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 Just know you're not alone, cause i'm gonna make this place your home.

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Vitani Eshbaan
Calormène
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MessageSujet: Just know you're not alone, cause i'm gonna make this place your home.   Lun 31 Déc - 17:36

Just know you're not alone, cause i'm gonna make this place your home.
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Yoren & Vitani




Lorsque je me suis réveillée, un calormène me fit signe que nous étions presque arrivés. Il repartit ensuite en me laissant seule au milieu de tous les hamacs présents dans le grand dortoir de l'embarcation. Je ne savais pas comment cela était arrivé. Comment avais-je bien pu m'endormir ? La dernière fois j'avais fais le voyage en chameau, puis en cheval, puis finalement en carrosse. C'était terriblement long et il faisait chaud. La traversée du désert n'était jamais très agréable d'ailleurs. Néanmoins cette fois-là j'avais fait le voyage avec Riwal, et c'était beaucoup plus convivial bien que nous n'avions pas passé beaucoup de temps à nous amuser ou à rire. Nous supportions mieux que les autres la chaleur ardente du désert car nous étions nés sur ces terres, et nous savions un minimum comment éviter de devenir trop fous à rester trop longtemps dans un paysage sans horizon. Du moins, lui.

Moi dés que je ne pouvais plus contempler l'horizon, je paniquais un peu. C'est probablement pour ça que je me suis endormie sur le bateau cette fois-ci. Je devais pourtant me familiariser à nouveau avec les longs voyages dans le désert ou en mer. Je ne me confiais à personne d'ailleurs à ce sujet. Personne ne pouvait comprendre ce que j'avais vécu. Personne ne pouvait oublier non plus un drame tel que le naufrage duquel j'avais survécu. Et je savais que si je m'attachais encore à quelqu'un trop fort, je risquais de le perdre. D'ailleurs, j'aurais donné n'importe quoi pour me souvenir de son nom. Au moins de son nom. Mais ma folie m'a fait perdre la tête... J'ai subis une petite amnésie apparemment. Mais ça, personne ne l'a remarqué non plus. Je ne suis pas le genre de personne qui aime se confier, raconter ce qui lui est arrivé. Je ne cherche pas à être moi-même avec tout le monde. Comment être moi-même alors que je jouais constamment un rôle ?

Mais j'aimais ça. J'étais peut-être toujours aussi perturbée. Peut-être que la raison pour laquelle je refusais de n'être qu'une seule et même personne était que je refusais de me perdre dans un seul et même personnage. Je suis loin d'être comme tout le monde, et ce n'est pas nécessairement bénéfique, j'en ai conscience. Mais c'était également loin d'être une mauvaise chose. Personne n'arrivait à déceler mes faiblesses car je ne les révélaient jamais. Je pouvais aussi persuader quelqu'un de croire quelque chose à mon sujet sans que cela ne soit réel. L'illusion fait partie de ma vie. Mais lorsque quelque chose de bien réel m'arrive, quelque chose que je sais que je ne pourrai cacher incessamment, j'ai peur. Je dois avoir le contrôle. C'est là l'un de mes plus grands défauts et l'une de mes plus grandes faiblesses. Et personne, ô grand jamais personne ne devait savoir ça.

Si on découvrait quelque chose de vrai à mon sujet, quelque chose qui pourrait me détruire comme cela s'est déjà produit il y a quelques temps... J'ignore ce qui pourrait se dérouler. Ne pas savoir est aussi un fardeau. Mais je fus sortie de mes pensées lorsque le bateau prit un tournant à tribord et que je tombais de mon hamac. Je devrais peut-être aller retirer mes vêtements typiquement calormènes pour aller enfiler quelque chose de plus... telmarin après tout. Il faut préserver l'illusion jusqu'au bout. C'est ça le secret. Je récupérais alors mon sac et me rendis dans la cabine la plus proche afin de retirer mes vêtements. Je sortis alors une robe aux manches longues et de couleur pourpre et j'enfilais des ballerines de la même couleur et cachait mon couteau sous ma robe. On ne sait jamais à qui l'on peut avoir affaire et en quelles circonstances. Je lâchais ensuite mes longs cheveux bouclés en les réunissant dans mon dos, puis je rangeais mon autre tenue dans mon sac.

En descendant du navire, je ressentis un grand soulagement en moi. Quitter la mer pour rejoindre la terre ferme faisait le plus grand bien à quelqu'un ayant longtemps voyagé. Je partis donc emprunter un cheval à un ami que j'avais ici puis me rendis à l'auberge afin de prendre une chambre pour la nuit, puis je montais à l'étage afin de poser mon sac dans ma chambre et de faire une dernière vérification de ce que je devais avoir sur moi. La lettre. Heureusement que je venais de m'en souvenir... Je sortis de mon sac un parchemin soigneusement enroulé, puis je sortis de l'auberge en calant le parchemin dans mes bas à l’abri des regards. Je montais ensuite en amazone sur mon cheval pour ne pas paraitre trop étrangère aux gens d'ici. Monter comme un homme et aller vite aurait parut trop suspect aux gens d'ici et j'aurais pu être reconnue par quelqu'un. Enfin, personne ne me connaissait vraiment, mais tout le monde savait que des espions se cachaient partout.

En arrivant au château, au bout d'un assez long moment il fallait l'avouer, je pus laisser mon cheval à un domestique qui se proposa d'aller le mettre à l'écurie le temps de ma visite. Je le remerciais avant d'entrer dans le château. Je ne me sentais pas très à l'aise, car j'ignorais toujours en allant dans un palais royal où se situait la personne que je venais voir. J'avais souvent le sentiment de déranger, mais je ne le laissais paraître. Le fait de paraître gêné, mal à l'aise et de ne pas sembler sûr de soi est un signe de faiblesse pour beaucoup. Aussi, je me refusais de montrer quoi que ce soit. J'étais néanmoins une espionne calormène ici, et cela me rassurait quelque part. Le roi Edwin ne savait pas que venais mais il savait que Riwal ne pouvait venir ces temps-ci. Je restais donc quelques instants à attendre patiemment avant de croiser un garde. Il me prévint alors que le roi était en conférence avec ses conseillers mais que je pouvais lui délivrer mon message à la fin de sa réunion.

C'est ainsi que je restais debout, scrutant les personnes allant et venant dans le château. J'observais tout cela cachée dans l'ombre en attendant que sa majesté sorte enfin de son conseil. Or, au bout d'environ une demie-heure, le même garde revint me voir en me prévenant que la réunion durerait un peu plus longtemps étant donné qu'il y avait eu des complications de dernière minute avec des conseillers et des affaires d'état. Je le remerciais de m'en informer puis le regardait partir. Je n'étais pas dupe, je savais ce que cela signifiait... J'étais bien coincée ici pour quelques heures supplémentaires. En plus des longs voyages, il y a les longues attentes interminables. Mais je préfère cela néanmoins. Personne ne me soupçonnait d'être calormène donc ne venait m'importuner, et j'étais déjà sur place. Je comptais bien rester quelques jours ici avant de repartir de toutes façons. Le voyage était assez éprouvant aussi bien physiquement que psychologiquement...

Je me permettais donc d'aller et venir dans les quelques couloirs du château en espérant trouver quelque chose à faire. Aussi je croisais quelques nobles tentant de me faire la conversation. Je me prêtais à leur jeu en remarquant que les nobles entre eux se considèrent toujours comme de la même espèce et ça qu'ils se connaissent ou non. Quelque part, cette façon de faite me répugnait et me fascinait à la fois. Je continuais néanmoins mon chemin avant de me rendre compte que je m'étais peut-être un peu trop enfoncée dans le château... Aussi je tentais de marcher sur mes pas et de retrouver mon chemin, mais je n'y parvins pas. C'est alors qu'en allant je ne sais pas vraiment où, je vis un homme marchant au détour d'un couloir. Bon, je n'avais plus qu'à espérer qu'il saurait m'indiquer où aller... Je le suivis donc avant de finalement le voir rentrer dans une pièce et de l'entendre s'enfermer à clés. Bon, et bien ce serait pour une autre fois...

Je fis alors demi-tour et me rendis compte que j'étais à l'étage. D'accord, mais cela ne m'avançait pas plus que ça... Je finis alors par me pencher vers le « balcon » sur lequel je marchais pour regarder les gens se trouvant dans la cour extérieure du château. J'avais entendu dire que le roi avait un dragon et qu'il avait fait des prisonniers ces derniers mois. Cela m'intriguait un peu, je devais le reconnaître.. Néanmoins, je fus une fois de plus sortie de ma rêverie lorsque j'entendis des bruits de pas dans le couloir. Je tournais alors la tête avant de me rendre compte que quelqu'un s'approchait de moi. Je ne sais pas trop pourquoi, mais j'ai détourné mon regard en le figeant sur la première chose qui se mettait devant mes yeux. Bon, et bien ce fut visiblement par le bourreau de Telmar... Ah non. Il s'agissait peut-être plutôt d'un prisonnier. En fait je n'en savais rien car son visage était recouvert par quelque chose. Un homme lui retira alors ce qu'il avait sur le visage et je vis son visage à moitié brûlé... Au même moment, je sentis une présence un peu trop proche de moi, ce qui me fit sursauter et fermer les yeux quelques secondes.

Je posais mes mains sur le rebord sur lequel je m'étais appuyée pour regarder ce qui se déroulait plus bas. N'osant pas poser mon regard sur la personne près de moi qui me rendis étrangement mal à l'aise, je soufflais légèrement avant de reprendre un peu mes esprits. « On peut dire que vous savez comment aborder quelqu'un en bonne et due forme vous... » Je n'eus pas le temps de me rendre compte que j'avais probablement manqué de respect en disant cela de cette manière à cet homme, mais ça m'avait échappé. Je tournais enfin la tête vers la personne qui était toujours près de moi, mais comme par hasard, l'homme se trouvait un peu dans l'ombre et je ne pus déceler si je l'avais déjà vu quelque part. Néanmoins, à la vue de ses vêtements, je pouvais affirmer que je ne venais pas de m'adresser à un domestique... Je ne le quittais cependant pas des yeux, encore un peu perturbée par sa venue et par l'homme au visage brûlé. « Veuillez m'excuser, vous m'avez surprise et j'ai eu un léger moment de panique. Puis-je vous aider, monsieur...? »
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Yoren Eshbaan
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MessageSujet: Re: Just know you're not alone, cause i'm gonna make this place your home.   Dim 13 Jan - 1:01

    La journée la plus froide de l’hiver, jusqu’à présent, battait son plein et un brouhaha s’était installé depuis quelques heures sur le vaste royaume de Telmar. Dans le château, on pouvait entendre le bruit des serviteurs qui s’afféraient à répondre aux multiples demandes de leurs maîtres ou encore les discussions rébarbatives des nobles. Las de cette monotonie qui l’accablait depuis un certain temps, Yoren avait décidé de se rendre sur l’aire d’entraînement aujourd’hui. Il serra fermement le pommeau de son épée qui lui avait autre fois value tant de victoires et tuer tant d’hommes. Le jeune homme avait les muscles raidis par le froid mais qu’importe, il devait se remettre en selle. Il estimait avoir repris assez de force pour s’entraîner à nouveau et se confronter aux chevaliers telmarins. Il n’allait pas vaincre son frère en restant faire les cent pas dans ses appartements ou en faisant acte de présence durant les conseils. D’ailleurs, un conseil se tenait à l’heure où lui se dirigeait vers l’entraînement. Mais Yoren ne voulait plus s’y rendre. Il n’en pouvait plus de parler. Parler sans agir. Mettre au point de nombreux stratagèmes, du plus simple au plus sanglant, sans en réaliser un seul. Il voulait agir, maintenant. Mais il n’était plus le seul à prendre les décisions et, à vrai dire, seul Edwin pouvait vraiment décider. C’est pourquoi l’ancien Tisroc avait pris congés de ces conseils devenus trop ennuyeux à ses yeux.

    Le camp d’entraînement se situait à quelques minutes de marche, derrière le palais et s’étendait sur plusieurs mètres. Il y avait d’un côté l’endroit réservé aux duels et aux mêlées et de l’autre, l’espace réellement dédié à l’entraînement. On y trouvait toujours de nombreuses armes et boucliers mais Yoren s’était toujours battu avec la même épée. L’épée que son père lui avait offert étant plus jeune, l’épée royale, l’épée de Tisroc. Façonnée par le meilleur forgeron de Calormen, parfaitement équilibrée. Et bien que la coutume veuille que les chevaliers utilisent des épées émoussées, Yoren se faisait suffisamment confiance pour savoir qu’il ne blesserait personne. Il ne pouvait se permettre de faire couler une seule goutte de sang. Alors, dans un pas vif et bravant le froid, il se retrouva très vite au camp d’entraînement. Là, se trouvait une dizaine de chevaliers. Certains plus musclés que d’autres, certains plus habiles… Yoren resta à l’écart un instant pour analyser leur technique ou encore leur jeu de jambe. Il ne lui fallut pas plus de cinq minutes pour repérer lequel de ces chevaliers était le meilleur. C’était donc contre lui qu’il allait se battre. Le chevalier semblait faire deux fois sa taille, autant verticalement qu’horizontalement. Celui-ci jaugea Yoren de haut en bas et un sourire narcquois se dessina sur ses lèvres. Yoren leva les yeux au ciel avant de lui rendre son sourire, aussi faux soit-il. Les autres chevaliers formèrent un rond autour des deux adversaires temporaires et le duel commença. Ils se lancèrent l’un contre l’autre, comme s’ils se vouaient une haine mortelle. Le bruit des lames s’entrechoquant résonnait au dessus du cercle des chevaliers. Aucun des deux hommes ne voulait gaspiller ses coups. Yoren s’appliquait à frapper rapidement mais efficacement. Et, après un coup de pied furtif, son adversaire se retrouva sur le dos. Yoren pointa son épée sur le visage du chevalier pendant une fraction de seconde. Puis il lui tendu la main, pour lui montrer que le duel était fini. Les chevaliers qui l’entourèrent plus tôt étaient maintenant entrain de l’acclamer. L’ancien Tisroc fixa alors son ancien adversaire.

    « Ne jamais se fier aux apparences. J’aurais pu te tuer si j’en avais eu envie ! » lui dit-il en souriant.

    Puis Yoren tourna les talons et quitta l’aire d’entraînement, le sourire aux lèvres. Son exil ne lui avait pas fait perdre son talent d’épéiste. Il était satisfait de lui-même, bien que fatigué et gelé de surcroit. Sans trop savoir pourquoi, ses pas le guidèrent dans le château. L’endroit où il était confiné depuis un certain temps. Mais à vrai dire, il n’avait pas le choix s’il ne voulait pas mourir de froid.
    Quelques minutes plus tard, Yoren se retrouva devant la porte de ses appartements. Il ne voulait pas y rentrer. C’était sa prison dorée. Il y avait tout ce dont il désirait, et plus encore. Mais il s’y sentait enfermé. Aussi, il décida de déambuler dans le château. Il y croiserait sûrement des visages connus, discuterait de chose et d’autres avec les nobles résidants ici et s’il désirait quoique ce soit, il rencontrerait probablement un serviteur (asiatique) au passage. Rapidement, il croisa deux guérisseurs du royaume. Ces derniers entamèrent avec Yoren une discussion sur son incroyable convalescence. D’après eux, personne ne revient indemne d’un exil et il était probablement un miraculé. Yoren acquiesça poliment en écoutant d’une oreille le discours de ces deux guérisseurs. Quand, au détour du long couloir, il aperçut une jeune femme. Ses sourcils se froussèrent. Il n’était pas sûr de l’avoir reconnu mais il voulait en avoir le cœur net. Il écourta rapidement la conversation qu’il menait avec les guérisseurs et les salua avant de s’éclipser. Il traversa rapidement le corridor où ses pas résonnaient. Arrivé au bout, près des escaliers, il entrevit le bas d’une robe. À coup sûr, la jeune femme qu’il avait aperçue était entrain de monter ces mêmes escaliers. Il monta alors les marches, sans un bruit. Il ne souhaitait pas être démasqué, du moins, pas de suite. Yoren se cacha ensuite derrière une porte. De là, il pouvait observer librement cette fille. Il en était à présent sûr, cette fille, c’était Vitani, l’espionne calormène. En réalité, elle représentait bien plus qu’une simple espionne à ses yeux. Puis il se rappela cette fameuse fête qu’il avait organisée.

    « Le Tisroc de Calormen, Yoren Eshbaan, vous convie en ce jour à un bal masqué au palais royal de de Tashbaan. »
    Rares étaient ceux qui avaient reçu cette invitation et nombreux étaient ceux qui en rêvaient. À vrai dire, Yoren n’en savait rien à l’époque. Il avait délégué la tâche des invités à un de ces servants.
    Le soir même, Yoren se tenait debout au milieu de la grande salle, son visage caché par un grand masque doré sertie de pierres précieuses. Autour de lui, les gens dansaient et s’amusaient, masqués eux aussi. Certaines femmes avaient réussi à repérer le Tisroc derrière son masque et tâchaient par tous les moyens d’attirer son attention. Mais il n’en avait que faire puisque l’un de ses conseillers lui avait fait promettre le matin-même de cesser de briser les cœurs du peuple. Car nombreuses étaient les femmes qui, à l’époque, pensaient pouvoir conquérir le cœur du Tisroc et profiter de l’aisance que cela engendrerait. D’autant plus que Yoren n’avait pas de femme et donc, personne pour assurer une descendance, légitime du moins. Seulement, ce soir là, une femme attira son attention. Une femme qui dansait maladroitement avec les hommes. Détail qui semblait échapper aux nobles avec qui elle dansait. Peut-être étaient-ils trop ivres, trop aveugler par la beauté de cette femme ou simplement trop idiots pour remarquer ce détail. Lorsque Yoren s’approcha d’elle, les hommes s’écartèrent, comme s’ils avaient reconnu le Tisroc derrière son masque. Il lui tendit la main et plongea son regard dans le sien.


    Vitani n’avait jamais su qui se cachait derrière ce masque mais Yoren, lui, le savait. Et seul son regard pourrait le trahir aujourd’hui. Il quitta sa ‘cachette’ de fortune et s’approcha à pas de loup de la jeune femme. Elle était sur un des balcons et semblait prêter un intérêt tout particulier à ce qui se passait dans la cour extérieure du château. Cette journée hivernale était aussi sombre que froide et par chance, lorsque Vitani s’aperçut que quelqu’un approchait, elle ne pu distinguer qu’il s’agissait de l’ancien Tisroc tapit dans l’ombre. Yoren s’approcha alors encore un peu plus de son ancienne amante d’un soir, tout en veillant à ne pas être découvert. Il n’était plus qu’à quelques centimètres d’elle à présent. Elle semblait être troublée, mal à l’aise, n’osant pas poser son regard sur l’homme qui ne lui était pas tout à fait inconnu. Masqué par l’ombre, Yoren ne pu s’empêcher de sourire. C’est vrai, il aurait pu se démasquer au bal, il aurait pu se mettre dans la lumière aujourd’hui mais pour lui, ce jeu était beaucoup plus attrayant ainsi. Il ne prit alors pas en compte la première remarque de Vitani et finit par lui répondre

    « C’est à moi de vous proposer mon aide mademoiselle. Vous m’avez l’air… Perdue. »

    Mais à l’instant où il prononça cette phrase, Yoren songea que sa voix pouvait également le trahir. Peut-être Vitani reconnaîtrait-elle l’homme masqué duquel elle s’était éprise durant ce bal. Il ne pouvait déceler cela dans son regard, qu’elle soutenait à présent. Yoren se rapprocha encore un peu de Vitani et la contempla un instant. Son visage lui semblait angélique et ses longs cheveux blonds s’accordaient parfaitement. Dans cette robe, elle ressemblait à une parfaite telmarine. Mais Yoren savait que ce n’était pas le cas.

    « Vous le dissimulez parfaitement mais vous n’êtes pas d’ici. Puis-je vous offrir mon aide afin de vous guider dans ce vaste palais ? »


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Je suis maître de mon destin et capitaine de mon âme.






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Vitani Eshbaan
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MessageSujet: Re: Just know you're not alone, cause i'm gonna make this place your home.   Mar 15 Jan - 4:35

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Quelle chance j'avais. Moi qui recherchait quelqu'un pour m'aider, me voilà servie ! Néanmoins, je ne pouvais pas lui en vouloir. J'ignorais de qui il s'agissait et pourquoi cela m'agaçait un peu mais cela devait plutôt relever de sa présence que d'autre chose. « Pour tout vous dire, je me suis perdue en admirant l'architecture du château. J'ai longé les couloirs et visiblement monté les escaliers mais je ne sais pas tout à fait où je me trouve actuellement... » Ce mensonge le tiendrait peut-être en haleine le temps que je trouve un stratagème pour me débarrasser de lui. Je sentis malheureusement sa présence encore un peu plus proche de moi, et je tournai la tête malgré moi vers le balcon se trouvant face à moi. Je n'aimais pas cette situation, c'était trop étrange. Pourquoi craindre un telmarin ? J'avais l'impression que cette fois-ci, ma couverture se dissipait et que l'on était sur le point de me reconnaître. De plus, je reconnus un accent très différent de celui d'ici...

Lorsqu'il m'adressa à nouveau la parole il remit en doutes deux éléments importants : ses origines, d'où son accent qui me semblait familier, ainsi que mon incompétence à me dissimuler parmi les telmarins. Par conséquent, il était sûrement calormène et devait soit être espion pour Soren, soit il travaillait pour Riwal. Dans le premier cas, j'étais fichue. Je serais probablement enfermée entre quatre murs s'il apprenait la raison pour laquelle j'étais ici... Mais dans le deuxième cas, je serais en sécurité. Ou presque. On ne peut jamais faire confiance à quelqu'un qui se dissimule dans l'obscurité et qui se joue de vous avec ses belles paroles. Très bien. Je décidais donc de tourner à nouveau mon regard vers lui pour lui répondre avec un sourire faux, mais qui je l'espérais, paraîtrait assez vrai pour ne pas fausser ma crédibilité, si je puis dire. « Vraiment ? Et comment un homme tel que vous peut se permettre d'émettre un jugement aussi rapide et précis ? »

Je marquais une pause, me demandant s'il serait plus avisé de le laisser me guider où bon me semblait, ou si je devais détourner la conversation pour me défaire de cette situation peut-être très compromettante. « Quant à vous, vous parlez peut-être le langage des nobles, mais vous n'êtes pas non plus d'ici pour autant. » Puis je cessais de sourire et tentais de décrypter son visage malgré le manque relatif de lumière là où il se trouvait. J'aurais peut-être pu distinguer quelque chose, ne serait-ce qu'un élément capital qui m'aurait aidée à émettre un constat. Etait-it un ennemi ou un allié ? Je cherchais finalement ses yeux pour y déceler une émotion, un sentiment, n'importe quoi. Mais j'étais espionne, pas magicienne. Il m'était impossible de comprendre dans toute sa complexité le langage corporel ou facial de quelqu'un. Et je me jurais malgré tout de ne pas laisser cet homme repartir d'ici sans moi ou de le laisser seul tant que je n'aurais pas découvert de qui il s'agissait. J'avais tout mon temps après tout...

J'enfilais une robe longue de couleur noire avec quelques motifs marrons foncés redessinant mon décolleté et le bas de ma tenue, cousus avec le plus grand soin et la plus grande attention. J'enfilais quelques bijoux dont un collier d'où pendant un saphir et remontait mes cheveux en un chignon décoiffé d'où mes mèches bouclées s'échappaient en grande partie. Mettant une pointe de maquillage sur mes yeux et mes lèvres, je n'avais plus qu'un accessoire de la plus haute importance à mettre... Une fois arrivée devant le palais calormène, je mettais mon masque sur mes yeux, prête à faire mon entrée à cette soirée dans laquelle je n'avais bien évidemment pas été invitée. En réalité, personne ne m'aurait invité et n'aurait accepté que j'entre ici en sachant que je travaillais au château, et que je n'étais pas d'un rang noble ou ne possédais pas une somme d'argent importante. J'étais issue d'une famille de pêcheurs et je ne m'en portais pas plus mal. Je rentrais donc à l'intérieur de la salle avec les autres invités, puis passais une bonne partie de la soirée à regarder les gens danser entre eux, sans que quiconque ne me remarque. Au bout d'un moment cependant, un homme vint m'inviter à danser. Il était temps...

Finalement, je dansais beaucoup, changeant souvent de partenaires de danse. On me complimenta beaucoup, on me fit des propositions pour la fin de la soirée et on me demanda même si je n'étais pas issue d'une maison close très réputée chez la gente masculine. Je me vengeais à ma façon alors en marchant de temps à autre sur quelques pieds, désirant bel et bien montrer à ces mâles que je n'étais pas un être dominé. Puis c'est alors qu'ils se poussèrent tous. Un autre homme s'avança vers moi et plus aucun autre n'osa m'approcher. Qui était-il pour arriver à se faire aussi bien respecter et craindre par les autres ? Quoi qu'il en soit, je lui en étais reconnaissante et acceptais de danser en sa compagnie. Je posais alors ma main dans la sienne et regardais les hommes s'en aller plus loin. Mais désormais, il n'y avait plus que lui et moi, dans tout le palais. Il était si sûr de lui, si beau même dissimulé derrière son masque et ses vêtements de la valeur de son rang. Je ne savais pas de qui il s'agissait, mais je ne comptais pas le laisser partir. Mon regard était plongé dans le sien tout le long de notre danse, comme si j'étais hypnotisée.


J'étais patiente, mais j'avais néanmoins quelques limites. Je mourais d'envie de pouvoir le tirer vers moi, pour avoir enfin l'opportunité de voir son visage. Je n'avais pas éprouvé de sentiment aussi fort depuis quelques années maintenant. L'envie irrésistible de découvrir le visage d'une personne en particulier. Une personne intrigante qui pourrait peut-être me tenir compagnie le temps de mon séjour ici... Après tout, je n'étais pas revenue à Telmar depuis un certain temps et mon périple durant le naufrage ne m'avait pas aidée à me sentir mieux en demeurant seule. « Pourquoi ne me tiendriez vous pas compagnie ? Juste me tenir compagnie, en attendant que je doive repartir quelque part. Je pense que votre présence me remplirait de joie. » Dès que ces paroles sortirent de ma bouche, je m'offusquais moi-même. J'avais créé un double sens inconsciemment peut-être, ou non. Mais passer pour une femme facile attendant de passer du bon temps avec le premier homme méconnu d'elle dans un lieu étranger n'était pas vraiment ce que j'avais envisagé. Il fallait que je me reprenne, et vite.

« Veuillez m'excuser, je voulais dire que votre compagnie me satisferait pleinement. La vie des hommes ainsi que celle des femmes peut être très mouvementée parfois, et la solitude s'y avère être à la fois un danger et une échapatoire. Quant à mon expérience personnelle, le danger y est beaucoup plus présent. »
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Yoren Eshbaan
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MessageSujet: Re: Just know you're not alone, cause i'm gonna make this place your home.   Sam 26 Jan - 1:14

    Yoren prenait un malin plaisir à regarder Vitani perdre le contrôle d’elle-même. Il la connaissait pour l’avoir auparavant engagée en tant qu’espionne et savait que ce genre d’attitude ne lui ressemblait pas. Elle était troublée. Elle était troublée par lui, par sa présence. Maladroitement, elle lui expliqua qu’elle s’était égarée à force d’admirer l’architecture du palais. Yoren savait bien entendu que c’était un mensonge et qu’en réalité, cela devait simplement être la première fois qu’elle se retrouvait seule dans ce château et qu’elle n’avait en fait pas la moindre idée d’où aller. Cependant, Yoren se contenta d’acquiescer ses paroles, en inclinant légèrement le visage, le sourire au coin des lèvres ; avant de lui faire comprendre qu’il était au courant qu’elle n’était pas vraiment de Telmar. Il constata alors que Vitani paniquait mais tout en restant très sûre d’elle. Le sourire aux lèvres, elle se contenta d’insinuer que la remarque de Yoren pouvait sembler déplacée. De plus, après un court silence, elle n’hésita pas à remettre en cause, elle aussi, les origines de son interlocuteur. Il en était maintenant sûr, sa voix lui avait fait défaut. Il ne pouvait s’agir que de cela. Mais après tout, il n’avait nullement l’intention de se faire passer pour un Telmarin… Il prit une longue respiration, son regard ne vacillant pas, ne reflétant aucune autre émotion que la satisfaction.

    « Vous avez raison, je ne suis pas d’ici ou tout du moins, pas réellement. Mais la chose qui me différencie de vous, c’est que je ne prétend pas l’être. »

    Lorsque le sourire de Vitani s’effaça, Yoren comprit qu’elle essayait de comprendre à qui elle avait affaire. Il l’avait déjà vu afficher une telle expression…

    Les yeux dans les yeux, la main dans la main, les amants d’un soir faisaient abstraction de ce qu’il se passait autour d’eux. La terre aurait pu trembler, la guerre éclater ; il n’y avait qu’elle, il n’y avait que lui, il n’y avait qu’eux. Caché derrière son masque, Yoren savait que la jeune femme ne pourrait le reconnaître. Lui ne voyait que ses yeux qui, l’espace d’un instant, essayaient de reconnaître qui se cachait derrière ce masque. À cet instant précis, Yoren aurait, lui aussi, voulu savoir l’identité de cette femme maladroite mais pourtant si intrigante et séduisante. Le jeu de l’inconnu et peut-être même de l’interdit semblait avoir eu raison d’eux car plus rien ne comptait. Le Tisroc manquait probablement à tous ses devoirs d’hôte en accordant son attention qu’à une seule et même personne mais qu’importe. Ils virevoltèrent, tournoyèrent au milieu de cette foule ivre et bruyante, leurs pas rythmés aux sons des musettes, harpes et autres instruments en tout genre. Yoren ne voulait ni ne pouvait détacher son regard de celui de cette inconnue. Il ne savait dire pourquoi mais il était comme fasciner, ne pouvant plus répondre de lui-même. Seulement quelques centimètres séparaient son visage du sien. Leurs lèvres s’effleurèrent sans pour autant jamais vraiment se toucher. « C’est une belle soirée, n’est-ce pas ? » finit-il par lui murmurer à l’oreille. C’était tout ce qu’il avait trouvé à dire en premiers mots. Bien-sûr, il aurait aimé lui dire autre chose mais il ne voulait pas révéler son identité, pas de suite.

    C’était bien cette expression qu’elle avait affiché ce soir là, avant de tomber dans les yeux de Yoren. C’était amusant de voir comme ce qu’il était entrain de vivre aujourd’hui ressemblait à ce qu’il avait vécu il y a de cela quelques mois. Il aurait voulu lui dire qui il était, voir si elle avait oublié cet homme masqué au bal. Mais il ne put hésiter longtemps que Vitani reprit la parole. Elle lui proposa de lui tenir compagnie un moment, que cela lui ferait plaisir. Yoren n’était pas dupe, il savait que sa présence ne lui faisait pas plaisir, elle voulait simplement savoir qui il était, s’il représentait un danger pour elle ou non. Il n’eut pas le temps de dire quoique ce soit que Vitani, paniquée, se reprit en affirmant que ses intentions n’avaient rien d’ambiguës. Yoren n’y avait même pas pensé et ne put s’empêcher de rire, poliment.

    « N’ayez crainte, mademoiselle. Je ne me suis nullement mépris et c’est avec joie que je vous tiendrais compagnie, en tout bien tout honneur. »

    Puis il se tut un instant, réfléchissant à la dernière phrase de Vitani. Vie mouvementée, solitude… Avait-elle fini par reconnaître l’ancien Tisroc ? Cherchait-elle à lui faire comprendre qu’elle était au courant de son retour d’exil ? Non, c’était impossible. Mais elle allait le découvrir bien assez tôt.

    « J’espère me tromper mais à vous entendre, la vie ne semble pas vous avoir épargnée. Mais à dire vrai, je pense pouvoir m’identifier sans mal à votre discours, je dois l’avouer. »

    Yoren n’était pas sûr qu’il aurait dû dire cela mais il se dit qu’après tout, Vitani semblait être de son côté. Il lui tendit alors son bras

    « Marchons un peu, si vous le voulez. »

    Il avait finalement pris sa décision, il allait montrer son visage. Il n’allait pas rester dans ce coin d’ombre pendant des heures.


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MessageSujet: Re: Just know you're not alone, cause i'm gonna make this place your home.   Jeu 7 Fév - 2:38

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Fixant le pseudo telmarin avec un regard intrigué lorsqu'il sembla « compatir » à mes mésaventures qui lui étaient et resteraient sans doutes inconnues à jamais. Mais c'était surtout ce qu'il me répondit après qui m'avait intriguée. Lui aussi avait subit quelques mésaventures ? Vraisemblablement oui. Aussi je ne lui répondit pas aussitôt, n'ayant plus que pour seul et unique but de découvrir son identité. Il semblait ne pas être d'ici, mais était à la cour telmarine. Donc il s'agissait soit d'un homme venant de débarquer dans la capitale si je puis dire, soit un calormène du côté de Yoren. Les archenlandais, les narniens et les autres calormènes n'avaient nullement leurs places ici. Puis il reprit la parole en me tendit son bras et en me proposa de marcher un peu.

Je le fixais un moment en profitant alors de ces derniers moments d'insouciance avant de passer mon bras autour du sien. L'étoffe de ses vêtements était particulièrement douce et je me surpris à la caresser légèrement avant de finalement me contenter de m'y agripper. Autant, je me faisais du sang d'encre pour rien. Si ça se trouve, j'ignorais tout de cet homme. Il n'était qu'un telmarin depuis peu et s'était installé ici. Et ainsi, il ferait sauter ma couverture auprès des nobles et des autres gens logeant et travaillant au château. Si ça se trouvait même, un espion d'un autre royaume ou du désert était présent ici pour Soren. Et là je serais bonne à pendre. J'étais fichue par avance. Sauf si j'arrêtai de jouer. Peut-être que si je faisais comme si je jouais un double-jeu pour Soren, je sauverai ma peau...

La musique jouait encore et toujours, mais rien d'autre ne comptait que la présence de cet inconnu. J'ignorai tout de lui mais je voulais savoir tout ce que je ne savais pas. Son nom et son visage pour commencer... Mais c'était un bal masqué. La seule chose que je devrais à tout prix éviter de faire était donc de me démasquer, autrement n'importe lequel de ces gens me reconnaitrait. Nous n'étions pas du même monde... Aussi je me demandais ce que pensait mon cavalier durant tout ce temps. Il ne me quittait pas et était aussi attiré par moi que je ne l'étais par lui. Il existait un étrange lien semblant nous forcer à rester ensemble. Je sentais le regard des autres femmes se poser sur lui, mais je ne comprenais pas cet engouement autour de lui. Le seul élément de réponse qui m'était donné étant qu'il devait être bel homme ou qu'il devait être connu à la cour et que toutes ces femmes l'avaient reconnu... Mais je n'étais pas de la cour.

Je n'aurais sans doutes jamais pu le reconnaître. Nos contacts physiques se firent alors de plus en plus proches, mais jamais l'un de nous deux ne se permit de trahir cette frontière invisible qui nous séparait. Lorsqu'il m'adressa à nouveau la parole, je me hasardais à lui répondre ou à garder le silence. Qui sait, j'avais peut-être déjà croisé cet homme et il me reconnaîtrait finalement ? Ayant peur de rompre ce moment si... particulier, je me permettais uniquement de me rapprocher de lui en lui murmurant à l'oreille. « Je suis persuadée qu'elle le serait encore plus si nous étions plus au calme... » Le ton de ma voix annonçait certainement la couleur de la soirée, mais danser me fatiguait malgré moi, et j'avais plus de facilité à prendre la parole plutôt qu'à danser incessament en sachant que je n'aimais ça que car il était mon cavalier...


Après un débat intérieur assez important mais néanmoins rapide, je commençais à marcher en sa compagnie. Néanmoins, je ne portais pas mon regard vers lui tout de suite, de peur de ne m'apercevoir qu'il s'agissait de l'un des sbires de Soren. Je me sentais déjà bien assez mal comme ça pour devoir avoir à m'expliquer... Bien que tout serait relatif. Si un autre espion calormène était ici, il pourrait très bien croire que je suis en mission tout comme lui. Je ne devais pas me trahir... Aussi je finis par répondre à ses dires précédents, les yeux rivés sur les longs couloirs du château. « Disons juste que la vie m'a aidée à découvrir un peu mieux le monde qui m'entourait. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'elle ne m'a pas épargnée... Mais vous qui semblez vous reconnaître dans mes mots, vous semblez avoir vécut des temps durs. Me tromperai-je ? »

Je marquai une pause en jetant mon regard sur la cour en voyant que les hommes qui étaient présent tout à l'heure avaient finalement disparus, puis j'inspirai profondément et expirais doucement, tentant de ne rien montrer à mon interlocuteur. « Mais qu'a bien pu faire la vie à un homme tel que vous ? De votre rang, j'entends. » Puis je me remémorai soudainement ses paroles précédentes... Il n'était pas d'ici. Certes, mais il l'avait dit lui-même. Il ne se cachait donc pas. Ou du moins, pas des telmarins... Ou du roi. Il n'était donc peut-être pas espion. Il connaissait le palais, il logeait ici et était sûrement noble. Il était peut-être indirectement et inconsciemment l'un de mes alliés ? Je me hasardai finalement à contourner un couloir en sa compagnie avant de poser mon regard sur lui. Je n'aurai alors peut-être jamais du le faire. Réagir ainsi. Ou bien encore lui adresser la parole. Mais c'était trop tard.

Après quelques secondes, je me sentis trébucher et m'accrochais vivement au bras du calormène, tout en étant à la fois ébahie, choquée, émerveillée et abasourdie. Et dire que durant tout ce temps, il m'avait vu prétendre être d'ailleurs alors qu'il avait sans doutes du se souvenir que j'étais espionne au compte de sa famille... Me sentant terriblement confuse et mal à l'aise, je finis par relâcher son bras et par m'avancer vers un pilier de pierre en m'y adossant. Je regardai fixement le mur qui me faisait face, incapable de dire quoi que ce soit ou de regarder à nouveau l'ancien tisroc. Je m'en voulais. Terriblement. Et le pire dans tout ça, c'était que je subissais ma propre humiliation devant lui. La seule personne que je n'aurais jamais voulu voir dans ce genre de situation, en somme. Songeant que ma réaction était assez étrange et ne me mettait absolument pas à mon avantage, je tentais de sourire afin de paraître un peu plus décontractée ou afin de me reprendre, mais cela m'était impossible. N'osant pas même lancer un coup d’œil dans la direction de Yoren, je décidais de fermer les yeux un moment.

Que pouvais-je faire ? Que pouvais-je dire ? Je devais me rattraper. Rester ainsi ne m'aidait absolument pas, et je devais de plus éviter de me trahir trop rapidement en lui affirmant que je détestais sans doutes autant que lui son frère – bien que beaucoup moins tout de même – et que visiblement, mon double-jeu se voyait à des kilomètres à la ronde. J'étais morte de honte, et je savais que les yeux ouverts ou fermés, cela ne changeait en rien le fait qu'actuellement, j'étais persuadée que ses yeux étaient rivés sur moi. Finissant par finalement rouvrir les yeux et par bouger, je songeai à dire quelque chose. Mais je n'arrivai toujours pas à le regarder, et encore moins droit dans les yeux... Alors je fis l'une des choses les plus stupides – ou intelligentes – de ma vie : je me redressais et allais m'engouffrer dans un couloir du palais. Mais bien-sûr, je n'avais pas envisagé le fait que je ne savais absolument pas où j'allais et que j'étais probablement dans les appartements de la famille royale.

Du moins, dans mes pires craintes, j'imaginais les pires situations ainsi que les pires scénarios. Mais alors que je tentais de fuir un homme que j'admirai plus que tout au monde et qui semblait par la même occasion me mettre dans un état second que je n'avais encore jamais connu auparavant, j'eus l'incroyable mauvaise idée de rentrer dans une pièce au hasard. Mais ne sachant pas tout à fait où j'étais, je me contentai de vérifier que l'endroit était désert. Après avoir un peu exploré la pièce, je me rendais compte que j'étais sûrement dans les appartements de quelqu'un, mais sûrement pas du roi Edwin et de ses proches. Quoi que... Au final, que connaissais-je de la vie de château des nobles ? Aussi je tentais de me calmer en allant dans la salle de bain, et je songeais sérieusement à me changer et à me coiffer différemment afin de cesser de prétendre être une telmarine et afin de redevenir une calormène aux yeux de tous. J'aimais mon « métier ». Mais je commençais sérieusement à vouloir redevenir moi-même... Jusqu'à ce qu'en allant regarder par la fenêtre, observant les diligences quittant le château, je me souvienne que je n'étais personne.
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MessageSujet: Re: Just know you're not alone, cause i'm gonna make this place your home.   Lun 25 Fév - 23:49

    Yoren resta un moment le bras tendu dans le vide. Sans pour autant lâcher le regard de l’ancien Tisroc, Vitani semblait rétissante à l’idée de marcher avec un homme qu’elle pensait ne pas connaître. Cependant, Yoren n’abaissa pas son bras. Il savait pertinemment qu’elle accepterait cette ‘balade’ pour le moins imposée mais elle n’était probablement pas pressée à l’idée de faire face à cet inconnu. Et cela, Yoren le comprenait parfaitement, il songea même instant qu’il aurait agit pareillement. Vitani était certainement dans une position inconfortable et Yoren n’avait rien fait pour arranger cela, bien au contraire. Sachant son interlocutrice manifestement en proie aux doutes face à son identité, Yoren tâcha un bref instant d’adoucir son regard, comme pour lui faire comprendre qu’il n’était pas aux services de Soren ou de je ne sais quel autre personne au pouvoir. Alors, après quelques minutes qui auraient pu sembler une éternité, Vitani posa enfin sa main sur l’avant-bras de Yoren. Ses doigts effleurèrent, presque aussi doucement qu’une caresse, la manche de l’ancien Tisroc, Un sourire au coin des lèvres, Yoren tourna la tête et posa son regard au fond du couloir, le menton légèrement relevé. Il sentit la prise de Vitani se resserrer sur son avant-bras et les deux Calormènes se mirent à marcher sans vraiment savoir où aller. En effet, Yoren n’avait aucune idée où cette marche allait les mener mais il s’en moquait, il voulait passer du temps avec Vitani, qu’elle découvre qu’il était l’ancien Tisroc a qui elle était semble-t-il restée fidèle et peut-être même lui avouer qu’il était l’homme de qui elle s’était éprise lors de ce bal masqué.
    Il venait de lui murmurer à l’oreille que c’était une belle soirée et aurait voulu ajouter que sans elle, ce bal n’aurait eu aucun intérêt. Car tout cela, il connaissait. Les bals, l’ivresse, les convoitises, les désirs à peine cachés… Il y était habitué. Mais cette soirée là avait un goût tout particulier. Comme si cette jeune femme avait fait naître en lui quelque chose dont il ignorait même l’existence ; une sensation inconnue mais tellement agréable. C’était bien la première fois qu’une femme arrivait à attirer à ce point son attention. Et pourtant, toutes les dames invitées avaient à un moment ou un autre essayé de conquérir le cœur réputé comme inaccessible du Tisroc de Calormen. D’ailleurs, elles ne voyaient pas d’un très bon œil l’attraction de Yoren pour Vitani et aucune d’elle ne se privait pour le faire remarquer en jetant chacune des regards des plus noirs vers la jeune demoiselle. Yoren n’aurait su dire si cette situation la mettait mal à l’aise ou non puis ses yeux ne quittèrent pas les siens et ce jusqu’à ce qu’elle plaça ses lèvres près de l’oreille du Tisroc et se mis à lui murmurer que la soirée pourrait être encore plus belle s’ils étaient plus au calme. Sur ces mots, Yoren se recula légèrement de façon à ce que son visage soit en face de celui de sa cavalière. Il lui sourit et finit par lui tendre son bras, qu’elle s’empressa de saisir. Et comme lors de son arrivée au milieu des danseurs, tout le monde s’écarta pour laisser passer le Tisroc et cette jeune demoiselle inconnue probablement de tous. Les commentaires se mirent à fuser dans leur dos mais qu’importe, les deux amants semblaient s’en moquer. Deux gardes ouvrirent les ports d’entrée et très vite, la musique cessa et les lumières cessèrent elles aussi de danser. Ils étaient à présent sous les arcades qui entourées la cour du palais de Tashbaan et seules quelques torches éclairaient cette dernière. Plusieurs gardes étaient également à l’extérieur et d’un geste de main discret, Yoren les fît s’en aller. Ils étaient à présent réellement seuls comme ils le désiraient depuis que leurs mains s’étaient touchées. Délicatement, Yoren replaça une mèche de cheveux qui s’était échappée du chignon de la jeune femme. Sa main toucha alors le masque de cette dernière et, malgré l’envie, il résista à le lui hotter. Et, malgré la phrase ambiguë qu’avait prononcée son interlocutrice quelques minutes plus tôt, Yoren ne voulait pas briser le lien particulier qui semblait unir les deux êtres, du moins pas maintenant. « Cet endroit était-il assez calme à votre goût ? » Il hésita un instant et finit par ajouter « Je peux nous ouvrir n’importe quelle porte de ce château, si vous le désirez… »
    À Telmar, les choses étaient différentes. Il n’était pas l’homme le plus respecté et il ne pouvait pas vraiment se rendre n’importe où, n’importe quand. Mais pourtant, il continuait d’avancer au bras de Vitani. Cette dernière n’avait pas encore posé son regard sur le visage de l’ancien Tisroc. Peut-être était-elle effrayée de découvrir qu’après tout, cet homme n’était pas si inconnu que ça. Peut-être avait-elle-même peur pour sa propre vie. Yoren aurait voulu lui dire qu’elle n’avait rien à craindre ici et surtout pas en sa compagnie mais il jugea cela plus amusant de la laisser le deviner seule. Les yeux toujours rivés sur le couloir sans fin, Vitani se décida à répondre aux dires précédents du Tisroc déchu. Elle finit par lui demander ce qu’il avait bien pu lui arriver, à lui, un homme de son rang. Mais Yoren se tint au silence. Il ne voulait plus rien dire tant qu’elle ne l’aurait pas regardé et donc reconnu. Et c’est ce qu’elle se décida de faire, au détour d’un couloir. Yoren s’attendait à ce que Vitani soit surprise, bien entendu, mais pas à ce point là. Depuis son retour sur la terre ferme, il avait pu constater à quel point les gens étaient choqués de le voir revenir ainsi, plus vivant que jamais. Cependant, l’effet de surprise se dissipait rapidement pour faire place à des conversations pompeuses ou autres. Mais encore une fois, Vitani ne fît pas comme tout le monde. Et Yoren n’aurait su dire si son retour la réjouissait ou si, au contraire, cela l’anéantissait. Sans dire un mot, l’ancien Tisroc regarda son ancienne espionne trébucher, sans doute suite au choc. Son bras resta cependant tendu et elle pu s’y accrocher à nouveau. Le teint légèrement rosé, elle finit par lâcher le bras de Yoren et s’adossa à l’une des colonnes de pierre. La jeune femme ne semblait plus savoir où se mettre, se contentant de fixer le mur et tâchant, non sans mal, de sourire avant de résoudre à fermer les yeux. Yoren, quant à lui, gardait son regard posé sur elle ne sachant toujours pas si ce qu’elle venait de voir la réjouissait ou non. Yoren finit par conclure que cela devait être déroutant et qu’elle avait sûrement besoin d’un peu de temps avant de réaliser pleinement que non, l’ancien Tisroc n’était ni en exil, ni mort. Après quelques minutes d’inactivité, Vitani se résolue à ouvrir les yeux, sans pour autant regarder Yoren directement. Ce dernier songea qu’elle s’était finalement remise de ses ‘émotions’ et qu’ils allaient enfin pouvoir parler de choses plus concrètes. Mais il n’en fut rien. Sous ses yeux, Yoren vit Vitani se dérober à nouveau dans un couloir. Yoren resta un instant figé, se demandant bien ce qui la forçait à agir ainsi. Il la regarda s’éloigner puis entrer dans une pièce un peu plus loin. Sans perdre de temps, Yoren décida de la suivre, à nouveau. De toute façon, il n’avait guère le choix s’il ne voulait pas voir Vitani se faire punir pour être entrée sans autorisation dans l’unes des chambres royales. Il avança à pas de loup vers cette porte et y colla son oreille. La bonne nouvelle, c’est qu’il ne semblait y avoir personne d’autre que Vitani. Tout aussi discrètement, il entra dans ces appartements qui, s’il ne se trompait pas, appartenaient à l’un des tisserands de la cour. C’est là qu’il la vit, les deux mains appuyées contre la coiffeuse où se trouvait une bassine d’eau. Il approcha et se posta derrière elle. Lorsqu’elle se redressa, elle fit face à son reflet et celui de Yoren dans le miroir. Tout en la fixant par miroir interposé, Yoren finit par lui dire, le sourire aux lèvres.

    « Je ne pense pas avoir à t’expliquer pourquoi ces derniers temps n’ont pas été des plus simples pour moi. »

    Puis il se tut un instant, s’éloignant de Vitani.

    « Tu n’as pas à avoir peur de moi, Vitani. Je dois t’avouer que je suis heureux de te voir ici. »

    En réalité, ce n’était pas ‘l’ancien Tisroc’ qui parlait mais l’homme masqué du bal. Yoren ne pouvait pas vraiment savoir si Vitani était encore de son côté mais à l’instant même, il était heureux de la voir, qu’importe les raisons de sa visite à Telmar.


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Vitani Eshbaan
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MessageSujet: Re: Just know you're not alone, cause i'm gonna make this place your home.   Sam 2 Mar - 16:51

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Alors que j'essayais de me remonter le moral en regardant l'image telmarine que je m'étais créée, l'idée de mon imposture incessante me travaillait. J'aimais mon métier... Mais peut-être qu'au fond, je n'aimais pas la façon dont je devais le faire. J'étais au service de Soren, officiellement. Rien que ce fait avait le don de m'énerver et de me rendre compte que même si j'agissais comme un agent double, j'étais également minable. Minable car ma vie se résumait à espionner celle des autres. Mais j'avais passé ma vie à faire ça, et j'étais douée dans ce domaine. Que deviendrai-je si je décidais de changer subitement du jour au lendemain ? J'allais jusqu'à ignorer qui j'étais, la raison pour laquelle j'étais venue ici et pourquoi je ne pourrais pas simplement me calmer et me réjouir d'avoir « aperçu » l'ancien tisroc. Après tout, n'était-il pas l'un des seuls êtres que je respectais ? S'il avait été au pouvoir, les choses auraient pu être différentes. J'aurais travaillé pour lui, tout aurait été différent. Mais tandis que je me posais mille questions, je sentis une présence dans les appartements dans lesquels je me trouvais. Relevant légèrement la tête, je vis dans le reflet du miroir que Yoren se trouvait derrière moi.

Cependant, je ne sursautais pas, j'essayais en vain de me calmer et de garder mon sang froid. Je devrais me réjouir, pas réagir ainsi. J'aurais pu lui répondre aussitôt, mais je n'en eus pas le temps. Aussi le laissais-je continuer sans le quitter du regard. Laissant s'écouler secondes après sa dernière réplique, je fermais les yeux et baissais la tête à nouveau, me jurant de ne répondre que si j'arrivais à contrôler un semblant de mes émotions. Y parvenant enfin au bout de quelques minutes, je soupirais légèrement avant de me retourner pour faire face au calormène. « On vous disait en exil sur une île. Certains vous disaient mort. Alors ne prenez pas ma réaction pour de la peur. » Sentant que mon côté sûr de moi et que mon stupide rôle de femme telmarine était tombé à l'eau en beauté et qu'il n'avait jamais marché en sa présence, je secouais la tête en riant. Il s'agissait là plus d'un rire nerveux que d'un rire amical, joyeux ou amusé. Je me sentais mal à présent parce que j'avais été incapable de continuer de jouer. Devant lui. Mais alors que je m'en voulais plus que tout et que j'étais un peu sur les nerfs à cause de ma réaction peut-être un peu abusive, je repris rapidement mon sérieux.

Qu'avait-il fait ? Comment savait-il ? Comment pouvait-il se permettre de réagir ainsi ? Premièrement, il connaissait mon prénom. Après avoir disparue en pleine mer et après avoir fait naufrage, je n'avais pas oublié qui il était. Mais c'était assez normal, je travaillais pour lui, il était connu de tous à travers les royaumes et les îles et il était tisroc. Mais lui ? Comment pouvait-il savoir qui j'étais ? De vue, peut-être aurait-il pu, certes. Mais il se souvenait de mon prénom. Comme s'il avait eu quelque chose à faire de mon prénom ou même de mon nom. Théoriquement, je ne l'avais jamais entendu sortir de sa bouche même... Et de plus, il m'avait tutoyée. Comme si nous nous connaissions intimement. Mais je n'avais jamais fréquenté cet homme autrement qu'en le servant fidèlement. « Excusez-moi, comment avez vous fait pour vous souvenir de mon nom ? Il ne me semble pas que vous l'ayez entendu plus d'une ou deux fois... » Marquant une courte pause, je finis par reprendre officiellement mes esprits et par avancer vers lui, mais en m'arrêtant à un mètre de sa personne. Il était hors de question que je ne franchisse la moindre limite, il était toujours supérieur à moi...

Bien qu'il en ait pleinement conscience. Mais justement, il n'aurait jamais osé me tutoyer dans le cas où il aurait été tisroc encore aujourd'hui. « Vous ne me vouvoyez plus ? Puis-je savoir pourquoi ? » Lui demandant finalement, je le regardais quelques instants avant de lancer quelques regards autour de moi. Non pas pour savoir qui se trouvait là, mais plutôt en me demandant s'il n'y aurait pas des vêtements que je pourrais enfiler plutôt que de garder une robe telmarine... Sauf que justement, j'étais dans le château de Telmar. Je pouvais donc espérer longtemps avant de n'obtenir des vêtements calormènes. Après avoir fini d'inspecter la salle – pour le moment – je reportais mon regard sur l'ancien tisroc. « Toutefois... Je suis ravie de vous revoir. Le royaume n'est plus le même sans vous... Et s'il n'y avait pas eu Riwal, je pense que je serais partie vivre ailleurs. J'ai tendance à beaucoup moins aimé ce que je fais depuis que je le fais pour votre frère cadet... »

Alors que je m'agrippais au bras de mon cavalier, toutes les têtes se tournèrent vers nous. Il se fraya un passage sans problèmes au milieu de tous les danseurs, comme s'il avait un pouvoir attractif sur eux. Bien que cette situation était particulièrement étonnante et nouvelle pour moi, j'en savourai chaque instant. Non pas vis-à-vis du comportement des autres, mais parce que ma soirée s'était embellie dès lors qu'il était venu me demander de danser avec lui. Qui était-ce ? D'où venait-il ? J'aurais donné énormément pour le découvrir. Personne, jamais, n'avait agit de la sorte avec moi. Mais le jeu des masques y était pour beaucoup, et j'étais persuadée qu'une fois le mien tombé, je perdrais toute intérêt pour lui. Je n'étais ni noble, ni particulièrement belle. J'avais mes atouts personnels évidemment, mais ils étaient loin de pouvoir égaler ceux d'une femme de naissance royale ou de naissance noble. Mais dès à présent, je profitais de chaque moment qui m'était accordé en la compagnie de mon cavalier...Lui et moi étions désormais seuls sur un balcon, véritablement seuls.

Je ne compris malgré tout pas pourquoi les gardes étaient sortis sur ses ordres, mais cela m'intriguait. Cependant, je me perdais petit à petit dans chaque seconde qui m'était donnée avec lui, oubliant tout le reste... Je ne savais pas ce qui me prenait, mais je n'avais jamais ressenti ça auparavant. Comme un sentiment de bonheur inconnu, sûrement du au thème de la soirée et à sa présence. « Je doute que nous n'ayons besoin de quitter cet endroit. Nous sommes seuls, au calme, sous un ciel étoilé et dans un palais d'une grande beauté. Je doute que vous puissiez faire mieux, car tout cela est déjà bien trop beau pour moi je trouve. » Mon regard se porta alors sur lui et je glissais doucement ma main de son bras à sa main. Relevant la tête vers le ciel, je contemplais les différentes constellations étoilées avant de relever la tête vers lui. « Et dire que sans nos masques, nous ne nous serions probablement pas rencontrés... Je serai prête à jurer que vous n'auriez jamais posé le regard sur moi si je n'avais pas porté de masque. »
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MessageSujet: Re: Just know you're not alone, cause i'm gonna make this place your home.   Sam 9 Mar - 22:37

    Debout, au milieu de cette chambre, Yoren ne pouvait détacher son regard de Vitani. Il n’aurait su dire pourquoi mais, même sans son masque, même vêtue comme une telmarine, même étant désarçonnée, l’ancienne espionne le troublait comme jamais personne ne l’avait fait auparavant. Peut-être était-ce du à sa beauté ‘froide’ qui dénotait à Calormen ou peut-être bien était-ce depuis ce fameux soir, où ils s’étaient séduits sans savoir à qui ils avaient à faire. Car aux yeux de Vitani, il n’était pas question de Tisroc ou même de tyran mais d’un homme, sans rang attitré, sans pièces d’or comptées, seulement d’un homme.
    Après un court moment, Vitani finit par se ressaisir et se rapprocha de Yoren. Lui, ne broncha pas, attendant une nouvelle réaction de la jeune femme. Elle finit par lui dire ce que tout le monde lui disait depuis son retour : qu’elle le pensait en exil ou peut-être même mort. Un sourire vint étirer les lèvres de l’ancien Tisroc. Comment tout le monde pouvait-il penser qu’on aurait pu s’en débarrasser au facilement ? Ou même le penser mort ? C’était probablement mal le connaître… Mais après tout, ils ne se connaissaient pas, du moins, pas vraiment. Officiellement, Yoren ne devrait même pas connaître son prénom ; elle était une espionne parmi tant d’autres qui travaillait au palais. Ni plus, ni moins.

    « Comme tu peux le voir, cet exil n’aura pas eu raison de moi. Je suis bel et bien vivant. »

    Mais lorsqu’il prononça ces mots, Yoren se rendu compte que Vitani semblait songeuse, comme si il avait dit ou fait quelques choses qui avait retenu son attention. Le jeune homme pencha la tête et fronça les sourcils d’un air interrogateur. Vitani finit par répondre, sans le vouloir, aux questions que se posait Yoren. Comment connaissait-il son prénom ? Yoren n’avait pas pensé qu’en l’appelant ‘Vitani’, il allait probablement faire tomber le masque. Devait-il lui dire la vérité ? Lui dire qu’il connaissait son prénom parce qu’il était l’homme qu’elle avait embrassé au bal de Tashbaan ? Ou devait-il lui mentir ? Devait-il lui dire qu’il connaissait les noms et prénoms de chaque personne qui avaient travaillé pour lui et surtout ceux qui lui étaient restés fidèles, durant et après son exil ? Sa raison lui disait de mentir, comme il savait si bien le faire. Son cœur, lui, lui disait de dire la vérité, de lui dévoiler, à son tour, sa véritable identité. En fin calculateur, Yoren était persuadé qu’il n’était jamais bon d’écouter son cœur, que cela menait toujours à perte. Aussi, après une lutte intérieure avec lui-même, Yoren finit par se raisonner. Après tout, ce n’est pas parce qu’il n’était plus Tisroc qu’il devait agir avec son cœur. Il prit une profonde respiration, s’apprêtant à prononcer un énième mensonge quand Vitani lui fit remarquer qu’il ne la vouvoyait plus et qu’elle voulait connaître la raison de ce tutoiement. Yoren aurait pu lui dire qu’après tout, même s’il n’était plus Tisroc, il était et resterait supérieur à elle et s’il voulait la tutoyer, il le pouvait. Seulement, pour la première fois de sa vie, le Tisroc déchu ne voulait pas paraître odieux ; pas devant elle. Il allait devoir, habillement, éviter cette question. Il se racla la gorge et finit par dire

    « En aucun cas je n’ai voulu vous offensez. Mon rang ne me permet plus de prendre ces aises, vus m’envoyez donc désolé ; je m’en tiendrais au vouvoiement. Mais effet, bien que nous ne nous sommes rencontrés qu’à de rares occasions, je me rappelle de votre prénom. À dire vrai, je n’ai pas pu me le sortir de l’esprit depuis un jour en particulier. »

    Il le savait, Yoren en avait trop dit ou pas assez ; mais qu’importe. Aujourd’hui, il n’avait plus obligation, il n’avait pas tout un peuple derrière lui qui attendait de trouver la femme noble qui pourrait donner naissance à un héritier légal. Qu’aurait pensé son peuple et son entourage s’ils avaient su que le Tisroc s’était épris d’une simple espionne ce soir là ?
    Les étoiles qui brillaient au dessus d’eux ne pouvaient qu’embellir cette soirée. Tout semblait parfait, pour ne pas dire utopique. Yoren, qui était né dans ce palais, qui y vivait depuis sa naissance et que le connaissait comme il se connaissait lui-même, n’avait jamais remarqué à quel point il était beau sous les scintillements. Ou peut-être était-ce car il était avec elle, cette jeune femme dont il ignorait tout et dont il voulait tout savoir. Et, malgré le calme qui régnait, Yoren pouvait sentir les battements de son cœur s’emballer dans sa poitrine et les entendre résonner dans ses oreilles. Peut-être était-ce du au vin qu’il avait bu ou peut-être était-ce simplement du à elle ; Yoren n’aurait su dire. « Soit, restons donc ici mais je doute que cela soit trop beau pour vous. Bien au contraire, je dirais que vous embellissez cet endroit qui avait finit par me paraître fade. » Sur ces mots, Vitani fit glisser sa main dans celle du Tisroc et leurs doigts s’entrelacèrent. À nouveau, ils se regardèrent droit dans les yeux. Derrière le masque de cette inconnue, Yoren pouvait voir la lumière se refléter dans ses yeux couleur noisette. Il pensait avoir déjà vu ces yeux quelques part mais il ne pouvait dire où. « Vous ne devriez pas parler de vous ainsi… Le destin a décidé que nos chemins devaient se croiser ce soir et il en fût ainsi. Il faut croire que nous étions faits pour nous rencontrer, malgré ces masques. » Yoren porta sa main ‘libre’ au visage de Vitani. Il vit son regard s’écarquiller, sûrement par peur qu’il lui enlève son masque. Mais à la place de ça, il se contenta de lui caresser la joue.
    Yoren ne lâchait pas Vitani du regard qui semblait chercher quelques choses dans la pièce. Au fond de lui, il espérait que ce n’était pas une façon de sortir qu’elle cherchait. Mais très vite, elle se reprit la parole. L’ancien Tisroc était, dans un sens, soulagé de savoir qu’elle n’était pas une partisane de son frère et qu’elle était restée de son côté.

    « Riwal est un fidèle allié et je suis fier de constater que vous aussi, je peux vous considérez comme telle. Bientôt, vous retrouverez goût à ce que vous faîtes car bientôt, mon frère ne sera qu’un mauvais souvenir pour Calormen. »

    Il se tut un instant, hésitant enfin à lui révéler sa véritable identité. Pour une fois, il ne voulait pas parler de Soren ni même de l’avenir de Calormen. Il voulait simplement qu’elle sache. Alors, après quelques secondes de réflexion, il prit sa décision : il n’allait pas le lui dire directement, il allait lui faire comprendre.

    « Mais au diable mon frère ; je pense qu’il est temps de faire tomber le masque… »


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MessageSujet: Re: Just know you're not alone, cause i'm gonna make this place your home.   Lun 29 Avr - 4:35

Just know you're not alone, cause i'm gonna make this place your home.
We found each other.

Yoren & Vitani




Durant ces dernières années, j'ai servi les tisrocs calormènes. Mais pas une seule fois, je m'étais retrouvée seule avec l'un d'entre eux, et encore moins à me retrouver dans une situation telle que celle-ci. Je me sentais profondément stupide et j'aurai donné n'importe quoi pour avoir pu me préparer psychologiquement à ces retrouvailles, si je puis dire. Mais non, rien ne m'y avait préparé et je m'étais suffisamment humiliée pour l'heure. Aussi, je décidais de ne parler que si cela était nécessaire. Je savais pertinemment que d'autres calormènes auraient tué pour être à ma place. Surtout les femmes... bien que je me doutais que Yoren puisse avoir toutes les femmes qu'il voulait, et quand il le voulait ; même à Telmar. Après tout, sa réputation le suivait et son meilleur ami le cachait dans son château. D'ailleurs, songer à leur amitié ne m'aida pas tant que ça puisqu'elle éveilla des souvenirs que j'essayai de terrer dans une parcelle de ma mémoire que je voulais bien enfouie. Visiblement, les mauvais souvenirs sont ceux dont on se souvient le mieux... Et les meilleurs sont étrangement ceux qui vous blessent le plus.

Pourquoi les moments de bonheur vécus pouvaient faire aussi mal ? Je n'avais pas vécu tant de bons moments dans ma vie en y réfléchissant bien. Mais cette situation me fit tout de même penser à l'île sur laquelle je m'étais retrouvée et à la perte de mon meilleur ami. Je l'avais apparemment oublié durant quelques temps... Mais savoir qu'il était peut-être mort était cent fois pire que de me remémorer le bon temps que nous avions passés ensemble. Et je ne pouvais pas me vanter de posséder une multitude d'amis ou de personnes de confiance autour de moi... Bien-sûr il y avait ma famille, ou des habitants de quelques royaumes, tel que Matias. Mais ce n'était pas comme si je pouvais m'accorder beaucoup de temps pour ces gens, même si je les aimaient énormément. Toutefois, je décidais de sortir de mes pensées afin de me concentrer sur ma discussion avec l'ancien tisroc. De plus, alors que je me rendais compte que je fixai un point invisible sur le mur qui me faisait face, derrière Yoren, je détournai le regard afin de ne pas paraître folle.

Je devais déjà faire une assez mauvaise impression, alors autant ne pas m'enfoncer dans un personnage fictionnel que je me serai construite et qui pourrait finalement correspondre à ma véritable personnalité. Tout cela était d'ailleurs assez confus, mais je ne dis pas un mot avant d'être parvenue à reprendre tous mes esprits. Me rendant compte que le calormène m'avait parlé alors que j'étais perdue dans mes pensées, je tentai de me calmer intérieurement tout en gardant un air sérieux. Je décidai donc de fouiller un peu dans mes souvenirs ; de quoi avions nous parlé juste avant ? Qu'aurait-il pu avoir prononcé ? Mais alors que je dévisageai sans m'en apercevoir l'homme qui me faisait face, il reprit la parole. Son frère et ma loyauté ! Je devais sans doute ce coup de chance au grand Tash. « Vous avez raison, votre frère ne mérite aucunement que l'on parle de lui... Je suis persuadée que votre exil a du faire grandir une haine grandissante en vous depuis que vous êtes parti... et je suis désolée d'en parler. Je ne devrais pas. Je ne le referai plus. »

Une fois de plus, il avait fallu que je trouve un moyen de m'enfoncer dans mon petit jeu afin de tenter de garder toute convenance ou bienséance envers lui. Mais visiblement, cela ne me réussissait pas ! Et bien tant pis, je cesserai désormais de jouer à ce petit jeu. Du moins j'essaierai. J'ignorai toujours quelle était la vraie Vitani, mais je parviendrai bien à la découvrir, quitte à devoir - après cette discussion - fuir le royaume, voir le continent. Si jamais je faisais un faux pas ou continuait de dire n'importe quoi, tout finirait par me retomber dessus. Je ne comprenais pas pourquoi l'homme que j'avais en face de moi était si... clément et insistant envers moi. C'est vrai, pourquoi m'avait-il suivie ? Pourquoi était-il venu m'aborder ? Il y avait plusieurs femmes au château, il n'avait aucun moyen de reconnaître une calormène, et encore moins de dos. De plus, je m'étais ridiculisée devant lui. Alors soit tout cela n'était qu'un petit jeu amusant à ses yeux, soit... je tenterai de découvrir la réponse à cette question. Malheureusement, je ne voyais aucune raison à son comportement envers moi...

C'est en me remémorant ses derniers mots que je finis par comprendre. Quitte à parler de masque, autant dire que le mien glissait doucement de mon visage au fur et à mesure que nous parlions et agissions... Je ne pouvais plus jouer. Aussi je ne pu cacher mon effarement et je levai aussitôt ma main pour la plaquer contre ma bouche avant de ne dire à nouveau n'importe quoi. Je me détournai alors du calormène en me rapprochant de la porte, prête à partir. Mais malgré moi, je n'étais pas certaine de comprendre. Parlait-il du fait que je n'étais pas franche avec lui, du fait que lui n'était pas franc avec moi ou bien d'autre chose ? Mon esprit s'embruma petit à petit, alors que je ne comprenais plus la situation. A vrai dire, je me souvenais. Et peut-être me souvenais-je mal après tout ? Si je gaffais, je n'aurai qu'à partir pour de bon de cette pièce, puis du château après tout... Mais je ne pouvais pas. C'était Yoren Eshbaan. Et bien que je ne sois personne à proprement parler, je ne pouvais pas le quitter à nouveau. Mais peut-être que tout ce qu'il avait dit, toute cette retenue... Tout ça n'était que le fruit de mon imagination ? Je supposais sûrement trop vite. Mais... Si ce n'était pas le cas ? S'il avait vraiment comprit qui j'étais ? Si je ne me trompai pas ?

Ses belles paroles étaient aussi envoutantes qu'un sortilège que l'on aurait jeté au lieu dans lequel nous nous trouvions, aux gens autour de nous qui semblaient ne pas être, à l'atmosphère étrangement agréable... Vraiment, il avait soit l'art de la rhétorique, soit il possédait un charme inné ou quelque chose qui lui était bien propre. Je pris alors conscience que j'avais beau avoir connu quelques hommes dans ma vie, je n'avais jamais connu un tel sentiment à l'égard de qui que ce soit auparavant. Il avait quelque chose de différent... Il possédait un petit quelque chose que tous devaient lui envier, mais qu'il était le seul à avoir. De plus, il avait le pouvoir de me faire perdre toute notion du temps ainsi que toute perception de réalité. Après tout, peut-être n'étais-je qu'au beau milieu d'un rêve ? Si tel était le cas, je pourrais prier à genoux devant lui pour que ce rêve ne s'arrête pas. Pour ses beaux yeux bruns, j'aurai pu faire à peu près n'importe quoi, quitte à y mettre mon honneur en jeu. Après tout, j'étais la seule personne ici présente à ne pas être invitée à la réception. Je courrai mille risques en venant ici...

« Je suppose que vous avez raison... Et je vous prie de m'excuser, je dois dire que je ne suis pas habituée à la compagnie d'hommes tels que vous. Vous n'êtes pas comme tous ces beaux parleurs... Ou alors, vous cachez bien votre jeu. » Je me permettais ces paroles, puisque je savais que nous ne nous connaissions pas, que nous portions des masques, et que le but de toute cette mise en scène au château était de ne pas savoir qui était qui. Je me libérai alors un peu, me permettant peut-être quelques remarques déplacées, bien que celle-ci ne l'était pas à mes yeux. Mon regard ne put se détourner du sien, bien que nous ayons fini de parler pour les quelques minutes qui suivirent. Je sentis les battements de mon cœur accélérer tandis que mes doigts caressèrent les siens et que je me tournai légèrement vers lui. Levant ma main libre vers son torse, je repris la parole. « Dites moi, s'il n'y avait pas tous ces masques... M'auriez vous remarquée de la façon dont vous l'avez faite tout à l'heure ? J'ai bien peur que vous ne puissiez répondre à ma question. Vous ne pouvez rien avancer sans connaître mon identité... »


Ma main était posée sur la poignée de la porte, et le silence qui s'était installé sembla durer une éternité, alors qu'il ne dura que quelques minutes. Ce silence, j'en étais la cause. Je me devais de répondre quelque chose... Et si je ne m'étais pas trompée ? Je ne saurai jamais comment réagir si tout cela était vrai. Mais peut-être que nous nous trompions tous les deux... Je fermai les yeux quelques secondes en tentant de trouver les bons mots, les bonnes paroles. Il devait y avoir quelque chose à dire. Quelque chose qui ne m'humilierait pas trop si jamais je disais faux. Il ne disait peut-être pas ça pour une raison précise après tout... Mais bien-sûr que si ! C'était lui. C'était sûrement lui. Il devait savoir, il ne se serait jamais souvenu de moi autrement. Nous nous connaissions car j'étais espionne durant son règne. Mais il était forcément présent durant cette soirée... Elle s'était déroulée dans son palais. Il connaissait les lieux comme s'il y vivait. Si ce n'était lui, qui d'autre ? J'y avais déjà songé. J'avais pensé à un garde, un soldat peut-être... à un seigneur ou bien encore à un serviteur qui aurait agit comme moi ? Non. Il avait émané quelque chose de lui. Quelque chose de puissant et d'unique.

Je ressentais cette présence même depuis qu'il était venu m'aborder. C'était pour cela qu'il était resté tapi dans l'ombre au début. C'était comme porter un masque... Et je jouais un rôle en permanence. Mais au bal, j'avais sans doutes été un peu plus... moi. Et si je me contentai de partir, là, maintenant ? Je m'en voudrai probablement. Mais si c'était lui ? Qu'adviendrait-il ? Je ne pourrai pas me contenter de parler simplement avec lui. Je ne pourrai pas non plus jouer à la femme éperdument amoureuse. J'ignorai tout de ce sentiment... Mais peut-être qu'au fond, je le ressentais. Je n'avais jamais aimé personne... pas de cette manière. J'aimais ma famille. J'aimais ce garçon qui avait fait naufrage avec moi. J'aimais mes amis, j'aimais Riwal, j'aimais Yoren. Je les aimaient tous et les respectaient, je pensais à eux. Mais surtout, j'aimais également l'homme que j'avais rencontré au bal... Et sans cette curiosité, sans ce courage, je n'aurai jamais pu le voir. Jamais nous n'aurions pu nous découvrir un peu. Et cette nuit-là... Mon masque était tombé. Il savait. J'étais dans l'ignorance tout ce temps, mais il savait. Et il ne disait rien...

« Pourquoi est-ce-que vous faites ça ? »

C'était sorti tout seul ; mais au moins c'était sorti. Je décidais finalement de relâcher la poignée de la porte et je portai mon regard sur Yoren. Je m'avançai alors vers lui en ne sachant plus trop comment réagir. Plusieurs émotions se bousculaient en moi. J'étais à la fois surprise, triste, heureuse, énervée et perturbée. Mais justement, mon problème était le manque de cohérence et de retenue que j'avais suite à tout ce chamboulement... C'est pourquoi mon premier réflexe fut de me rapprocher au maximum du calormène et de le gifler. Puis après quelques secondes, je pris conscience de ce que je venais de faire et je le contournai rapidement en portant mes mains à ma bouche. Je venais non seulement de frapper l'homme que je respectai le plus dans ce monde, mais je l'avais fait de plus, sans raison apparente. Mais aucune excuse ne put sortir de ma bouche en cet instant même, c'est la raison pour laquelle je gardai le silence un instant en me retenant de pleurer. Finalement, les émotions négatives prirent le dessus sur la situation sans que je ne puisse les contrôler. Je me retournai néanmoins pour remarquer que Yoren était toujours de dos.

« Je ne comprend pas... Vous savez que je vous suis fidèle. Vous savez désormais que je déteste peut-être votre frère autant que vous et je suis apparemment la dernière personne au courant que vous êtes ici et la première chose que vous trouvez bonne à faire est de ne pas montrer votre visage. Vous trouvez cela amusant ? N'est-ce-qu'un jeu pour vous ? »

Je finis par me rapprocher à nouveau de lui tandis que ma vision se troublait, puis je plissais les yeux et essuyais aussitôt mes larmes afin qu'il ne les voient pas. Je décidais alors de croiser les bras pour éviter de ne refaire un quelconque geste déplacé, puis mes émotions refirent surface pour ne pas aider... « Vous ne vous en souvenez probablement pas, mais je suis partie en mission, juste avant votre exil. Je ne suis revenue que depuis quelques mois. Vous ne pouvez pas imaginer la colère et le chagrin auxquels j'ai du faire face après avoir apprit où vous étiez et ce qu'il s'était passé... » Je marquais une pause, étranglant quelques sanglots dans ma voix. « Vous êtes la personne que je respecte le plus ici bas, Yoren. Je vous ai toujours été fidèle, et je le serai toujours, j'en fais le serment. Mais je ne comprend pas ! Pourquoi jouez vous ainsi avec mes sentiments ? Je pense savoir à quoi vous faites allusion depuis tout à l'heure. J'ai le sentiment que vous en jouez. Mais sachez, si je ne me trompe pas, que jamais je n'avais assisté à un évènement organisé au palais auparavant. »

Je me tus à nouveau, puisque ma voix me trahissait trop. J'avais envie de pleurer. J'étais énervée, et je tentai de calmer mes nerfs d'une façon ou d'une autre. Je doutais fortement que les calmer en m'en prenant à lui fut une bonne chose, mais je devais agir, parler, faire quelque chose. Je n'étais même pas à Calormen, chez moi. Je devais me défouler, et malheureusement, c'était sur lui. Après tout... Il ne l'avait pas tellement cherché. Il avait été bon, patient et plutôt doux avec moi. N'importe quel autre homme aurait pu me traiter beaucoup moins bien, mais pas lui. « Je n'avais jamais fait ça. Et je ne le referai sans doutes jamais plus je présume. Et si vous avez su tout ce temps ce qu'il s'est déroulé cette nuit-là mais que vous ne m'en avez jamais parlé, pas même lorsque je suis partie en mission après le bal, c'était sans doutes avec raison. Vous êtes et demeurez un homme influent, séduisant et intelligent. Mais pas moi. Je n'ai jamais espérer quoi que ce soit venant de vous, et je ne me suis jamais attendue à rien de votre part. Je connaissais nos limites. »

Je devais trouver un moyen de cesser de parler. J'en disais trop, et tout ce que je disais ne me mettait absolument pas à mon avantage. Bien au contraire, je m'enfonçai dans une sorte de spirale abominable qui me trainait vers le fond d'un gouffre profond. Je ne pouvais voir à quel moment tout cela allait se finir, et j'en mourais d'envie. Non... Il devait me répondre. Mais je ne le laissait pas en placer une. Ou alors avait-il comprit que je n'avais pas fini de parler... Mais il n'avait aucune raison de se taire. Aussi, je fini par me coller contre un mur en lorgnant la porte des yeux. J'en avais presque fini. « C'est pourquoi je n'ai pas songé un seul instant au fait que vous puissiez être cet homme... Au fond, vous ne l'êtes peut-être pas. Je me ridiculise sans doutes à me dévaloriser et à vous faire la leçon sur des choses que vous connaissez déjà. » Non, c'était trop. Finalement, je gardai les yeux fermés et laissais mes larmes couler. Après tout, je n'étais personne. Il n'avait qu'à quitter la pièce et aller voir ailleurs s'il ne pouvait pas trouver mieux ! Je n'étais probablement pas avec lui ce soir-là. Je me trompais sur toute la ligne. Jamais il n'aurait posé les yeux sur moi. Il était trop bien pour moi, et je n'étais qu'une sombre idiote.

Je n'avais jamais songé pouvoir éprouver de quelconques sentiments envers lui... C'est pourquoi j'aimais cet homme. Celui du bal. Je n'avais aucune idée de qui il s'agissait... Ce n'était pas un tisroc, ce n'était pas un noble, ce n'était pas un garde, un soldat ou un simple calormène, comme moi en somme. Il était celui qui avait réussi à me faire baisser garde. Et ça, personne auparavant et depuis n'était parvenu à le faire. Du moins... c'était ce que je pensais. Mais Yoren en était capable. Alors au fond, j'espérai qu'il s'agissait de lui. Peut-être que s'il l'était, il ne voyait pas qu'une misérable espionne pas fichue de terminer une mission en bateau sans faire naufrage et perdre toute notion de la réalité. Mais c'était définitif, il me voyait telle que j'étais... sous mon mauvais jour. Mais peut-être que s'il ne partait pas en courant, ou ne me considérait pas comme un défi, il en valait vraiment la peine. Après tout, je ne le connaissais pas tant que ça... Mais il semblerait que l'amour ne connait aucune raison particulière d'être. Il se manifeste simplement lorsque l'on est en présence du seul être au monde qui puisse nous combler et faire ressortir ce qu'il y a de bon en nous. Je n'en avais aucune idée, mais après tout... J'étais chamboulée et j'étais toujours dans l'ignorance. Je m'étais peut-être énervée et faite pleurer pour rien. Si ça se trouve, il n'avait utilisé qu'une métaphore sans la moindre importance...
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MessageSujet: Re: Just know you're not alone, cause i'm gonna make this place your home.   Sam 10 Aoû - 1:04


    Il avait cédé. Yoren avait finalement cédé à la tentation qui lui tiraillait le cœur et l’estomac  et avait prit la décision d’insinuer qui il était réellement. Qu’en réalité, elle était bien plus qu’une simple espionne et ce qui expliquerait tant de chose : pourquoi il connaissait (ou plutôt se rappeler de) son prénom, pourquoi il l’avait suivie dans les couloirs du château... Bien-sûr, il ne lui avait pas dit directement qui il était mais cette seule phrase semblait avoir eu l’effet escompté. Vitani semblait comprendre petit à petit que leur ‘relation’ avait dépassé le stade professionnelle à un certain moment. Et ce moment, tout deux se le rappelaient. Ils n’avaient pas pu l’oublier. Il n’avait pas duré longtemps mais il avait été si spécial, si irréel, si chimérique qu’il en était devenu inoubliable. Yoren ne savait pas comment allait réagir Vitani suite à cette révélation mais qu’importe, il ne pouvait cacher cela plus longtemps, lui qui savait depuis le début. Mais il avait encore cette appréhension : qu’elle s’enfuit en courant, comme lors de cette fameuse soirée.
    Les mots sortaient naturellement de la bouche du Tisroc. Bien-sûr, il avait l’habitude de charmer les demoiselles mais une fois encore, tout cela était différent. Habituellement, Yoren sortait toujours le même baratin, des phrases préconstruites qu’il récitait machinalement tel un enfant récitant une poésie devant son tuteur. Seulement, avec cette inconnue, les mots sortaient étrangement du cœur. « Je présume que je ne pourrais pas vous convaincre que mes intentions sont des plus louables que ce soit avec mes mots ou mes actes mais laissons cette magnifique soirée se dérouler comme elle doit se dérouler ; ne nous demandons pas si sans ses masques, nous nous serions connus. Avec des si, on referait le monde… » Yoren termina sa phrase sur un sourire franc, chaleureux et charmeur. Doucement, il détacha sa main de celle de Vitani et se rapprocha un peu plus de cette dernière. Maintenant, il était si près d’elle qu’il pouvait sentir son souffle. Le Tisroc, toujours dissimulé derrière son masque, intensifia son regard et plaça ses mains de chaque côté du visage de cette femme qui l’intriguait tant. Et, après un court instant d’hésitation, Yoren prit la décision de sceller leurs lèvres. Ce baiser avec un goût particulier, à tel point que l’envie de connaître l’identité de cette personne devenait insoutenable. Alors, lentement, ses mains quittèrent le visage de l’inconnue  pour se poser sur le masque qui dissimulait son visage. Et quelle ne fût pas sa surprise lorsqu’il reconnut, derrière ce masque à présent enlevé, Vitani Lu-Kah Dastan, une espionne à son service. Yoren resta un instant sur place, toujours très proche de Vitani. Les yeux écarquillés, il cherchait à comprendre pourquoi il ne l’avait pas reconnu avant. Mais avant qu’il n’eut le temps de dire quoique ce soit, Vitani se déroba, partit en courant. Yoren resta alors seul quelques minutes ; se demandant à la fois pourquoi est-ce qu’il l’avait laissé partir et comment allait-il pouvoir gérer cette situation à présent, sachant qu’elle, elle ne savait pas qui il était.
    Yoren restait sans broncher, attendant la moindre réaction de la part de Vitani. Allait-elle s’enfuir de nouveau maintenant qu’elle savait que Yoren était l’homme du bal ? Ou allait-elle rester ? Yoren n’aurait su dire. Mais au fond de lui, il priait pour qu’elle ne s’enfuie pas. La jeune femme paraissait à la fois triste, surprise et énervée. Plutôt très énervée. Il l’écouta déverser son flot d’émotions, se prit même une baffe mais rien ne laissait paraître quelconques sentiments. Il prit alors la décision d’attendre que Vitani se vide de tout ce qu’elle avait sur le cœur, sans rien dire. Alors, seulement après des minutes de remontrances, Yoren pu prendre la parole. Il respira un bon coup, il était lui aussi troublé.

    «  Je vous présente mes plus plates excuses pour tout ce que vous avez subi par ma faute, indirectement ou non. Mais sachez seulement une chose, tout cela ne m’amuse guère. Je me moque de votre rang, je me moque éperdument que vous ayez assisté à cette fête sans y être conviée, je me moque de tout sauf d’une chose : de vous. Je n’ai pas prémédité ce qu’il s’est passé ce soir là et encore moins ce qu’il se passe en ce moment même. Mais comme vous le voyez, je ne vous ai pas oublié. Jamais. Aujourd’hui, face à vous, je ne suis plus un Tisroc, je ne suis plus un Eshbaan, ni même Yoren. Je suis l’homme masqué de ce bal sans rang particulier. Un homme, tout simplement. Sans responsabilité. Et j’espère une chose, c’est que vous n’avez rien oublié de tout ça. Que vous n’avez pas oublié pourquoi nous nous sommes épris l’un de l’autre ce soir là et… »

    Sur ces mots, Yoren s’interrompu. Il savait qu’aucun mot ne pourrait expliquer pourquoi il avait agit comme cela. Il avait été tout simplement aveuglé par le pouvoir, en dépit des sentiments qu’il pouvait ressentir. Alors, sans savoir pourquoi, il se rapprocha d’un pas vif de Vitani et, de nouveau, il ne put se retenir de l’embrasser, encore une fois ou peut-être une dernière fois. Il a toujours pensé que les actions parlaient plus fort que les mots et ce baiser lui montrait en quelques sortes sa sincérité. Il appuya un instant son front contre celui de Vitani et tourna les talons. Arrivé devant l’encadrement de la porte, Yoren s’apprêtait à quitter cette pièce quand, sans même la regardait, il prononça une dernière phrase pour Vitani.

    « Jamais je n’ai voulu vous blesser. »  

    Puis il sortit, sans savoir s’il la reverrait de nouveau.

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