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 Fall fall the rain...

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Jacen Deynor
Prince d'Archenland
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MessageSujet: Fall fall the rain...   Mar 20 Aoû - 12:42

Les eaux du lac étaient calmes. On en voyait le fond tant c’était propre et pâle. Les poissons nageaient tranquillement, sans se préoccuper de quoi que ce soit d’autre. La végétation aquatique s’épanouissait dans cet environnement paisible. Rien ni personne ne venait les déranger, les couper ou les tuer par erreur. Lorsqu’on nageait dans ce lac, on prenait garde à ne pas trop effrayer les poissons ou à ne pas toucher les algues. Tout le monde était donc heureux dans le meilleur des mondes. Sous l’eau, comme au dessus.

Des saules pleureurs, des arbres en tout genre entouraient le bassin de leurs feuilles, leurs troncs. Les branches des saules tombaient légèrement dans l’eau, créant parfois des sortes de pont végétal. C’était si beau. Et lorsqu’ils étaient en fleurs, ces arbres, ça n’en était que plus merveilleux. Il y avait des couleurs diverses, comme un arc-en-ciel gigantesque. L’herbe tendre et coupée assez court faisait un lit presque parfait pour les solitaires ou les amoureux en quête du paradis sur terre. S’allonger et ne plus penser à rien, quelle joie. Le paysage était radieux, ajoutant encore au bonheur de ce trouver sur les lieux les jours de grand soleil.

Sinon, dès que la pluie faisait son apparition, tout le monde désertait, préférant le palais ou les maisons. A Narnia, ce lac était très prisé donc, à part quand la surface de l’eau était ridée par une goutte qui y était tombée.

Ce jour là, il pleuvait. Le printemps avait son lot de beaux jours, et de mauvais jours. Aujourd’hui la pluie s’était invitée certes, mais demain peut-être ferait-il beau.

Il n’y avait personne dans le parc. Les barques étaient toutes rangées soigneusement près de la rive. Dans l’esprit des gens, il n’y avait pas un seul fou pour ramer sous la pluie, prenant le risque d’être inondé. Enfin, c’était sans compter sur une personne : Jacen.

Le prince était à Narnia pour voir Edmund, son cher ami. Ce dernier étant sans doute occupé pour le moment, le jeune homme avait décidé de faire un tour dans les jardins, sans vraiment s‘inquiéter de savoir si le roi était disponible ou non. Mal lui en prit peut-on penser. Mais lui n’en avait que faire du temps. Il se sentait mal, triste et comme abandonné.

Il repensait à son enfermement de deux jours il y a un moment, suivi par une semaine sans parler ni voir personne. Certes les gens s’étaient interrogé sur la raison de ce mutisme, néanmoins, aucun n’a posé de question au prince, se trouvant de toute façon face à un véritable mur.

Jacen n’avait pas oublié ce qu’il s’était passé lors de l’invasion Calormène. Soren Eshbaan avait mutilé et tué de nombreux gens. Lui, ses soldats, son frère, peu importe, le garçon détestait les Eshbaan et il en venait à souhaiter la mort de Calormen. Ce royaume à ses yeux ne valait rien et ne faisait que semer la mort et répandre la misère partout ailleurs. Les esclaves y étaient peut-être plus nombreux que les citoyens.

Le jeune homme observa longuement l’eau, songeant à y sauter et s’y noyer. Mais, ça ne ferait rien avancer, ça ne servirait à rien. Avisant le palais à sa droite, il décida de s’en éloigner le plus possible, ne prêtant pas l’oreille aux paroles du garde qui lui recommandait de prendre quelque chose pour se couvrir, à moins qu’il ne désire mourir de froid avec une simple tunique. Insolent, il lui jeta un regard noir avant de marcher, descendant vers le lac, disparaissant du champ de vision du soldat. Qu’est-ce qu’il en avait à faire de tomber malade ? Rien en effet.

Arrivé sur la berge, il poussa une barque avant de sauter dedans, la faisant bouger et effrayait du même coup les quelques poissons qui barbotaient par ici. Indifférent à la pluie qui mouillait son visage et le reste de son corps, il s’allongea, mains sous la tête, au fond de son embarcation.

Bientôt, il fut complètement trempé, mais cela lui importait si peu qu’il fit comme si de rien n’était. Mourir, vivre. Après tout, il n’en avait plus rien à faire. Son sort ne l’intéressait plus. Pour lui, il était déjà mort. Son corps était là, bougeait et vivait, mais son esprit n’était plus vraiment de ce monde. Depuis la mort d’Eliane, il ressemblait à un mort-vivant, il n’avait plus goût à rien et il essayait vainement de se convaincre du contraire en côtoyant quelques demoiselles. Rien n’y faisait et Jacen s’était fait une raison, décidé à présent à se la couler douce, sans rien attendre des autres. C’était ce qu’il y avait de mieux à faire maintenant.

A la dérive, il vit la berge se rapprocher. Ne ramant pas et laissant la barque aller là où elle voulait, il était persuadé de rester au beau milieu de l’eau, inaccessible et tranquille. Mais apparemment, le destin, le hasard ou Aslan qui sait, en avait décidé autrement. Déjà il entendait des bruits de pas se rapprochant de lui et il était certain qu’il serait abordé. Tout ce qu’il voulait à cet instant, c’est que l’autre n’essaye pas d’entamer une conversation et lui fiche la paix. Pourvu surtout qu’il ne s’agisse pas d’une de ces personnes absolument fan de lui. Le prince, bien que d’ascendance royale et profiteur de son statut, se voyait comme un homme normal, qui ne méritait pas plus qu’un autre tant de ferveur de la part des habitant de Narnia et d’Archenland.

Il ne dit rien, se disant que peut-être l’autre comprendrait qu’il ne voulait pas parler. A personne.

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MessageSujet: Re: Fall fall the rain...   Jeu 22 Aoû - 16:58


    Par chance, j'avais réussi à me défaire de quelques occupations royales aujourd'hui, car je m'en étais occupé hier. J'avais passé une journée particulièrement longue et un peu éprouvante, mais après une bonne nuit de sommeil, je m'en étais presque bien remit. J'avais passé la matinée cependant à éviter de faire le tour du château sans but précis, essayant d'éviter les domestiques au mieux. Je n'avais pas envie de voir les gens s'inquiéter pour moi, comme ils l'avaient fait ces derniers mois, depuis la guerre, depuis qu'il était partit. Maintenant c'était au tour de Susan, et bien que j'ai toujours l'espoir de la revoir, je vivais aussi dans cette peur constante de ne jamais la revoir ou d'apprendre un jour sa mort. Je surveillais Lucy du mieux que je puisse, et nous nous arrangions pour rester unis durant son absence. Il fallait éviter la période de dépression et d'auto destruction de notre famille, je l'avais traversée une fois et je ne comptais pas la revivre à nouveau, il en était absolument hors de question. Jamais.

    Voyant quelques personnes arriver au loin, je fis un petit détour par la bibliothèque qui se trouvait au détour d'un couloir à ma gauche et fonçait m'y abriter quelques minutes, le temps de laisser passer les gens. Je n'avais pas envie de parler, je n'avais pas envie qu'on se soucie de moi ou qu'on cherche à me comprendre. J'étais à nouveau à peu près bien et je comptais le rester. Parce qu'au fond, souvent, les gens qui prétendaient le plus s'inquiéter pour vous s'avéraient être ceux qui vous aidait le plus à vous auto détruire. Je refusais par exemple de retomber amoureux, car c'est ce qui était arrivé. Je ne pensais plus trop à elle, elle m'avait fait  trop de mal et n'en valait pas la peine. J'essayais de m'en convaincre toutefois, bien que parfois je me demandais si elle était partie de son plein gré ou si elle s'était faite kidnappée... Je ne savais pas quoi penser de cette histoire, mais les sentiments amoureux étaient trop emplis de prises de tête et je me faisais la promesse d'éviter à tout prix ce sentiment, une fois encore.

    Je me rapprochais de la fenêtre de la bibliothèque, puis regardais la vue qui s'offrait à moi, surplombant le lac. La pluie battait son plein, aussi je présumais que si je décidais de sortir dehors pour le reste de la journée, je finirais trempé jusqu'aux os... mais également que je ne croiserais personne de dérangeant ou de trop soucieux, ni que l'on me reconnaîtrait forcément. J'entendis quelqu'un refermer un livre, non loin de moi et je tournai la tête, sursautant. Bien évidemment, je n'avais pas pu me retrouver seul dans cette pièce... mais ce n'était qu'un vieil homme cartographe qui cherchait sans doutes des informations sur les différents endroits du monde dans lequel nous nous trouvions. Il m'adressa un sourire en s'inclinant avant de reprendre ses occupations. C'était apaisant finalement, de ne pas toujours être assailli de questions ou de regards emplis de pitié ou de tristesse. Enfin, ça n'arrivait pas à longueur de temps mais c'était tout de même agaçant. J'étais roi, je ne pouvais pas passer mon temps à me faire plaindre non plus, je détestai ça et j'avais grandi. Chaque jour je changeai un peu plus, m'assagissant et en prenant un peu plus encore mon rôle à cœur.

    Puis finalement, je sortis de la pièce, croisant un domestique affolé qui me fonçait justement dessus. Il m'avertit alors que le prince archenlandais se trouvait près du lac et semblait ne pas être très bien. Je le remerciai de l'information puis attendit qu'il parte avant de chercher une cape à cagoule bleue marine, rejoignant ainsi mon meilleur ami au lac. Une fois à proximité de lui, je remarquais qu'il était dans une barque qui se rapprochait de la berge, et sans trop comprendre je me rapprochais, fronçant les sourcils. Sans dire un mot, je m'asseyais sur le rebord de la barque, le regard posé sur lui quelques secondes, avant de le reporter vers le large.
    « Je peux monter avec toi ? » [i]Je laissais quelques instants à Jacen pour remarquer que c'était moi, puis tournai le regard vers lui avec un mince sourire. Je n'avais pas vraiment envie de parler, mais je voyais qu'il allait mal et je ne savais pas si ma présence le dérangerait. Bien que je n'aimais pas qu'on agisse de la sorte avec moi, je poussais un soupir avant de redresser un peu mon ami, prenant les rames et grimpant dans le canot. Je commençai alors à m'éloigner du coin de terre qui nous entourait avant de reposer les yeux sur Jacen.

    « Qu'est-ce-que tu prévoyais de faire aujourd'hui ? La pluie ne semble pas te déranger en tous cas. »
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Jacen Deynor
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MessageSujet: Re: Fall fall the rain...   Ven 23 Aoû - 11:09

La pluie le calmait. Il se sentait comme qui dirait serein en voyant l'eau tomber sur son visage, mouiller ses vêtements et faire des petits flocs sur la surface de l'eau, provoquant une onde qui se propageait avant de mourir, simple souvenir dans la mémoire d'un homme. S'il devait mourir quelque part, Jacen aimerait se noyer dans un lac. Ou même dans l'océan qui bordait la côte est. Au moins, il serait dans son élément et personne ne pourrait le retrouver, allongé sur le sable fin, dissimulé par des rochers ou des algues. Alors certes, il avait des pensées sordides et assez étranges pour un jeune homme de vingt ans, mais il avait déjà vécu pas mal de choses, certaines qui étaient connues de tous, d'autres dont il ne parlait jamais, ou très peu.

Les nuages au dessus de lui avaient des formes diverses. Certains étaient plus foncés que d'autres et semblaient être des tâches au milieu d'une étendue ni blanche ni noire. Parfois, on voyait un petit morceau bleu avant qu'il ne disparaisse, avalé par la pluie.
Voyant les moutons du ciel, le prince repensa à des moments passés, avant la guerre, avant l'invasion, avant le drame. Il revoyait l'unique personne qui comptait à l'époque, allongée dans l'herbe à côté de lui tandis qu'il lui prenait doucement la main. Elle avait accepté le jeune homme tel qu'il était, et avec sa réputation très connue désormais. Elle n'en avait rien à faire, elle passait beaucoup de son temp libre avec lui, et lui avec elle. Et à présent, la fille avait rejoint le roi et la reine au pays d'Aslan. Jacen n'avait jamais pardonné à son père d'avoir abandonné, et à Soren Eshbaan d'avoir ainsi pris son pays comme un jouet. Son royaume mais également son peuple. Et une personne en particulier.
Aujourd'hui, il n'en parlait guère plus, refusant de révéler l'existence de sa dame. Tout le monde le prendrait en pitié, prétextant qu'au pays d'Aslan elle était en paix.

Un jour, un garde lui avait dit cela, peu de temps après la mort de la fille d'ailleurs. Il était le seul à qui Jacen avait parlé, croyant que cela le soulagerait. Mais, entendant ces mots, le prince archenlandais était entré dans une colère noir et avait bien assomé le garde avant de l'envoyer dans une autre région, loin du palais, loin de lui.

Lorsque la baque fut suffisemment proche de la berge, il entendit les bruits de pas tout proches, puis un instant de silence avant que l'inconnu ne s'asseye sur le bord. Jacen ne leva pas les yeux. Le son de la voix lui était bien trop familier pour qu'il ne le reconnaisse pas. Son meilleur ami.
Bien qu'il l'apprécie énormément, il était mal tombé et risquait de ne pas avoir beaucoup de réponses. Quoi que. Il fallait bien qu'il parle un peu. Et puis, Edmund n'était pas le genre à crier un secret sur tous les toits.
Sans attendre l'accord de Jacen qu'il aurait de toute façon obtenu, le roi monta dans la barque, poussant le jeune homme à se redresser avant de prendre les rames et quitter le bord du lac afin de revenir plus au centre.
Ils regardèrent un instant avec que le prince blond ne détourne le regard vers le fond de l'eau. Ce qu'il prévoyait de faire ? Bonne question.

- Pas grand chose. Je comptais broyer du noir comme à mon habitude... C'est dur de revenir dans les fêtes au palais quand on s'est enfermé une semaine.

Doucement il entra sa main dans la poche de son pantalon pour en sortir un pendentif : une petite fée en cristal avec une pierre bleue au niveau de son coeur. Peut-être n'aurait-il pas dû regarder l'objet. Une larme, puis deux coulèrent de ses yeux avant qu'il ne les essuie d'un geste rapide de la main. Il s'excusa auprès d'Edmund. Son meilleur ami était là, et lui il ressassait le passé comme s'il s'était déroulé hier. Mais, la douleur causée par la mort de sa douce était encore vive et bien présente dans son coeur. Être un coureur de jupons l'avait préservé d'un véritable amour et d'une telle douleur. Et puis ça lui était tombé dessus.
Il renversa la tête en arrière, préférant éviter le regard qu'il pensait compatissant du roi de Narnia.

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MessageSujet: Re: Fall fall the rain...   Dim 25 Aoû - 18:00


    Il paraissait évident que Jacen ne se sentait pas bien, mais bien que je le comprenne et le soutienne comme à mon habitude, je ne comprenais pas d'où venait sa peine. Pourtant, plus je me posais la question, plus cela me semblait évident. Il n'était pas comme ça que depuis quelques jours ou uniquement aujourd'hui. Il allait mal depuis des mois. Le problème seulement, c'était qu'il ne se confiait pas facilement, même si j'étais son meilleur ami, je me devais de fouiller un peu dans mes souvenirs voir si je ne trouvais pas quelque chose qui puisse me permettre de mener l'enquête à ce sujet. S'était-il disputé avec Jace ? Je ne connaissais pas leur relation à merveille dans les circonstances ou ce qui se passe en famille reste généralement en famille, je ne savais pas plus leur passé d'ailleurs. Mais cela ne semblait pas être un problème en rapport avec son frère... alors peut-être avec une fille ? Il semblait ne pas s'attacher pourtant aux jeunes femmes qu'il aimait courtiser. Pourtant il devait bien y avoir quelque chose... Comme il ne s'intéressait pas énormément au pouvoir ni aux devoirs qu'un roi peut avoir - puisque de toutes façons il était prince - cela ne semblait pas plus concerner les affaires de son pays. Alors quoi ?

    J'écoutais sa réponse avec attention, tentant d'y déceler quelque chose, un indice, n'importe quoi. Au moins il avait le mérite d'être honnête en disant qu'il comptait broyer du noir pour le restant de la journée... il semblait bien évident que la pluie n'apaisait pas toujours les mœurs mais réveillait les douleurs que l'on se défend de ressentir parce que celles-ci sont justement trop... douloureuses. Je ne dis pas un mot, n'aimant pas parler pour rien dire, sauf si je n'avais pas le choix ou que ça pouvait permettre d'en tirer quelque chose. Aussi je gardais les yeux rivés sur Jacen quelques instants, à la recherche d'un geste, une parole ou d'un moyen quelconque de savoir ce qui clochait. C'est alors que l'archenlandais sortit un objet de sa poche, ça ressemblait à un pendentif. Je tentais d'observer clairement de quoi il s'agissait, bien que la pluie m'empêchait d'avoir une bonne visibilité. A première vue, il s'agissait d'un petit objet en cristal. En bougeant un peu pour m'asseoir un peu mieux dans la barque - ce qui était surtout un moyen détourné de distinguer la forme du bijou - je regardais autour de nous puis ramais assez pour que nous soyons éloignés de Cair Paravel. Je sentis soudain que la pluie devenait plus forte, et je finis par lancer un regard peiné sur Jacen.

    Il semblait avoir froid, mais ne semblait vouloir d'aucune aide, peut-être pas même de la mienne. C'était normal, lorsque j'allais mal, moi non plus je ne désirais personne pour me faire la leçon ou me laisser parler deux heures avant de me dire que la roue tournait ou que les choses iraient mieux ou bien encore que ce qui était fait était fait. Non, le remède principal à nos peines était le temps. Avec le temps, nos idées, nos projets, nos relations et notre vie change suffisamment pour que l'on soit préoccupé par autre chose que par ce qui nous hante... mais cela ne signifie pas que nous ne souffrons plus. Nous souffrirons sans doutes toujours. Parfois nous pourrons aller bien pendant des mois puis un détails, comme un objet, un souvenir ou une parole peut nous refaire sombrer, temporairement du moins. C'était la vie. Après tout ce que j'avais vécu, je me disais que malgré tout, j'étais vivant et que j'avais toujours mes deux sœurs... plus ou moins. Peter n'était plus là, mais sa tombe et son corps si. Tournant la tête vers la surface de l'eau où les gouttes tombaient, je finis par me souvenir du pendentif et l'observais un peu mieux, remarquant qu'il s'agissait d'une fée. Susan. Cela ne faisait que quelques minutes que je n'y avais pas songé, mais il fallait croire que mes pensées s'avéraient un peu trop exactes et étaient un peu trop... proches de la situation que nous vivions. Nous voilà donc, deux âmes en peine dans une barque au milieu d'un lac sous une pluie battante.


    « Pourquoi es-tu resté enfermé une semaine ? Tu évitais quelque chose, comme un endroit, quelqu'un ? »

    Peut-être que mes questions allaient frapper là où ça fait mal, peut-être même qu'il voudrait me pousser de la barque pour me faire taire si je me remettais à le questionner car je l'importunais. Je ne pouvais prédire les réactions de Jacen, car tout comme moi il demeurait imprévisible. Tout comme moi, il avait un peu été l'élément perturbateur dans sa famille, car il n'était pas censé avoir les responsabilités de son frère aîné, et tout ce qui allait avec. Nous étions pareils sur de nombreux points mais nous étions également très différents. J'aurais très bien pu demander par un quelconque procédé magique à ce qu'on ramène Peter à la vie. Je ne l'avais pas fait car même si je savais que Susan et sûrement Lucy en seraient extrêmement ravies, pour ne pas dire plus, il ne fallait pas jouer avec la magie, surtout quand elle s'avérait être aussi puissante. De plus, Aslan nous avait lâchement abandonné après toutes ces années, pas une seule fois nous ne l'avions revu. J'avais envie de croire encore en lui, mais à quoi bon ? Même Lucy ne semblait pas l'avoir vu. Il n'avait pas été là pendant la guerre. Il n'était pas là, avec Lucy et moi. Il n'était sans doutes pas plus avec Susan. Où était-il ? Que faisait-il ? Ne comprenait-il pas que nous avions besoin de lui ? Nous aurions aussi pu avoir besoin de Peter... mais même si je me sentais toujours mal au fond, à cause de sa perte, je n'imaginais pas la vie avec lui désormais.

    Non pas que je ne veuille plus jamais le revoir... il s'agissait plutôt du deuil. Il ne serait jamais plus des nôtres à présent. Cela ne servait à rien de se prétendre le contraire. Je posais les rames, puis désignais du menton le pendentif à Jacen.
    « Je ne savais pas que tu aimais les fées. Il était à toi ? »
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Jacen Deynor
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MessageSujet: Re: Fall fall the rain...   Mer 28 Aoû - 22:31

La pluie redoubla d'intensité, mouillant Edmund et Jacen. Frigorifié, le prince ne ressentait pourtant pas vraiment la morsure du froid. Il était trempé mais ç l'intérieur, sec comme des dunes. Son regard vide fixait l'horizon, le fond de l'eau et plus récemment, le pendentif. Il portait un lourd secret et il savait bien que son ami lui poserait des questions, il avait tendu le bâton pour se faire frapper. A lui d'assumer. Peut-être cela le soulagerait-il, de savoir son histoire bien gardée. Edmund ne parlerait jamais, ça il le savait, surtout en entendant une telle chose. Mais est-ce que lui était prêt à la raconter ? A vrai dire il n'en était pas très sûr, et il sentait son courage fondre chaque seconde passant. Le ciel gris qu'il observait à présent ne l'encourageait en rien.

Les questions arrivèrent. D'abord le naturel pourquoi. Puis les dérivés. Avait-il évité quelque chose ? Tout et n'importe quoi. La liste serait si longue. Il n'y avait rien à dire en vérité. Il n'avait juste pas eu envie de voir des gens. Il n'y avait qu'une personne qui aurait pu lui remonter le moral, hélas elle n'était plus de ce monde et était justement la cause de son enfermement volontaire. Beaucoup se disent que la vie a été injuste avec eux, qu'ils n'avaient pas mérité cela. Jacen aurait pu prétendre ça et passer l'éponge mais au contraire de certains, il savaient une chose : la vie est injuste, c'est un fait qu'il serait sage de ne jamais oublier, afin de ne pas se perdre dans des illusions, des rêves qui ne se réaliseraient que la nuit, lorsque dans le sommeil nous partons pour un monde qui n'appartient qu'à nous.
Lentement il posa son regard neutre sur le collier, ne pensant qu'à la personne qui lui avait offert. Il se prenait à revoir cette fille, unique à ses yeux, tournoyant sous les feuilles mortes avant qu'il ne la rejoigne, prenant ses mains comme pour faire une valse. Tous deux étaient souriants à cette époque. Mais aujourd'hui, tout avait changé et repenser à ces moments heureux le rendaient plus triste qu'autre chose.

Le bruit des rames que l'on pose sur le bois de la barque ramena Jacen à la réalité. Revenir sur terre le dérangeait. Il était si bien, dans ses songes, plongé dans le passé où si il restait un moment, il finissait par croire que c'était la réalité et se prenait à sourire, joyeux comme avant.
Si il aimait les fées ? Cette question autrefois ne s'était pas posée à lui. L'important c'était que l'objet plaise à sa belle, tout simplement. Certes il l'avait trouvé beau, comme elle, mais rien de plus. Il avait retrouvé dans ce cristal la fragilité et la beauté de sa douce, et il n'avait pu résister à l'envie de lui offrir, en gage de son amour.
Il ferma les yeux, oubliant tout autour de lui, jusqu'à son meilleur ami qu'il ne voulait cependant pas vexer ou quoi que ce soit.

C'était le printemps. Les arbres en fleurs, la verdure qui revient. La neige qui fond et le soleil qui réchauffe. Il n'y avait plus belle nature que celle-ci, aux yeux du prince. Rien de plus beau, à part une chose, ou plus exactement une personne. Magnifique, plus belle que la lune, plus rayonnante que le soleil. Pour lui elle était tout. Pendant quelques semaines, quelques mois, ils avaient appris à se connaître, puis à s'aimer. Comme dans les feuilletons à l'eau de rose, sauf que dans ce cas là, il n'y avait pas d'ennuis. Juste un : un prince ne pouvait malheureusement pas épouser une fille de bûcheron, c'était contre l'étiquette. Et bien qu'il ne soit pas spécialement destiné à monter sur le trône, l'étiquette restait l'étiquette.

Le printemps donnant des pulsions romantiques à Jacen, il avait parcouru une bonne centaine de boutiques à la rechercher d'un joli cadeau à faire à sa belle. La dernière boutique fut celle d'un bijoutier. Il ne savait pas trop pourquoi mais son regard avait immédiatement été attiré par un collier magnifique. La fée en cristal avec un saphir sur le coeur. N'hésitant pas une seule seconde, il l'avait payé avec son argent et était parti à la recherche de sa douce.
C'était son anniversaire ce jour là et en guise de remerciement, elle l'avait tendrement embrassé. Tous deux étaient plus qu'heureux d'être ensemble, réunis sous les arbres et le vent.

Elle le portait tout le temps, même la nuit selon ses dires. Jacen lui faisait confiance et l'aimait trop pour douter. Ce n'est donc pas pour cela qu'il avait gagné sa maison tôt le matin. Le prince s'attendait à entendre des poules ou d'autres trucs de ce style, mais à son arrivée, le silence lui glaça les sangs.
Poussant la porte de la maison, l'épée tirée, il observa le sol. Ce qu'il vit alors lui avait presque arraché un cri de douleur. Du sang. Le père avait été décapité, la mère égorgée. Les petits frères et soeurs étaient pendus ou poignardés. Un vrai carnage. Soren et ses hommes étaient des monstres. L'invasion Calormène s'était faite dans le sang et les cris, mais jamais, ô grand jamais il n'aurait imaginé qu'ils se seraient enfoncé dans la "campagne" Archenlandaise.
Fou de chagrin, il s'était jeté sur sa belle, respirant encore difficilement. Elle avait une profonde entaille au niveau du ventre. Vouée à mourir. Jacen l'avait prise dans ses bras, refusant de trop pleurer devant elle. Parfois, nos volontés ne sont pas écoutées. Elle avait juste eut le temps de lui dire combien elle l'aimait, d'entendre ses paroles d'amoureux et de lui redonner le pendentif, les mains en sang et les larmes aux yeux. Puis plus rien. Le prince avait hurlé, de peine, de rage et de désespoir. Elle était depuis un moment sa seule raison d'être. En même temps qu'elle il était mort.

Le collier, il l'avait nettoyé, sur les lieux mêmes avant d'enterre sa douce. Puis il était parti, le poing serré.


Les volontés ne sont pas toujours écoutées non. A nouveau il sentait quelques perles rouler sur ses joues. Il était un homme certes, mais un homme malheureux. Une douleur au coeur ne disparaît jamais.
Ses yeux se plantèrent dans ceux du roi, et on pouvait y voir de la haine et de la tristesse, une profonde tristesse.

- Non... il était à... à Eliane. Je l'aimais Edmund. Je l'aimais de tout mon coeur. Elle m'a été arrachée.

Il serra ses mains autour du précieux objet, les genoux tremblants.

- Je lui avais offert, pour son anniversaire. Et pendant que Soren prenait tranquillement nos terres, ses hommes on ravagé mon pays. Ils l'ont tué ! D'un bon, il se dressa dans la barque, ayant plus l'envie de casser le nez de Soren qu'autre chose. Elle me l'a rendu avant de mourir. Elle était si belle... j'étais fou Edmund, fou de chagrin. C'est pour ça que je me suis enfermé. Je ne voulais voir personne. Je voulais juste mourir et la rejoindre. Mais ça ne sert à rien.

Il se rassit, lentement, se laissant presque tombé. Pour quoi il allait passer ? Pour un jeune homme qui a perdu celle qu'il aimait. Maintenant, que le roi de Narnia parle ou non ne lui ferait rien. Seul le temps soignerai à peu près sa blessure, mais se sentir épaulé par son meilleur ami lui ferait peut-être du bien. Il n'en savait rien.

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