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 « Never say goodbye. »

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Susan Pevensie
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MessageSujet: « Never say goodbye. »   Sam 28 Déc - 4:45



Susan & Braethan

Never say goodbye because goodbye means going away and going away means forgetting.

J’étais dans la forêt, sous la neige. Je marchais. Ou allais-je ? Je n’en sais rien, si ce n’est le plus loin possible. Je devais marcher jusqu’à ce que mes jambes ne puissent plus me supporter, puis, je devrais marcher encore. Comment en étais-je arrivée là ? Je posais doucement ma main contre le tronc d’un arbre pour reprendre mon souffle, pendant que le cours des évènements me revenait en mémoire.
Je me souvins que Frost fut bon avec moi pendant quelques mois, dans son château j’étais respectée et bien traitée, pas comme à Telmar. Toutefois, je ne pouvais être heureuse loin de ma famille, loin de mon amour. L’Empereur dû s’en apercevoir et j’eu l’impression que cela le blessait aussi, pour une raison que j’ignorais totalement. Il voulait m’aider, il voulait que je rentre chez moi, il voulait me libérer. Mais il ne pouvait pas à cause de son pacte que le roi Edwin. Il eu alors un plan, je devais faire comme si je m’étais enfuie. Il ne me pourchasserait pas mais en contre partie je devais me retrouver seule, sans aide, sinon Edwin le saurait. Je devais faire comme si je m’étais vraiment enfuie. Au début, cette idée ne me faisait pas peur, je me sentais capable d’y arriver, je le savais au fond de moi, j’espérais trouver cette force. Alors, un jour, l’Empereur m’offrit un manteau très chaud en fourrure blanche, des gants épais, un petit sac contenant de quoi me nourrir pour quelques jours puis m’ouvris les portes du château. Je le remerciais pour sa clémence avant de pénétrer cette forêt enneigée et semblant s’étendre à perte de vue.

J’étais parti depuis plusieurs heures déjà et le temps commençait à s’assombrir, la nuit tombait à présent. Quelle folie d’avoir accepté ce plan. C’était du suicide, je m’en rendais compte à présent. Je marchais dans cette forêt glacée et silencieuse, espérant arriver près de la frontière narnienne à Ettinsmoor en quelques jours. Quelle stupide fille j’étais. Comment pouvais-je être certaine que j’empruntais la bonne direction ? Comment savoir si je ne tournais pas en rond ? Soupirant, je finis par me laisser glisser sur le sol glacé. Une lumière vive et un tintement de carillon me rappela que Clochette était avec moi. Au moins, je n’étais pas seule. Elle était avec moi. Je lui souris doucement et tenta de la rassurer, il fallait que je me nourrisse. Ouvrant le petit sac que j’avais emporté, je sortis une grosse miche de pain que je commençais à manger. Clochette utilisa sa magie pour m’envelopper d’une sorte de bulle pouvant me protéger du froid. J’étais bien à présent et je retrouvais doucement espoir. J’allais m’en sortir, oui il le fallait. Je le savais.

Je repris la route le lendemain matin. J’avais du mal à marcher à un rythme soutenu puisque mes pieds ne cessaient de s’enfoncer dans la neige et je manquais de trébucher à chaque pas. J’enviais les ailes de Clochette, en volant j’irais certainement plus vite et je serais moins exténuée. Je m’essoufflais rapidement et je faisais de très nombreuses pauses. Marcher dans la neige me glaçait jusqu’aux os, j’avais du mal à marcher et pire encore, je doutais de la direction à prendre. J’avais eu l’impression de marcher toujours droit devant moi depuis mon départ du château, mais cette forêt était tellement dense que je pouvais facilement revenir sur mes pas sans m’en rendre compte. J’essayais de penser à Jace, Edmund, Lucy et tout ceux qui étaient restés à Narnia, je devais y arriver, je devais m’en sortir. Oui, j’y arriverais.

J’ai cessé de compter les jours quand ma réserve de vivres fut épuisée. J’avais l’impression que mes jambes n’étaient plus que deux blocs de marbres tant je souffrais pour les soulever et faire un pas. Je ne sentais plus mes mains, elles étaient trop saisies par le froid. Je n’arrivais plus à y voir très clair à cause du manque de nourriture. Mes muscles étaient comme endormis, incapables de se mouvoir, pourtant, une force en moi leur ordonnait de continuer. Etait-ce cela que les gens appellent l’énergie du désespoir ? Même épuisée comme je l’étais, j’arrivais encore à marcher, guidée par une force invisible, comme si mon propre corps ne m’appartenait plus. J’avais encore ces pensées positives, je voulais retrouver ma famille et Clochette m’aidait du mieux qu’elle pouvait. Je sentais que je pouvais y arriver. Oui, je pourrais le faire !

Encore un autre jour. Depuis combien de temps est ce que j’errais dans cette forêt sans fin ? Combien de nuits j’avais vues passer, combien de jours j’avais du marcher ? Depuis combien de temps n’avais-je pas manger ? Etait-ce un cauchemar ? Je tombais à genoux ce jour là. Clochette s’approcha de moi, la mine inquiète et me demanda ce qui n’allait pas. Tout ma chère fée. Ou du moins rien. Rien n’allait bien, tout partait de travers. Mon corps était à bout de force, tout comme mon esprit. J’étais épuisée, j’avais froid, j’avais faim, j’avais … peur. Peur de mourir ici, peur de ne jamais retrouver les miens, peur d’aller plus loin et de m’être trompée. Oh, qu’est ce que j’étais cette sensation chaude sur mes joues ? Une goutte salée tomba sur mes lèvres glacées. Ah ! Je pleurais. Je pleurais sans m’en rendre compte. Ces larmes coulaient sur mes joues, traçant un sillage chaud sur ma peau à leur passage. Le regard de Clochette se fit plus inquiet. Oh non, ne me regardes pas comme ça, je t’en pris. Non, ne me regarde pas dans cet état. Dans quel était pitoyable je devais être d’ailleurs. Mes joues devaient être creuses à cause du manque de nourriture, mon visage aussi pâle que la neige et mon regard complètement perdu et dénué de cette chose qui m’habitait avant, l’espoir. Clochette utilisa encore sa magie pour m’aider. Je n’y arriverais pas, cette fois c’était sûr. Non, je ne pourrais pas le faire.

Je crois que nous sommes restées plusieurs jours ici, sans que je sois capable de bouger. Je ne sentais plus la moindre parcelle de mon corps, seul mon cerveau semblait fonctionner encore. Ce jour là, ce fut cette seule partie de mon corps encore en état de marche qui permis de trouver la solution. « Clochette, vas, je t’en pris envoles toi et vas trouver de l’aide quelque part. Tu es mon seul espoir. Vas, je t’en supplie et trouve moi de l’aide. » Ma pauvre fée tenta vainement de m’enlever cette idée de la tête mais elle savait au plus profond d’elle que j’avais raison. Elle seule pouvait me sortir de là. C’est ainsi que ce jour là, je vis s’envoler vers le ciel, ma dernière chance. Je demeurais ici durant des heures, le regard fixé vers le dernier point ou je l’avais aperçu. Je le sentais au plus profond de moi, je ne m’en sortirai pas. Non, c’était impossible …

Je suis seule à présent. Je me demande bien depuis combien de jours. J’ai essayé d’avancer encore, souffrant à chaque pas, me tordant de douleurs à chaque respiration glacée. Sans Clochette, la neige semblait plus rude. Elle m’attaquait tous les jours un peu plus fort. Je levais une nouvelle fois les yeux au ciel. Non, elle n’était toujours pas revenue. Je fis un pas de plus et ma jambe me lâcha. Je tombais dans la neige encore une fois. Je posais mes mains près d’un arbre pour m’y appuyer. Etait-ce la fin ? Allais-je mourir ici, seule dans une forêt enneigée, perdu au milieu de rien ? La reine de Narnia allait-elle s’éteindre d’une façon aussi stupide ? La pauvre humaine que j’étais allait-elle mourir ici, dans un autre monde bien différent du sien ? Oui, je crois que c’était la fin. Je crois que je vais mourir ici. Après tout, c’est un endroit paisible, silencieux, proche de la nature, loin de la guerre. Ici je me sentais comme intouchable. Edwin ne pourrait pas m’atteindre ici, la guerre de mon monde non plus. J’étais enfin prête à accepter mon destin. Qu’il vienne à moi. Je m’étais assez battue, longtemps et avec toute la force dont je pouvais. Qu’il est facile de mourir. La mort semble paisible et simple. C’est beaucoup plus difficile de vivre. J’étais prête à accepter la Mort, ici et maintenant. Je ne regrettais rien, j’avais tout donné, je m’étais battue jusqu’au bout. J’aperçu comme une ombre sombre s’approcher entre les arbres. La Mort, elle arrivait, je pouvais la voir. Doucement, je fermais les yeux et un petit sourire étira mes lèvres pâles. J’allais rejoindre Peter. Lentement, je sentis mon corps comme s’endormir, mon esprit se faisait de plus en plus léger. J’avais l’impression de ne plus être dans cette forêt, appuyée contre un arbre glacial. J’étais dans un endroit baigné de lumière. La lumière. Celle de Clochette devait être en train de s’éteindre à ce moment précis, signifiant que je mourais doucement et elle avec moi. C’était fini.

Soudain un rugissement terrible me fit sursauter. Je rouvris les yeux brusquement, reprenant mon souffle, comme si je l’avais retenu pendant plusieurs secondes. Je me demandais ou j’étais puis je me souvins. J’ai failli mourir. Ce rugissement c’était quoi ? Je pourrais le reconnaître entre mille. Aslan ! Mes sens semblaient en alerte, mes muscles semblaient comme revenus à la vie, j’avais une bouffée d’adrénaline. Il fallait que j’en profite. Aslan était dans les parages et je le savais. Mon cerveau ordonna aux muscles de se mettre en mouvement et je me relevais péniblement. J’avançais, je marchais, oui j’y arrivais enfin. Aslan ou étais-tu ? Je marchais rapidement vers la provenance du rugissement, j’allais le trouver, je le savais. Mon cœur battait rapidement. Je devais le trouver, il allait m’aider c’était certain. Aslan, attends moi ! Je me rendais à peine compte que quelques minutes plus tôt j’étais en train de me laisser mourir. Je devais me battre encore, je savais que je pouvais me battre encore. Pendant plusieurs heures je crois, je marchais mais jamais ne trouvais Aslan. Etait-ce une hallucination ? Non, mon cerveau  ne pouvait me tromper à ce point. Impossible. J’avais rêvée. Non … Encore un espoir envolé. L’adrénaline dans mon corps s’était vite dissipée en même temps que mes espoirs. Je levais la tête. J’étais encore dans cette maudite forêt.

Je finis par m’appuyer à nouveau contre un arbre, genoux recroquevillés vers mon visage. Je n’étais qu’une petite chose fragile, enveloppée dans mon manteau blanc, j’étais presque invisible, seule ma chevelure noire ressortait de ce paysage d’un blanc immaculé. Perdre l’espoir d’une façon aussi soudaine était la pire chose au monde. Je crois que je pleurais encore. Je fermais doucement les yeux, exténuée. Allais-je mourir cette fois ?

Mes pensées allèrent vers Jace. Il devait être en train de mourir à petit feu lui aussi. Je suis désolée mon amour, j’ai échouée. Pardon Lucy, pardon Edmund. Au fond, j’étais trop faible. L’espoir ne m’aura pas permis de vivre. Pardonnez moi …
(c) teenage.dream

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'cause I'm just one of those ghosts, travelling endlessly. Don't need no road, in fact they follow me. And we just go in circles. Now I'm told that this life and pain is just a simple compromise so we can get what we want out of it. Someone cared to classify, a broken heart and twisted minds, so I can find someone to rely on.
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Braethan Melendir
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MessageSujet: Re: « Never say goodbye. »   Sam 28 Déc - 13:32

Never Say Goodbye
Susan Pevensie & Braethan Melendir


Voilà plusieurs mois que Cair Paravel vivait tristement sans sa reine. L'espoir de chacun diminuait chaque jour, et l'on espérait plus revoir le visage bienveillant de la jeune femme. Comment pouvaient-ils faire face à tout ce qui les menaçait chaque moment, avec leur grand roi et à présent leur grande reine disparus ? Mais le roi Edmund et la reine Lucy n'abandonnaient pas. Ils savaient au fond d'eux que leur sœur était encore en vie, quelque part, et qu'ils la retrouveraient un jour. Chaque rumeur était la bienvenue et lançait de nouvelles pistes. Si les derniers souverains restants avaient encore de l'espoir, alors le peuple ne devait pas le perdre. C'est ainsi que chaque grand seigneur, chaque animal parlant, chaque ambassadeur, chaque garde faisait ses recherches dans son coin afin que la Reine soit retrouvée le plus rapidement possible. Parmi eux, Braethan Melendir, maître d'armes au château, participait activement. Il était même sans doute l'un des hommes à y passer le plus de temps, quitte à sacrifier son travail. Braethan avait pu redevenir "quelqu'un" grâce aux rois et reines de Narnia, et s'était promis depuis qu'il les aiderait de son mieux, qu'il leur serait fidèle et loyal jusqu'à la fin. Cette promesse était renforcée en particulier pour la reine Susan qui avait réellement aidé le jeune homme après son bannissement. Aussi, dès qu'elle avait été capturé par l'usurpateur de Telmar, Braethan s'était juré qu'ils la retrouveraient.

La guerre revenait à Narnia. Mais c'était différent, cette fois-ci. Le but était de renverser le roi de Telmar avec l'aide conjointe de chaque royaume. Si Caspian, l'ancien roi, prétendait au trône, Braethan n'était pas encore sûr de savoir s'ils devaient lui accorder leur confiance ou non. L'absence de la reine Susan, qui le connaissait mieux que tous, était aussi un handicap dans cette mission. Alors que les principaux conseillers de guerre discutaient des mouvements à faire et des alliés à avoir, le maître d'armes avait continué son enquête. Pour cela, il était parti au Nord de Narnia, après que diverses rumeurs affirment que la Reine se trouvait tout au Nord, dans les terres gelés d'un elfe qu'on appelait Frost, et qui se proclamait Empereur. Là-bas, il avait su trouver de l'aide auprès des animaux, en particulier les oiseaux. Certains acceptèrent, par loyauté envers Narnia, de voler vers ce Nord inconnu et froid, pour récolter des informations. Il ne leur avait pas été difficile alors de revenir vers le maître d'armes, quelques jours plus tard, en annonçant que la « prisonnière s'était évadée ». Accompagné de ces mêmes oiseaux et de quelques soldats, Braethan ne mit pas longtemps à prendre des vêtements chauds, des armes, des vivres et une monture, avant de galoper vers le Nord le plus rapidement possible.

Mais il ne trouva rien, sinon de la neige à perte de vue. Peut-être était-ce de la folie, peut-être que la Reine ne s'était pas évadée. Peut-être avait-elle été reprise depuis, ou transférée autre part. Et si elle avait réussi...serait-elle capable de parcourir les centaines de lieues qui séparaient le château de ce fameux empereur et Narnia ? Braethan s'efforça de ne pas s'inquiéter, de ne pas avoir peur. Sinon, il perdrait tout espoir et toute force. La peur le rendrait aveugle et l'empêcherait de retrouver Susan. Alors il continua encore et encore, s'arrêtant peu pour dormir et manger. Il ordonna - bien que ces hommes n'aient pas à lui répondre - aux soldats qui l'accompagnaient de s'écarter afin de couvrir une plus grande distance, au cas où la reine se soit égarée. Il lui semblait qu'ils étaient si proches du but, mais aussi si loin... Ce Nord, gris et froid, l'empêchait de réfléchir correctement, et petit à petit, les oiseaux qui l'accompagnaient ne purent le suivre plus longtemps. Seuls quelques chouettes et hiboux acceptèrent, plus résistants. Le voyage continua encore quelques temps, jusqu'à ce que Braethan perde la notion du temps. Ils étaient entrés dans une forêt dense, qui s'étalaient sur des lieues et des lieues, sans aucune différence. Tout était sombre, et l'on ne voyait presque pas la différence entre le jour et la nuit.

Cela faisait en réalité près de trois jours qu'il voyageait ainsi, et il semblait qu'il était à peine à la moitié du chemin. Son cheval résistait également difficilement au froid et à la neige, et il lui était dur d'avancer, sans parler du manque de nourriture et d'eau. C'était peu, comparé à un grand voyage sur les terres, mais ici, tout était différent. Le maître d'armes ne s'était jamais enfoncé aussi loin dans le Nord. Fatigué lui aussi, il finit par prendre une pause. Une pause qui dura plusieurs heures puisqu'il s'endormit sans prendre garde, l'esprit engourdi par le froid. Ce qui le réveilla ? Des piaillements. Des coups. Ses vêtements étaient tirés. Braethan ouvrit grand ses yeux bleus lorsqu'un petit hibou voleta autour de lui en criant : « Elle est là ! Elle est là ! Dépêchez-vous ! » d'une voix très aigüe et affolée. Le maître d'armes grinça des dents quand il se leva et s'apprêta à reprendre ses affaires. Mais en réalité, par "elle", le hibou avait voulu parler...de Clochette ! Celle-ci se posa sur la main du maître d'armes, visiblement épuisée et mal en point. La raison pour laquelle il ne l'avait pas tout de suite remarqué était simple : d'habitude rayonnante de lumière, elle paraissait cette fois pâle, presque éteinte. Ce qui ne pouvait vouloir dire qu'une chose...

« Emmène-moi à elle. Je peux vous sauver. » Le regard du Don de Susan reprit espoir lorsque ses yeux croisèrent ceux du maître d'armes, et avec un dernier effort, elle s'envola pour les guider à travers les bois. Braethan laissa ses affaires et sa monture, courant presque après la fée afin de ne pas la perdre de vue. Le hibou continuait de hululer autour d'eux. Mais après une dizaine de minutes, Clochette s'arrêta et Braethan eut tout juste le temps de la rattraper avant qu'elle ne tombe, inconsciente. La gorge serrée, il contempla la petite fée. Celle-ci était reliée à la Reine... Non, il ne pouvait pas abandonner, pas maintenant qu'il était si proche du but ! Avec un dernier effort, Braethan confia Clochette au hibou qui la saisit doucement entre ses griffes, et continua dans la direction qu'il avait prise. Mais il ne savait où aller. Il lui sembla presque qu'il tournait en rond, lorsqu'il croisait des traces de pas, ses traces... Essoufflé et fatigué, il s'appuya un instant contre un arbre. Il n'avait plus aucun moyen de trouver la reine. Il cria une, deux, trois fois « Susan ! » mais il savait qu'elle ne l'entendrait probablement pas ou qu'elle ne pourrait pas répondre.

Mais en réalité, quelque chose lui répondit. Braethan eut l'impression d'entendre quelque chose, alors il s'approcha. La même chose se produisit à quelques reprises. Mais ses sens le menaient dans la mauvaise direction, il s'éloignait. Soudain, un véritable rugissement, qui le fit sursauter et trembler jusqu'aux os, retentit dans la forêt. Ce n'était pas le simple cri d'un lion hasardeux qui aurait trouvé son repas. Non, c'était bien plus que ça. Les membres de Braethan se réchauffèrent, son cœur se mit à battre de plus belle et ses yeux reprirent espoir. Aslan était là. Il le guidait. Il n'y avait aucun doute. Et cette fois, le maître d'armes put suivre la bonne direction le plus rapidement possible. Il lui sembla alors, en regardant Clochette, que celle-ci rayonnait un peu plus à présent. Le hibou se mit à nouveau à hululer très fortement et fonça vers un arbre. Non. Vers Susan. Braethan put distinguer une chevelure noire dans ce décor blanchâtre. Elle aussi inconsciente, elle ne bougeait plus et était à moitié recouverte par la neige. Mû par la peur d'arriver trop tard, il rejoint la jeune femme en un rien de temps. C'était bien elle.

Bien que recouverte d'un gros manteau, de bottes et de gants épais, la Reine était complètement gelée. Braethan tenta de la réveiller, mais savait que c'était inutile. Il devait la réchauffer au plus vite. Aussi, il enleva la cape qui le protégeait du froid, la posa sur Susan puis réussit à la prendre dans ses bras aussi bien qu'il le put. Alors qu'il marchait pour rejoindre ses affaires en suivant ses propres traces de pas, il appela le hibou afin qu'il repose Clochette sur son Elue, et glissa d'autres mots : « Retrouve les autres. Dis-leur que la Reine est avec moi et que je la ramène au plus vite au Sud. Dis-leur aussi de redescendre et de prévenir le roi le plus rapidement possible. » Le hibou hulula avec joie et repartit alors. Braethan, en une quinzaine de minutes, fut à nouveau avec sa monture. Malheureusement, il ne pouvait pas partir. Alors il tenta d'allumer un feu en dégageant la neige dans un coin, et dès qu'il réussit, il déposa avec douceur la reine à une cinquantaine de centimètres des flammes tout en s'asseyant près d'elle, son sac de provisions à côté. Il espérait seulement que le feu n'attirerait pas les prédateurs ou les sbires de Frost.

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If it be a sin to covet honor, I am the most offending soul.
Swift as a deer. Quiet as shadow. Fear cuts deeper than swords. Quick as a snake. Calm as still water. Fear cuts deeper than swords. Strong as a bear. Fierce as a wolverine. Fear cuts deeper than swords. Then man who fears losing has already lost. Fear cuts deeper than swords.
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MessageSujet: Re: « Never say goodbye. »   Sam 28 Déc - 16:19


Je me sentais bien. J’étais si légère, si loin. Je pouvais ressentir une douce chaleur autour de moi, comme j’étais bien. J’avais quitté cette forêt glacée pour rejoindre un lieu bien plus chaleureux. Je me tenais debout dans un lieu chargé de lumière. Je me sentais en paix. Puis, loin, très loin, j’entendis quelqu’un prononcer mon nom. Une fois, deux fois, trois fois. Un sourire étira mes lèvres roses. Je vis sa silhouette dans le fond. Ses cheveux blonds semblaient rayonner, son sourire chaleureux semblait m’accueillir. J’eu l’impression qu’il me tendait les bras. Mon corps se mis en mouvement et je crois que je me mis à courir. J’allais vers lui, j’allais enfin le retrouver. Oui, je courrais vers lui, sans vouloir m’arrêter, je voulais courir jusque dans ses bras. « Peter … ! » Mon frère, j’allais enfin le rejoindre. Mes pas s’accélérèrent. Enfin. Il m’avait tellement manqué, enfin j’allais le retrouver. Je me rapprochais, je découvrais son visage souriant et heureux. Il ne serait plus seul non plus. Etais-ce la crinière du Grand Loin que je voyais au loin ? Je plissais les yeux mais mon regard se concentra de nouveau sur Peter. Ses bras m’appelaient, j’allais pouvoir l’enlacer. J’étais si bien. Tout était si simple.

Soudain, je fus comme aracher à ce lieu. Tout s’écroula, la lumière disparue, Peter s’évanouie dans l’ombre. Non non, non pas ça ! Ou était-il ? Peter non, reviens je t’en supplie. Je t’en pris Peter ne m’abandonne pas encore. Non … pas encore …

Mon esprit sembla légèrement reprendre conscience. Je sentais de nouveau mon corps. On me parlait. On me soulevait. J’étais dans les bras de quelqu’un. Mes yeux s’entrouvrirent tout doucement. Je vis un visage inquiet mais une lueur attira mes yeux mis-clos. Ses cheveux. Etait-ce du blond ? Cet homme. Etait-ce bien lui ? Mes lèvres pâles s’entrouvrirent et dans un murmure, à peine audible, je prononçais le nom de celui qui venait de me sauver. « Peter … ». Puis, de nouveau, tout s’effondra. Je perdis conscience. Toutefois, il restait visiblement quelque chose de conscient en moi. Je sentis que j’étais comme protégée, en sécurité. Je sentis même une douce chaleur m’envahir. Allais-je rejoindre le pays d’Aslan ? Cette fois c’était différent. Je sentais de plus en plus cette chaleur, j’entendais des gens parler autour de moi et d’un coup, je sentis même une douce lumière. Elle m’avait envahie de nouveau, c’était comme si ma magie était de retour. Clochette ! Elle était revenue ! Oui, c’était elle qui m’apportait cette chaleur, cette douceur avec sa magie. Il fallait que je lui parle. Avait-elle trouvée de l’aide ? Si ça se trouve elle venait m’annoncer qu’elle n’avait rien trouver, alors, je devrais marcher encore, encore et toujours, jusqu’à en perdre la vie une bonne fois pour toute. Non, j’étais trop fatiguée, je n’y arriverais plus. Autant rester ici. Non Clochette, n’use pas toute ta magie pour moi, je t’en pris. Il faut que je réussisse à te sauver, je t’interdis de mourir avec moi. Je veux que tu ai une belle vie. Non, pitié Aslan, accordez lui la vie ! Peu m’importe si je meurs, mais laissez Clochette vivre. Offrez la à Lucy, elle saura en prendre soin, pas comme moi. Clo’, envoles toi, parts, parts très loin. Je ne veux pas que tu meures à cause de moi.

Encore cette chaleur. Cette fois elle est plus intense. Elle est accompagnée d’une lumière vive. J’entends comme un carillon de clochettes. Je ne comprends plus. Mon esprit semble se reformer, je sens à nouveau mon corps, mes mains, mes jambes, je sens mes lèvres chercher de l’air et mes poumons se remplir. Je suis en train de reprendre conscience. J’ai peur d’ouvrir les yeux. J’ai peur de ce que je vais découvrir. J’ai peur que ce cauchemar dure encore. Courage Susan. Allez, courage, ouvres les yeux. Tu peux le faire. Alors, tout doucement, j’ouvre les yeux et bat des paupières. La lumière est vive, je suis presque aveuglée. Devant mes yeux, des flammes dansent, m’offrant leur chaleur. Qui a fait ce feu ? Soudain, elle est là, Clochette, toute brillante me regarde, la mine inquiète. Mais, je sens une présence, il y a quelqu’un d’autre. Lentement je tourne la tête et le vois enfin. Il est là, assis près de moi, le regard perdu dans le mien. Il semble exténué mais soulagé. Je fronce les sourcils. Suis-je en train de rêver ? Est-ce une nouvelle hallucination ? J’en ai marre. Laissez moi en paix. Je ne veux plus voir les visages de ceux qui me sont chers. Non, je vous en pris, laissez moi. Mais, j’ai envie d’un avoir le cœur net. C’est étrange, ça me paraît tellement réel cette fois.

Lentement, je lève une main vers lui, hésitante. J’aimerais le toucher, voir si il est réel. « Bra … Braethan … ? ». Je n’y crois pas tellement et ma main tombe doucement et se pose sur sa main. Soudain je sens la chaleur de sa peau. Je sursaute. Mes yeux s’écarquillent. Je ne rêve pas. Je peux le sentir, je peux le toucher. Sans m’en rendre compte je me redresse et je serre sa main. Oui, il est là, il est bien là. « Braethan ! Je ne rêve pas, c’est bien vous ! » Mon regard devint plus flou, je crois que j’ai des larmes dans les yeux. Mes lèvres s’étirent dans un vrai sourire, je me sens soulagée. Immédiatement et aussi surprenant que cela puisse paraître, je passe mes deux bras autour de tout son cou et je me colle contre lui pour l’étreindre. Enfin une vie humaine. Enfin quelqu’un qui n’en veut pas à ma vie. Enfin quelqu’un qui vient de sortir de là, c’est lui qui va me ramener chez moi. Cette prison à Telmar est loin derrière moi. Edwin n’est plus là pour me torturer. Le château de l’Empereur Frost est loin lui aussi. Je n’ai plus à faire semblant. Le cauchemar est fini, enfin. Tout est enfin derrière moi. Braethan est mon sauveur. C’est lui qui m’a retrouvé. Il va me protéger maintenant. Je ne suis plus seule désormais. Par Aslan, que je me sens bien.

Je crois que je pleure dans ses bras mais je n’en suis pas sure. J’ai comme un poids en moins sur le cœur, j’ai l’impression que je vais pouvoir respirer à nouveau. Après tout ce temps passé dans la noirceur de la vie, j’entrevois enfin le bout du tunnel. Braethan est devenu cette lumière, il est celui qui m’a pris par la main et m’a réveillé de ce long cauchemar. J’en oublie mon corps qui fait mal, mes mains glacées, mes joues trop pâles et creusent. J’en oublie la peur, la faim, le désespoir, la tristesse, la solitude. Braethan est là. Maintenant tout ira pour le mieux, je le sens.

Je quitte enfin ce cauchemar, je retrouve enfin la vie, la vrai. Je ne suis plus une prisonnière, j’ai réussi à m’en sortir !

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Braethan Melendir
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MessageSujet: Re: « Never say goodbye. »   Sam 28 Déc - 22:27

Exténué, affamé, Braethan ne quitta pas pourtant la reine des yeux. Des heures pouvaient s'écouler, voire des jours, il ne la laisserait pas. Certes, il l'avait retrouvé, mais elle était dans un mauvais état. Il ne pouvait malheureusement pas la transporter vers le sud, pas tout de suite, pas tant qu'elle n'avait pas repris conscience, ce serait trop dangereux pour elle. Aussi, il ne fit rien, sinon s'assurer que chaque parcelle de sa peau se réchauffait. Il fut peu à peu rassuré en observant la petite fée qui reprenait son éclat habituel, signe que son Élue allait mieux de minute en minute. Il la vit bouger, murmurer des choses, mais il ne bougea pas d'un pouce. Sa monture, couchée près d'eux, essayait aussi de capter un peu de chaleur. Il ne s'agissait pas d'une créature parlante, mais Braethan n'en fit rien et la traita en tant que telle ; il réussit à lui mettre une couverture qu'il transportait sur le dos et tentait de l'apaiser en caressant doucement son flanc. Mais en dehors du feu qui crépitait et de la respiration des deux humains et du cheval, aucun bruit ne retentissait dans cette forêt infinie. Il n'aurait sans doute jamais pu retrouver Susan sans l'aide qu'il avait eu. Clochette, le hibou et...Aslan ?

Braethan avait un doute sur cette dernière aide. N'avait-il pas s'agit d'une hallucination ? Le Grand Lion n'était pas apparu depuis des années, et il ne l'avait jamais vu en vrai. Mais il avait entendu des histoires. Aslan aiderait ceux qui le méritent lorsque leur cause est juste et importante pour Narnia. Aurait-ce été le cas ? Un simple maître d'armes, qui avait pourtant de nombreux reproches à se faire - notamment la raison de son bannissement - avait-il pu bénéficier d'une telle aide ? Mais, se rappela Braethan, ce n'était pas lui qui avait eu de l'aide ; c'était la reine Susan. Plongé dans ses pensées, il ne remarqua pas tout de suite que la jeune femme était éveillée et le fixait. Faiblement, puis avec plus de conviction, elle prononça son nom et saisit sa main. Une main froide et tremblante, avec des yeux intensément tristes et un visage plus pâle que jamais. Il ne put que lui adresser un regard bienveillant, lui assurant qu'elle était en sécurité, et la serra dans ses bras lorsqu'elle l'étreignit. A ce moment là, elle n'était plus la Reine de Narnia ; elle était simplement Susan. Une Susan qu'il fallait réconforter et rassurer. Braethan, qui avait été l'aîné de quatre enfants, savait comment s'y prendre.

Il sentit qu'elle commençait à pleurer, volontairement ou non, et posa doucement une main sur sa tête tandis que l'autre caressait son dos lentement dans un geste réconfortant. « Je suis bien là Susan, et je vais vous ramener à Narnia. Vous retrouverez bientôt vos proches et votre peuple, je vous le promets. » Ils restèrent ainsi quelques instants, ou peut-être quelques minutes, lorsque finalement la jeune femme le lâcha. Il la regarda quelques instants, voulant réellement s'assurer qu'elle allait bien, puis prit le sac de vivres et lui tendit du pain - légèrement dur et sec depuis, mais qui suffirait pour l'instant. Il aurait voulu faire cuire la viande qui lui restait, mais il n'était pas très confiant quant aux odeurs qui pourraient attirer de nombreux animaux. Et à présent que la reine était consciente, ils pouvaient partir et refaire un feu plus au Sud, loin de cette forêt, de ce froid épouvantable et de cette neige peu pratique. Il lui tendit également sa gourde d'eau qu'il avait conservé précieusement, espérant que le liquide n'avait pas gelé. « Il faudrait que nous partions, je n'aime vraiment pas cet endroit. Nous nous arrêterons dès que nous aurons atteint les collines. »

Les collines permettraient de les abriter un peu, et même si la neige et le froid seraient toujours un peu présents, ils seraient alors bien plus proches de Narnia et donc plus près de toute aide nécessaire. Et sans doute que la vue de ces collines, signe qu'ils étaient à la frontière sud d'Ettinsmoor, ferait du bien à la Reine. Alors il la laissa manger tandis qu'il se levait, rangeait ses affaires et remettait d'aplomb sa monture en la nourrissant avec un autre morceau de pain rassi. « Vous pourrez dormir un peu si vous le souhaitez, je pense que nous en avons pour plusieurs heures pour quitter les chemins enneigés. » Une fois la neige passée, il serait bien plus simple d'avancer à une vitesse plus rapide et sans se perdre dans des paysages qui se ressemblaient tous. Lorsque Susan décida de se lever, Braethan se précipita afin de l'aider, et lui adressa alors un véritable sourire qu'il était rare qu'il offre. Il fallait dire que lui-même était soulagé et ravi d'avoir retrouvé la reine saine et sauve. Les choses iraient mieux à présent, il le sentait.

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Susan Pevensie
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MessageSujet: Re: « Never say goodbye. »   Dim 29 Déc - 5:09


Là, dans ses bras puissants et sécurisants, je me laisse aller. Les larmes coulent dans un flux continu. La violence de mes sanglots me coupait la respiration. Pourtant, cela me faisait du bien. Je ne m’étais pas laissé aller dans les bras de quelqu’un d’important depuis si longtemps. Je sentais que dans les bras de Braethan, je pouvais être naturelle. Je n’avais pas à faire semblant. J’étais simplement moi même, une humaine fragile et sanglotante sur l’épaule d’un ami très cher. Sa voix grave et rassurante me parvint aux oreilles. Doucement, il posa une main sur ma tête et une dans mon dos. Il m’apaisait. Ses paroles si douces, si rassurantes. Oui, j’allais rentrer chez moi. Il m’avait sauvé de cet enfer. Il avait enfin réussi à me sortir de ce cauchemar horrible. J’avais l’impression de me remettre à vivre. Les sursauts de mon corps à chaque nouvelle vague de larmes me prouvaient que j’étais bien en vie. Dans ses bras, je me sentais revivre, je sentais cette chose m’envahir de nouveau : l’espoir. Mon cœur se remit à battre à un rythme convenable et doucement, je me calmais. Les perles brillantes sur mes joues se firent plus rares jusqu’à disparaître complètement. J’aurai voulu resté ici des heures mais je me souvins que nous étions encore dans cette forêt. Même si Frost ne me poursuivrait pas ici nous devions quand même partir. A tout moment j’avais peur de voir arriver Edwin sur son dragon. Braethan avait raison, j’allais retrouver mes proches. Il était enfin temps que je retourne auprès d’eux.

Alors, doucement, je m’écartais de lui. Sur le coup, je me sentis idiote de mettre laissé aller comme une enfant mais je n’avais pas envie de faire semblant avec Braethan. Cet homme était quelqu’un que j’appréciais trop pour jouer la comédie, cela aurait été comme une insulte envers notre amitié. C’est alors qu’il sortit du pain et une gourde d’eau. Boire fut comme une impression nouvelle tellement je n’avais pu m’hydrater durant les derniers jours. Le liquide était certes très froid mais faisait tellement de bien. Je sentis mon corps reprendre un peu de force, surtout lorsque j’eu croqué quelques morceaux de pain. Mes muscles se nourrissaient en même temps. Mes lèvres reprenaient de la couleur et les quelques vertiges que je pouvais avoir semblaient s’être dissipés. Braethan sembla alors s’inquiéter et désirait quitter cet endroit. Comme je le comprenais et je ne pouvais être plus d’accord avec lui. J’avais assez vu ces bois enneigés, je voulais les quitter le plus rapidement possible. Je voulais m’enfuir d’ici à toutes jambes. « Oui, partons. L’Empereur Frost ne nous suivra pas mais il vaudrait mieux quitter ses terres rapidement. ». Je me rendis compte que Braethan devait s’étonner de savoir que l’Empereur ne me poursuivais pas. Je savais que je devrais avoir une conversation avec mon sauveur sur tous les évènements passés à Telmar et les raisons qui avaient fait que je m’étais retrouvée ici dans le Nord. Toutefois, je gardais cette conversation pour plus tard, lorsque nous serions dans les terres narniennes.

Clochette voletait à côté de moi et semblait avoir repris espoir quand à mon état. Elle souriait doucement. « Susan, cet homme nous a sauvé toutes les deux. J’ai failli mourir quand tu étais prête à nous quitter. Il a continué la course seul, c’est un véritable héros. ». Ces paroles ne parvinrent qu’à moi. Je savais que Braethan n’avait entendu que le tintement mélodieux de clochettes. Je souriais doucement. Oui, il nous avait sauvé la vie et pour cela, je lui serais éternellement reconnaissante. Je tournais la tête vers lui. Il était en train d’équiper sa monture. Etait-il venu seul ici ? Comment avait-il fait pour savoir que j’étais dans le Nord ? Cette conversation viendrait également plus tard et pour l’heure je gardais ces questions dans un coin de ma tête.

Je décidais donc de me lever et je fus rapidement aidée par Braethan. Il m’offrit alors un sourire sincère et vraiment chaleureux. J’en fus tout d’abord surprise. Personne ne m’avait souris de la sorte depuis de nombreux mois qui me paraissaient avoir été des années. Mon sourire en réponse devait être bien moins chaleureux, pourtant il était sincère et se voulait doux, comme j’avais l’habitude d’en faire autrefois. Je n’avais pas souris de cette façon depuis trop longtemps déjà pour parvenir à offrir un sourire aussi beau que je le faisais il y a des lunes. Me rendant alors compte que je portais sa cape sur le dos, je la lui tendis pour qu’il puisse la reprendre et se protéger du froid. « Prenez la je vous en pris, vous devez vous aussi vous protéger mon ami. ». Une fois de plus j’essayais de lui offrir un sourire convenable. Braethan m’indiqua alors que nous allions faire un voyage de plusieurs heures pour rejoindre les collines et quitter cette maudite forêt. Il m’aida à monter en amazone sur le cheval et se plaça ensuite correctement. Il m’appuya contre lui et je me laissais faire avec douceur. Clochette pris place sur l’épaule de Braethan qui se saisit alors des brides du cheval et commença à avancer. Mon regard se perdit dans le vide. Je me souvins à présent pourquoi cette forêt me semblait si familière. On aurait dit la même forêt dans laquelle nous étions arrivés Peter, Edmund, Lucy et moi lors de notre premier séjour à Narnia. L’Empereur Frost était-il comme un héritier de la Sorcière Blanche ? Fronçant les sourcils, je tentais de trouver vainement une réponse. Soudain, je me demandais comment je n’avais pas pu poser ces questions plus tôt. Mon regard se fit inquiet et se posa rapidement dans celui de mon chevalier. « Braethan comment vont Lucy et Edmund ? Avez vous des nouvelles de Jace ? Dites moi qu’ils vont bien … ». Il me répondit par la positive et je sentis alors soulagée. Tout le monde allait bien, je pouvais me sentir heureuse. Ils seraient tous étonnés de mon retour et je pourrais enfin les serrer dans mes bras. Alors, doucement collé contre Braethan, bercé par les pas réguliers du cheval et me sentant enfin libre, mes yeux se fermèrent et je sombrais dans un profond sommeil.

Je me réveillais plus tard en sursaut. J’avais rêvé de cette forêt, de la Sorcière Blanche et d’un dragon crachant du feu. C’est à ce moment là je crois que je me rendis compte qu’à présent, mes nuits seraient loin d’être paisibles. Si j’essayais de le cacher au maximum, je sentais que j’étais profondément bouleversée par cette histoire et que j’aurais beaucoup de mal à m’en remettre. C’est sur ce triste constat que je me redressais légèrement, croisant le regard de Braethan. Je tournais la tête vers le lieu ou nous nous dirigions et je vis non loin de là un village se dessiner. Nous y étions, nous allions franchir la frontière de Narnia. Mon regard sembla se remplir d’étoiles. J’allais bientôt rentrer. J’allais me retrouver de nouveau sur mes terres, près de mon peuple et de ma famille. J’avais envie de retrouver Lucy, Edmund et Jace. Je voulais les voir si rapidement. Une douce chaleur envahie mon cœur. Oui, enfin je retrouvais l’espoir que j’avais perdu depuis si longtemps. Un sourire étira mes lèvres roses. Je me sentais comme pousser des ailes, mon regard ne quittant pas ce village qui se rapprochait. Je savais que nous en avions encore pour plusieurs jours de trajets avant d’arriver à Cair Paravel mais dans ce village narnien, je me sentirais un peu comme chez moi. Cela faisait tellement de bien. « Nous arrivons sur les terres narniennes !  » J’étais comme une enfant émerveillée à la vu de ce village. Je ne pus alors m’empêcher de reprendre Braethan dans mes bras. Mes lèvres près de son oreille lui murmurèrent alors quelques doux mots : « Merci Braethan. Merci du fond du cœur. ». J’étais si soulagée.

En moins d’une heure nous avions atteint le village. Braethan semblait exténué et moi j’étais comme dans un rêve. Notre entrée dans le village fut remarquée car plusieurs soldats étaient ici, sans doute ceux qui avaient accompagnés Braethan jusque dans les terres éloignées du Nord. J’entendis qu’on prononçait mon nom et celui de mon sauveur. Je vis des mines réjouies, des sourires chaleureux, des gens pleurer de bonheur, d’autres se serrer dans leurs bras. Etait-ce moi qui leur apporter ce grand bonheur ? J’en fus toute étonnée. Rapidement, un soldat pris les brides du cheval et on nous guida alors vers une auberge de bonne qualité. Peu m’importais d’être accueillie ici comme une reine ou non, je me sentais enfin chez moi. Sur notre chemin, j’entendis des gens appeler mon nom, me demander comment j’allais. Je leur adressais des sourires chaleureux, essayant de paraître en bon état, me forçant à sourire du mieux que je le pouvais. Quand nous arrivâmes devant l’auberge, Braethan descendit en premier avant de m’aider à me remettre sur mes deux pieds. Il me prit contre lui, sans doute pour s’assurer que je pourrais marcher convenable sans avoir peur que je tombe. Tout le monde s’inclina dans un silence respectueux. J’étais ébahie devant ce spectacle, j’en avais tellement perdue l’habitude. Je clignais plusieurs fois des yeux, comme pour me rendre compte que je ne rêvais pas. On nous fit entrer dans l’auberge et la chaleur du feu nous envahie tout d’un coup. Ici aussi les gens s’inclinèrent. Je n’arrivais pas à parler tellement j’étais surprise de cet accueil. Une femme s’avança près de moi et sembla me dire qu’elle m’avait réservé une chambre et qu’un bain chaud m’attendait. A vrai dire, je n’entendais pas vraiment ses paroles, j’étais comme ailleurs. Est-ce la réalité ? Je vis cette femme échanger un regard avec Braethan qui sembla donner son accord et on me conduisit vers des escaliers. Je semblais perdu et je tournais la  tête pour regarder derrière moi. Non, pourquoi on me séparait de lui ? Je vis alors des soldats enlacer chaleureusement Braethan et le féliciter avec ardeur. Je ne pus retenir un sourire. Nos regards se croisèrent encore une fois, il semblait s’assurait que je pouvais être en sécurité, puis je fus amenée dans une pièce à l’étage.

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MessageSujet: Re: « Never say goodbye. »   Dim 29 Déc - 15:22

Braethan savait qu'à présent, l'Élue et son Don allaient parler ensemble ; et même s'il prit soin de s'éloigner un peu, il comprit rapidement qu'il ne pourrait de toute manière pas comprendre la fée. Après avoir aidé Susan à se relever, celle-ci répondit avec un sourire sincère mais loin de ceux qu'elle était habituée à faire. Le froid, la fatigue ? Il n'en fit rien, et éteignit le feu en le recouvrant de neige, puis reprit la cape que la reine lui tendait. « Il y a une couverture, si vous en avez besoin. » ajouta-t-il en rangeant le reste. Il arrangea la selle de sa monture et enleva la neige qui parsemait la robe du cheval, puis aida Susan à s'installer dessus avant de se caler derrière elle, les rênes à la main. Le maître d'armes sourit légèrement en voyant Clochette se mettre sur son épaule, et fit avancer sa monture vers le Sud. Bientôt, ils quitteraient cette forêt de malheur. Bientôt, la reine légitime de Narnia retrouverait son peuple et sa famille, ainsi que sa place au château. Alors les difficultés seraient plus faciles à appréhender et à surmonter.

Il n'osait même pas imaginer ce que Susan avait du affronter. Elle allait bien, mais son visage était légèrement creusé, probablement comme le reste de son corps. Elle souriait, mais avec plus de difficultés. Quelque chose s'était en partie éteint dans ses yeux. Elle était forte, et Braethan le savait parfaitement ; sans doute que peu de personnes auraient pu tenir comme elle. Assez perplexe, il ne comprit pas pourquoi Susan avait dit que l'empereur du Nord ne la pourchasserait pas. Que s'était-il donc passé là-bas ? Elle s'était évadée, sans aucun doute, mais à quel prix ? Malheureusement, il savait qu'il ne pouvait pas lui parler de tout ça et lui demander de tout lui raconter, il n'en avait aucun droit. Quelques minutes plus tard, elle lui demanda comment allaient le reste de sa famille ainsi que son fiancé. Il ne serait pas dur de la rassurer là-dessus. « Ils vont très bien, n'ayez crainte. Ils n'attendent que votre retour. » Certes, le roi Edmund et la reine Lucy, ainsi que le roi Jace, avaient eu beaucoup de mal à tenir le coup, Braethan l'avait bien vu ; mais en dehors de cela, ils n'avaient subi aucune attaque et ils gardaient espoir. Ils n'allaient pas bien, mais ils iraient mieux d'ici quelques temps.

Le maître d'armes resta silencieux, et il lui sembla que quelques minutes plus tard, la reine s'endormit contre lui. Il fit attention à ce qu'elle soit bien et qu'elle ne glisse pas, et continua son avancée. Le paysage était toujours le même sur des lieues et des lieues. Seul le froid qui pénétrait de plus en plus ses os ainsi que le souffle de plus en plus saccadé du cheval lui rappelaient qu'ils avançaient. Bientôt, les arbres disparurent autour d'eux, la neige se fit moins épaisse, le vent moins glacial. Lorsqu'ils atteignirent les collines, Susan se mit légèrement à trembler et à remuer dans son sommeil, mais ce ne devait être qu'un rêve. Devaient-ils s'arrêter maintenant ? Braethan se pencha doucement pour caresser le flanc de sa monture en murmurant : « Tu penses pouvoir avancer encore ? Je ne voudrais pas la laisser une minute de plus par ici. » Le cheval, à la plus grande surprise du jeune homme, sembla le regarder du coin de l’œil et accéléra légèrement le pas, comme s'il comprenait. Les animaux non parlants étaient réputés bien idiots à côté de ceux qui parlaient, et pourtant Braethan voyait bien que ce n'était pas toujours le cas. Alors leur route continua pendant quelques heures. Il était plus facile et moins long de rentrer, maintenant qu'il n'avait plus rien à chercher et qu'il était pressé.

Ne rien avoir à faire rendait la faim et le froid plus présents dans l'esprit du maître d'armes, mais il tâcha de ne pas y penser. Bientôt, la neige au sol se fit rare, il ne s'agissait qu'un peu d'herbe gelé. Et il lui sembla alors apercevoir à quelques lieues de là, à travers le brouillard qui les entourait..de la fumée ? Ils devaient être près d'un de ces villages du Nord ! Avec un peu de chance, le même village dans lequel il était passé avec ses compagnons avant de partir pour le Nord. Peu après, Susan se réveilla enfin et remarqua à son tour le village. Il sourit à nouveau lorsqu'elle le prit dans ses bras et le remercia. Mais il ne dit rien en retour. Il n'était pas habitué à être le héros de l'histoire, et d'ailleurs, il ne l'était pas. S'il avait retrouvé la reine, c'était à la fois grâce au hasard, et grâce à l'aide de Clochette, des oiseaux de Narnia, des soldats qui l'avaient accompagné, et sans doute d'Aslan. Sans parler du fait qu'il n'avait pas à être remercié pour ce qu'il devait faire par devoir. Il avait juré fidélité et loyauté aux rois et reines de Narnia qui l'avaient accepté en leur demeure, et il lui était normal de leur venir en aide.

Le cheval, qui commençait réellement à fatiguer, ralentit un peu, si bien qu'ils mirent un peu plus de temps à atteindre le village. A une centaine de mètres de l'entrée, des gardes - qui étaient en réalité les soldats qui avaient accompagné le maître d'armes - surgirent et aperçurent la reine, saine et sauve. Le bruit se répandit vite, et ce fut le village entier - femmes, hommes, enfants, vieillards - qui les accueillit. Braethan jeta un coup d’œil à Susan : elle paraissait perplexe devant tant de bonheur et tant de monde. Puis il se tourna vers l'un des soldats. « Le message a-t-il été bien transmis au roi ? Très bien. Trouvez moi la meilleure auberge, ainsi que la meilleure place à l'écurie pour le cheval. » Dès qu'ils arrivèrent, il descendit de sa monture, aida la Reine à poser les pieds sur terre, et la soutint un instant pour s'assurer qu'elle ne tomberait pas. Puis une femme arriva, ayant préparé une chambre pour Susan, et Braethan la remercia avant de lui confier la reine. L'auberge le réchauffa très rapidement, et il se sentit bien mieux. Soudain, les soldats lui sautèrent littéralement dessus en le félicitant, tandis qu'une bonne chope de bière arrivait dans ses mains. Sans s'en rendre compte, il sourit et son visage se fit plus heureux l'espace d'un instant.

Il lança un regard légèrement inquiet à Susan, mais il savait qu'elle irait mieux. Elle devait se changer, manger puis se reposer avant qu'ils ne se parlent de nouveau. Quant à lui, il fut obligé de s'assoir à une table où on lui donna une grande assiette pleine de nourriture bien chaude tout en attendant qu'il raconte ce qu'il s'était passé. C'est ce qu'il fit, avec le moins de détails possibles, sans vraiment insister sur le rôle qu'il avait joué. Après tout, chacun de ces soldats aurait pu trouver la reine à sa place. Cela ne faisait que quelques jours qu'il était parti de Cair Paravel, mais cette forêt et ce paysage grisâtre avaient eu le don de le démoraliser au plus haut point, comme s'il y était resté pendant des semaines, seul. A présent, il allait beaucoup mieux. Seul la fatigue le prenait et l'empêchait d'être totalement présent dans les conversations. Finalement, on le mena dans une chambre où des vêtements propres à peu près à sa taille étaient pliés sur un lit fait. Il ne voulait pas dormir, mais à peine s'assit-il sur les draps, dans ses nouveaux habits, que la fatigue le reprit et l'obligea à se coucher et à s'endormir en quelques secondes.

Le jeune homme se réveilla quelques heures plus tard, en fin d'après-midi. Du moins, c'est ce qu'on lui dit quand il descendit dans la pièce commune - les jours étaient assez courts dans le Nord de Narnia. La Reine n'était pas là ; une des femmes qui s'étaient occupées d'elle eut tôt fait de lui dire que Susan avait mangé et se reposait encore. Il le remercia, et le propriétaire de l'auberge vint alors le voir. Braethan, encore fatigué et courbatu, eut du mal à suivre la conversation à certains moments. Il voyait l'enthousiasme de cet homme tout autant que l'enthousiasme de n'importe quel villageois. Sans doute étaient-ils tous contents que leur reine soit en vie, et surtout, qu'elle soit dans leur village. Car même si le Roi et les Reines aimaient leur peuple de tout leur cœur, les derniers temps n'avaient pas été favorables pour une petite visite. Même Braethan, qui allait parfois dans quelques villages, ne montait pas aussi au Nord. Peu de choses devaient se passer ici à vrai dire. D'ailleurs, l'homme s'excusa de ne pas avoir de lits confortables et de nourriture digne de Cair Paravel ; le maître d'armes l'arrêta tout de suite et le rassura sur ce point - à vrai dire, n'importe quel lit, n'importe quels habits lui suffisaient à cet instant précis, et il devait en être de même pour Susan.

C'est alors qu'il vit que celle-ci descendait les escaliers. Elle avait alors une mine bien meilleure, et ses joues avaient retrouvé un peu de couleurs. Braethan se leva et s'inclina doucement lorsqu'elle le rejoignit : « Votre Majesté. » Car à présent, elle n'était plus la Susan qu'il avait sauvé quelques heures plus tôt ; elle était de nouveau sa Reine. Il lui proposa de s'assoir, tandis que le propriétaire de la taverne lui demandait si elle voulait manger quelque chose. Lorsqu'elle eut répondu, Braethan la regarda un instant, toujours légèrement inquiet mais plutôt satisfait et content de la voir dans un meilleur état. « Comment vous sentez-vous ? Nous pouvons faire venir un médecin de Beaversdam si besoin. » En réalité, il avait hésité à en faire venir un dès leur arrivée au village, mais il n'avait rien vu de grave sur la Reine, savait qu'elle avait ses propres pouvoirs dus à son Don qui pourraient probablement l'aider, et qu'elle n'aimerait probablement pas être choyée ainsi pour rien. Non, ce qu'il lui fallait, c'était du repos, et c'était ses proches. Revenir à Cair Paravel serait déjà un bon remède pour elle.

Mais que devait-il faire à présent ? Braethan savait que son rôle s'arrêtait ici. La Reine était de retour, elle était en bon état. Mais il sentait une nouvelle responsabilité sur ses épaules. Certes, la responsabilité de ramener Susan en vie jusqu'au château. Mais plus que ça... Il voulait s'assurer qu'elle irait bien, et pas seulement physiquement. Il aurait voulu lui demander ce qu'il s'était passé, comment elle s'était évadée, qu'est ce qu'il y avait réellement au grand Nord. Beaucoup diraient que parler faisait beaucoup de bien. Mais avait-il le droit de lui demander cela, et surtout de le savoir ? De même, devait-il la mettre au courant de ce qu'il se passe sur le reste du continent ? La prévenir qu'une guerre était peut-être sur le point de faire rage - même si tout serait fait pour éviter cela - n'était sans doute pas la meilleure des nouvelles. C'est alors que Clochette apparut et se posa sur la table, devant Braethan. Il n'y avait pas que Susan... Comment la petite fée avait-elle pu survivre elle aussi ? Au lieu de poser toutes ces questions, le maître d'armes se contenta de dire : « Les villageois ont préféré ne pas vous déranger pendant votre séjour ici. Mais ils ont déposé un cadeau de bienvenue pour vous. tout en lui montrant, dans un coin de l'auberge, un amoncellement de fleurs bien rangées. « Ce sont les fleurs qui poussent en hiver par ici, à ce qu'on m'a dit. A la fois belles, gracieuses, fortes et résistantes. Les seules qui survivent au froid glacial et qui colorent ces terres. »

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MessageSujet: Re: « Never say goodbye. »   Lun 30 Déc - 3:19


Les femmes m’emmenèrent dans une chambre plutôt spacieuse. Sur le lit j’eu le temps d’apercevoir une robe soigneusement déposée. Puis, je me retrouvais dans une salle de bain. Mon regard se posa sur une large baignoire d’où s’échappait de la fumée, preuve que l’eau devait être très chaude. Deux femmes restèrent et m’aidèrent à enlever une partie de mes vêtements puis me laissèrent seule. Alors que je me dirigeais vers la baignoire, mon regard fut attiré par un miroir. Je restais stupéfaite devant ce reflet que je n’arrivais à reconnaître. Cette fille devait moi avait les cheveux très longs et noirs, ses yeux semblaient vides de toute émotion, sa peau était extrêmement pâle, ses joues creuses et, chose étonnante, on avait l’impression qu’elle avait la peau sur les os tellement elle était maigre. Lentement, je m’approchais du miroir, m’étonnant de plus en plus devant cette image. Cette fille avait comme perdu toute son aura, on aurait dit un corps sans âme. En fait, il y avait bien une chose qui se dégageait d’elle, c’était comme une blessure profonde, le genre de blessure de l’âme qui ne peut cicatriser, le désespoir. Cette fille avait l’âme profondément troublée et cela pouvait se lire dans ses yeux d’un bleu profond. Qui était-elle ? J’avais envie de l’aider. Doucement, je levais la main et ma main effleura la glace lisse du miroir. J’eu un sursaut quand je m’en rendis compte. Moi. C’était moi. Comment … est-ce possible … ? Non, je devais rêver. Alors, je me retournais, découvrant mes jambes à la peau presque transparente, dévoilant mes os. Je voyais mes yeux vides, mes joues creusent, mon visage maigre, mes bras aussi fin qu’une brindille, on aurait pu me briser si facilement. J’en fus si surprise que je portais ma main à ma bouche. C’est là que quelque chose brilla, une bague. Mes yeux se posèrent sur elle. La bague de fiançailles de Jace était la seule chose que j’avais réussi à conserver durant mon éloignement. Ma couronne, je crois que je l’avais perdu ce soir là à Anvard quand je fus enlevée. Mais la bague de Jace m’avait accompagnée pendant toutes ces épreuves. Baissant les yeux, je soupirais. Il fallait que je me vide la tête. Alors, je rentrais dans le bain et me laissais envahir par la chaleur.

J’avais l’impression de ne jamais avoir senti la chaleur tellement cette sensation me paraissait nouvelle. C’est l’ensemble de mon corps qui se réveilla à cet instant et je fus comme soulagée. Doucement, je glissais ma tête contre le bord de la baignoire et finis par avoir la tête complètement sous l’eau. Le monde du silence était si apaisant. Je laissais alors mon cerveau se vider de toutes les mauvaises choses. Je voulais tout oublier, reprendre une existence normale. Mais c’était impossible et, fermant les yeux sous l’eau, je fus envahie de flash. Un dragon. Du feu. Une pièce froide. La neige. Le froid. Je sortais brusquement la tête de l’eau, ouvrant les yeux, haletante. Je ne pouvais visiblement pas me laisser aller. Passant une main dans mes cheveux, je soupirais. Il fallait que j’essaie de me détendre. Je restais un moment dans cette baignoire, jusqu’à ce que l’eau devienne beaucoup moins chaude. Je finis par sortir et m’enrouler dans un linge très large. Les deux femmes arrivèrent alors et m’entrainèrent en souriant vers l’autre pièce. Là, on pris soin de moi. Je remarquais alors que mes cheveux étaient devenus très longs, m’arrivant en dessous du milieu du dos. Je fronçais les sourcils. Je ne savais pas combien de temps je fus éloignée et je me dis qu’il fallait que je pose cette question à Braethan. Je fus même maquillée et on m’aida à mettre la robe qu’on venait de m’offrir. Je remerciais les dames avec le plus de chaleur que je pouvais. On m’apporta alors de quoi manger et je restais seule pour avaler un vrai repas. Pour la première fois depuis que j’étais parti, je pouvais enfin aller et venir librement. C’était étrange comme sensation, j’en avais tellement perdu l’habitude.

Je finis par descendre dans la salle, vide. Sans doute l’aubergiste avait-il chassé tout le monde, voulant que je sois un peu tranquille. En descendant les escaliers, je vis alors Braethan assis à une table. Il m’aperçu rapidement et je lui offrais un sourire. J’étais beaucoup plus présentable comme ça. Mes cheveux étaient correctement peignés et tombaient dans mon dos avec élégance, mon visage semblait moins pâle et mes yeux moins tristes car on les avaient maquillés légèrement et cette robe couleur prune, simple mais soignée m’allais bien je crois. J’avais un peu plus l’air d’une femme, d’une noble, presque de la reine que je fus autrefois. Je finis par arriver en bas des escaliers et m’approchais de la table. Braethan se leva et s’inclina devant moi, ajoutant un « votre majestée » qui me fit légèrement froncer les sourcils. Je voulais lui dire que je préférais qu’il me considère plus comme une amie que comme une reine, mais sans doute aurait-il refusé. Je savais qu’il était d’un naturel très respectueux et je décidais donc de ne rien dire, inclinant cependant légèrement la tête pour le remercier. Ces gestes, j’en avais complètement perdue l’habitude et il faudrait que je prenne le temps de m’en accommoder de nouveau. Je m’assis alors et l’aubergiste s’approcha de nous « Vot’ Majestée. Si j’avais su que vous s’rez ici j’aurai bin commandé plus de choses à manger. Vous voulez quek’chose quand même ? ». Je l’écoutais avec un petit sourire. « Je vous en pris, ne vous excusez pas. J’ignorais moi même pouvoir me retrouver en ces lieux en ce moment. » J’adressais un sourire bienveillant à Braethan avant de reporter mon attention sur l’homme près de nous. « Votre taverne deviendra bientôt célèbre. Je vous promet de lever des fonds une fois à Cair Paravel pour vous permettre de vous occuper plus aisément de cette belle auberge. » « Oh merci vot’ Majestée ». Je lui adressais un sourire et cette fois, j’avais l’impression que je parvenais à le faire plus doux, un peu comme ceux d’avant. Je lui demandais alors de nous apporter à Braethan et moi une boisson chaude puis il parti en direction des cuisines, un sourire aux lèvres. Cela me faisait plaisir de pouvoir redonner le sourire aux gens, j’avais l’impression d’avoir perdu ce pouvoir.

Je reportais alors mon attention vers Braethan. Il semblait encore inquiet et j’avais envie de le rassurer. « Ne vous en faites pas, je vais bien. Je vais beaucoup mieux depuis que vous m’avez retrouvé. Je n’ai pas besoin de médecin quand je vous ai vous. » Un son étrange sorti alors de ma bouche. Un rire ? Oui, je crois que je venais de rire. Ce son doux et gracieux était sorti de mes lèvres si naturellement que j’en fus surprise. Depuis combien de temps n’avais-je pas rit ? Mon attention se posa alors sur les fleurs offertes par les villageois. Elles étaient très belles et Braethan m’expliqua que ces fleurs ne poussaient qu’ici, bravant le froid pour devenir merveilleuses. Cela fit écho dans mon esprit. J’avais aussi affronté les épreuves et le froid, mais je ne pense pas que cela m’avait rendu plus forte pour autant. Baissant doucement les yeux, je vis l’aubergiste revenir avec deux grandes chopes remplies de thé. Je le remerciais en souriant et but quelques gorgées. Cela faisait beaucoup de bien. Je posais mes mains autour de la chope pour les maintenir au chaud et mon regard se perdit dans le liquide d’où s’échappait une fumée. « Je crois que je devrais tout vous raconter. » J’avais parlé dans un murmure. C’était à la fois pour Braethan et pour moi. Je devais raconter ce qui s’était passé, je devais mettre des mots sur ce que j’avais vécu et j’avais envie de tout raconter à Braethan maintenant. Mon regard se posa sur ma bague de fiançailles. « Ce soir là quand … quand j’ai laissé le roi Edwin m’enlever, je ne pensais qu’à protéger ceux que j’aimais. Je ne voulais pas qu’il leur fasse du mal. Je ne voulais pas qu’il les emporte, j’avais trop peur et j’ai repensé à … » Peter. Ce nom resta dans ma gorge et ne franchit pas la barrière de mes lèvres. J’étais pourtant sûre que Braethan avait compris. Mais je voulais continuer, alors je repris la parole. « J’ai préféré me sacrifier pour les sauver. » Je savais parfaitement que Braethan comprendrais mon geste, peut être mieux que n’importe qui après tout. Jace m’en voudrait d’avoir agis de la sorte, tout comme Edmund et Lucy.  Braethan comprenait le sens du sacrifice, je le savais. « A Telmar j’étais dans une cellule dans les cachots. J’ai passé une soirée avec le roi Edwin, une soirée terrible. Puis il m’a renvoyé, ne me laissant que des vêtements peu épais. Ma cellule était particulière puisque je ne pouvais pas utiliser la magie sans en être blessée en retour. Je ne savais pas où était Clochette. C’était … très dur … ». Mon regard était lointain. Je me revoyais dans cette cellule. Je n’avais jamais été aussi mal en point de toute mon existence. Des larmes commencèrent à emplir mes yeux mais je secouais la tête et passais ma main dans mes cheveux pour ravaler ces vilaines larmes. J’avais envie de continuer, mon cœur me disait que cela faisait du bien. « Je suis tombée malade là bas et je crois que j’ai failli mourir. J’ai quand même reçu la visite d’un vieil ami qui m’a redonné espoir. » Je souris tendrement à l’évocation d’Ange, mon très cher Ange. Il fut le seul à me rendre visite et ce soir là il m’avait permis de me sentir mieux. « Il m’a fais promettre de rester forte et de ne jamais abandonner jusqu’à ce que je sois libérée. » Un nouveau sourire à l’évocation de cette promesse. Je reportais alors mon attention sur Braethan qui m’écoutait d’une oreille attentive, compréhensive. « Je ne sais pas combien de temps je suis restée à Telmar mais un jour on m’a amené et j’ai fais un long voyage avec le roi Edwin. Il m’a expliqué qu’il allait m’offrir à un Empereur dans les terres du Nord. Je ne connais toujours pas les termes de ce contrat mais je pense bien que le roi Edwin à dû m’échanger contre quelque chose d’une grande valeur. Je me suis donc retrouvée dans le château de l’Empereur Frost. C’est lui qui dirige les terres enneigées, peuplées de trolls, de géants, de loup et d’autres créatures étranges. » Je tournais la tête pour observer l’extérieur glacial. « Aussi étonnant que cela puisse paraître, il a été bon avec moi. Dans un premier temps il m’a rendu Clochette puis il m’a soigné et offert des vêtements. Visiblement mon don l’intriguait mais je ne comprends toujours pas pourquoi il agissait de la sorte avec moi. Puis au bout de longs mois, il a décidé de me libérer. En accord avec le roi Edwin, il ne pouvait pas juste me laisser partir. » Je baissais les yeux en repensant à ces évènements. « Alors il a voulu faire passer cela pour une fuite, c’est pour cette raison que je suis parti à pied du château en espérant parvenir en vie jusqu’à Narnia. Il ne me pourchassait pas, j’étais juste … livrée à moi même. Je crois que j’ai passé plus d’une semaine à errer dans ces bois jusqu’à … » Mon regard azur plongea alors dans celui de Braethan. « … jusqu’à ce que vous me retrouviez. » J’avais les larmes aux yeux mais un sourire chaleureux sur le visage. Je repensais alors à la question que je m’étais posée plus tôt. « Dites moi Braethan … Depuis combien de temps suis-je … partie … ? » Parti n’était pas forcément le mot le plus approprié mais je ne pu prononcer autre chose à ce moment là.

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MessageSujet: Re: « Never say goodbye. »   Mar 31 Déc - 15:46

Entendre Susan rire fit sourire le maître d'armes qui fut content de revoir celle qu'il connaissait. Il savait qu'il faudrait du temps pour qu'elle s'en remette réellement, mais il avait craint de voir un réel changement chez elle. Elle n'avait pas été brisée, pas complètement. Finalement, l'aubergiste revint avec des chopes ; Braethan le remercia d'un signe de tête, puis Susan murmura quelque chose qui l'intéressa. Elle souhaitait visiblement lui raconter ce qu'il s'était passé ces derniers mois. Il voyait bien que le seul fait d'y penser lui faisait mal, et il aurait voulu lui dire que ce n'était pas la peine. Mais il se rendit aussi compte qu'en parler ferait sans doute du bien. Aussi ne dit-il rien et laissa la reine raconter son histoire en prenant le temps dont elle avait besoin. Il but une gorgée de thé chaud qui lui fit plus de bien que la bière à laquelle il avait eu droit à son arrivée, et écouta attentivement la jeune femme sans émettre le moindre commentaire et en tachant de rester neutre. Il repensa à la fameuse et désastreuse soirée où elle avait été enlevée. A ce moment-là, Braethan, toujours banni d'Archenland, n'avait pu y aller. Il savait que cette fête avait servi à fêter le retour d'une paix provisoire et la fin de l'empire Télormène. Le maître d'armes, mis au courant pendant la nuit, avait été en colère comme jamais. En colère de ne pas avoir pu protéger celle qui le considérait comme son garde personnel. Tout ça à cause de ce fichu bannissement.

Mais il savait qu'il n'aurait pas pu mieux protéger la reine que les autres, tout simplement parce qu'elle s'était sacrifiée. A y repenser, Braethan aurait voulu s'énerver sur elle, lui dire que le peuple n'avait pas besoin de perdre un autre souverain. Mais il avait compris. Justement, elle protégeait son peuple ainsi que ses proches. C'était son devoir en tant que reine de faire ce qui était mieux pour Narnia, sans penser à elle. Il l'écouta alors raconter les conséquences de ce sacrifice. Bien sûr, l'usurpateur de Telmar n'avait pas eu assez d'honneur pour donner une meilleure cellule pour une reine et la mettait au même rang que la vermine. Il était étonné par la politesse dont Susan faisait toujours part à propos de ce roi, mais ne fit aucune remarque. Puis elle parla d'un échange et de la manière dont elle s'était retrouvée au Nord. Il comprit alors pourquoi elle avait dit plus tôt que l'empereur du Nord ne les poursuivrait pas. Son récit se termina alors au moment où le jeune homme l'avait retrouvé. A la vue de son regard rempli de larmes, il tendit la main et saisit délicatement celle de Susan pendant quelques instants, parce que ce geste vaudrait mieux que n'importe quelle parole, et répondit à son sourire. Alors la jeune reine lui posa la question qu'il redoutait. Il resta silencieux quelques secondes afin d'être sûr de sa réponse, et finit par murmurer, après avoir lâché sa main : « Nous sommes à la fin du printemps. Cela faisait pratiquement un an que vous aviez disparu. »

Braethan était lui-même étonné. Il savait qu'ils cherchaient la reine depuis de nombreux mois, mais ne s'était pas réellement rendu compte du temps écoulé. Avalant une autre gorgée de thé, il songea qu'il devrait aussi raconter ce qu'il se passait à Narnia. Le problème était qu'une auberge était certainement le pire moyen pour en parler. Il se contenta donc de revenir sur ce que disait Susan. « Cet Empereur... Pensez-vous que nous devrions le craindre ? Nous avons très peu d'informations sur lui et votre frère craignait qu'il ne s'agisse de la réincarnation d'une certaine amie à vous. » Braethan n'avait vu la personne en question qu'une fois, et très brièvement : à la seconde bataille de Beruna. Connue sous le nom de Jadis ou encore de la Sorcière Blanche, elle avait croisé la route des rois et reines de Narnia suffisamment de fois pour les rendre méfiant. Cet Empereur serait-il lié à Jadis, ou serait-il encore pire ? Visiblement, Susan n'avait pas été une simple prisonnière dans le Nord, sans doute pourrait-elle mieux expliquer ce qu'il se passait là-bas, et dire s'il fallait se méfier ou non. Peut-être pourrait-elle expliquer le fait que le village où ils se trouvaient était encore sous la neige alors que l'été approchait. Mais il voyait que le sujet ne rendait pas la reine très à l'aise, alors il pensa à autre chose.

Il la laissa finir son thé puis se leva : « L'aubergiste m'a parlé de quelque chose que j'aimerais vous montrer. Si vous n'êtes pas trop fatiguée, allez vous vêtir de quelque chose de chaud et retrouvez-moi à l'extérieur. » Il prit ses gants accrochés à sa ceinture ainsi que sa cape qu'il avait posé à côté de lui, lui adressa un léger sourire puis sortit dans le froid. La différence de température avait l'intérieur était assez importante, mais l'air était bien moins glacial qu'à l'endroit où il avait retrouvé la Reine. Il mit donc ses gants puis accrocha sa cape autour de lui avant de finalement rejoindre ses compagnons qui n'étaient pas loin. Il se contenta de les remercier pour leur aide et de les féliciter, en leur promettant de parler d'eux au roi. Il savait que c'était pour eux une très bonne chose et qu'ils seraient très contents - comme Braethan aurait pu l'être quelques années plus tôt, lorsqu'il était à son tour soldat. Finalement, la reine sortit également, et Braethan la rejoint. Sans un mot, il la guida vers l'autre entrée du village - le village étant assez petit, ils ne mirent pas longtemps à y arriver. Là se trouvaient des cibles, certes abîmées et recouvertes de neige, mais toujours utiles, ainsi que des arcs et des flèches. Il donna celui qui avait l'air en meilleur état à la reine avec un nouveau sourire. Toute personne sensée dirait que c'était une mauvaise idée, que Susan était fatiguée et pas en état de tirer quelques flèches. Mais il s'agissait à la fois d'un test et d'une aide. Braethan savait à quel point la reine était douée au tir à l'arc, et qu'elle respectait la règle que lui-même appliquait depuis toujours : il fallait croire en soi pour atteindre sa cible. Il lui tendit donc une flèche pas trop mal taillée, espérant qu'elle accepte son offre.

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Susan Pevensie
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MessageSujet: Re: « Never say goodbye. »   Ven 3 Jan - 16:59


Braethan m’avait écouté d’une oreille attentive durant mon discours. Il n’avait pas fait de commentaires et s’était contenté de me prendre la main en souriant lorsque j’eu finis. Cela me soulageais. Je n’avais pas forcément envie à ce moment là qu’il me bombarde de questions en tout genre et si j’avais gardé pour moi beaucoup de détails c’était aussi parce que je n’avais pas envie qu’il s’inquiète plus que cela. J’en vins même à me demander ce que je pourrais raconter à Jace à mon retour. Si je lui en disais trop, il allait en souffrir mais au fond, il voudrait tout savoir. Je chassais cette idée de ma tête et me dit que je verrais le moment venu. Puis, Braethan finit par répondre à ma question. J’étais incapable de dire combien de temps j’étais partie, je savais que c’est long mais je ne pouvais mettre un chiffre la dessus. Puis la réponse tomba dans un murmure : un an. Mon cœur rata un battement à cet instant. Je ne pouvais pas m’en rendre compte c’était presque impensable. Je comprenais mieux les réactions des villageois. Pendant un an chacun d’eux devaient se demander si j’étais encore en vie et cela devait être pire pour Jace, Edmund et Lucy. « Un … un an … ? » Mon regard se perdit dans le vide quelques instants. La soirée de Jace pour nos fiançailles remontait déjà à un an ? Cela faisait un an que mon amour avait vu sa fiancée se faire kidnappée sous ses yeux sans garanties aucune de pouvoir la revoir vivante un jour pour l’épouser. Je n’osais même pas m’imaginer la peine de Jace. A cet instant, j’aurai voulu partir tout de suite pour aller le rejoindre et lui prouver que j’étais encore en vie et qu’il pourrait vraiment m’épouser.

Je sortais de mes pensées lorsque Braethan reprit la parole. Il me demanda ce que je pensais sur l’Empereur Frost et m’informa qu’Edmund croyait avoir à faire à une sorte de seconde Sorcière Blanche. Je réfléchis quelques instants avant de parler à mon tour « L’Empereur est un elfe possédant des pouvoirs étranges. Je dois avouer qu’il m’effraie un peu mais il semble ne pas vouloir de mal à Narnia. J’ai d’ailleurs essayé de négocier avec lui et je pense qu’au vu de son attitude envers moi il ne projette pas de nous déclarer la guerre. Si je reste en bons termes avec lui peut être pourrait-il même être notre allié. » Il est vrai que je ne savais trop quoi penser de l’Empereur Frost. Il m’avait bien traité, m’avait montré de nombreuses choses de son royaume mais après tout, il restait normalement l’allié du roi Edwin. Pourtant, on aurait cru qu’il regrettait ce choix mais je ne savais pas vraiment comment interpréter ses paroles à certains moments. Il faudrait que j’y réfléchisse à tête reposée pour mieux m’en rendre compte. Je bus une nouvelle gorgée de thé chaud. Nous étions à la fin du printemps mais ce village semblait figé dans l’hiver. C’était étrange … La magie de Frost agissait-elle sur ce lieu ?

Peut être alor pour détendre l’atmosphère, Braethan se leva. Je posais mon regard sur lui. Il m’informa qu’il avait quelque chose à me montrer à l’extérieur. Je fronçais les sourcils. De quoi pouvait-il s’agir ? Il finit par m’adresser un sourire et sortit. Je restais quelques instants ici puis décidais de me lever. J’avais encore le manteau en fourrure blanche offert par Frost. Il me tiendrait chaud malgré le froid et je décidais donc de le mettre. Quelques minutes plus tard j’étais dehors, Clochette voletant près de moi. Quand je sortis, je vis Braethan avec d’autres soldats mais il se rapprocha rapidement de moi et me guida à travers le village. C’était un endroit petit mais paisible, comme si ils étaient bien loin de l’agitation de Cair Paravel. Quand nous nous sommes arrêtés, mon regard se posa sur quelques cibles. Je ne pus m’empêcher de sourire. Depuis combien de temps n’avais-je pas touché un arc ? J’avais la réputation d’être la meilleure archère de Narnia et ce depuis que le Père Noël m’avait offert un arc. Dans mon monde déjà je pratiquais cette discipline, c’est comme si j’avais toujours été faite pour utiliser un arc. Cependant, l’utiliser comme un loisir était bien différent de l’utiliser pour se battre en temps de guerre. La dernière guerre m’avait fait détester les batailles et je m’étais promise de tout faire pour éviter cela de nouveau. Utiliser un arc aujourd’hui me rappelait la guerre mais je ne devais pas trop y penser.

Avec un sourire, Braethan me tendit un arc que je pris dans ma main. Le bois était léger, la corde assez bien tendue et la courbure du bois plutôt bonne. La flèche était loin d’être aussi bien taillée que les miennes mais son équilibre était parfait, je pus le vérifier en faisait tenir la flèche sur mon index tendu dans le vide. Mes yeux se posèrent sur la cible et je plaçais l’extrémité de la flèche dans la corde de l’arc. Je relevais la main tenant l’arc et tendit l’autre tenant la corde jusqu’à ce que le bout de la flèche soit tout près de mon oeil. J’ajustais le bout pointu de la flèche vers le centre de la cible, visant des deux yeux. J’inspirais doucement, tendant encore plus la corde. Quand mes doigts lâchèrent, je soufflais en même temps, comme j’avais toujours appris à le faire. La flèche partit rapidement et finit par se planter … bien loin du cœur de la cible. J’écarquillais les yeux, presque choquée d’avoir ratée. Fronçant les sourcils je regardais cette flèche me narguer. Ma gestuellement était bonne, excellente même, j’avais bien visé et j’étais sûre d’atteindre le cœur. La vérité m’apparu alors comme un flash dans mon esprit. Pour atteindre le cœur de la cible il fallait croire en soi. Voilà ce que cherchais à savoir Braethan, si je croyais encore en moi. Je clignais des yeux et, sans le regarder, je pris une autre flèche, le regard déterminé. Je ne devais pas rater cette fois. Je croyais en moi et cette flèche là le prouverait. Je me remis en position et tendait encore la corde, étant certaine que je visais juste. Je crois en moi. Lâchant la corde, je me répétais ces mots dans mon esprit, comme si je voulais que cette flèche s’en imprègne. Encore une fois la flèche manqua le cœur. « Non … » J’avais lâché cela dans un murmure. Non, ce n’était pas possible … Je sentais le regard de Braethan sur moi et je ne voulais pas le regarder. Il fallait qu’il oublie ça, je devais lui prouver que je croyais encore en moi. Je pris alors une troisième flèche, les mains légèrement tremblantes. A cet instant j’avais perdu tout espoir de voir cette flèche atteindre le cœur de la cible, il fallait pourtant que j’y arrive. Cette fois la flèche se planta très loin du cœur. Je baissais les yeux en même temps que mon arc. Je me voilais la face. Je n’y croyais plus et je venais de m’en rendre compte de la façon la plus difficile qui soit. « Je … je dois manquer d’entrainement … » Idioties. L’entrainement n’avait rien à voir la dedans et Braethan le savait aussi bien que moi. Je lui tendis mon arc, évitant toujours son regard. J’avais envie de disparaître.

La tête toujours baissée, je vis pourtant la lueur de Clochette. Je relevais doucement le visage, croisant le regard de ma fée. Je fronçais légèrement les sourcils. Et si … ? Lentement, je tendis mon bras dans le vide et fermais les yeux. Une douce lueur se diffusa près de ma main et prit la force d’un arc. Quand j’ouvris les yeux, je vis cet arc lumineux et magnifique et je le pris dans ma main, créant une flèche de la même matière dans mon autre main. Je levais l’arc, tendis la corde et finis par lâcher la flèche qui se planta en plein cœur de la cible. J’en fus la première étonnée et regardais Clochette. Qu’est ce que cela pouvait signifier ? Je croyais plus en la magie qu’en moi même ? Ou alors, avais-je désormais besoin de la magie plus que jamais ? J’en fus si confuse que je n’arrivais pas à prononcer quelque chose. Cependant, cela faisait trop longtemps déjà que je n’avais pas utilisée mes pouvoirs et l’arc ainsi que la flèche disparurent rapidement. Je me sentis plus faible et portais ma main à mon visage, j’étais légèrement essoufflée. Mais cela ne m’inquiétait pas du tout. Pourquoi avais-je réussi avec la magie et pas sans ? Je n’aimais pas ça …

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MessageSujet: Re: « Never say goodbye. »   Mer 5 Mar - 22:32

Certes, la reine n'avait pas son arc habituel, celui du Père Noël, celui qui ne ratait jamais sa cible si l'on croyait en lui, selon la légende. Mais Braethan était certain que toute personne ayant suffisamment foi pouvait tirer n'importe quelle flèche avec n'importe quel arc. Avec un peu d'entraînement pour perfectionner le tir. Susan avait une maîtrise parfaite, et même le maître d'armes était loin de la dépasser. Et pourtant, il aimait cette discipline plus que tout. Il se relaxait très souvent en tirant quelques flèches précises. Il pouvait y passer des heures, en n'utilisant qu'une simple poignée de flèches. Le but était de se concentrer, d'être calme, de faire le vide, de n'avoir qu'un seul objectif et de l'atteindre. S'il ratait, alors il recommençait. Tout était dans la tête. Et c'était à ce type d'entraînement qu'il voulait initier la jeune reine. Jusqu'à présent, ils ne s'étaient entraînés que pour elle, pour qu'elle ne perde pas sa technique, pour qu'elle se perfectionne, pour qu'elle se détende un peu en même temps. Mais il n'était pas sûr qu'il voit la discipline de la même manière que la jeune femme.

Il ne lui fallut pas longtemps pour voir que Susan avait du mal. Oh oui, elle était très bien placée, chacun de ses membres était aligné avec le reste, et son corps entier ne faisait qu'un avec ses bras. Ce n'était pas l'arc, de mauvaise qualité comparé à tous ceux qu'elle avait dû essayer. Ce n'était pas les flèches, ni les cibles, ni la neige ou le froid. La fatigue et le manque d'entraînement pouvaient être des facteurs, mais Susan semblait elle-même se dire que ce n'était pas le problème. Braethan ne dit rien pendant un long moment ; aussi fut-il surpris lorsque la reine usa de sa magie pour créer un arc. Et cette fois-ci, elle réussit à tirer une flèche comme il le fallait, et celle-ci atteignit le cœur de la cible sans le moindre effort. La magie aurait pu... Non, la magie n'était pas de la tricherie. Le maître d'armes n'y connaissait pas grand chose, mais il avait compris que les pouvoirs qui habitaient la jeune femme n'étaient pas que de la simple magie. Ils faisaient partie d'elle, intégralement. Elle avait utilisé une part d'elle-même pour réussir à tirer correctement. Mais il n'avait aucune idée de la signification de ce phénomène, et la reine semblait être dans le même cas. Il s'inquiéta tout de même brièvement pour la jeune femme, la voyant soudain fatiguée. Avait-il raison de la bousculer de cette manière ? Il devrait la laisser se reposer et la ramener le plus vite possible à Cair Paravel, au lieu de lui faire passer des épreuves idiotes.

Mais Braethan ne respectait pas les conventions et faisait rarement ce qu'il se devait de faire. Alors il s'éclaira la gorge et poursuivit sa petite enquête, après s'être assuré que Susan allait bien. « Qu'avez-vous ressenti avec l'arc que vous avez fabriqué ? Autre que ce que vous pouvez ressentir en touchant un arc en bois tout à fait normal. » Il était toutefois curieux quant à cette magie. Pourquoi Susan avait-elle ressenti le besoin de la convoquer pour réussir à tirer une flèche en plein cœur de la cible ? Hésitant, il reprit l'arc que la jeune femme venait d'utiliser, se plaça comme il se le devait, et après quelques instants de concentration, lâcha la corde ainsi que la flèche qui se planta près du cœur de la cible avec un bruit sourd. Le problème ne venait pas de l'arc, comme il s'en doutait. Il tendit à nouveau l'arc à la reine, quelque peu hésitant. Si le phénomène se reproduisait, il ne savait pas comment l'aider. Il pourrait l'aider à mieux placer ses pieds, ses doigts, son coude ; à mieux se concentrer ; à mieux se tenir droite. Mais il n'y avait rien à faire, car sa posture était déjà parfaite.

Il se risqua à lui faire partager son propre sentiment lorsqu'il tenait un arc. Il savait que la reine redoutait de tenir une arme dans ses mains, signe de mauvaise augure pour elle ; elle ne voyait sans doute plus l'arc comme un loisir. Il voulait lui redonner ce sentiment, car elle aurait besoin de quelque chose sur lequel se libérer à présent. Il inspira doucement, et avec un sourire confiant, tendit une flèche à la jeune reine. Il se plaça ensuite derrière elle, de telle manière qu'il ne soit plus dans son champ de vision. « Fixez la cible. Alignez-la parfaitement avec votre bras et votre arc. Ne pensez plus à ce qui vous entoure, ni même à moi. Respirez calmement, prenez le temps qu'il vous faut. Faîtes le vide dans votre tête. » Il prit soin de parler lentement et doucement, et attendit quelques instants avec de poursuivre : « Recherchez le sentiment qui vous a envahi lorsque vous avez invoqué votre magie, mais gardez à l'esprit qu'il n'y a que vous et votre arc en bois. Recherchez cette détermination qui vous fait atteindre n'importe quelle cible, n'importe quel but. Trouvez ce sentiment, laissez-le vous envahir, et lorsque vous vous sentez prête, lâchez la flèche. Elle atteindra le but que vous vous êtes fixé. »

Il ne sut pas si la reine réussit, ou si même elle avait déjà tiré, que quelqu'un s'approcha d'eux en l'appelant. Susan ne sembla pas perturbée, du moins au début. Braethan eut alors dans les mains un bout de parchemin qui semblait neuf et propre. En l'ouvrant, il eut la confirmation que ce message venait du château royal, plus précisément du roi Edmund. Le message, écrit visiblement en précipitation, était assez court, et remerciait seulement le maître d'armes en lui conjurant de venir le plus vite possible avec la reine à Cair Paravel, et demandait également des nouvelles de la santé de celle-ci. Des soldats avaient du arriver à la capitale peu de temps auparavant, ou sans doute avaient-ils envoyer un message dès qu'ils avaient atteint un village. Braethan se tourna vers Susan qui le regardait, et lui tendit le mot avec un sourire. Il put ainsi voir l'expression de bonheur sur le visage de la jeune femme à la vue de l'écriture de son frère. Il se souvint qu'elle-même leur avait fait parvenir un message quelques mois plus tôt, et Braethan avait pu apercevoir la même expression dans les yeux du roi Edmund et du roi Jace, ainsi que dans ceux de la reine Lucy.

Il se demanda s'ils devaient rester quelques temps ici ou pas. Susan n'était plus en danger immédiat, elle était en bonne santé. Elle restait toutefois fatiguée, et l'agitation autour d'elle pourrait être dur à encaisser une fois arriver. Mais ce n'était pas à lui de décider. Lorsqu'elle releva les yeux vers lui, il se risqua donc à lui poser la question : « Voulez-vous rentrer maintenant, Votre Majesté ? » Il n'avait pas besoin de préciser qu'ils n'iraient pas vite, qu'ils pourraient toujours prendre soin d'elle, et surtout, qu'il serait toujours là pour la protéger. Elle savait tout ça. Mais sans doute ne voulait-elle pas passer une minute de plus loin de sa famille et de ses amis, même fatiguée et encore déboussolée. Elle aurait tout le temps de se remettre du voyage, et Braethan pourrait l'informer de tout ce qu'elle ne savait pas sur le trajet. Et surtout, "maintenant" ne signifiait pas "tout de suite". Encore une fois, c'était simplement à elle de décider. Elle semblait avoir subi tant de choses qu'elle avait aujourd'hui le droit de faire ce que bon lui semblait, et Braethan la pensait suffisamment rétablie pour pouvoir chevaucher quelques heures de plus, quitte à s'arrêter à Beruna.


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