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 « La passion s'accroît en raison des obstacles qu'on lui oppose. »

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Edwin G. Petterson
Nordique || Élu || Admin
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MessageSujet: « La passion s'accroît en raison des obstacles qu'on lui oppose. »   Mer 28 Aoû - 22:27

{ Flashback }

    La soirée serait parfaite. Elle le serait forcément, puisque je l'avais prévue dès l'arrivée prestigieuse de son invitée d'honneur, la reine des narniens. Elle allait passer un certain temps dans l'obscurité et les ténèbres du château, alors autant lui laisser une dernière soirée aux chandelles avec son meilleur ami pour qu'elle puisse y déceler peut-être une dernière part d'espoir. Quelque chose auquel elle pourrait se raccrocher avant de sombrer peu à peu dans la folie ou la peur. Je ne savais pas encore les conséquences que son emprisonnement aurait sur son état, du moins d'un point de vue psychologique, mais si je pouvais lui prouver que sa lumière n'était pas encore apte à illuminer ceux qu'elle prétendait pouvoir sauver des ténèbres, l'une de mes missions serait alors accomplie. En attendant, j'avais à me préparer avant sa venue pour notre petite soirée en tête à tête. Il n'y aurait pas de gardes, de soldats, d'espions, de nobles ou de quelconques témoins.

    Ce serait elle et moi. Ce serait toujours elle et moi, nous étions liés. Elle était la lumière qui pouvait prétendre affaiblir les ténèbres et j'étais l'obscurité qui pouvait assombrir sa clarté. J'étais habillé avec une tunique blanche et un pantalon marron, chaussant des bottes et avec une ceinture où je conservais le fourreau de mon épée. J'avais hâte de voir enfin arriver celle que je pouvais désormais appeler ma captive, afin de pouvoir enfin discuter un peu. J'étais persuadé qu'elle aurait des tas de choses très intéressantes à me dire... mais surtout, son don m'intéressait énormément. Je voulais en savoir plus, sans pour autant en dévoiler trop sur le mien. Nous avions nos petits secrets et ni elle ni moi ne comptions trop en dévoiler. Nous n'étions pas sots et même si elle était prisonnière ici, je ne comptais pas la torturer. Nous aurions une discussion, rien de plus... Que pourrait-il y avoir de plus après tout ?

    Puis alors que les domestiques apportaient le repas dans mes appartements, préparant ainsi la table, un homme vint m'annoncer la venue de ma captive. Je lui avais permis de se vêtir en bonne et due forme bien entendu, afin de conserver un minimum d'égalité entre nous, si je puis dire. Il n'était pas question pour autant d'un repas entre amis ou alliés, se livrant leurs petits problèmes et parlant de leur vie palpitante, non. Elle ne devrait pas perdre à l'esprit qu'ici, bien qu'elle soit toujours reine, elle soit avant tout dans mon château, sous mes ordres. Une fois que les domestiques en eurent finis, je leur fit signe de sortir puis je demandai à ce qu'on laisse entrer l'élue. Une fois qu'elle fut dans la pièce, je fis un signe de tête pour que l'on ferme les portes, puis je m'approchais d'elle et lui prit délicatement la main afin d'y déposer un baiser. Je contemplais ensuite sa robe parée de rouge et de noire, aux tons lugubres, ce qui afficha un sourire sur mes lèvres.


    « Ravi de vous voir, ma chère amie. »

    Je la conduisis jusqu'à sa chaise, la faisant s'asseoir puis je rejoignais mon siège à l'autre bout de la table avant de contempler les plats qui nous séparaient et nos assiettes remplies par les domestiques. « Désirez vous dire quelque chose avant que nous ne commencions à manger ou préférez vous que j'anime ce début de soirée ? » Je lui adressais toujours un sourire avant de prendre un air sérieux. Sans doutes comprenait-elle et avait-elle déjà anticipé le fait qu'elle n'allait pas forcément aimer cette soirée, mais après tout... elle venait tout juste de commencer, et pour le moment, rien ne s'était encore passé. Mon regard jusqu'à alors était donc rivé sur Susan, me demandant finalement ce à quoi elle pouvait bien penser. Songeait-elle que tout cela n'était qu'un piège ? Ou qu'il s'agissait d'une soirée entre deux rois, un bourreau et une condamnée ou bien entre deux élus ? Tant de possibilités et si peu de réponses...

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Susan Pevensie
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MessageSujet: Re: « La passion s'accroît en raison des obstacles qu'on lui oppose. »   Jeu 29 Aoû - 3:14



Un cachot lugubre et froid, voilà ma nouvelle demeure. J’étais encore sous le choc des évènements s’étant déroulés quelques jours plus tôt, je n’arrive pas à faire le vide dans ma tête. Je me souvins la soirée à Anvard, meilleure soirée ou Jace m’avait demandé en mariage. Posant mon regard sur ma main je constatais que la bague était restée là, preuve que je ne rêvais pas. Que s’était-il passé ensuite ? Tout était flou. Je me rappelle les cris de terreurs, les gens blessés et cette ombre dans le ciel, si grande et si effrayante. Le visage du roi Edwin chevauchant un dragon sombre me frappa l’esprit tel un flash aveuglant. J’ouvris les yeux brusquement comme choquée de me souvenir, mes pupilles emplies de larmes. Je me souvins et qu’il était dur de se souvenir mon dieu. Le roi Edwin avait fait de moi sa prisonnière et voici que je me retrouvais dans cet abominable cachot, luttant pour garder confiance en moi. Dans un sens je regrettais ma décision et d’un autre côté, je l’avais fait pour protéger les miens et tel était mon rôle à présent. Soupirant, je constatais que j’avais toujours ma belle robe de la soirée bleue mais qu’elle commençais à être sale après ces quelques jours passés ici, de plus, elle était loin d’être commode pour dormir mais après tout, je n’avais que ça et mes souvenirs pour me rappeler qu’il y a encore peu de temps j’étais la reine bien aimée de Narnia.

Perdue dans mes pensées je fus soudain ramenée à la réalité lorsque j’entendis le bruit métallique des pas de soldats sur le sol de pierre des cachots. Me retournant vers la grille, je constatais que c’était pour moi qu’ils venaient puisqu’ils s’arrêtèrent à ma hauteur. L’un d’eux, sans doute le plus gradé, prit la parole et m’expliqua que je devais le suivre sous ordre du roi. Edwin avait beau être le maitre de ces lieux, il n’était pas mon roi et rien ne m’obligeait à obéir à ses ordres. Toutefois je me laissais guider à travers les couloirs du château. A un moment mon cœur rata un battement. Et si c’était là le jour de mon exécution ? Personne ne m’avait assurée que j’allais rester en vie et après tout, si ce n’est pour rencontrer le bourreau, pour quelle autre raison le roi m’aurait-il fait sortir de ma prison ? Mes pas se firent tout d’un coup plus lourd et une terrible angoisse s’empara de moi, un frisson parcourant mon échine. Cependant, je fus amenée dans une très belle chambre ou des servantes m’attendaient. Sans que je n’ai eu le temps de comprendre, elles s’occupèrent de me déshabiller et si je n’avais pas légèrement forcée pour garder mes habits je pense que je n’aurais pas eu de réponse. L’une d’elle m’expliqua alors que le roi voulait un entretient privilégié avec moi et que je devais être présentable, comme la digne reine de Narnia que j’étais. J’appris ainsi qu’il avait fait apporter une robe pour moi et je laissais les servantes s’occuper de ma toilette pendant que mon esprit vagabondait. Ce rendez vous privé me faisait peurje devais l’avouer, j’avais une pression terrible. Que me voulait donc le roi ? De quoi voulait-il m’entretenir ? Etait-il déjà près à négocier avec moi ou voulait-il m’humilier ? Une fois prête, je me plaçais devant un miroir pour observer le résultat final. Ma robe était d’un rouge profond et teinté de broderies noires ainsi que de dentelles. Si elle avait quelque chose d’élégant, elle était cependant assez sombre et tristesse, comme une robe de deuil. Le roi voulait-il par là me faire passer un message ? Mes cheveux avaient été peignés avec gout et une mèche tombait avec grâce sur l’une de mes épaules. Enfin mes lèvres étaient rouges et du bleu sur mes paupières venait relever la couleur de mes yeux. On m’amena alors dans un autre endroit et je sentais les rythmes de mon cœur s’accélérer. Finalement, on m’ouvrit la porte d’une pièce et je l’aperçu enfin.

Le roi Edwin était vêtu de façon plutôt sobre, comparé à moi et je me demandais si cela avait été fait exprès. La pièce était extrêmement bien décorée et devait sans doute être l’une des pièces des appartements privés du roi. Il ordonna à ses hommes de sortir et nous furent seuls. Doucement, le roi s’avança vers moi et prit l’une de mes mains tremblantes pour y déposer un baiser. Avait-il fait exprès de me baiser la main ou se trouvait ma bague de fiançailles ? Son sourire et sa voix plutôt douce me troublèrent, tout comme ses paroles. Chère amie ? Voulait-il me provoquer en ironisant la situation pour ne pas dire « chère ennemie » ? Ne pouvant prononcer un mot, je me contentais de lui faire une de ses révérences élégantes dont j’avais le secret en guise de salutations. C’est alors qu’il me conduisit vers une table et je compris que j’allais partager un diner en tête à tête avec lui. A vrai dire, j’étais tellement troublée par cette soirée imprévue que j’en avais l’estomac noué et je me savais incapable d’avaler quoi que ce soit. Le roi prit pourtant le soin de m’installer sur une chaise confortable avant de s’asseoir en face de moi à l’autre bout de la table. Posant son regard sur moi, il me posa alors une simple question, ce sourire toujours accroché à ses lèvres. Ainsi, il me donnait la parole. Il y avait tellement de choses que j’aurais aimé lui dire comme le fait qu’il avait gâché mes fiançailles ou que je ne pourrais jamais lui pardonner d’avoir blessés des innocents ou encore le fait qu’il ose me balancer ainsi aux cachots comme une vulgaire esclave. Toutefois, je  décidais de jouer la carte de la franchise et mes lèvres s’entrouvrirent enfin pour laisser pour la première fois de la soirée, ma douce voix se faire entendre.


    « Je dois admettre que l’annonce de cette soirée m’a quelque peu troublée. Je ne m’y suis point préparée et je ne saisi guère le but de votre invitation … Je ne puis cependant vous refuser d’animer cette soirée puisque vous êtes, après tout, le maitre de ces lieux votre Altesse. »


Ma voix était calme et douce comme à mon habitude et, petit à petit, mon cœur reprenait un rythme normal. La soirée n’allait peut être pas mal se finir après tout et si j’arrivais à négocier avec le roi Edwin, alors j’en serais comblée. Le but surtout était de rester calme et ne lui montrer aucun signe de faiblesse, je devais rester forte face à lui et garder la tête haute. J’étais sa prisonnière oui mais j’étais avant tout une reine !

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Edwin G. Petterson
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MessageSujet: Re: « La passion s'accroît en raison des obstacles qu'on lui oppose. »   Jeu 29 Aoû - 16:47

    Posant mes coudes sur les accoudoirs de mon fauteuil, j'observais Susan avec sérieux, essayant de déceler chacune de ses pensées ou bien même ce qu'elle comptait me répondre. Lorsqu'elle le fit enfin, je demeurais impassible, telle une statue de pierre posée là à regarder ce qui se trouvait face à elle. Elle n'avait visiblement aucune idée de ce qu'elle venait faire ici, et il semblait évident maintenant que j'y songeais qu'elle aurait pu s'attendre à maintes choses, sans doutes déplaisantes quant à l'issue de cette petite soirée. Peut-être pensait-elle que je comptais la torturer, chercher à l'empoisonner ou bien à lui soutirer des informations ? Elle ne se douterait sans doutes pas de ce que je comptais vraiment faire, et ça paraissait logique. Je demeurai donc toujours de marbre, buvant ses paroles et cherchant à les analyser sous toutes les formes possibles et imaginables. Je doutais fort que la jeune femme y ait caché quelconque sous-entendu, elle n'était pas manipulatrice ni mauvaise. Elle était la douce reine de Narnia, tant aimée par son peuple et son tendre fiancé, le roi Jace.

    Ainsi donc, elle était pour que j'anime la soirée. Parfait, je comptais bien m'en charger alors ! Sans baisser les yeux ou détourner mon regard d'elle, je repris alors la parole.
    « Dans ce cas, commençons à manger notre repas. Il serait déplaisant qu'il ne refroidisse, n'est-ce-pas ? » Attendant qu'elle baisse les yeux la première pour regarder son assiette, je fis ensuite de même, attrapant mes couverts pour découper la cuisse de poulet qui se trouvait dans mon plat. Je passais le morceau de poulet dans la sauce qui s'en découlait tout autour puis commençai à manger, calmement et dans un silence de quelques minutes. Je prenais mon temps, me demandant si la situation mettait mal à l'aise mon invitée de marque, puis finalement je relevais les yeux vers elle, tout en buvant mon verre de vin. Après l'avoir reposé, je jetais un coup d’œil à la tenue qu'elle portait avant d'afficher un sourire discret. « Cette robe vous sied à merveille. L'appréciez vous également ? » Je baissais le regard pour reprendre quelques bouchées de mon repas avant de ne relever le regard vers elle.

    Si j'avais eu la possibilité de lire les pensées des gens, j'y aurais prit un plaisir malsain afin de deviner ce à quoi ma captive pouvait bien songer. Après tout, elle était désarmée, dans un royaume qui n'était pas le sien, et bien qu'elle passe la soirée en ma compagnie, elle demeurait prisonnière. Elle était toujours reine, mais n'en était pas moins prise au piège à Telmar. Peut-être que ce château lui rappelait son ancien amant ? D'ailleurs en parlant d'amant... J'aurais tant aimé savoir comment se sentait ce cher Jace. Rêvait-il de sa belle chaque nuit ? S'attendait-il à la secourir héroïquement du terrible donjon dans lequel sa princesse était retenue, combattant l'horrible dragon et tuant le grand méchant de l'histoire ? Il n'y parviendrait pas, évidemment. Les prisonniers étaient bien dans les cachots, et ils n'allaient pas en sortir de sitôt. Susan devrait d'ailleurs s'estimer heureuse de pouvoir voir autre chose que l'obscurité abondante qui l'entourait probablement dans les sous-sols de château.

    Bien que la pièce soit uniquement éclairée par des chandeliers et des bougies, elle devrait s'en contenter. Il était absolument hors de question que les autres captifs n'aient droit à un tel traitement de faveur. J'avais tellement de sujets à aborder que je ne savais pas par lesquels commencer, mais la robe aurait sans doutes fait son petit effet sur la belle. J’enchaînais donc avec une nouvelle question.
    « Sinon, dites moi... vous êtes vous remise de cette fameuse soirée ? Il me semble bien que votre magie n'ait finalement pas été d'un grand secours pour les villageois présents. » J'aurais pu rajouter également un « ainsi que pour votre futur époux, votre sœur et vos amis les calormènes » sauf que... cela attendrait. Si elle n'abordait pas le sujet la première, je le ferais. En temps et en heure. J'espérais juste qu'elle saurait tout de même profiter de son repas avant qu'il ne refroidisse, il serait dommage que notre petite conversation en vienne à lui couper l'appétit...

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Susan Pevensie
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MessageSujet: Re: « La passion s'accroît en raison des obstacles qu'on lui oppose. »   Ven 30 Aoû - 17:53


Doucement je commençais à me détendre, me disant qu’après tout, si le roi avait voulu me faire passer un mauvais quart d’heure, il n’aurait pas employé des moyens pareils. Peut être ne voulait-il que discuter, pas comme des amis bien sur, mais comme des monarques. Peut être lui était-il venue en tête de vouloir négocier avec moi de la conditions des prisonniers qu’il avait fait à la fête, après tout, moi seule avait vraiment de la valeur à ses yeux et si je pouvais profiter de cette soirée pour faire libérer mes compagnons de prison qui n’avaient rien demandés de mal, alors je le ferais. C’était moi son ennemie, moi seule, son exact opposé, j’étais le Soleil, il était la Lune, j’étais le jour, il était la nuit, j’étais la Lumière, il était les Ténèbres. Quelle étrange soirée d’ailleurs, alors que je me retrouvais dans le château de mon ancien petit ami, je faisais face à mon plus grand ennemi au cours d’un diner aux chandelles comme je pouvais en faire avec Jace. Tout se mélangeait dans ma tête dans cette atmosphère étrange. Je sortis de mes pensées lorsque le roi me proposa donc de commencer par manger avant que cela ne refroidisse. J’approuvais sa réponse en souriant doucement et baissait la tête vers mon assiette. J’avais perdu l’appétit depuis le début de mon emprisonnement mais je n’osais laisser une assiette préparée ainsi. Prenant les couverts en argent je commençais à découper le poulet et le goutait doucement. Il me semblait que je n’avais pas mangé une nourriture aussi bien préparée depuis des lustres et peut être que ceci réveilla un peu mon appétit puisque je continuais à manger le poulet ainsi que les légumes sans me forcer. Relevant les yeux je découvris un verre de vin rouge posé sur la table et le prit doucement dans mes doigts, observant la couleur pourpre du liquide. Le rouge profond ainsi, symbole de l’amour ardent, la passion vive ou encore le pourpre du sang … En buvant une gorgée, je me délectais de cet excellent vin puis reprit à manger.

Le roi reprit alors la parole pour me complimenter sur la robe et me dire qu’elle m’allait très bien. Relevant la tête vers lui, je souris doucement. J’avais pour habitude à Narnia de dessiner moi même la plupart de mes robes et mon couturier s’occupait de les confectionner pour moi. Je dois avouer que j’adorais les belles robes et certains me donnaient le surnom d’Impératrice de la mode car j’arborais toujours des tenues extrêmement belles et bien travaillées, inspirant de nombreuses femmes. Le roi avait dut avoir vent de cette passion pour les robes et avait peut être voulu me faire plaisir en m’offrant cette dernière. Toutefois, les couleurs choisies étaient très sombres. Le rouge profond mélangé à de la broderie noire donnait un effet extrêmement sombre, peut être était-ce la un message de la part du roi. Cependant, regardant toujours Edwin, j’affichais un petit sourire doux avant de prendre la parole.


    « Je vous remercie votre Altesse. Je dois avouer que je préfère les teintures plus colorées et moins sombres, toutefois le tissu est magnifique. J’aime particulièrement les détails en broderies et dentelles, cela est toujours du plus bel effet sur une robe tout comme ces voilures. »


Lui souriant à nouveau, je savais qu’il devait apprécier mon œil expert. Je ne portais pas mon surnom pour rien. Dans le silence nous reprîmes à manger. Tout en restant silencieuse je ne pouvais que m’interroger sur les intentions du roi. Un diner aux chandelles, un compliment sur ma robe, qu’avait-il donc en tête pour être aussi bien attentionné à mon égard ? J’étais peut être une invitée de marque mais je n’en restais pas moins sa prisonnière. Je m’étais étonnée de ma condition ici, après tout, j’étais reine et je ne m’attendais pas à ce qu’on me jette aux cachots telle une vulgaire esclave, toutefois cela devait faire parti du plan d’Edwin. Peut être chercherait-il à me briser mentalement dans ces lieux sombres. Voulait-il m’offrir une soirée pareille pour que je me rende un peu mieux compte de la misère dans laquelle j’allais retomber une fois de retour aux cachots ? Enfin, il reprit la parole. Soudain je lâchais mes couverts qui tombèrent dans mon assiette dans un bruit métallique résonnant. Mon regard était fixé dans le vide. Mon cœur cru se briser. J’étais tellement surprise que tout mon corps s’était comme mis en pause le temps d’analyser la situation. Ces paroles si dures et pourtant prononcées avec un ton calme. Voilà donc ce qu’il cherchait à faire, me briser intérieurement. Evoquer cette fameuse soirée eut son effet sur moi, sans doute comme il s’y attendait. Il me rappela le fait que ma magie n’avait pas été efficace pour éviter les nombreux blessés parmi les invités. Mes mains tombèrent sur mes genoux et mon regard se fit fuyant. Que répondre à cela ? Mes mains tremblantes agrippèrent alors ma robe et je serrais mes poings et avec le doux tissu. Je devais ravaler mes larmes, ma colère, tout sentiment négatif, je ne devais pas le laisser gagner et lui prouver que finalement je n’étais qu’un être fragile dans un corps magique. Mon regard toujours fuyant, je repris la parole d’une voix légèrement brisée et grave.


    « J’ai volontairement évité un affrontement sur une place publique cette nuit là. Si je me suis livrée à vous c’était uniquement pour faire cesser ces atrocités commises par vos hommes. » A cet instant ma voix se fit plus brisée et légèrement plus basse. « Vous m’avez enlevée sous les yeux de mon peuple, mes amis, mon fiancé et ma jeune sœur. Comment pourrais-je me remettre d’une telle soirée ? Comment pourrais-je vous pardonner un jour un tel acte … ? »


A ma dernière question j’avais tourné la tête vers le roi, posant mon regard qui se voulait dur sur lui, cependant, il dut également distinguer que malgré cela, mes yeux étaient brillants et que quelques larmes commençaient à se former à l’intérieur.

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MessageSujet: Re: « La passion s'accroît en raison des obstacles qu'on lui oppose. »   Ven 6 Sep - 2:31

    Quel amour, quelle âme innocente, quelle... narnienne. Elle ne comprenait pas, évidemment pas, que ma remarque sur sa robe ; mon compliment, n'était autre qu'une façon de mieux lui montrer qu'elle était à ma merci. Pour qui se croyait-elle ? Avait-elle songé qu'elle avait un quelconque pouvoir sur cette soirée, sur cette conversation ou sur son sort et celui des autres ? Ceux qui peuplaient désormais quelques cellules des cachots ? Elle ne pouvait rien faire, rien. Je me complaisais dans mon rôle, à la voir se satisfaire de cette petite conversation sur la mode et sur sa magnifique tenue. Magnifique, ça oui, elle l'était ! Mais elle avait été judicieusement choisie et faite pour ne pas être dans les tons que portait généralement Susan. Sa réponse confirma donc qu'elle ne se doutait de rien, et qu'elle devait croire que je voulais sans doutes engager la conversation sur les tenues qu'elle portait d'habitude. Je m'en fichais éperdument. Elle pouvait bien porter des nappes tissées par des esclaves calormènes comme robe pour son mariage, qu'en avais-je à faire ?

    Lorsqu'elle entendit ensuite ma question, je pris soin d'observer le moindre de ses faits et gestes, l'expression qu'on pouvait voir sur son visage et ses yeux se mettre à briller. M'armant d'un sourire pervers, je m'accoudais sur mon siège, caressant mon menton sans la quitter des yeux. Le bruit métallique que ses couverts tombés dans son plat venait de produire était un peu comme le premier acte. Mais la partie ne venait que de commencer, et elle n'était pas prête d'être terminée. La décomposition de le grande reine, la douce reine. C'était un pur délice, un véritable régal pour les yeux. Elle semblait énervée et triste, elle avait reprit confiance en soi quelques instants auparavant avant de s'effondrer intérieurement. A la fin de cette soirée, si tout se passait comme je l'entendais, elle serait brisée psychologiquement. Peut-être pas au point d'en devenir folle, mais elle allait passer des jours et des nuits des plus horribles dans les cachots, elle ne dormirait peut-être plus ou ferait sans doutes des cauchemars.

    Fuyant mon regard mais semblant vouloir rester stoïque, elle me répondit enfin, bien qu'au ton de sa voix, je puisse encore mieux savourer ce petit bonheur personnel, celui du commencement de la destruction mentale et des espoirs de ma captive. Oh, atrocités ? Je ne crois pas non. Si j'avais voulu que mes espions mettent vraiment la place d'Anvard et les invités de cette ravissante petite soirée dans tous leurs états, j'aurai demandé à ce qu'ils en tuent - ou en laissent pour morts - et j'aurais même pu m'arranger pour que mon don puisse faire son en-cas de certaines personnalités royales. Je ne l'avais pas fait, alors qu'elle cesse de prendre ce qui s'était passé pour quelque chose d'atroce. Puis elle tourna la tête vers moi, posant un regard qui devait se vouloir menaçant sur ma personne. Ah, un peu de résistance ! Je finis alors par m'installer plus confortablement dans mon fauteuil, le dos droit, la mine sérieuse, perdant toute trace de sourire sur ma face et reprenant un peu de vin avant de porter ce doux arôme à mes lèvres. Je pris mon temps avant de reposer la coupe sur la table, puis je désignais des yeux la nourriture.


    « Vous devriez finir votre repas avant qu'il ne soit froid, car vous n'en aurez pas de deuxième. »

    La fixant un instant avant de lui adresser un sourire doux, ne durant que quelques secondes, je baissais le regard vers mon assiette et reprit quelques bouchées de poulet ainsi que de quelques légumes. Ce repas était vraiment succulent, les cuisiniers avaient vraiment beaucoup de mérite. La cuisine telmarine était sans doutes l'une - si ce n'était pas la - meilleure de tous les royaumes. Enfin, chacun avait ses spécialités... mais je ne regrettais absolument la cuisine des archenlandais. Leurs repas manquaient d'épices, d'arômes, de piquant, de goût. Quoi qu'il en soit... je relevais un moment les yeux vers ma tendre amie en reprenant la parole. « D'après ce que l'on m'a apprit - ce que tout le monde a apprit d'ailleurs - vous, vos frères et votre sœur êtes d'un autre monde. Je trouve cela fascinant, vraiment. Vous avez été appelés par Caspian, c'est bien ça ? » Bien-sûr que c'était ça. Mais je voulais voir si elle allait en être dépitée, plus attristée encore, en colère, si elle serait de meilleure humeur ou si elle allait penser à son défunt frère, celui toujours en vie ainsi que sa sœur, tout deux loin d'ici, à Narnia, ou bien à son tendre et ancien amour, Caspian. Tant d'émotions fortes, ça devait l'empêcher de manger. Pourtant il fallait bien qu'elle se nourrisse...

    « Vous savez, si vous ne mangez pas, nous serons obligés d'amener votre repas aux autres prisonniers... » Je pris un air désolé et lançais un regard empli d'empathie envers la douce avant de soupirer lentement. « Je doute qu'ils apprécient de voir un repas qui ne sera jamais le leur servir de repas pour les rats. Enfin, c'est vous qui décidez... soit vous finissez, soit les rats le finiront, et ce devant vos amis. »

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Susan Pevensie
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MessageSujet: Re: « La passion s'accroît en raison des obstacles qu'on lui oppose. »   Lun 4 Nov - 1:26


Cet homme était le diable en personne ! Voilà ce qui me passa par la tête lorsque je l’observais. Il avait fait mine de rien à mes commentaires et s’était même délecté de me voir dans un tel état. Comment pouvait-on être aussi cruel ? Mes poings se serrèrent un peu plus sur mes jambes, froissant encore le tissu sous mes doigts. Je devais rester calme car doucement, je comprenais ses intentions. Edwin était en train de jouer avec moi et mes sentiments. Je devais rester concentrée et forte car je ne voulais pas le laisser gagner. Doucement, je sentis quelque chose monter en moi, comme une force intérieure qui me poussait à être forte. J’étais reine de Narnia et je ne devais pas me laisser affaiblir par un usurpateur tel que le roi Edwin. Il voulait jouer avec moi mais je ne me laisserai pas faire. Comme il ne fit aucun commentaire sur ma remarque et mon regard dur, je pensais qu’il préférait éviter le sujet, à moins que ce dernier ne l’intéresse momentanément plus du tout. Je reposais alors mon regard sur mon assiette, à moitié finie et, alors que j’allais me remettre à manger, il reprit la parole.

Voilà que maintenant il me parlait de mon passé lointain, lorsque je vivais encore en Angleterre. Il me rappela à la dure réalité des choses et soudain, mon esprit vagabonda. Je me rappelai cette époque, lorsque nous avions quittés Narnia et que nous tentions de reprendre une vie normale. Peter et Edmund avaient du mal à s’y faire car après tout, ils avaient eu tout le temps de s’accommoder à leur statut de roi, surtout Peter. Il se battait tout le temps et se sentait mal dans sa peau. Moi, j’essayais de reprendre ma vie normale et je commençais doucement à m’y faire, devenant plus âgée, plus belle et plus regardée. Toutefois, la vie ne l’entendais pas de cette oreille et Caspian eu besoin de nous. Si je regrettais cette époque ? Je ne saurai donner une réponse à cette question. Je pense que oui car après tout, cet événement fut la cause de la mort de Peter et de cette guerre terrible, mon amour pour Caspian et mon amertume aujourd’hui. Dans ce château je ne pouvais m’empêcher de repenser à ma relation avec Caspian, notre histoire d’amour, mon premier amour mais aussi ma plus grande peine. Je sorti de mes pensées lorsque le roi Edwin reprit la parole. Il semblait vouloir m’obliger à finir mon assiette, me menaçant d’en faire souffrir les autres prisonniers si je refusais. Je relevais la tête et posait mon regard intense sur lui.  Il était cruel. Tentant de rester calme, je lâchait la robe retenue par mes poings et reprit mes couverts. Je me remit doucement à manger bien que mon estomac soit noué puis but une gorgée de vin avant de reprendre la parole pour lui répondre. « En effet, je viens d’un monde bien différent. Mais en quoi cela peut-il vous intéresser ? A moins que vous ne projetiez de conquérir mon monde … Si tel est le cas, je vous souhaite bien du courage. » Je continuai de manger, laissant planer le doute. Je savais forcément que cela devait intriguer le roi Edwin. J’avais quitté mon monde durant une grande guerre et les moyens employés étaient puissants, bien plus que la magie. Il était bien sur impossible qu’Edwin puisse un jour trouver un accès à mon monde d’origine mais si tel était le cas alors je restais persuadée que jamais il ne pourrait le conquérir.

Bientôt, je terminai mon assiette et reprit mon verre pour finir les quelques gorgées de vin qui s’y trouvait encore. J’avais remplis ma part du contrat, j’avais fini mon assiette et mon verre. Je me décidais donc de clôturer cette soirée car je ne voulais pas en entendre plus venant de la bouche d’Edwin. Ces dernières paroles en réponse à sa question m’avaient profondément énervée. Comment osait-il se comparer à moi de la sorte ? Il pensait que je ne méritais pas le trône car je n’avais pas de sang royal comme lui, cependant, il faisait une erreur et la disait lui même : nous avions été choisi pour régner et pas lui. Posant mes couverts près de mon assiette je reprit doucement la parole, mon timbre de voix calme. « Je pense en avoir assez entendue pour ce soir. Je vous remercie pour le repas mais maintenant je préfèrerai vous quitter. Je me rend compte que je préfère passer la nuit dans un cachot lugubre plutôt que de subir les remarques d’un enfant capricieux et me prenant pour une poupée qu’on manipule. » Je me levais doucement, passait mes mains sur ma robe pour la lisser et tournait les talons pour me diriger vers la porte. Seul le bruit de velours de ma robe sur le sol venait briser le silence qui venait de s’installer avant que je finisse par reprendre la parole. « J’ai eu tors de croire que je pourrais parler sérieusement avec vous Edwin. ». Je posais alors ma main sur la poignet, voulant la tourner pour quitter cette pièce et cet homme. C’est à cet instant que je sentis une pression sur mon poignet. Edwin s’était levé et voulait m’empêcher de partir. Tout se passa alors très vite, il m’agrippa le poignet et d’un mouvement brusque me retourna. Sa force supérieure à la mienne, je ne pus répliquée et quelques secondes après, je me retrouvais le dos contre la porte, Edwin penché vers moi, tenant ma main plaqué contre la porte. Mon rythme cardiaque s’emballa. J’étais dans une drôle de position et je ne pouvais rien faire, du moins, je ne savais pas quoi faire. J’étais comme pétrifiée, incapable de bouger, nos visages étaient proches l’un de l’autre, si proche que je pouvais sentir son souffle contre ma peau. Nos regards étaient plantés l’un dans l’autre et nous étions tous les deux comme étonnés de la tournure que venait de prendre les choses. Etait-il si étonné que moi ? Savait-il réellement ce qu’il faisait ou laissait-il agir son esprit ? L’alcool venait-il de déclencher quelque chose ? Qu’allait-il se passer maintenant ?

Le dragon venait de serrer dans ses pattes la douce fée … j’étais sa prisonnière …

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Edwin G. Petterson
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MessageSujet: Re: « La passion s'accroît en raison des obstacles qu'on lui oppose. »   Ven 22 Nov - 19:44

    Mon regard était figé sur ma prisonnière. Elle semblait s'être quelques peu crispée avant de reprendre ses esprits, ayant jugé que ma proposition de donner son repas aux prisonniers n'était peut-être pas ce qu'elle aurait préférer. Elle n'avait plus faim, elle se forçait. Après tout, elle n'aurait plus vraiment à se forcer à avaler quelque chose de cuisiné avant plusieurs mois... mais elle ne devait pas pleinement en avoir conscience. Comment pouvait-elle réaliser qu'elle ne verrait plus rien pendant tout ce temps, si ce n'était cette lueur d'espoir s'échapper peu à peu de son être ? Elle résisterait dans les premiers temps, elle serait coriace. Mais elle n'avait jamais été autre chose que la douce reine de Narnia, au fond. Elle ne connaissait pas la misère, elle ne savait pas ce que cela faisait d'être né dans ce monde, ni même ce que le départ de sa petite famille avait provoqué il y a un millénaire. Je l'avais étudié en détail, et je me doutais bien qu'elle devait imaginer, peut-être. Mais elle ne pouvait pas vraiment en avoir conscience, comment le pourrait-elle ? Elle prit la parole afin de me parler justement, de l'endroit d'où elle venait... si on pouvait dire cela.

    Ma seule réaction à ses dires fut de rire doucement, sans même prendre la peine de répondre. Après tout, il s'agissait là de sa réponse. Je ne désirai absolument pas conquérir sa terre, qu'en avais-je à faire ? Ma seule préoccupation, le seul lieu que je désirais... je le possédais déjà. J'étais simplement curieux, rien de plus. Et j'avais bien évidemment espéré que de repenser à cet endroit et de fouiller dans ses souvenirs lui ferait du mal. Après tout, tout ce qui s'était passé avant la dernière guerre devait lui rappeler son frère aîné. Peter. Je me demandais bien de quelle façon elle avait pu faire son deuil et combien de temps cela lui avait prit... j'aurai pu lui poser la question, sauf qu'elle était déjà en train de prendre mal à nouveau ce que j'avais dit précédemment. Après tout... c'était bien là mon but. Enfin, non. Mais je n'avais pas de temps à perdre en songeant ne serait-ce qu'à me vexer à ses paroles vaines qu'elle se levait déjà de table. Où comptait-elle aller ? Même si elle tentait de franchir la porte de mes appartements, les gardes lui barreraient le chemin.

    Elle n'était pas libre d'aller et venir, elle était ici pour une raison. Et surtout ; ce n'était pas à elle de décider. Les ordres venaient de moi, et moi seul... Ne bougeant pas, je l'observais calmement sortir de table, sentant cette tension palpable dans la pièce, cette atmosphère malsaine qui régnait autour de nous. Le climat n'était pourtant pas encore posé, la soirée ne faisait que de commencer ! Alors qu'elle s'approchait de la porte, me tournant le dos, je me levais délicatement de mon siège dans le silence le plus total avant de ne la rejoindre. Elle avait à nouveau parler, mais elle n'avait donc pas remarqué que j'étais déjà tout près d'elle, saisissant son poignet fermement. Je la fis tourner avant de la pousser vers ce qui aurait pu s'avérer pour elle, le retour à sa dite liberté de prisonnière. Me rapprochant d'elle suffisamment pour qu'elle ne puisse pas même tenter de retourner s'asseoir ou de partir plus loin, je demeurai silencieux et plongeais mon regard dans le sien. Nos visages étaient proches et la position que nous occupions était on ne peut plus claire... elle était soumise et je la dominai.

    « Ecoutez moi bien, car je ne vous le redirais pas deux fois. Essayez encore une fois de sortir de cette pièce, et vous et vos petits amis en subiront les conséquences nécessaires... »

    [i]Attendant que le message soit bien passé, je ne bougeais pas et la tenais toujours fermement durant quelques secondes avant de me rapprocher encore un peu, jusqu'à ce que nos deux corps se touchent et qu'elle n'ait vraiment plus aucun moyen de me fuir à nouveau. Je glissais mon visage contre le sien jusqu'à ce que mes lèvres soient près de son oreille, avant de reprendre, doucement.
    « Et je suis sûr qu'au fond, au plus profond de vous-même, vous avez envie de rester avec moi. » Je restais ainsi à nouveau, immobile. Dès que je m'étais collé à elle, j'avais ressenti quelque chose de fort. Depuis qu'elle était entrée dans la pièce d'ailleurs, mais je n'étais pas certain de ce dont il s'agissait. Pourtant, maintenant que nous étions aussi étroitement proches, cela paraissait évident. Non seulement c'était par delà le climat qui régnait dans la salle, mais il s'agissait également de notre aura. Nous étions des élus, et je supposais que si je tombais sur un autre élu encore, je ressentirais aussi quelque chose de fort. Mais là, c'était tout de même bien différent.

    Oui, là nous étions deux principaux opposés. Elle représentait la lumière, la bonté, la douceur et l'espoir alors que je représentais les ténèbres, la souffrance, le pouvoir et la peur. Nous n'étions absolument pas compatibles et cela se savait. Pourtant, la situation dans laquelle nous nous trouvions pouvait laisser prétendre le contraire. Oh,  moi évidemment je me sentais parfaitement à l'aise ! J'étais même assez fier de ce que je faisais et disais, je ne voyais pas en quoi j'aurai fait le moindre faux pas jusqu'ici. Et elle, elle m'appartenait. Je pouvais parvenir à la détruire en l'espace de quelques heures pour commencer, puis je laisserai le travail accompli durant cette soirée s'étaler sur des jours, puis des semaines et enfin des mois. Elle se souviendrait toute sa vie de ce moment, j'en étais persuadé. Après quelques minutes de silence, je décalais légèrement ma tête en la positionnant face au visage de Susan.
    « Vous aurais-je mise dans une position inconfortable ? » Laissant s'afficher sur mon visage un air plus doux, je reportais mon regard sur le sien, prenant soin de l'admirer quelques instants.

    Toujours parfaitement calme et avec un contrôle de moi-même relativement bien maîtrisé, je tentai de chercher un signe chez mon ennemie qui me permettrait de savoir ce à quoi elle pouvait bien penser. Mais peut-être que le vin qu'elle avait bu et le fait même de m'avoir vu avec une expression différente l'avaient aidée à rester calme ? Je n'en avais aucune idée, je ne savais même pas si elle tenait l'alcool à vrai dire. C'était étrange, car même après quelques minutes resté là, contre elle, je continuais de sentir son aura magique, si forte et attirante à la fois. Ressentait-elle la même chose ? Serait-ce semblable si nous étions en présence de n'importe quel autre élu ? J'en doutais. Fortement. Alors, peut-être poussé par ce petit jeu ou bien alors par cette atmosphère, je fis glisser lentement ma main qui soutenait son avant-bras contre la porte le long de sa manche puis de sa taille et de ses hanches avant de la poser contre la porte. C'était une attraction comme une autre, et jusque là, Susan n'avait pas même tenté de se débattre ou de fuir à nouveau... puis finalement, je rapprochais mon visage du sien en brisant notre contact visuel afin de sceller mes lèvres aux siennes.

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Susan Pevensie
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MessageSujet: Re: « La passion s'accroît en raison des obstacles qu'on lui oppose. »   Sam 30 Nov - 19:17


J'étais comme incapable de bouger, plaquée contre cette porte, Edwin tenant l'un de mes poignets et m'empêchant tout mouvements. Nos regards étaient plongés l'un dans l'autre et même si je commençais à redouter le pire au vu de son regard sombre, je restai parfaitement calme en apparence. Sa voix était aussi sombre que son regard et ses paroles dures. Il venait de me rappeler ma condition de prisonnière. Oui il était le maitre de ses lieux mais il était aussi devenu mon propre maitre. C'est à cet instant que je me rendis compte de mon statut depuis ma capture et ceci me brisa le coeur. Je n'étais plus rien à part sa prisonnière. Je n'étais plus une reine, ni une fiancée et encore moins une simple humaine venue dans un monde magique, je n'étais rien d'autre qu'une prisonnière dont il pouvait disposer comme bon lui semblait. Cette réalité me coupa le souffle, j'ouvrais enfin les yeux sur ma condition, mon statut, ma nouvelle vie à partir de maintenant. Je me rendis compte à ce moment précis que les moments de bonheurs, de joie, de bien être étaient derrière moi et que pendant de nombreux mois voire années, je ne pourrais plus jamais ressentir ce bonheur et cette douceur dans mon coeur. J'avais envie de m'effondrer, tomber à genoux et pleurer, tenter de fuir quitte à y laisser la vie. Pourtant, je devais garder le peu de dignité qu'il me restait, ainsi, même si mon regard montrait une certaine inquiétude, je restai calme, comme tranquille, comme si finalement je me laissais aller à cette réalité tranquillement.

Doucement, Edwin rapprocha son visage du mien, glissa sa joue contre la mienne et approcha ses lèvres de mon oreille. A cet instant nous étions si proches, son corps contre le mien, que je fus comme alarmé par une telle proximité. Je ne pouvais pas bouger, entre Edwin appuyant contre mon corps mais aussi par mon esprit qui semblait complètement impossible de donner le moindre ordre pour que je puisse me mouvoir. Ma conscience était tout aussi choquée que moi et je sentais mes joues rougir doucement. Oui, j'étais gênée, mal en point, mais je devais rester droite et calme, je ne devais pas céder devant lui. Sa voix résonna alors dans mon oreille et je repris conscience. Sa phrase m'interloqua. Je fronçais les sourcils alors qu'il éloignait son visage pour me regarder de nouveau. Cependant, son regard avait changé, il semblait plus doux. J'avais du mal à faire parvenir mes pensées jusqu'à ma bouche mais je devais lui répondre. Puis, l'atmosphère sembla changer, je pouvais le sentir et cette sensation me fit peur. Je pris quand même le temps de répondre, même si ma voix était comme un murmure et mes yeux plantés dans les siens étaient comme lointains. « Comment voudrais-je rester avec un homme aussi sombre que vous ... ? » Mes paroles voulaient vraiment refléter mes pensées à ce moment là.  

C'est à ce moment là que je sentis encore cette ambiance étrange. Je me sentais comme bizarre, j'avais un sentiment inexpliqué au fond de mon coeur. Il me semblait que je ne pouvais plus détacher mon regard du sien, le temps sembla être ralentit et mon rythme cardiaque accéléra. Son corps contre le mien, je pouvais sentir sa chaleur, son souffle contre ma peau, son regard doux dans le mien. Mais le plus marquant dans tout cela fut sans doute nos aura magiques. Etaient-ce elles qui jouaient avec nos sentiments, nos sensations, nos émotions à ce moment là ? La lumière voulait-elle s'approcher des ténèbres ou les ténèbres préféraient-elles venir jouer avec la lumière. Comme par curiosité, nos auras voulaient apprendre à se connaitre, nous empêchant d'agir avec raison. Ressentait-il la même chose ? Ce sentiment puissant entre nous depuis notre contact physique ? Allait-il en jouer ou cela allait-il le perturber ? J'étais l'incarnation de la lumière, celle qui devait éclairer le monde et sauver des vies. Lui était le maitre des ténèbres, celui qui devait assombrir le monde et briser des vies. On dit toujours qu'il doit exister un équilibre parfait dans le monde, un parfait compromis entre le Bien et le Mal, l'image dans mon monde d'origine était représenté par le symbole du Ying et du Yang. Le monde était toujours un mélange parfait de Bien et de Mal mais, dans le Bien résidait toujours une petite partie de Mal et dans le Mal existait toujours une petite partie de Bien. Ainsi, je compris clairement qui nous étions pour ce monde. Si je devais éclairer le monde, Edwin était là pour rééquilibrer les choses et apporter le malheur. La lumière était plus puissante avec la présence d'ombres et les ténèbres ne pouvaient exister sans lumière. Voilà ce qui pourrait nous définir le mieux possible. A cet instant, la puissance de cette réalité semblait nous envahir et tenter de corrompre nos sentiments. Pour avoir déjà été en présence d'un autre élu, je pouvais être certaine que c'était la première fois que je ressentais une pareille chose, c'était donc lié à lui, Edwin, le maitre du Mal.

Une fois de plus, c'est lui qui brisa le silence. Je me demandais si il ressentait la même chose que moi. Il me posa une simple question et ma conscience se réveilla à cet instant et sembla hurler dans mon esprit « Bien sur que tu me mets mal à l'aise idiot, je suis fiancée !! ». Cependant, mes lèvres restèrent closes, mes sourcils froncés et mon regard semblait se mêler dans une impression étrange, trahissant mon trouble à ce moment. Je devais parler, je devais me défendre, je ne devais pas le laisser me manipuler même avec cette atmosphère étrange et ce sentiment qui ne m'était pas familier. « Est-ce ainsi que vous traitez tous vos prisonniers Edwin ... ? ». Au moment ou ces paroles franchirent mes lèvres je me rendis compte du lourd sous entendu qu'elles pouvaient apporter. Dans mon esprit c'était clair, je lui demandais si il mettait toujours ses prisonnières dans des positions inconfortables, mais avec nos positions physique, cette phrase prenait une autre tournure. Ma conscience me traita d'idiote et je me mordis légèrement la lèvre en détournant le regard.

Je sentis alors sa main glisser le long de mon bras et descendre jusqu'à ma taille puis mes hanches. Je posais mon regard sur lui et ce contact me pétrifia. Je ressentis encore son aura sombre et d'une attirance puissante et presque charmante. A quoi jouait-il ? Nous étions trop proche et cette fois il était presque trop familier avec moi. Pourquoi être si doux ? Etait-il en train de s'amuser de la situation ou ses sentiments devenaient-ils confus comme les miens ? Nos auras étaient-elles en train de s'attirer l'une l'autre contre notre gré ? Je me posais tant de questions et lui restait là à me regarder, si proche et à la fois si loin. Nous étions si proche physiquement, pourtant, nos actes et nos vies étaient si éloignées l'une de l'autre. C'est alors qu'il rapprocha doucement son visage du mien. Il avait posé sa main contre la porte, mon poignet était libre mais ma main refusait de bouger. Mes joues s'empourprèrent. Non, il n'allait quand même pas ... Non il ne pouvait pas ! Non, je ne devais pas me laisser faire, mon cerveau voulait que je hurle, que je le pousse, que je parte, tout sauf que mon corps reste immobile comme il l'était à présent. Il fallait que je trouve une solu ... Edwin m'embrassa !

J'en fus si étonnée que j'oubliais de fermer les yeux. Ma conscience sembla sortir de mon corps. On aurait dit que j'étais extérieure à la scène, comme si je ne pouvais pas faire réagir mon corps, comme si mon esprit s'était subitement arrêté de réfléchir. Je n'étais qu'une spectatrice et je voyais ces deux souverains s'embrasser. La fille semblait se laisser faire, le regard étrange mélange de tristesse et d'étonnement. Le garçon lui semblait ce qu'il voulait et restait maitre de ses gestes même si cependant il semblait surpris par son acte. Cette fille semblait vouloir un peu d'amour, de réconfort, de douceur, le garçon avait comme l'envie de jouer, de torturer, de manipuler. Je les regardais durant une seconde qui sembla durer une éternité. Mais qu'est ce que c'était que cette ambiance ?

C'est au moment ou je fermais les yeux après la première seconde que je ressenti ça. Mon coeur rata un battement et nos lèvres scellaient semblait m'apporter quelque chose d'extrêmement étrange. Je ressentis comme un certain plaisir dans ce baisé. C'était étrange car je savais au fond de moi que c'était mal, très mal et même interdis. Toutefois, je ne pouvais m'empêcher de penser que c'était très excitant cette interdiction. Je n'avais jamais fais de choses profondément mauvaises jusqu'à présent et je me rendais compte à quel point c'était plaisant et même grisant. Je prendrais un malin plaisir à me laisser embrasser par Edwin, c'était amusant. A cet instant je sentais comme une impression de domination prendre le pas sur moi, je me sentais forte et si j'avais voulu, j'aurai pu faire mettre à genoux cet homme rien que par ce baisé. Non je n'étais pas sa prisonnière, j'étais plus forte que ça et je voulais qu'il s'en rendre compte ! J'avais envie de lui montrer mes pouvoirs, de le manipuler ou de le torturer jusqu'à ce qu'il me libère, je voulais me battre pour gagner ma liberté et j'étais sure de gagner, je le sentais au fond de moi. Alors qu'il m'embrassais encore je me rendais encore plus compte à quel point je ne devais pas faire cela, mais c'était plus fort que moi, j'y prenais un plaisir malsain. C'était mal mais ça me faisait du bien.

Jace ! Soudain son image apparu dans mon esprit et je reprenais le contrôle de mon corps. Les yeux toujours fermés, une larme coula le long de ma joue alors qu'Edwin m'embrassais encore. Je devais faire quelque chose. Je posais mes deux mains sur le torse d'Edwin et le poussait doucement pour rompre ce baisé. Je plongeais mon regard dans le sien. Qu'est-ce qui venait de se passer à l'instant ? Il venait de m'embrasser mais ... ce que j'avais ressenti ... c'était quoi ? J'avais eu l'impression de dominer la situation, d'être maitresse de mes actes et j'avais pris plaisir à faire une chose mauvaise. Mon souffle légèrement haletant, je posais un regard interrogateur sur Edwin qui semblait aussi perdu que moi. Avait-il ressenti la même chose ? Nous étions encore proche et je pouvais de nouveau sentir son aura sombre. Si j'avais ressenti le mal qu'avait-il ressenti ? Le bien ? Etait-ce seulement possible ?

Je n'avais pas bougé, mes mains étaient toujours contre le torse d'Edwin et je le regardais dans les yeux, incapable de formuler une phrase, mon cerveau se remettant doucement en route. Je regardais cet homme et mon regard semblait lui demander de m'expliquer ce qui venait de se passer. Ce que je ressentais était extrêmement fort, cependant, ce n'était pas de l'amour, je connaissais l'amour et cette sensation n'en était pas. Que venions nous de faire à l'instant ... ? Cet instant de mutisme total ne m'aida pas à retrouver les idées claires, j'avais de plus en plus de doutes. Est-ce mon amour pour Jace qui m'avait éveillé de cet moment ou je semblais si différente ? Quand je rendis compte de la position de mes mains, je les retiraient immédiatement, mon regard toujours dans le sien. Qu'avons nous fait ? Que s'est-il passé ? Toi aussi tu as senti ça ? Ces questions restèrent cependant silencieuse et mes lèvres closes. J'étais perdu ...

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Edwin G. Petterson
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MessageSujet: Re: « La passion s'accroît en raison des obstacles qu'on lui oppose. »   Lun 9 Déc - 8:15


    Alors que je l'embrassais, quelque chose de particulièrement étrange se produisit. C'était comme si soudainement, une vague de générosité m'atteignait et que j'avais envie de faire acte de gentillesse envers Susan. J'avais envie de la libérer, elle et les prisonniers. Ils ne méritaient pas ce qui leur arrivait après tout, ce que je leur avais fait était si vilain... tellement vilain ! Je devrais même leur donner de quoi faire le voyage, une protection et aller m'excuser auprès des autres dirigeants des royaumes. Après tout, depuis que Yoren était partit, tout ce que les gens voulaient était la paix, et je pouvais l'apporter, je le savais ! Il suffisait que je réunisse un conseil et parle avec eux... Tout était possible désormais ! Je me sentais bien, comme si j'avais sauvé un petit orphelin d'un ivrogne agressif désirant cogner quelque chose de vivant. J'étais là pour faire le bien, illuminer de ma lumière ce monde !

    Susan méritait de se marier avec Jace, je souhaitais tout le bonheur du monde. Je serai même tellement ravi de l'accompagner devant l'autel ! Je voulais être ce meilleur ami qu'elle ne possédait peut-être pas, je voulais qu'elle se sente bien. Je la mettais dans une position inconfortable, je devais arrêter les frais... Pourtant, ce baiser m'apportait un grand bien, un bien fou. Je n'avais jamais éprouvé un sentiment de la sorte, et je m'en rendais compte seulement maintenant. Je me sentais comme... apaisé. Comme si plus rien n'avait d'importance, que tout était beau et que j'allais bien, que je n'avais aucune vengeance à prendre. Je devais seulement vivre, vivre et aimer mon prochain. Je devrais retrouver Kyara et l'embrasser, nous pourrions vivre d'amour et d'eau fraîche ! Une fois que le baiser serait rompu, je devrais faire ça. Et laisser mes prisonniers partir, ils étaient libres, leur place n'était pas ici !

    C'est alors que Susan me repoussa légèrement, rompant enfin ce contact physique qui était des plus étranges. Plongeant mon regard dans celui de la narnienne, je compris alors que justement, c'était anormal. Retrouvant rapidement mes esprits, je fus presque dégoûté de ce que j'avais pu ressentir l'espace de quelques secondes, aussi je relâchais mon emprise sur ma prisonnière. Car c'était ce qu'elle était : ma captive. Elle avait bel et bien perdu son statut de reine ici, elle n'était plus rien tant que j'en aurais décidé ainsi. Qu'elle n'ose même pas s'imaginer le contraire ! Mais si j'avais eu l'impression d'être... elle, avait-elle eu la sensation d'être moi ? C'était comme si nous avions échangé nos places d'élus le temps d'un baiser. C'était donc ça, sa vie ? Et bien, je comprenais mieux pourquoi les narniens... les gentils, avaient tendance à perdre bien souvent. Cela n'était affreusement pas étonnant, ah ça non !

    Mon ennemie semblait ne pas comprendre la situation et avait visiblement l'air d'attendre une réponse de ma part, je le voyais dans son regard. Pouvais-je nier avoir ressenti son pouvoir ? Si nous avions vécu la même chose mais de manière différente, probablement pas. Au bout d'un moment, Susan retira ses mains de mon torse, semblant gênée. Je ne fis aucun commentaire, incertain du comportement à adopter en cet instant précis. Devais-je me taire ou parler ? Devrions nous en parler ? Fallait-il que j'écourte la soirée, lui dise de retourner à table ? Que je profite du moment pour retenter quelque chose afin de vérifier si ce que j'avais, et peut-être elle aussi, était normal ? J'hésitais. Le regard toujours rivé sur elle, l'air sérieux, je ne brisais pas ce moment de silence. Je ne savais pas exactement quoi faire, car c'était sans doutes un moyen d'exploiter la vulnérabilité un efois encore de la captive pour lui parler. Mais je ne pouvais pas amener n'importe quel sujet de conversation sur la table.

    De plus, il était hors de question qu'elle pense que nous soyons... égaux. Mais elle pouvait tenter à nouveau de quitter la pièce, et si cela arrivait, elle prendrait relativement cher cette fois-ci. Ce que j'avais fait devrait la faire culpabiliser vis-à-vis de son cher et tendre, aussi  j'espérais que cela aurait l'effet escompté. Sauf qu'il fallait que je remette la situation en avantage en profitant de ce qu'il venait de se passer. Pourquoi pas faire mine de vouloir comprendre avec elle ? Si j'agissais gentiment puis que je reprenais mon petit jeu sadique, elle serait certes déstabilisée, mais je pourrais avoir perdu toute crédibilité suite à cet élan de fausse gentillesse. Je décidais finalement d'afficher un sourire moqueur avant de ne me diriger vers la fenêtre, m'y appuyant.
    « Je ne pensais pas que vous vous laisseriez faire aussi longtemps. Nous n'aurons qu'à mettre ça sur le compte du profond vide qu'il y a dans votre cœur vis-à-vis de la distance entre votre fiancé et vous, et votre situation compromettante qui vous empêche de le revoir. »

    Je ne savais toujours pas exactement quoi faire, mais je jouerai sur mes talents d'improvisation et le fait que je pouvais contrôler la situation aussi longtemps que je le désirerai. Elle savait que je ne jouais plus, alors peut-être devrais-je lui mentir, lui faire croire quelque chose qui la ferait se sentir coupable mais pour une autre raison ? Je pouvais lui faire croire que si j'avais agit ainsi c'était car j'avais des sentiments pour elle, bien que le mot lui-même m'était assez étranger. Je pouvais faire ça oui, mais je passerai pour un pauvre homme victime d'un amour impossible, et je ne comptais pas laisser passer quelque chose de la sorte. Je me tournais donc vers elle, m'appuyant toujours sur le rebord de la fenêtre. « Vous savez, je pourrais très bien faire croire à votre peuple, à celui de ce cher Jace ou même au mien que j'ai finalement décidé de vous tuer, personne ne le saurait. Je pourrais bien dire que ma femme est morte aussi d'ailleurs, et ainsi, je pourrais faire de vous mon épouse. »

    Je me rapprochais finalement d'elle, sans me précipiter, puis j'attrapais une pomme se trouvant sur la table, la lançant en l'air avant de la rattraper et de l'observer en la portant à hauteur de visage.« J'aurai aimé que les choses soient faciles Susan. Mais elles ne le sont jamais, bonnes ou mauvaises. Quels que soient vox choix dans la vie, vous ne pouvez jamais être certain que ce que vous ferez fera le bonheur de tous, car là où naît le bonheur de l'un se crée le malheur des autres. Par exemple, vous avec votre fiancé pensiez sans doutes avoir une belle histoire, joyeuse et intouchable. Pourtant vous êtes ici, avec un usurpateur qui vous retient contre votre volonté dans ses appartements, et ne vous faisant pas la conversation sur des sujets que vous auriez préféré aborder. Cet homme vil et peut-être cruel, à vos yeux, qui n'a aucun cœur et ne se soucie que de faire le mal autour de lui, quel qu'en soit le prix. » Ce petit discours d'improvisation n'était pas terminé, mais je voulais regarder la belle tout en lui parlant, aussi je marquais une pause avant de reprendre.

    « Je n'étais pas obligé de vous capturer, vous et les autres. Si je l'ai fais, c'est car j'ai du faire un choix. Je l'ai certes fait par vengeance, car vous avez participé au coup d'état ayant permit l'exil de Yoren, mais aussi car vous m'intriguez. De plus, vous êtes vous aussi une élue, je dirais même que vous êtes mon élue. » Je me rapprochais d'elle, posant ma main dans son dos pour la faire avancer doucement jusque sur mon lit où je lui fis signe de s'asseoir, puis je repris, restant debout. « Pourquoi a t-il fallu que nous deux soyons les élus de la lumière et des ténèbres ? Pourquoi n'avez vous pas réagit plus tôt lorsque je vous ais embrassée ? Tout ce que nous disons et faisons provient de choix, parfois ils sont faciles et d'autres fois ils ne le sont pas. Vous êtes quelqu'un de bien, à vos yeux et aux yeux de votre peuple, de votre cher et tendre. Moi je suis quelqu'un de mal aux yeux de vos peuples, peut-être même du mien mais pas aux yeux de Yoren ou encore des orphelins et vieillards telmarins. Personne ne sait ce que je fais pour eux. »

    Je marquais une dernière pause, tendant finalement la pomme à Susan. « Je me fiche que le monde entier me prenne pour un gentils ou pour un méchant. Je suis ce que je suis, et je fais ce que j'ai à faire. Je prends les décisions, surtout quand personne n'est apte à les prendre. Je fais des choix qui peuvent être cruels parfois, tout aussi bien pour vous que pour ceux qui sont sous ma protection. Mais je les fais avec raison. Vous, vous faîtes vos choix en suivant ce que vous dicte votre cœur tandis que moi je suis la voix de la raison. Si je dois endosser le rôle du grand méchant usurpateur telmarin et vous de la douce et pure narnienne originaire également d'un autre endroit, ainsi soit il. Néanmoins aujourd'hui, rien n'empêche que vous êtes chez moi, que vous êtes devenue reine et moi roi, et que nous avons tous les deux des choix. Plusieurs choix. Je pourrais bien vous laisser partir d'ici, rejoindre Narnia ou les cachots, ou bien vous garder avec moi. Je ne compte pas vous laisser partir, mais ça vous avez du le remarquer. Avez vous conscience des choix que vous avez à prendre de votre côté ? »


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Susan Pevensie
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MessageSujet: Re: « La passion s'accroît en raison des obstacles qu'on lui oppose. »   Mar 17 Déc - 1:42


J’avais encore l’impression de sentir ses lèvres sur les miennes et mes joues devenues assez chauds je me rendais compte que je rougissais de gêne ou peut être de honte. Ce qui s’était passé était vraiment étrange et au vu du regard d’Edwin, je pouvais comprendre qu’il était tout aussi étonné de ce revirement de situation. Le début de soirée s’était passé dans un climat de haute tension, nos propos étaient destinés à faire mal à l’autre. Puis, tout avait basculé si rapidement que je me rendais compte à peine maintenant de ce qui s’était passé. J’avais voulu partir, Edwin voulait me retenir, nos auras magiques semblaient s’être attirées l’une vers l’autre tel deux aimants et puis il y a avait eu ce baisé et ces sensations. Ce que j’avais ressenti restait encore encré dans ma mémoire et dans ma chair. Ce fut tellement étrange, tellement … inattendu. Percevait-il tout le monde avec ce regard si arrogant, si puissant ? J’avais été tellement surprise que j’en perdais mes mots. Croisant le regard du roi telmarin, je compris que lui avait ne savait pas vraiment comment agir ou quoi dire. J’attendais une réaction de sa part mais peut être était-ce à moi de parler la première. Mais pourquoi ? Toutefois, me faire embrasser était une chose que je n’avais pas connu depuis de longues semaines maintenant. C’était donc ici, dans les appartements d’Edwin Petterson, mon ennemi, mon bourreau, que je rendis compte à quel point Jace me manquait. J’avais été égoïste pendant ces quelques semaines en pensant uniquement à ce qui pouvait m’arriver, à me ressasser les évènements de la soirée dans la tête en me demandant si finalement j’avais fais le bon choix. Je m’étais senti si seule mais à présent, le vide dans mon cœur m’apparaît comme logique, je mettais enfin un nom sur cette peine que je ressentais chaque secondes : Jace. J’aurais donné n’importe quoi pour le retrouver et ne plus vivre avec cette douleur déchirant mon cœur. J’aurai donné n’importe quoi, même ma magie si il fallait. Mon cœur ne pouvait battre sans sa présence et je n’étais plus qu’une âme dans un corps vide, mon existence ne signifiait plus rien sans lui car après tout, lui seul réussissait à donner un sens à ma vie. Presque instinctivement, mon regard se posa sur ma bague de fiançailles, seule chose que j’avais pu garder.

Je fus tirée de mes pensées douloureuses lorsque Edwin s’éloigna pour se diriger vers la fenêtre. Je sentis mon corps se détendre et doucement je me décollais de la porte, arrangeant nerveusement les volants de ma robe. Quand il reprit la parole, il sembla qu’il mettait des mots sur ce que j’avais pensé quelques minutes plus tôt. J’eu un pincement au cœur mais ne fit mine de rien. Je décidais de ne pas répondre, après tout, que vouliez-vous répondre à ça ? Cependant, quand je le vis se retourner, je fixais mon regard dans le sien. Ses paroles me surprises et je ne pus cacher un froncement de sourcils. Ainsi, il voulait me faire passer pour morte aux yeux de tous et me prendre pour épouse. Je savais qu’il venait d’inventer cela, car ce n’était absolument pas logique et il ne pourrait garder ce secret bien longtemps. « Je suis fiancée Edwin. A quoi bon faire une telle chose, puisque mon cœur ne vous appartiendra jamais ? Et même si cela peut représenter un amusement, je suis sure qu’à la longue, vous vous lasserez de me torturer. » Je ne savais pas si ce que je disais sonnerait comme la vérité à ses oreilles mais en même temps, je devais lui montrer que je n’étais pas une marchandise qu’on prend ou qu’on jette selon son envie. J’étais une reine et je pouvais décider seule de mon destin !

Finalement, Edwin se rapprocha de nouveau de moi mais s’arrêta à mi-parcours pour prendre une pomme. Son regard s’attarda sur le fruit pendant qu’il reprenait la parole. Ces paroles étaient dures mais étranges … Il se désignait lui même comme un être vil et cruel, m’indiquant que je faisais face à un usurpateur. Mes sourcils se froncèrent pendant que mon regard devenait plus sombre. Je n’aimais pas entendre de telles paroles, même si elles venaient de mon ennemi. Il finit par reposer son regard sur moi et reprit la parole. C’était de plus en plus étrange … Il disait m’avoir capturé car je l’intriguais, que j’étais son élue. Etait-il le mien ? Je crois que oui si on suit la logique des choses. Il s’était maintenant complètement rapproché de moi et il en profita pour mettre une main dans mon dos pour me faire avancer vers son lit. Il m’indiqua de m’asseoir, ce que je fis non sans une hésitation dans le regard. Il était debout devant moi et continuait de parler. Voilà que maintenant il se posait des questions sur nos dons respectifs, nos choix, sur sa façon d’être vu par mon peuple. Serait-il en train de se confier à moi ? Nos échanges d’auras avaient-elles fait réagir le roi telmarin ? Je n’osais l’interrompre tellement j’essayais d’enregistrer les dures paroles qu’il tenait. Il évoquait les différences entres nous et il avait tout à fait raison, j’écoutais plus mon cœur que la raison et cela était peut être une mauvaise chose. Quand il eu finalement terminé son discours, il me laissa sur une question lourde de sens en me tendant la pomme. Mon regard se perdit dans le vide. Qu’avais-je réellement comme choix ? Essayer de négocier et me battre pour ma liberté et celles des autres ? Inutile. Rester digne et ne pas le supplier, préférant rester dans les cachots pour une durée indéterminé ? C’était déjà la réalité. Finalement, j’étais très limitée en choix.

Mon regard se posa sur la pomme et je levais les yeux vers Edwin. « Dans mon monde il existe une histoire à propos d’une sorcière offrant une pomme empoisonnée à une princesse car elle était jalouse de sa beauté. » Je fus si étonnée d’évoquer le conte de Blanche Neige dans un moment pareil que je ne pus retenir un rire. Cela me faisait du bien de rire un peu et ceci du s’entendre dans mon rire. « Pardon … c’était vraiment hors du propos. » Dis-je en calmant doucement mon rire. Laissa pourtant toujours un sourire flotter sur mon visage, je pris la pomme entre mes doigts et finis par croquer dedans. Je repensais alors aux paroles d’Edwin un peu plus tôt et mon sourire s’effaça doucement. Comment pouvait-on être aussi dur avec soi même ? Ce fus ainsi à me tour de me lever et seul le bruissement de ma robe sur le sol brisa le silence. Je me plantais alors devant la fenêtre, le regard perdu dans le vide et la noirceur de la nuit. C’est à cet instant que je cessais de trop réfléchir et laissais mon cœur s’exprimer. « Vous savez Edwin, je ne puis vous laisser parler de vous de la sorte. Vous n’êtes pas un homme vil, cruel, vous n’êtes pas un usurpateur, un tortionnaire, un être mauvais. Le Bien et le Mal apparaissent si différemment selon les personnes. Comme vous dites, les gens de mon peuple peuvent vous voir avec cette image méchante, alors que les gens de votre peuple voient plutôt un homme qui essaie de redonner un meilleur aspect au royaume de Telmar. Ce qui diffère de vous et moi ce sont en effet nos choix mais cela ne doit pas définir si vous êtes un homme bon ou non. » Je me tus un instant, posant une main sur la fenêtre froide, la caressant du bout des doigts. « Je ne pense pas que nous devrions nous voir comme les parfaits opposés l’un à l’autre. Non je pense plutôt que nous sommes … » Je laissais retomber ma main avant de me retourner complètement vers lui pour poser mon regard plein de maturité et de sincérité dans le sien. « … complémentaire. Le Bien et le Mal sont-ils vraiment deux opposés ? Je conçoit plutôt cela comme une profonde complémentarité. En effet, il ne peut exister un monde trop parfait, trop bon. La nature aime l’équilibre et la magie aussi. Si il y a une chose que j’ai apprise depuis mon arrivée à Narnia c’est qu’un monde ne peut pas être tout bon ou tout mauvais. Si il y a trop de bonheur alors la magie doit agir pour rétablir l’équilibre, apportant ainsi une dose suffisante de malheur. Toute chose doit reposer sur un équilibre pour rester stable. Le Bien et le Mal ne sont que des poids sur la balance. Nous sommes comme le jour et la nuit, l’été et l’hiver, la chaleur et le froid. Tout semble nous opposer, et pourtant. L’ombre ne peut exister sans lumière et la lumière ne peut briller que si il y a de l’ombre. » Je m’arrêtais doucement de parler, laissant Edwin s’imprégner de cette pensée, mon regard plongé dans le sien. Devrais-je me sentir mal à l’aise de parler si aisément ? Non, je ne voulais plus me voiler la face et cette fois, la première fois depuis le début de la soirée, c’était mon cœur qui parlait, affirmant une vérité que je m’étais faite à moi même.

Lentement je lui tournais le dos pour me diriger vers un bureau non loin du lit. Je pris un parchemin et prenant un peu d’encre, je posais la pointe de la plume avec douceur sur le papier. « Lumière et Ombre sont les deux éternelles voies du monde. » Je reposais la plume avec délicatesse et m’approchais d’Edwin, lui tendant le parchemin sur lequel était dessiné un symbole de mon monde : le Yin et le Yang. « Voyez, la lumière et l’ombre font parti d’un seul tout. Chacune de ses parties renferme les qualités de la partie complémentaire. Elles ne peuvent être séparées. En chaque être se trouve une part de lumière et une part d’ombre, dans un mouvement perpétuel. Ce tout, c’est l’harmonie. Le principe de base régissant n’importe quel monde. » Je posais à nouveau mon regard dans le sien et un sourire doux finit par s’afficher sur mon visage. « Voilà ce que nous sommes Edwin, les deux facettes d’une même pièce, les deux êtres devant apporter l’équilibre, l’harmonie au monde … »

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'cause I'm just one of those ghosts, travelling endlessly. Don't need no road, in fact they follow me. And we just go in circles. Now I'm told that this life and pain is just a simple compromise so we can get what we want out of it. Someone cared to classify, a broken heart and twisted minds, so I can find someone to rely on.
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Edwin G. Petterson
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MessageSujet: Re: « La passion s'accroît en raison des obstacles qu'on lui oppose. »   Mer 8 Jan - 17:32

    Oh, elle était fiancée, vraiment ? Comment ce détail avait-il bien pu m'échapper... ah oui, j'avais fait preuve d'ironie. L'avantage qu'il y avait avec les gentils, c'était qu'on pouvait leur faire croire n'importe quoi si on y mettait un peu de conviction et que la situation s'y prêtait. Je n'avais aucunement l'intention de l'épouser, j'étais déjà marié. Même si mon mariage avec Kyara n'était pas vraiment ce que j'espérais et que j'avais plus tendance à préférer passer mon temps libre avec Ancagalon, je me gardai bien de le faire savoir aux autres. Je ne pris pas la peine de lui répondre, de toutes façons elle semblait avoir plusieurs choses à me dire. Elle aborda l'histoire d'une sorcière et d'une pomme, que j'avais un peu de mal à comprendre... mais si cela la faisait rire, tant mieux pour elle. Demeurant impassible, je haussais les sourcils avant de l'observer croquer dans la pomme. Elle n'avait pas peur qu'elle soit empoisonnée en tous cas... Je n'avais aucun intérêt à le faire de toutes façons, elle m'était plus utile vivante.

    Peu après, son sourire s'effaça et bien que mon envie soudaine de changer d'expression était tentante, je n'en fis rien. Je désirais entendre ce qu'elle avait à dire. Qu'est-ce-qui avait bien pu lui faire perdre cette joie soudaine ? Lorsqu'elle rouvrit la bouche, je ne pus m'empêcher de rire intérieurement, mais je n'en fis rien transparaître. Les gentils... quelles charmantes créatures, cherchant toujours la part de bonté chez les autres et pensant qu'ils sont capables de tout, même de pouvoir guérir tous les maux et j'en passe. Le problème à vrai dire, c'est qu'elle croyait que je me dénigrais et semblais souffrir, alors que c'était tout le contraire. Tout n'était que pur sarcasme, je ne me sous-estimais absolument pas. Cependant elle avait raison, le bien et le mal n'étaient pas identiques selon les points de vue des différents individus. Je me détournais également d'elle finalement, me rapprochant de ma table de chevet où se trouvait un couteau caché dans le premier tiroir. Je caressais du bout des doigts ce petit meuble tandis que Susan continuait de parler.

    Certes, elle avait raison sans doutes. A propos de notre complémentarité et de ces exemples dont elle parlait. Elle se dirigea alors vers mon bureau et durant ce court instant, je récupérais discrètement le couteau qui se trouvait dans mon tiroir, le dissimulant dans l'une de mes bottes. Je la rejoignais enfin, afin de voir ce qu'elle osait faire avec mes affaires. Elle me montra alors un symbole circulaire avec une partie noire et une partie blanche. Je ne connaissais rien de son monde, mais je devais admettre qu'il m'intriguait assez.
    « Vous devez avoir raison, nous sommes complémentaires d'un point de vue universel je pense. Mais je pense aussi que vous vous trompez ; voyez vous, certaines personnes sont dépourvues de cette part de bien ou de mal en elles. Regardez nous. Vous êtes l'élue qu'à choisi Aslan si j'ai bien compris, pour éclairer ce monde, l'illuminer. Moi j'ai été choisi par Tash. Il m'a élu pour assombrir ce monde, le pousser dans les ténèbres. Nous n'avons pu être choisis au hasard, nous ne l'avons pas été. Nous sommes tout de même opposés en tant qu'être humains. »

    Je pris la main de Susan, l'attirant vers son siège à table, et poussait sa chaise pour qu'elle y prenne place. Je ne partis cependant pas à ma place, préférant rester derrière elle, posant mes mains sur les accoudoirs de l'objet sur lequel elle était assise. « Vous n'avez pas comprit mes dires tout à l'heure d'ailleurs. Je n'ai aucunement l'intention de vous prendre pour femme, pas plus que je ne me considère comme un usurpateur. Je suis marié et vous êtes fiancée, je n'ai aucun intérêt à vouloir une autre femme. De plus, vous avez choisi votre cher Jace par amour, tandis que j'ai pris Kyara par intérêt. Nous sommes opposés. Nous n'agissons pas pour les mêmes raisons car même si nous pouvons tenter de comprendre l'autre, nous n'avons vraiment le besoin de le faire. » Je marquais une pause, pour poser le regard sur Susan, condamnée à être dos à moi. Elle tentait de me prouver que nous étions sur un pied d'égalité, tandis que je lui prouvais que ce n'était pas le cas. Je prouvais cela inconsciemment, en la faisant s'asseoir et en restant debout, derrière elle. Elle pouvait bien penser ce qu'elle voulait, elle n'en demeurait pas moins ma prisonnière...

    « Quant au fait que je disais que vous me preniez pour un usurpateur, ais-je totalement tord ? Dites moi. Persuadez moi ! Mon seul regret vis-à-vis de Telmar est de ne pas avoir tué Caspian et ses fidèles lorsque j'ai pris le pouvoir. C'est fragile, vous savez. Le pouvoir. Regardez les frères Eshbaan. Regardez Caspian et moi-même. Ou bien encore Liam et son prédécesseur. L'ambition, les opportunités ou bien encore le droit du sang peuvent ouvrir bien des portes. Tuer celui qui nous précède pour prendre sa place, saisir cette « chance » que l'on guettait en vain pour frapper au moment opportun ou profiter de la confiance des siens pour saisir le moyen de monter sur le trône au plus vite... voilà, j'ai cependant une question pour vous. Si Yoren trouvait un moyen de revenir de son exil... s'il s'emparait du trône qui lui revient de droit, que feriez vous ? Retenteriez vous quelque chose contre lui ? Vous voyez, le problème avec Liam, Yoren ou bien encore moi, c'est que vous n'avez pas la possibilité de préméditer nos réactions ou bien encore nos actes. »

    Je finis par me déplacer pour faire de la place sur la table, juste devant elle afin de m'asseoir face à elle, bien que je restais toujours au-dessus. « Alors que Jace, Edmund et tous les autres dirigeants dont vous faites partie... vous êtes si prévisibles. Vous agirez toujours pour faire ce qui est « bon ». Vous pourriez vous sacrifier pour ceux que vous aimez, pour votre peuple. Vous ne cherchez pas la vengeance. Vos intentions sont pures, pacifiques et louables. Pas comme les nôtres. Là encore, nous sommes différents. Vous les « gentils » vous êtes à peu près tous les mêmes. Nous les « méchants » nous sommes tous différents. Nous avons des points communs mais nos intentions sont différentes, nous n'agissons pas de la même manière. Mais dans tous les cas, vous, vous désirez voir le monde en paix et nous, nous avons tendance à le voir flamber. Enfin, c'est une image... comme je l'ai dit précédemment, Liam, Yoren et moi sommes différents. L’aîné des Eshbaan est peut-être mon meilleur ami mais nous ne dirigeons pas de la même manière. Cela ne nous empêche pas d'être alliés et de nous apprécier. »

    Je marquais une pause, attrapant une pomme sur la table et croquant dans celle-ci, prenant le temps de la savourer un instant avant de reprendre en la regardant droit dans les yeux avec un air sérieux et dégoûté. « Un gentils et un méchant ne peuvent le faire. Deux gentils, oui. Deux méchants, uniquement s'ils sont alliés. Et si vous vous avisez de répondre que vous et moi pourrions nous entendre, vous vous trompez. Visiblement, même si vous avez eu votre petite idylle fort touchante avec Caspian qui ne sait sans doutes plus s'il est bon ou mauvais, cela ne change rien. Les seuls à avoir pu s'entendre malgré tout et à être pareils et différents à la fois... ce sont Yoren et moi. Et vous l'oubliez peut-être, mais vous n'êtes pas ici parce que je voulais avoir l'honneur de manger avec vous en tant que reine ou élue. Vous êtes prisonnière de ce château. Ici votre titre, votre rang, vos pouvoirs et votre don ne vous serviront à rien. Vous avez participé à l'exil d'un empereur qui dirigeait convenablement son royaume. Vous vous êtes mêlez de ce qui ne vous regardait pas. Ce soir, vous allez donc avoir un avant goût du sort que je vous réserve durant les prochains mois. »

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MessageSujet: Re: « La passion s'accroît en raison des obstacles qu'on lui oppose. »   Aujourd'hui à 3:14

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« La passion s'accroît en raison des obstacles qu'on lui oppose. »

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