retenait sur cette île. J’étais en quête de tout, comme une sorte de feu qui vous anime les yeux quand vous vivez une expérience et cela devient une obsession. On est à la fois ébloui et étourdi. A Narnia, je volais pour me nourrir, je savais que c’était mal, mais je n’avais pas d’autre choix pour survivre. J’avais pris cette habitude de parler chaque soir avant de m’endormir à ce lion qu’ils nomment Aslan. Je ne croyais nullement en lui, je n’avais aucune foi, mais la simple sensation de me dire que j’avais un ami me réconfortait. Je priais en quelque sorte pour trouver mon peuple, et finalement, je l’ai fait. Jem, puis la guilde…Nous n’avions rien à perdre, rien à gagner, rien que nous désirions plus sauf vivre. Vivre vite. Vous êtes une espionne…Vitani, vous avez l’habitude de changer d’identité. Mais n’avez-vous jamais créé une vie pour vous-même, une vie que vous pouvez expérimenter en toute liberté ? Je l’ai fait. Je sais, c’est complètement dingue, mais au moins je me sentais libre. »

C’était à présent une sensation de grand vide en moi. Peut-être Vitani ne comprendrait pas ce que je ressentais, mais le fait de me sentir libre, d’avoir une vie à moi, de ne pas être prisonnière d’entre les murs, c’était ce que je désirais plus que tout. Jem m’avait dit un jour « Eden…Un jour nous voyagerons à travers le monde, rien que tout les deux ! ». Depuis ce jour, je rêvais chaque nuit de ce fameux voyage qu’il m’avait tant promis. Seulement, il n’eut pas l’occasion de le réaliser. Ni moi d’ailleurs. Bien qu’il est vrai que j’aie eue l’occasion de traverser Térébinthe, l’Océan, Narnia, Archenland et enfin Calormen. Mais c’était une sensation insatisfaite. Mon but véritable était de pouvoir vivre ce que Jem n’avait pu accomplir. Lui qui en avait tant rêvé. Voilà mon rêve le plus chère.

Vitani me dit par la suite que j’avais frappé juste, en quelque sorte, à propos d’elle. Mais cela semblait la gêner, la troubler même et je ne voulais nullement qu’elle se sente mal à l’aise. « Vous n’êtes pas obliger de me le dire ! » dis-je en souriant, car après tout elle n’avait aucun compte à me rendre. J’avais accepté de lui parler de moi, mais jamais elle n’avait signé un parchemin pour parler d’elle. J’en étais consciente depuis le début. Malgré la curiosité qui m’animait autour de sa personne, car il fallait le dire, cette jeune femme était vraiment intrigante.
Elle décida finalement de me faire confiance et me révéla le nom de son amant : Yoren. L’ancien Tisroc, le frère exilé de Soren. J’avais beaucoup entendue parler de lui. Mon sang se figea, un frisson me parcouru le dos, mais je restais calme, ne dévoilant aucun sentiment qui pourrait contrarier Vitani. A vrai dire, j’étais loin d’être sotte ou naïve, mais je ne pouvais me permettre de juger ce Yoren alors que je ne le connaissais que de nom. Je n’appréciais pas particulièrement les autres esclaves du palais et je reconnaissais qu’ils avaient tendances à trop cracher sur les gens afin de se défouler l’esprit. Je n’avais aucun avis sur Yoren, aucuns préjugés. Je savais juste qu’il avait été banni.

« Vous semblez avoir une vie bien compliqué. » fis-je remarquer en souriant, m’autorisant à rigoler doucement, plaçant une main devant ma bouche. Mais ce n’était pas un rire moqueur ou autre. « Quelles sont vos rapports exact par rapport à Soren ? » demandais-je finalement. Car après tout, si elle avait un lien fort avec Yoren, cela devait sans doute déplaire à Soren, dans l’optique où il était au courant ? Je me posais pleins de questions.



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Vitani Eshbaan
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MessageSujet: Re: Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer [PV Vitani]   Dim 3 Nov - 1:33






Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer.





Eden & Vitani
Jamais dans ma vie je n'avais connu de personnes telles qu'Eden. Sans pouvoir expliquer pourquoi, je me sentais étrangement liée à elle, comme si nous étions faites pour nous rencontrer, pour qu'au jour d'aujourd'hui nous parlions et nous révélions des secrets sur nos vies interdites. Nous vivions comme des fugitives à la recherche d'une certaine source de bonheur au cœur de la liberté, mais ce qui était étonnant, c'était que nos vies étaient pourtant très différentes et notre notion de la liberté semblait l'être aussi. Elle avait une notion assez universelle de ce mot, elle voulait voyager, découvrir le monde... du moins, c'est ce que j'avais cru comprendre. Moi, je me contentai de penser que je serai libre lorsque je serai heureuse, et je savais que je ne le serai pas tant que Soren resterait au pouvoir. Je supposais donc que tout était lié étroitement à Yoren, et que ce que je ressentais pour lui m'aidait à tenir le coup, bien que par la même occasion ça me tuait. L'amour d'après ce que l'on m'a raconté, c'est la plus belle chose qui puisse nous arriver, mais c'est aussi celle qui peut nous conduire à notre propre auto-destruction visiblement. Je me mettais en danger et souffrais de l'absence de l'homme auquel je pensais sans cesse, ne sachant pas même comment serait ma vie avec lui s'il revenait, s'il reprenait le trône... s'il m'aimerait toujours. Il avait sa réputation, et même si l'amour m'aveuglait assez, je n'étais pas stupide.

Je refusais d'être blessée par son comportement, ses courtisanes, ses maîtresses ou conquêtes... je n'y pensais jamais à vrai dire, mais il était vrai que j'avais de quoi douter quelque part. Les calormènes avaient leur réputation après tout. Mais parce que je l'aimais, je lui faisais confiance. Parce que je l'aimais, je voulais croire que ça pourrait marcher et qu'il pourrait tenir ses belles promesses et qu'il m'aimerait toujours. Qu'il ne m'oublierait pas et ne me ferait aucun mal. Je fixai un point invisible alors que je demeurai songeuse, puis sans tourner mon regard vers Eden, je lui prêtais une oreille attentive. Elle avait décidé de me raconter son histoire, aussi je prenais cela comme un honneur et j'étais profondément touchée qu'elle se confie à moi, car elle n'était bien évidemment pas obligée de le faire... Ce Jem, ce garçon qu'elle avait aimé - et aimait peut-être encore, sûrement même - avait été en quelques sortes un hors-la-loi, mais là aussi elle n'avait pas cherché à comprendre. L'amour ne se commande pas après tout, et vivre des aventures en compagnie de l'être aimé est probablement la plus belle chose au monde... sauf lorsque l'aventure s'arrête et que l'on se retrouve condamné à retaper un palais dans le désert, endroit que l'on doit sans doutes haïr et maudire tout autant que ses habitants. En vérité, je ne pouvais pas le savoir puisque même en étant espionne, je considérerais toujours Calormen comme mon pays et mon chez moi.

Même si les autres royaumes, les collines archenlandaises ou bien encore les îles avaient un charme fou... rien n'équivalait la beauté de ce désert infini dominant le sud de ce vaste monde. Pour rien au monde je n'aurai souhaité aller vivre ailleurs... mais justement, Eden n'était pas née ici. Justement, elle n'avait pas de chez soi, de maison. Un endroit où se réfugier, où se sentir en sécurité, quelqu'un même, qui serait là à attendre son retour ou à l'accompagner. D'après la suite de son récit, elle avait du perdre ce garçon peu de temps avant de se retrouver esclave au compte de cet imbécile de Soren. Au fur et à mesure, Eden me racontait ce qui était donc arrivé, et je pouvais sentir sa voix trembler, les émotions qui l'atteignaient et sa douleur. En cet instant précis, j'aurai aimé faire n'importe quoi pour pouvoir lui faire savoir que j'étais là, qu'elle n'était pas seule et qu'elle serait vengée... mais à quoi bon ? Cela ne ramènerait pas Jem. Cela n'empêcherait pas d'autres hommes de faire cela. Ils avaient agit sous les ordres de Soren, et il aurait été infiniment hypocrite de ma part de critiquer ce système que je n'aimais pas forcément, pour la simple et unique raison qui était que Yoren était pire que Soren à ce niveau-là. Je demeurai silencieuse, sans savoir quoi faire, comment agir, que dire ou quelle position prendre. Alors, comme il s'agissait de la meilleure façon de faire, je préférais demeurer silencieuse, pendant au moins quelques minutes.

Je tournai néanmoins le regard vers elle lorsqu'elle reprit la parole pour me parler de sa famille, sentant qu'elle avait peut-être un grand besoin de se confier finalement, d'être écoutée ou d'avoir quelqu'un près d'elle. Je voulais devenir cette personne, et sans vouloir lui faire la charité, j'espérais avoir de l'importance à ses yeux, car désormais elle en avait pour les miens. Je ne la connaissais pas énormément et c'était réciproque, mais je la considérais un peu comme une petite soeur ou une amie proche. J'avais ce besoin de la protéger et de veiller sur elle, de savoir qu'elle n'allait pas mal et qu'elle était saine et sauve. Mais elle ne l'était pas, elle était esclave et elle ne devrait pas le rester ! Elle s'était donc battue toute sa vie pour trouver une liberté temporaire afin de se retrouver à nouveau enchaînée entre quatre murs... je n'aimais pas ça, je détestais sa situation actuelle. Je lançai un regard autour de nous afin de vérifier que les gardes ne traînaient pas par là, puis je me refocalisais sur notre conversation. Ce que je pensais fut confirmé d'ailleurs par ses dires, lorsqu'elle parla du dieu des narniens en disant que songer au fait d'avoir un ami pour la réconforter lui allait, à l'époque. Après, elle avait du tomber sur le garçon qu'elle aimait, et désormais elle était seule. Elle me posa ensuite une question à laquelle je n'osais répondre, j'avais peur de l'interrompre. J'étais incapable de dire un mot pour le moment, aussi je me contentais de la regarder en l'écoutant. Après avoir entendu ce que j'avais à dire sur Yoren, elle me fit néanmoins sourire également.

Oui, j'avais une vie compliquée dans le fond, mais je supposais que tout le monde en avait une dans le fond... certains plus que d'autres, certes. Eden me demanda ensuite quelle était ma relation avec le tisroc actuel, et bien que je savais qu'elle n'était pas calormène, je doutais un peu. Je ne pourrais dire clairement et précisément ce que je pensais de lui, car les murs ayant des oreilles... mieux valait se méfier de l'eau qui dort. Je voulais néanmoins reprendre enfin la parole et éclairer un peu la lanterne de la jeune femme, et peut-être la mienne par la même occasion...
« C'est le tisroc. Il n'est pas né pour le devenir et n'aurait jamais du monté sur le trône. Jamais. » Je passais ma langue sur mes lèvres en cherchant les bons mots à employer avant de reprendre. « Je doute qu'il se rende compte de ce que je pense réellement de lui. Un espion n'est pas un forgeron ou un guérisseur. Un espion doit être digne de confiance. Il doit savoir obéir à son souverain et doit lui révéler tous les secrets des autres royaumes, les informations capitales à savoir. Faire office de messager. Je suis tout ça, Eden. Je l'ai toujours été d'ailleurs... pour le tisroc. Celui qui est né pour ce titre et qui le mérite. Celui qui s'est fait exilé car il a tué son propre père pour acquérir le pouvoir plus rapidement afin de gouverner. » Cela pouvait sonner de façon plutôt étrange, et donnait une image de Yoren assez barbare, tout en éloignant le sujet principal qui était Soren. Malgré tout, j'allais y venir, mais je tenais tout de même à passer par là.


« Yoren à tes yeux ne doit pas être quelqu'un de bien. C'est même sans doutes un tyran et un sauvage. Il est vrai qu'il ne s'agisse pas là d'un homme comme Soren, plus sage, niais et clément. Le problème vois-tu, c'est que la clémence condamne les gens à se faire encore plus de coups bas, de crasses et les tendances à voir des gens que l'on connaissait morts sont plus importantes. Yoren sait comment diriger ce royaume, il a été élevé pour cette fonction. Il est destiné à diriger. Soren non. Il pense pouvoir changer Calormen, en faire un endroit différent et préfère s'allier aux faibles, les pays qui ont le plus tendance à subir qu'à infliger. Toi et moi sommes différentes, tu ne dois pas comprendre ce que je te raconte, mais c'est une question de culture et de croyance. Je préférais déjà la façon de gouverner de Yoren avant de ressentir quoi que ce soit pour lui, et avoir des sentiments pour lui me pousse à haïr Soren. Je ne l'aimais déjà pas, à cause de cet exil et de sa prise de pouvoir... mais là c'est pire. » Peu rassurée, je revérifiais discrètement si quelqu'un traînait dans les parages, repérant un garde au loin en train de fouetter un esclave s'étant visiblement rebellé contre lui. Je ne pouvais pas agir à nouveau - du moins, si je le pouvais mais je ne le ferais pas - aussi je commençai à sentir une démangeaison dans mes mains. Je les secouais pour faire partir cette sensation désagréable qui devait être due au fait que je ne les avaient pas bougées depuis un moment sans doutes, puis je reposais les yeux sur Eden en me rapprochant un peu d'elle. « Ecoute... je ne sais pas si je pourrais rester ici longtemps, mais j'aimerai te dire quelque chose. » Baissant le ton de ma voix, je repris en tentant de rester discrète.

« J'ai perdu des gens qui m'étaient très proches aussi, frères et amis compris. Je serai peut-être un jour avec Yoren, mais même ça je n'en ai pas la certitude. Je ne sais finalement rien du bonheur et de ce que peut représenter une vraie vie, car je n'ai jamais été véritablement moi-même. Tu as pu te trouver, avoir Jem auprès de toi et voyager avec lui. Je sais que ça ne s'est pas bien passé du tout malheureusement, mais je ne peux rien faire pour changer le passé... mais je peux encore avoir un rôle à jouer dans le futur. Tu as connu le bonheur, et je suppose qu'en ce moment et depuis que tu es à Calormen tu ne dois plus le vivre, j'en ai conscience. Mais je veux t'aider. Je ne peux pas te laisser rester esclave ici, je ne sais pas exactement ce à quoi tu aspires mais je veux que tu puisses être heureuse à nouveau. Je sais qu'on ne se connait pas plus que ça, mais je tiens déjà à toi et je tiens à ce que tu saches que je ne suis pas comme ça avec les autres. Je ne te prends pas pour autant en pitié, je déteste ça et je suppose que toi aussi. Néanmoins je pense que toi et moi allons découvrir ou redécouvrir le bonheur. Mais je pense aussi que si on espère l'obtenir, nous devrons affronter ce qui nous arrivera main dans la main. Je suis espionne, j'ai des privilèges et aptitudes que les gardes et Soren n'ont pas. Tu n'es pas une esclave, tu ne l'as jamais été. Tu es intelligente et tu as beaucoup de volonté. Nous sommes peut-être différentes mais nous sommes également pareilles, et je sais que nous pourrions nous en sortir ensemble. »

Je m'arrêtai de parler pendant quelques instants, pressée par le temps et me persuadant qu'avec la chance que nous aurions, un garde allait finir par revenir par ici, puis je fermais les yeux en baissant la tête. Je tentais de remettre mes idées en place, puis aussi de laisser un petit moment d'adaptation à la jeune femme afin qu'elle ne soit pas trop chamboulée ou déboussolée peut-être par mon petit discours. Ceci étant dit, je décidais de reprendre, rouvrant les yeux et sentant les battements de mon cœur accélérer. Si je disais un mot ou faisais un pas de travers et qu'un esclave me dénonçait ou qu'un garde me voyait, j'étais condamnée. Et ça, il était hors de question que ça ne m'arrive. Je scrutais donc les environs en reprenant, en parlant encore un peu plus à voix basse. « Tu n'es pas obligée de me suivre au gré de mes paroles, d'accepter ou de m'écouter davantage. J'aimerai que nous trouvions et retrouvions notre liberté toutes les deux, et je suis persuadée que nous formerions une bonne équipe ensemble. Même si au fond, ce n'est peut-être pas le cas, j'ai envie d'y croire. Je ne devrais même pas te dire tout ça et je dois sans doutes te faire un peu peur mais tant pis. Je tiens à toi Eden, et je suis vraiment flattée que tu ais pu te confier à moi comme tu l'as fait, tu n'étais pas obligée de le faire... et je m'excuse alors si tu as cru être forcée de me répondre. Après tout, je t'ai parlé de Yoren et de ses méthodes, des calormènes... mais cela ne signifie pas que je n'ai pas de cœur. Je ne suis qu'une enfant du bas peuple, ayant grandit dans un port. Je ne suis et ne serai jamais supérieure à toi, nous sommes égales. »


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Eden J. Thoryse
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MessageSujet: Re: Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer [PV Vitani]   Jeu 7 Nov - 11:03







Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer
Eden J. Thoryse & Vitani Lu-Kah Dastan

Parfois, une histoire peut sembler sans fin. Quand je regarde en arrière je me dis que lui et moi aurions pu être juste des amis. Pourquoi pensais-je ça tout d’un coup ? Est-ce que cela aurait vriament changé quelque chose ? Peut-être serait-il encore vivant ? Quand j’ai le monde entier en face de moi je me dis que je ne veux pas rester seule pour toujours. Aujourd’hui j’avais décidé de l’être, car après tout j’aimais cette vie de bohème que j’avais toujours vécu, je me souviens quand tu me disais que peut-être on pourrait visiter le monde ensemble. J’avais juste préparé alors une vieille robe, on avait dit à nos amis, ceux qui représentaient notre famille, puis nous sommes partis, mais maintenant je suis toute seule. J’ai laissé derrière moi tous ce que j’aimais. Nous étions en chemin quand il m’a demandé pourquoi on s’aimait et j’ai répondu que c’était simple, la manière dont il m’aimait et dont il s’occupait de moi. Je voulais passer ma vie avec lui. Il me disait tout le temps qu’il fallait vivre le jour, qu’il ne fallait jamais regarder en arrière, mais foncer droit devant, parce qu’il n’y avait que lui et moi. L’aurais-je suivi ? Toute ma vie ? Aurais-je visité le monde avec lui ? Je pense que oui.

Qu’est-ce que vivre après tout ? Ca s’éteint, ça repart. Pourtant elle ne fait que commencer pour nous. Je pleurais parfois le soir dans mon lit, avais-je tout gâché ? Parce que j’avais perdu mon seul ami, mon amour. Si quelqu’un au dessus de nos têtes pouvait me pardonner de mes pêchés. « Ne m’abandonne pas » lui avais-je dis en pleure en le voyant mourir sous mes yeux. Je crois que je me détesterai jusqu’à mon dernier souffle. Mon cœur c’était littéralement brisé sans lui, il ne peut battre sans lui. J’avais tellement souffert d’avoir vécu cette vie pendant vingt années. Si je le voyais, j’aimerai lui dire que je suis désolée et que je l’aime. Depuis que j’étais ici je ne cessais de chercher des réponses parce que j’avais besoin de lui plus que tout. Douze pas solitaires sur les marches du Palais Royal, pour me rendre plus pauvre que je ne le suis. J’ai face à moi une montagne d’âmes perdues et abandonnés tout j’en fais partie. Pas un jour sans qu’il arrive que je pleure, comment peut-on se sentir si mal d’avoir vécu cette vie ?

Vitani semblait être une âme perdue tant qu’elle n’était pas proche de l’homme qu’elle aimait. C’était compréhensible, moi-même si Jem était encore vivant j’aurai le même état d’esprit qu’elle, je pense. Elle me dit que Soren avait beau être le Tisroc actuel, il n’avait pas sa place sur le trône, car il n’avait pas la tête à diriger cet immense royaume. Elle était persuadé que Yoren devait revenir au pouvoir. J’étais loin d’être sceptique, car après tout, malgré ce que les gens pouvaient dire à propos de Yoren, je ne le connaissais pas, donc je ne pouvais pas affirmer quel genre de personne il pouvait-être. Mais si Vitani me disait que c’était quelqu’un de bien je la croyais bien sûr, non pas naïvement, mais c’était ma nouvelle amie après tout, donc je devais lui faire confiance. « Il est vrai que les esclaves ne disent pas des choses très bien sur lui, mais je m’étais toujours dis qu’ils disaient cela car ils n’aimaient pas non plus leur vie et qu’ils voulaient se défouler sur quelqu’un, mais je ne comprenais pas pourquoi ils ne le faisaient pas sur Soren…Franchement, je ne connais pas Yoren et je ne suis pas le genre de personne à m’accrocher à des rumeurs et à des confessions douteuses ! ». Je lui disais clairement que je n’avais aucun avis à propos de Yoren.

En l’écoutant parler, l’envie de lui faire un câlin, de la consoler me rongeait terriblement. Je me reconnaissais à peu près dans ses paroles. Elle disait qu’on était à la fois différentes et semblables, mais je penchais plus vers le fait qu’on se ressemblait elle et moi. Certes, j’avais connu le bonheur dans ma vie grâce à Jem et j’en connaissais donc le goût, mais ma vie n’était pas forcément heureuse. Après tout, j’avais vécue dans la misère, j’avais perdue mes parents, tout. Je m’étais accroché à Jem, car c’était la seule personne que j’aimais. Maintenant il était partit et il ne reviendrait jamais. Une boule se forma dans ma gorge. Et à présent j’étais esclave dans un pays qui n’était même pas le mien. De toute manière, je n’avais pas de maison, j’avais nulle part où aller hormis voyager sans but comme un fantôme dans la vapeur. Je n’étais rien, je n’étais personne. Un corps sans âme, qui vagabonde par-ci par-là. Je n’avais aucun but dans ma vie hormis voir de nouveaux horizons. Quand je disais être une bohème c’était vrai, je n’avais pas de foyer, je n’avais rien. Je souris à Vitani, elle semblait vraiment vouloir m’aider. Je posais une main sur son épaule « Tu es gentille. Tu n’es même pas obligé de m’aider, moi la vulgaire esclave, pourtant tu veux le faire. Ecoute, je préfère que tu t’occupes d’abord de toi au lieu des autres, même si tes attentions sont bonnes. Mais maintenant que je te connais, je ne veux pas que tu m’aides à être heureuse si tu ne l’es pas aussi. Après tout, j’ai perdu cette source de bonheur et je ne pense pas la retrouver un jour. Je suis une âme perdue. Mais toi, tu peux encore être sauvé ! Je ne connais pas bien ta relation qu’il peut y avoir entre toi et Yoren, mais je suis sûre qu’un jour, il comprendra que tu es celle qu’il a toujours voulue avoir. ». Je regardais à présent dans le vide avant de retourner la tête vers Vitani. « Oui, peut-être on découvrira toutes les deux le bonheur un jour, même si pour ma part j’en doute. Mais je ne t’abandonnerai pas. J’ai déjà faites cette erreur avec Jem et je ne veux pas recommencer… » c’était peut-être un peu idiot de dire ça, surtout que je ne connaissais pas Vitani depuis bien longtemps, mais un sentiment au fond de moi faisait que j’avais envie de l’aider, que j’avais envie de l’aimer, je la regardais comme si je la connaissais depuis toujours. Oui, je crois vraiment que nous étions faites pour nous rencontrer. Un peu comme deux âmes sœurs, mais pas dans le même sens que le veut le terme.

Je lui souris. « Je suis loin d’être naïve pour une esclave. » dis-je en rigolant « mais je sais reconnaître les gens biens et tu en fais partie Vitani. Ca serait un grand plaisir de faire équipe avec toi, car je pense que nous sommes faites pour être amies et quelque chose me dit que nous avons un futur à partager. ».  



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Vitani Eshbaan
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MessageSujet: Re: Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer [PV Vitani]   Dim 17 Nov - 0:56






Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer.





Eden & Vitani
Dans un autre royaume, tout aurait été différent. Nous ne nous serions ainsi jamais rencontrées à vrai dire, puisque les autres royaumes avaient des domestiques ou des valets, mais pas Calormen. C'était le seul endroit au monde à avoir des esclaves. Le marchandage se faisait aussi sur les îles en revanche certes, mais ils arrivaient tous ensuite ici. Je le savais, j'avais pleinement conscience que nous devrions peut-être évoluer ou donner plus de libertés aux esclaves, leur donner une vie. Mais je n'étais personne, à quoi bon me battre pour une cause trop grande pour moi ? Et je ne voulais pas profiter de ma relation avec Yoren en me disant qu'un jour peut-être, il pourrait changer tout ça. Je n'en avais pas l'intention, ce n'était pas à moi de changer les choses, de gouverner. J'aimais un homme avant d'aimer un membre de la famille royale...

Eden ne me faisait pas pitié, mais j'avais de la peine pour elle, en temps qu'être vivant avant même de songer à son statut. Je n'aimais pas sa façon de parler d'elle, d'être aussi pessimiste. Mais pouvais-je lui en vouloir ? Elle avait définitivement perdu celui qu'elle aimait, et c'était à cause de mon pays, d'hommes que je croisais presque chaque jour. Sous les ordres de cette pourriture qui se prenait pour ce qu'elle n'était pas. Les choses devaient changer, et elles changeraient. Il était hors de question que tout ça reste comme ça. Je n'allais pas défendre les droits de tous les esclaves et j'avais pourtant conscience que la plupart ne venaient même pas du désert, mais j'avais déjà mes propres problèmes à régler. Eden, c'était différent. Pourquoi ? Je ne le savais pas vraiment, à vrai dire... j'aurai pu aller parler à quelqu'un d'autre, arriver lorsqu'elle travaillait. Il fallait croire que c'était le destin, et il avait finalement bien fait les choses.

Mais je ne comprenais toujours pas. Pourquoi régler mes soucis et ignorer les siens ? Je n'étais pas comme ça. C'était un peu comme avec Yoren, même si je savais qu'il était en sécurité dans la demeure de son ami et allié, je ne pouvais pas supporter la simple idée de ne pas le savoir à la place à laquelle il devait être. Je pensais d'ailleurs déjà ça avant de savoir que j'éprouvais quelque chose pour lui de plus fort encore que le respect et la loyauté que je lui vouais. Mais à trop penser à lui, encore une fois, j'eus l'envie immédiate de partir pour Telmar. Mais à quoi bon ? Je ne savais même pas à quoi se résumait notre relation. Soupirant légèrement et un peu agacée à cette pensée, je me focalisais sur ma nouvelle amie. J'avais du mal à croire que nous nous connaissions « à peine » d'ailleurs... tout se passait à une vitesse presque affolante, mais cela ne m'effrayait même pas. Après tout, j'étais bien tombée amoureuse d'un homme lors d'un bal masqué...


« Tu n'es pas et n'as jamais été une vulgaire esclave... »

Je la laissais continuer de parler, mais j'aurai aimé simplement lui prendre la main et l'emmener loin d'ici. Peut-être même à Telmar avec moi, mais cela était impossible. Rien n'était simple, rien ne l'avait jamais été. J'avais assisté à la mort de membres de ma famille lorsque j'étais enfant, j'avais perdu un ami proche lors d'un naufrage, j'étais amoureuse de quelqu'un que je ne pouvais probablement pas avoir et je voulais aider une personne qui méritait tellement mieux que la vie qu'elle vivait aujourd'hui. Cependant certaines de ses paroles me touchèrent vraiment et m'allèrent droit au cœur, elle était tellement adorable... je ne savais pas comment j'allais pouvoir la quitter maintenant. Je posais ma main sur la sienne en guise de réconfort avant de reprendre la parole. « Toi et moi nous sommes bien trop jeunes pour être aussi malheureuses et pour songer au fait que la vie que nous menons est ce que nous pouvons avoir de mieux. »

Voyant un esclave se faire crier dessus par un garde, je relâchais la main de Eden avec douceur puis me relevait. Je devais partir, j'étais restée trop longtemps malheureusement... « Je dois te laisser, je ne sais pas quand nous nous reverrons donc je vais être rapide... » Je me rapprochais d'elle pour parler à voix basse en m'assurant qu'elle entende. « Tu seras libre. Je ne peux pas te promettre quand, mais je ferais tout pour que tu le sois. Nous pouvons être heureuses toutes les deux en même temps, et tu pourras avoir ta liberté quand je l'aurai, si Yoren accepte de m'écouter... et si il ressent vraiment quelque chose pour moi. Je ne t'abandonnerai pas Eden. » Je m'éloignais un peu d'elle, sachant que je ne pouvais pas même faire un geste vers elle sans qu'un garde ne le remarque... alors je fis mine de me baisser pour ramasser quelque chose histoire de gagner quelques secondes.

« J'ai été ravie de faire ta connaissance en tous cas, et je peux t'assurer que nous nous reverrons bientôt. » Je lui adressais un clin d’œil avant de me relever et de quitter les lieux, sans trop savoir exactement où j'allais.


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Je crois que nous étions faites pour nous rencontrer [PV Vitani]

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