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 N'y a-t-il rien de plus vrai que l'amour entre une soeur et son frère ?

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MessageSujet: N'y a-t-il rien de plus vrai que l'amour entre une soeur et son frère ?   Mar 14 Fév - 11:55

L’hiver arrivait à grands pas. Car oui, il existait bel et bien un hiver à Calormen ! Qui ne durait certes que quelques semaines mais qui était très féroce. Il ne s’agissait pas de neige mais de glace. La raison était Tash pour tous les croyants. Si les calormènes avaient été bons tout le long de l’année, le gel ravageant les récoltes et le givre pénétrant dans chaque habitation ne durait pas longtemps. Cependant cette année j’avais des doutes pour un tel scénario. A mon sens, après la guerre civile de Calormen, Tash serait très sévère, en particulier envers la famille royale. En effet il incarnait la tradition et une telle rupture avec les mœurs, depuis le renversement de mon frère aîné, ne pouvait que l’avoir énervé. C’est la raison pour laquelle j’insistai pour que mes filles, Maëlyn et Lou, soient en permanence en compagnie de mon mari ou de moi-même. J’avais également peur pour ce dernier, Chris. Je l’aimais autant que lors du jour de notre rencontre et savais que, même s’il n’avait pas du sang calormène dans ses veines, Tash n’hésiterait pas à lui faire du mal. Il y avait aussi une autre personne pour qui je m’inquiétais. Il s’agissait de mon jeune frère Soren, Tisroc de Calormen. Cela faisait déjà quelques mois qu’il avait le pouvoir entre ses mains et que l’ordre était revenu sur Tashbaan. Il accomplissait à merveille son devoir mais demeurait fragile. Pourtant, aucune faiblesse n’était perceptible sur son visage implacable.

En cette après-midi nuageuse, je décidai de lui rendre visite, histoire de prendre des nouvelles mais aussi de me rendre utile dans les affaires du royaume si je le pouvais. Je confiai donc Lou et Maëlyn à mon mari avant de me diriger vers les appartements de mon frère. Je n’avais pas annoncé ma visite, aussi espérais-je ne pas trop le déranger. Mais il est vrai que j’avais besoin d’admirer son visage ainsi que d’entendre sa voix. Soren avait toujours été une des personnes les plus importantes pour moi. Depuis notre enfance, j’avais toujours joué à la petite maman avec lui. En même temps, la situation s’y prêtait fort bien ! Yoren était destiné à monter sur le trône, en conséquence le jeune Soren n’avait pas reçu la même éducation, tout le temps enfoui dans les jupes de notre mère et de leurs dames de compagnie qui se faisaient un malin plaisir que de le garder avec elles. A vrai dire, Soren était vraiment très mignon lorsqu’il était petit et son innocente curiosité faisait fondre quiconque l’approchait. Aujourd’hui la situation avait bien changée. Soren n’était plus ce petit garçon dans l’innocence, à présent il gouvernait tout un peuple et même plus, il incarnait le renouveau et la rédemption. Beaucoup attendaient de lui si bien qu’il était attaché à accomplir son devoir seul.

J’étais à présent devant la porte de ses appartements. Je demandai d’une voix polie si le Tisroc Soren n’était pas trop occupé. C’est alors qu’ils me répondirent qu’il n’avait reçu personne pour le moment et qu’il avait donné l’ordre de ne recevoir personne aujourd’hui. J’hésitai quelques instants. Il avait demandé à rester seul. Pourtant, mon désir de le voir était plus fort que tout. Je demandai donc aux gardes s’ils pouvaient m’ouvrir les portes car je voulais prendre de ses nouvelles et en aucun cas parler de politique. Les gardes m’ouvrirent donc la porte de ses appartements. Il n’était pas dans le salon, ce dernier étant uniquement occupé par sa suite. Je demandai à un de ces garçons où se trouvait mon frère. Il me répondit alors que je pourrai le trouver dans sa chambre. Je le remerciai avant de me diriger vers celle-ci. En effet, Soren était allongé sur son lit aux draps de soie. D’un pas léger je vins m’asseoir à côté de lui. Sa tête était tournée dans le sens opposé, si bien qu’il ne pouvait me voir. Il resta d’ailleurs dans cette position lorsque je m’approchai de lui. J’en conclus donc qu’il avait reconnu mes pas et ma présence. Je posai délicatement ma main sur sa joue pour lui faire une tendre caresse. Il retourna alors sa tête pour me regarder. Je lui souris avant de lui demander d’une douce voix :

« J’espère que je ne viens pas troubler ton repos. »

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Soren Eshbaan
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MessageSujet: Re: N'y a-t-il rien de plus vrai que l'amour entre une soeur et son frère ?   Sam 18 Fév - 20:30

Les affaires traitées au cours de la matinée avaient fini de m'exténuer. J'étais peut-être, en ces temps froids, malade, à moins que ce ne soit la fatigue qui se propageait avec force dans mon esprit et mon corps. J'espérais que cet état passerait rapidement, car je sentais parfois ma volonté défaillir. Diriger un peuple, sur un immense territoire, n'était pas simple. De toute ma vie, jamais je n'avais réellement rêver d'être Tisroc. Plus jeune, j'étais admiratif de mon père, qui gouvernait avec une remarquable intelligente et une impressionnante sagesse. De mes yeux d'enfant, les choses paraissaient bien simples. Même plus tard, lorsque ce fut au tour de mon frère aîné, Yoren, de régner, je ne connaissais pas l'ampleur du territoire à diriger. Aujourd'hui, c'était à moi que revenait cette tâche. Bien que je me sente parfois bien inexpérimenté et hésitant face à des décisions importantes, je tentais de ne rien montrer ; rien n'est pire qu'un homme, et un souverain, qui montre ses faiblesses.

J'avais donc fait en sorte de régler les principales affaires de la journée qui, heureusement, ne concernait rien de bien important. Enfin, rien d'important comparé à d'autres choses que j'avais faites dès mon arrivée au pouvoir, notamment la libération d'Archenland, le traité de paix avec ce même pays et Narnia, et la rupture de la précédente alliance avec le roi Edwin de Telmar. Ces brusques décisions n'avaient pas été mes idées, mais je n'aurais pu penser autrement. Le pays était fissuré dans toutes les provinces, la paix ne tenait qu'à un fil à l'intérieur du territoire, et surtout, le peuple souffrait des guerres antérieures, qui avaient eu pour conséquences une forte pauvreté qui avait elle-même engendré une famine dans le sud et au fin fond de l'ouest. Entretenir de bonnes relations avec ceux qui avaient été précédemment attaqués n'était que bénéfique pour ramener l'ordre dans le royaume. Il n'y avait que Telmar qui était une menace à présent. Mais rien ne s'était encore passé...

Et voilà que je recommençais à penser à tout ceci ! Cela faisait bien une heure que j'étais dans ma chambre, seul, allongé sur mon lit, pour tenter de me reposer un peu. Je ne bougeais pas, mes yeux étaient clos, et pourtant, des pensées vagabondaient et tourbillonnaient dans ma tête sans arrêt. Toutefois, me poser un peu me faisait du bien ; peut-être arriverais-je à retrouver un esprit calme, serein, au bout d'un moment. L'ordre que j'avais donné aux gardes, de ne faire entrer personne, semblait bien en vigueur, car aucun secrétaire ou je ne sais qui encore n'était venu me voir.
Du moins, ce fut le cas pendant encore un long moment. J'étais alors presque détendu, et j'aurais pu m'endormir si je ne me forçais pas à rester éveillé. Je crus d'ailleurs que c'était le cas, quand j'entendis des bruits lointains et doux. Comme des murmures et des pas quasi-silencieux. Cependant, le bruit d'une porte proche qui s'ouvre me confirma que je ne rêvais pas. Qui donc serait autorisé à venir, en faisant si peu de bruit et en étant si discret ? Une atmosphère agréable et familière pénétra ma chambra et parvint jusqu'à moi, m'entourant comme d'un cocon chaud et rassurant. Il ne me fallut pas longtemps pour savoir qui était entré.

Je ne bougeai pas, bien qu'un sourire se soit dessiné sur mes lèvres. J'entrouvris les yeux lorsque la personne en question s'était assise à côté de moi. Je vis du coin de l’œil une main se diriger vers moi, avant de la sentir avec une douceur inégalable sur ma joue. Je ne pus que tourner la tête pour regarder Crystal, ma sœur, et répondre de plus belle à son sourire. « J’espère que je ne viens pas troubler ton repos. »A ces mots, je saisis délicatement sa main et la retins dans la mienne, tout en me mettant en position assise. J'eus soudain le souvenir de nos soirées où nous parlions de tout et de rien, allongés sur son lit ou le mien. Depuis que Crystal était revenue à Tashbaan, le vide qui s'était installé dans mon cœur toutes ces années s'était finalement refermé, et était oublié. Il faisait partie du passé.

« Bien sûr que non. Et quand bien même tu l'aurais troublé, j'aurais été tout aussi heureux de te voir. »

En effet, bien que Crystal vivait au palais, avec son mari, Chris, et ses deux adorables filles, je ne la voyais pas souvent. C'était d'ailleurs bien triste. Mais j'étais bien trop content de la savoir à Tashbaan, dans ce palais même, vivant la vie qu'elle voulait, pour oser encore protester sur le cours des choses. Ce qui me rendait heureux à ce moment précis n'était pas seulement le fait de voir ma sœur, mais le fait qu'elle vienne me voir personnellement, qu'elle ait sûrement dû forcer un peu les gardes de mes appartements pour passer, et qu'elle arrive avec sa douceur et sa tendresse habituelles. Mon sourire, permanent depuis qu'elle avait pénétré dans la chambre, témoignait d'ailleurs de ce bonheur.

« J'espère au moins que tu souhaites rester, et que tu n'es pas venue en coup de vent pour une urgence, je serais déçu. » Je me doutais bien que ce n'était pas le cas, et elle me le confirma bien vite. « Comment vas-tu ? Chris, Lou et Maëlyn vont bien ? »

C'était encore étrange de penser que Crystal était mariée et mère. Ce n'était pas tant étonnant, compte tenu du fait que la plupart des jeunes femmes de son âge étaient dans la même situation ; mais parfois, elle restait, pour moi, la grande sœur que j'avais toujours connu, enfant. A présent, c'était plutôt à moi de la protéger et de veiller sur elle...

[vraiment pas top...>< Si tu veux que j'en rajoute plus, demande par mp hein Wink]

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- they will come for you -
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MessageSujet: Re: N'y a-t-il rien de plus vrai que l'amour entre une soeur et son frère ?   Dim 11 Mar - 21:47

Voir un magnifique sourire se dessiner sur le visage de mon frère venait d’égailler ma journée. Soren était mon jeune frère, aujourd’hui celui qui comptait le plus à mes yeux. En effet, j’avais appris à vivre sans mon autre frère, Yoren. Cependant je ne pouvais m’empêcher d’y penser et d’y repenser. Après tout, le même sang coulait dans nos veines et il existait entre nous ce lien si fort et indescriptible qu’est le lien fraternel. Malgré toutes les horreurs qu’il avait commises, Yoren Eshbaan demeurait mon frère. J’excusais comme je le pouvais l’énergie que j’avais fournie durant la Guerre Civile pour mettre un terme à la politique qu’il exerçait. Il est vrai que le peuple de Calormen souffrait des lourdes ambitions de mon frère, qui avaient pour objectif d’apporter son royaume, son empire (après l’alliance avec le Roi Edwin de Telmar), à son apogée. Faire de Tashbaan la capitale de Narnia, la ville la plus étincelante de ce Monde, la cité du Soleil était son plus beau rêve. Au fond, il est vrai qu’il ne voulait que l’éclat pour son Peuple, un éclat qui serait légitime compte tenu des durs labeurs qui lui a été imposé par le Puissant Tash. Après tout, il ne faisait que respecter le serment qu’il avait juré de respecter devant les reliques de notre Dieu, c'est-à-dire avoir pour unique devoir celui de faire prospérer voire s’épanouir la cité de Tashbaan et le royaume calormène. C’était le rituel, tous les Tisrocs lors de leurs avènements se devaient de prêter ce serment. Tout comme notre père Abel ou notre frère aîné, Soren avait lui aussi juré de se consacrer à cette mission.

J’avais entièrement confiance en lui. Mon jeune frère était quelqu’un d’intelligent tout en gardant la fraîcheur de sa jeunesse. De plus, il avait beaucoup gagné en maturité depuis ces derniers temps. Mais justement, la situation pour lui n’était guère facile. S’imposer Tisroc alors que l’on vient de détrôner l’ancien n’est pas un contexte simple, pour des débuts. Voila aussi la raison pour laquelle j’étais venue lui rendre une petite visite. Je savais que l’exil de Yoren l’avait grandement affecté, qu’il s’était senti trahi, en somme qu’il avait été blessé. Je le savais bien entouré, les Tarkhaans nous ayant aidé lors de la Guerre Civile étaient des personnes de confiance. Je les savais proches de mon père donc proches de Soren, cela va de soi. Cependant on ne sait jamais, la tentation est toujours forte lorsque l’on a en face de soi un Tisroc très jeune et encore inexpérimenté. Ces gens-là goûtaient au pouvoir comme ils ne l’avaient encore jamais fait. Le danger était qu’ils y prennent goût justement. Je bannis ces idées noires de ma tête avant de me recentrer sur Soren, tout en restant conscience qu’ils avaient eux-aussi prêté serment de loyauté envers lui.

Mon frère me demanda alors comment allaient Chris, autrement dit son beau-frère, ainsi que ses deux petites nièces. Il est vrai que même si nous vivions sous un toit identique, Soren était très pris dans ses affaires et moi dans les miennes. Finalement, nous ne nous voyions donc que très peu.

« Il est évident que je ne viens pas ici pour ne partager que quelques minutes en ta compagnie Soren. A moins que tu ne me supporte plus au bout de ce laps de temps ! » dis-je avec un grand sourire « Tes petites nièces vont bien. Maëlyn grandit de jour en jour, c’est impressionnant. Elle s’éveille de plus en plus et reconnait déjà son petit monde. Je suis d’ailleurs certaine que ta venue l’enchanterait ! Concernant Lou, elle aime beaucoup la culture calormène et se prête d’ailleurs très bien au jeu ! Tu la verrais porter mes robes d’enfants, elle est vraiment ravissante. D’ailleurs je pense lui en commander plusieurs auprès d’un couturier ! Et enfin Chris… Je ne saurai te dire. En vérité, nous nous aimons véritablement et de ce fait, il nous suffit d’être ensemble pour oublier tout le reste. Ainsi, je ne sais pas s’il se plait vraiment ici, cela lui change beaucoup de Telmar et Cair Paravel ! Cependant comme je te l’ai dit, nous sommes ensemble et c’est tout ce qui compte, même si je songe à organiser un voyage sur Telmar pour voir sa mère. Elle sera ravie de voir sa petite-fille ! Enfin, avant toute chose je voulais t’en parler. Si tu souhaites que je reste à tes côtés, je le comprendrai parfaitement. »

J’attendis qu’il me réponde avant d’aborder un autre sujet.

« Assez parlé de moi. Comment se porte Melody ? » lui dis-je avec un grand sourire.

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Soren Eshbaan
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MessageSujet: Re: N'y a-t-il rien de plus vrai que l'amour entre une soeur et son frère ?   Sam 24 Mar - 15:59

Le sourire de Crystal la rendait plus belle que jamais. Aussi belle que notre mère... Elle avait hérité de ses magnifiques yeux bleus, ces yeux qui avaient bercé mon enfance et apparaissaient parfois dans mes plus beaux rêves. Aujourd'hui, croiser le regard et apercevoir le sourire de Crystal pouvait apaiser la moindre de mes tensions, et me calmer pour quelques temps. Lorsqu'elle me parla de Maëlyn, Lou et Chris, je sentis la joie qui étreignait son cœur, et ceci me rendit d'autant plus heureux. Je ne pouvais qu'imaginer la petite Maëlyn, si mignonne, qui possédait aussi les magnifiques yeux bleus de sa mère, dans les robes pour bébés qui étaient adorables, il fallait le reconnaître. De même, j'imaginais très bien Lou émerveillée par ce nouveau monde ; je m'étais d'ailleurs très bien entendu avec elle. Quant à Chris, je le croisais plus souvent que Crystal, étrangement, mais j'étais, à chaque rencontre, plus heureux que jamais que ma sœur ait épousé un homme comme lui. Après tout, il était rare qu'elle fasse de mauvais choix...

« Je ne manquerai pas de venir vous rendre une petite visite dans les prochains jours à venir dans ce cas-là ! Il est vrai que je ne te consacre pas beaucoup de temps, je tenterai donc d'y remédier rapidement. Quant au voyage, je ne pense pas qu'il y ait de problèmes. Si j'ai bien compris, Chris est un ami d'Edwin, et tu as toi-même de bonnes relations avec lui, mais j'ai peur que le lien avec Telmar soit tendu depuis l'arrêt de l'Alliance. Il vaudrait sans doute mieux organiser ça avec précautions. Mais plus tard si tu veux bien. »

En effet, j'étais bien fatigué ces derniers temps, et je ne voulais pas penser aux problèmes avec Telmar. Certes, jusqu'à présent, aucun incident notable ne s'était produit, mais je craignais toujours le pire. Edwin était aussi attaché à l'ancien Empire Telormène que Yoren, sans parler de l'exil de celui-ci. Je n'avais d'ailleurs pas osé le mentionner dans ma réponse, et avais préféré parler de l'ancienne Alliance entre Telmar et Calormen. Heureusement, Crystal dut ressentir aussi la gêne, et changea de sujet. Sujet qui me refit sourire en un rien de temps. Je lui avais parlé de Melody peu de temps après son mariage, pour changer un peu de l'atmosphère serrée à ce moment-là. A cette époque, peut-être que ma relation avec Melody passait pour une amourette, après tout je ne la voyais pas souvent, et je savais parfaitement que je ne m'attachais pas durablement à une fille d'habitude. Mais depuis que j'étais devenu Tisroc, j'avais réfléchi à tout, et j'étais persuadé que Melody était loin d'être une amourette d'adolescence. Évidemment, j'en avais reparlé avec Crystal, ne pouvant rien lui cacher de toute manière.

« Je pense qu'elle va bien. Dans sa dernière lettre, elle affirmait qu'elle quitterait Narnia à la fin du mois, je n'ai qu'à espérer qu'elle y arrive... J'irai sans doute la chercher, et quitter Tashbaan quelques temps me fera un peu de bien. Ce ne sera que pour une dizaine de jours, je te rassure ! »

Il fallait avouer qu'avec Melody, c'était un peu compliqué. Ca faisait environ un an que je faisais des aller-retour à Narnia, car elle restait là-bas. Mais c'était à présent très dur, car je ne pouvais quitter mon royaume comme je le voulais, au risque de voir des problèmes s'accumuler ou d'autres choses bien pires, comme un coup d'état - car oui, je craignais ceci plus que tout autre chose. C'était pour cela que quelques temps après être devenu Tisroc, je l'avais demandé en mariage : soit elle acceptait, et venait vivre à Tashbaan avec moi, soit elle refusait et restait à Narnia, avec ses amis, sa famille, etc. Heureusement, à ma plus grande joie, elle avait accepté ; mais il lui était très dur de tout quitter, et voilà plusieurs mois que j'étais fiancé, sans avoir ma fiancée à mes côtés. Je respectais cependant ce choix, bien que j'étais désespéré au fond de moi.

« Est-ce que tu penses qu'elle pourra facilement s'habituer à Tashbaan ? J'ai l'impression que la vie ici est très différente de celle à Narnia... Est-ce vraiment le cas ? » J'attendis quelques secondes, et repris : « J'ai peur que Melody ne se sente pas à l'aise. Tu penses pouvoir lui accorder un peu de ton temps, quand elle s'installera ici ? Je sais que Chris et toi êtes très occupés avec Maëlyn et Lou, mais je sais aussi que tu sauras lui donner confiance et lui montrer les plus belles merveilles de Calormen. Chris pourrait t'aider : à ce qu'il m'a dit, il a beaucoup voyagé, entre Telmar, Narnia et à présent Tashbaan. »

Crystal était la mieux placée, en effet. Plus douce et maline que moi, elle saurait dire ce qu'il fallait à Melody, tout en devenant amie avec elle, en la soutenant et en lui donnant confiance, oui. J'avais vraiment peur que Melody reparte, car je me sentais vraiment amoureux, et prêt à vivre ma vie avec elle. Certes, selon les lois, je pouvais épouser d'autres femmes, puisque la polygamie était autorisée. Mais ça n'avait jamais été mon truc. Si je devais épouser quelqu'un d'autre que Melody, ça ne serait que par intérêt politique pour le royaume, et rien d'autre ; mais ce choix ne me plairait vraiment pas, comme je sais qu'il ne plairait pas à Melody qui pouvait être facilement jalouse.
Silencieux et pensif, je tournai la tête vers le mur en face de mon lit, plus particulièrement sur la fresque qui était peinte juste en dessous du plafond. Celle-ci faisait le tour de la pièce, mais la partie la plus importante se trouvait ici : en effet, elle représentait Tash. Parfois, j'avais l'impression de sentir son regard posé sur moi, me jugeant de ses yeux froids et justes. Je m'étais déjà demandé si le Grand Tash, Dieu de tous les Dieux, accepterait de voir une étrangère être la femme du Tisroc. Je ne voulais pas causer de tords, car la dernière chose que méritait Calormen était la colère de Tash.

« Crois-tu que Tash est en accord avec mon gouvernement ? Qu'est ce qui est le plus important : le peuple, ou la gloire et la prospérité de Calormen ? » Je regardai à nouveau Crystal, l'air soudain grave et loin d'être joyeux. « Selon moi, reconstruire le royaume revient à reconstruire le peuple. Il faut corriger tous les problèmes qu'il peut rencontrer, afin que chacun ait la vie qu'il désire. Ainsi, je serai perçu comme un bon souverain, et je ne vois pas pourquoi le pays ne prospèrerait pas comme au temps de Père. Mais je ne cherche pas la puissance : est-ce que ce serait une erreur ? Car je sais que certains encore sont pour le gouvernement dur, mais qui ferait de Calormen le plus grand des Empires ; et ils sont dangereux, autant pour moi que pour le peuple. Tash permettrait-il cela ? »

Depuis longtemps, je cherchais des réponses à ces questions. Mon père me les fournissait quand j'étais plus jeune, de même que ma mère. C'était à présent Crystal qui pouvait le faire, car elle était sage et intelligente, tout comme notre père l'avait été durant son règne.

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