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 The once and future king - Edwin

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Yoren Eshbaan
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MessageSujet: The once and future king - Edwin   Lun 2 Sep - 1:33

The once and future king.
edwin & yoren
Assis sur le rebord de sa fenêtre, Yoren tenait dans sa main un parchemin abimé par les lectures, relectures et froissements. Le regard perdu dans le vide, l’ancien Tisroc ne prêtait pas attention à la foule qui s’amassait dans la cour autour du bûcher fraîchement érigé. Non loin de là, son petit déjeuner était resté intact sur la table. Son regard se reposa, une fois encore, sur la feuille froissée. Il en connaissait chaque mot, chaque ponctuation, chaque courbe. Une lettre écrite à la hâte, remise à une esclave puis repassée de main en main jusqu’à ce qu’elle arrive entre celles de Yoren. Il avait d’abord cru à une mauvaise blague, puis à un piège de la part de son jeune frère avant de comprendre que tout ce qui était écrit était vrai. On ne peut plus vrai. Vitani, et probablement Riwal, avait été arrêté et jeté aux fers par les sbires de Soren. Pour trahison semblait-il. Leur seul crime étant d’être demeuré aux côtés de Yoren malgré l’exil, malgré la prise de pouvoir de Soren. ‘L’amour est une faiblesse. On sacrifie sa liberté pour l’amour. Ce n’est qu’une attache matérielle qui bouleverse notre esprit’ c’est ce que Yoren avait coutume de dire. Et aujourd’hui, il se rendait bien compte qu’il avait raison. Vitani et Riwal… C’était comme si Yoren s’était vu arraché son cœur et son bras. À nouveau Yoren froissa, de rage, le parchemin et le lança au sol quand, soudain, quelqu’un frappa à sa porte. Froidement, Yoren indiqua à cette personne d’entrer. C’était l’un des esclaves du palais. L’esclave qu’il avait pour habitude de voir chaque matin depuis son arrivée à Telmar. Celui-ci, tête baissée, entra dans les appartements de Yoren  et s’attela à débarrasser la nourriture qui trônait sur la table après s’être assuré que l’ancien Tisroc ne mangerait pas. Yoren le jaugeait, l’air dédaigneux, sans aucune compassion dans les yeux. Il se doutait que cet esclave allait profiter de ce petit-déjeuner une fois la porte refermée, il avait envie de lui dire de le jeter dans la corbeille, sous ses yeux pour ne pas que ce serf mange le repas qui était dû au Tisroc déchu. Mais il n’eut pas le temps de s’offrir ce luxe. L’esclave personnel du roi Edwin toqua à la porte et invita Yoren à le rejoindre. Yoren haussa un sourcil et se rapprocha de l’esclave. « Mon roi m’envoie pour vous prévenir qu’il souhaitait vous voir au plus vite dans ses appartements ». Et, après un léger signe de tête, Yoren ordonna aux deux serfs de quitter la pièce. Il n’avait vraiment aucune idée de ce que voulait Edwin. Cela devait être suffisamment important pour que ça ne puisse pas attendre le conseil de l’après-midi et qu’il envoie son esclave personnel pour faire la commission. Le brouhaha incessant de la cour lui parvint soudain aux oreilles. Le visage crispé, il se rapprocha à nouveau de la vitre et remarqua alors la foule et le bûcher qu’il avait auparavant ignoré. Peut-être qu’Edwin voulait que Yoren l’assiste sur le balcon royal lors de l’exécution ? Cela ne serait pas étonnant après tout… Et il ne voyait pas d’autres explications car Edwin n’était pas encore au courant de l’emprisonnement de Riwal et Vitani. Yoren enfila alors son pantalon et un surcot mi-long rouge aux broderies bleues foncé qu’il rehaussa d’une ceinture. C’était une tenue noble de cérémonie qu’il s’était vu offrir lors de son arrivée à Telmar. Il s’apprêtait à quitter la pièce lorsque son regard se posa sur cette fameuse lettre. Il la ramassa alors et la rangea dans une de ses poches intérieures. Personne ne devait la trouver, pas même un esclave.

Les appartements du roi Edwin se trouvaient à seulement quelques pas de celui de Yoren. Aussi, ce dernier se retrouva rapidement devant la porte de son meilleur ami. Il frappa alors brièvement puis ouvrit la porte. Edwin se tenait là, debout, tournant le dos à Yoren, revêtit de son habit royal. Tout y était, la cape rouge, la couronne ornée… Il ne tarda pas, cependant, à se tourner vers Yoren. Et à l’instant même où son regard croisa celui de Yoren, ce dernier comprit vite que ce qui allait suivre serait de la plus haute importance, que cela allait probablement être grave. L’ancien Tisroc resta un instant dans l’encadrement de la porte, à regarder son ami ainsi vêtu. C’était l’un des seuls hommes qu’il respectait, qu’il aimait et qu’il admirait à la fois. Yoren avait trouvé en Edwin un frère, un ami et bien plus. Les deux hommes se complétaient de par leurs différences, leurs âmes s’étaient en quelques sortes trouvées dès lors qu’ils s’étaient rencontrés pour allier Calormen à Telmar. L’empire Telormen avait notamment été le fruit de cette entente si parfaite.
Mais alors que Yoren s’avançait vers son ami, il prit conscience que cet homme représentait l’une de ses trois faiblesses. Vitani, Edwin, Riwal. Deux d’entre eux étaient déjà entre les mains de Soren. Qu’allait-il advenir d’Edwin ? Nul ne saurait décrire ce que ressentait Yoren à ce moment là. Il le haïssait. Il haïssait tellement son frère. Il voulait le voir souffrir, il voulait le voir mort. Il voulait que plus rien ne puisse arriver aux trois seuls êtres qu’il aimait. Aussi, Yoren se promit à l’instant même qu’il ne laisserait Edwin quitter le château sans lui. Qu’il le protégerait, bien qu’il n’en ait nullement besoin. Yoren secoua la tête, comme pour se remettre les idées en place. Il ne devait pas penser à cela maintenant. Edwin était en sécurité pour l’instant mais surtout, il avait visiblement quelque chose à lui annoncer. Yoren empoigna alors la main d’Edwin et inclina légèrement le visage, en guise de bonjour.

- Edwin. Tu as demandé à me voir mon ami ?

Yoren afficha alors une mine grave et inquiète. Il pensait à la lettre, à son frère, à l’avenir d’Edwin et son propre avenir. Tout semblait soudain si… Incertain.
           
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Edwin G. Petterson
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MessageSujet: Re: The once and future king - Edwin   Lun 9 Sep - 3:42

Le pouvoir, ah mes amis, si vous en saviez le prix ! C'est la mort qui vous sourit, l'éternité dans une vie ! Et quand je rends la justice ; la vertu contre le vice, c'est le père qui parle au fils : je commande, ils obéissent. Le pouvoir, ça se mérite, on le prend, ou on l'hérite et le jour où on le quitte, alors on construit son mythe. Le pouvoir ça brûle en vous, le pouvoir ça vous rend fou, le pouvoir on s'y cramponne et quand il vous abandonne... on en meurt.
The Once And Future King
Son regard perçant et menaçant rivé sur moi à travers les barreaux de sa cage, je me tenais droit, soutenant son regard. J'aurai pu faire ça durant des heures, mais j'avais mieux à faire. Je ne pouvais pas me permettre de regarder intensément quelqu'un qui avait tenté de tuer l'un de mes hommes qui avait tenté de me protéger de cette jeune femme. Oui, car ce n'était pas un homme, ce n'était pas même une femme d'un âge mûr. C'était une ennemie. Elle n'était même pas telmarine. D'après ce que j'avais pu recueillir, elle était archenlandaise et visiblement proche de la cour royale et de sa majesté des mouches, le grand, le magnifique Jace Deynor ! Elle savait aussi pour mes origines. Je savais comment ce type d'individus me considérait, j'avais à vrai dire, sans doutes autant d'ennemis que n'importe quel autre souverain. Ce n'était juste pas pour les mêmes raisons. Je n'avais rien à me reprocher après tout, et je n'avais pas échoué moi au moins, contrairement à Caspian, en ramenant des morts la Sorcière Blanche. Moi j'avais fait prisonnière la reine de Narnia, même si je l'avais... échangée. Mais je savais ce que je faisais, et je ne regrettais pas ce que j'avais fait.

Tout ça, ça s'est passé hier. La capture de la prisonnière, sa condamnation à mort. J'avais demandé à ce que le bûcher soit prêt au petit matin, aux premières lueurs du jour. J'avais fait un tour dans les appartements de Kyara avant de retourner dans les miens, puis je m'étais tourné vers mon valet. J'avais quelque chose d'important à faire, je ne l'avais pas encore fait mais cela ne pouvait plus attendre. Je préférai m'y prendre maintenant... peut-être n'aurais-je plus l'occasion de le faire plus tard. « Préviens Yoren que je dois lui parler, et que j'ai besoin de le voir dès qu'il sera disponible. » Je fixai le jeune homme sortir de la pièce en toute hâte après s'être incliné devant moi, puis je me préparai. Je n'aurai qu'à me rendre sur le balcon et à regarder la prisonnière attachée au bûcher, n'ayant qu'à donner l'ordre au bourreau d'allumer le brasier dans la cour du château. Mais si possible, je le ferai en ayant mon ami à mes côtés. Il n'était peut-être pas au courant de ce qu'il se passait, mais ce n'était pas important. C'était mon royaume, mon peuple et ma responsabilité, pas la sienne. Nous devions d'ailleurs parler aussi de son ascension au trône...

Une fois fin prêt, je projetai mon regard sur ma couronne. Je ne l'avais pas encore mise, j'attendais un peu avant de la mettre. Viendrait-il dans les minutes à venir, dans la matinée ? Après tout... il n'avait sans doutes pas de grands projets pour la matinée, il m'en aurait sûrement parler sinon. Nous étions trop proches pour nous dissimuler ce genre de choses... puis j'entendis la foule arriver, sans doutes en train de se rassembler autour du bûcher. Je pris une longue inspiration, bombant le torse et me tenant bien droit, puis expirais lentement, attrapant ma couronne et la posant sur le sommet de mon crâne. Je me rapprochais ensuite du balcon, mais préférai attendre encore un peu, juste au cas où. Puis j'entendis quelqu'un frapper à la porte avant de sentir que celle-ci s'ouvrait. Il était là. La question était maintenant de savoir comment j'allais amener le sujet... cela devrait attendre un peu, je ne pouvais pas l'annoncer d'entrée de jeu évidemment. Je me tournai alors vers mon meilleur ami avec un air sérieux, constatant que lui aussi semblait avoir quelque chose à me dire. Oubliant alors ce qui m'entourait, je me rapprochais de Yoren, inquiet et alarmé.

Mais je ne pouvais pas le questionner immédiatement, aussi j'attendrais un peu. Je serrais sa main en inclinant légèrement la tête également pour le saluer.
 « Oui, si tu n'as rien de prévu ce matin, j'aimerai te garder ici le temps qu'il faudra. Je crois que nous avons besoin de parler, seul à seul. » Je faisais allusion aux gens de la cour, les nobles, les domestiques, etc. Il y avait toujours trop de monde autour de nous, mais ici nous serions tranquilles, nous pourrions parler librement, personne ne nous écouterait. Et quiconque entendrait note conversation devrait en payer le prix qui leur était par avance réservé. Je ne tolérerai aucune fuite, aucune oreille indiscrète et aucun traître. J'en avais bien assez autour de moi chaque jour pour m'encombrer plus encore... c'était l'une des raisons pour lesquelles je me sentais si bien avec Yoren. Nous étions plus ou moins pareils, jusqu'ici, je dirais même qu'il était mon âme-sœur. Autant je n'avais aucun sentiment amoureux pour ma femme et n'avais pas plus envie que ça de la voir chaque jour, surtout après avoir remarqué qu'elle avait comme qui dirait du mal à tomber enceinte depuis tout ce temps...

Mais cela n'avait plus aucune importance, je n'allais pas non plus la violer chaque soir en espérant qu'elle finisse par porter mon enfant. Je n'avais pas souvent partagé son lit, car je sentais que cela ne servait à rien. Pourtant elle disait avoir été élevée pour être reine... il semblait que cela ne suffise pas à accomplir ses devoirs matrimoniaux et royaux. Mais qu'importe... au moins je pouvais compter sur mon meilleur ami pour être là. Bien qu'au fond, il était dans mon château, mais je savais que si la situation avait été inversée, il m'aurait aussitôt accueilli dans son palais à Tashbaan. Yoren était l'un des rares êtres vivants auxquels je tienne vraiment. C'était plus particulièrement lui et mon dragon, bien qu'il y ait aussi les telmarins. Il y avait Ange aussi, étroitement, mais... Yoren demeurait la seule personne en qui j'avais une confiance aveugle. Jamais il ne me trahirait, et jamais je ne ferais quoi que ce soit contre lui. J'avais en partie capturer la reine des ploucs et la fiancée de sa majesté des mouches pour leur faire payer son exil. Ce n'était pas équitable évidemment, mais elle avait bien été affaiblie et j'avais veillé à sa torture psychologique durant son petit séjour ici. Elle s'en souviendrait assurément pour le reste de sa vie...

Je fis signe à Yoren de m'accompagner sur le balcon, l'heure étant venue. Je croisais les mains, me tenant toujours bien droit et j'observais silencieusement la prisonnière arriver de l'autre bout de la cour, guidée par les gardes. La foule semblait heureuse de voir un tel spectacle. Sans quitter la condamnée des yeux, je repris la parole.
 « Tout ceux qui se dressent sur notre chemin et qui essaient de nous empêcher d'accomplir ce que nous avons à faire doivent mourir. Rien ne doit être laissé au hasard, lorsqu'on laisse un obstacle derrière nous en pensant l'avoir semé, il finit par se remettre devant nous pour nous barrer la route un jour ou l'autre. » Je restais calme, bien que la haine et le dégoût me prirent à la gorge comme un animal affamé se jette sur un morceau de viande. J'avais dit tout ça sur un tond froid et sans avoir quitté des yeux l'un de ces fameux obstacles. Si cela ne tenait qu'à moi, je pourrais bien tomber sur le principal traître qui se pavanait dans mon château en ce moment même. Je pourrais bien le tuer de mes propres mains, mais quelque part, un obstacle beaucoup plus gros m'en empêchait. Mais tôt ou tard, je réparerai mes erreurs, et je m'en débarrasserais. Peu importe si cela devrait se dérouler dans dix ans, je le ferais.


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Yoren Eshbaan
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MessageSujet: Re: The once and future king - Edwin   Dim 8 Déc - 23:30

The once and future king.
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Il ne savait pas encore pourquoi mais l’atmosphère au sein de cette pièce était pour le moins tendue, comme si chacun d’eux présageait ce qui allait se dérouler, sans pour autant en être sûr. L’ancien Tisroc connaissait le roi comme personne et, en un seul coup d’œil, il avait compris que quelque chose n’allait pas. Ou du moins, que quelque chose allait changer aujourd’hui. En bien ou en mal, il n’aurait su dire. Mais une chose était sûre ; il en aurait rapidement le cœur net. Aussi, Edwin ne tarda pas à répondre à la question de Yoren. Il avait en effet demandé à le voir tout en précisant qu’ils devaient se parler seul à seul et que cela durerait probablement une bonne partie de la matinée. Cela ne pouvait donc réellement pas attendre le conseil de l’après-midi. Un court instant, le calormène eut envie de questionner le telmarin sur ce qui semblait tant le tracasser, de presque le secouer pour obtenir cette réponse mais surtout, pour trouver une solution au plus vite ; pour lui, pour son ami. Car chaque problème avait une solution. Cependant, il ignorait encore la nature de ce problème, si problème il y avait. Mais il ne fût rien, se contentant de répondre calmement.


- Je crois aussi, dit-il en s’assurant furtivement que le parchemin dans sa poche intérieure n’était pas tombé. Une chance pour toi, j’ai laissé temporairement l’intendance de gouverner mon royaume à mon cher petit frère. Je suis donc libre comme l’air ce matin.


L’heure n’était pas au sarcasme, il le savait mais maladroitement, Yoren essayait vainement de faire disparaitre la tension naissante. Car au fond de lui, il devait admettre qu’il paniquait presque. Il venait d’apprendre l’emprisonnement de Vitani et de Riwal et ce qu’avait à lui annoncer Edwin ne pouvait pas être une coïncidence. S’il avait été un fervent croyant, il aurait senti le poids du destin sur ses épaules, pensant que le sort s’acharnait sur lui ; que la fatalité allait s’abattre sur lui pour lui faire payer ses crimes et sa soi-disant méchanceté. Mais par chance, il ne croyait pas en la destinée. Il n’y avait jamais cru. Jamais il ne laisserait quiconque décider de son avenir, pas même une puissance divine. Il avait toujours affirmé que jamais il ne se laisserait tomber dans l’illusion de la fatalité et ce n’est pas aujourd’hui qu’il changerait son leitmotiv. C’était sa ligne directive, depuis son plus jeune âge. Il était déterminé à choisir sa vie. Le Tisroc ignorait pourquoi il songeait à ça, en ce moment même, alors qu’il s’avançait vers le balcon, comme son ami le lui avait demandé. Il avait seulement acquiescé d’un signe de tête. Un esclave avait accouru, ouvrant à la hâte la porte fenêtre et était reparti aussi vite. Yoren l’observa avec un regard empli de dédain puis emboita le pas à son ami. L’air dehors était frais et un soleil timide scintillait dans le ciel. Le calormène frissonna. Il ne faisait pas réellement froid mais il était habitué à la chaleur de Calormen, de son pays. Il était on ne peut plus reconnaissant envers Edwin de l’avoir hébergé à Telmar, de l’aider et de le protéger mais son pays lui manquait, terriblement. Yoren était resté en retrait derrière son ami. Son regard se balada brièvement parmi la foule qui était plus nombreuse que tout à l’heure. Ils avaient l’air heureux. Heureux d’assister à un tel spectacle et heureux de voir leur roi. Mais les acclamations virèrent aux hués quand la prisonnière fît trainée de force vers le bûcher. Le peuple semblait haïr cette femme. Il la haïssait car leur roi la haïssait. Yoren afficha un demi-sourire et écouta son ami parler à la condamnée. Il était fier de lui. Fier de son ami, fier de l’homme et fier du roi qu’il était. Il méritait ce trône, cette couronne et ce peuple. L’ancien Tisroc croisa ses mains dans son dos, il trépignait presque d’impatience à présent. Edwin ordonna au bourreau d’enflammer le bûcher. Celui-ci s’approcha alors avec une torche et le feu commença à se répandre parmi les bûches. À cet instant, Yoren posa son regard sur la femme ligotée, un sourire machiavélique aux lèvres. Il voulait que les derniers visages qu’elle voit soit celui d’Edwin et le sien. Il voulait qu’elle comprenne qu’elle ne devait pas se dresser devant le chemin d’Edwin. Le Tisroc déchu avança de quelques pas, de façon à se retrouver à à peine quelques centimètres derrière le roi.


- J’ignore ce qu’elle a fait mais tu as pris la bonne décision. C’est ainsi que tes ennemis doivent périr, sous les yeux de tous. Et n’oublie pas que je serai toujours à tes côtés pour cela.


Sur ces mots, Yoren posa sa main droite sur l’épaule d’Edwin avant de finalement ramener ses deux mains dans son dos. Le feu se propageait lentement aussi, le calormène tâcha d’éclaircir la situation.


- Dis-moi, je présume que tu n’as pas demandé à me voir uniquement pour que j’assiste à cette exécution. Que se passe-t-il ?


Il s’arrêta un instant, admirant presque le brasier.


- J’ose espérer que ce que tu as à m’annoncer aujourd’hui n’a pas de rapport avec ceci


Au même moment, Yoren saisit le parchemin et le tendit à Edwin. Et, pendant que celui-ci s’imprégnait de la lettre, l’ancien Tisroc continua


- Si ce que tu as à me dire a un rapport avec ce qui me sert de frère je… Il a déjà Vitani et Riwal. Je sais qu’il ne peut pas t’atteindre mais s’il t’a menacé je me rendrais moi-même à Calormen lui trancher la gorge. Quitte à ce que ce soit la dernière chose que je puisse faire.


Il pensait à Vitani, à Riwal enfermés tels des rats. Et cette image ne faisait qu’attiser sa haine. Un bref instant, c’est Soren qu’il vu au milieu du bûcher, à presque hurler de douleur tant les flammes le brûlait… Il ne pouvait pas atteindre Yoren lui-même mais il avait eu ses faiblesses.
Le calormène ne savait pas à quoi s’attendre mais à ce moment là, il pensait encore que cela ne pouvait pas être pire.
           
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Edwin G. Petterson
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MessageSujet: Re: The once and future king - Edwin   Dim 8 Juin - 23:39

Le pouvoir, ah mes amis, si vous en saviez le prix ! C'est la mort qui vous sourit, l'éternité dans une vie ! Et quand je rends la justice ; la vertu contre le vice, c'est le père qui parle au fils : je commande, ils obéissent. Le pouvoir, ça se mérite, on le prend, ou on l'hérite et le jour où on le quitte, alors on construit son mythe. Le pouvoir ça brûle en vous, le pouvoir ça vous rend fou, le pouvoir on s'y cramponne et quand il vous abandonne... on en meurt.
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Les flammes s'élevèrent vers le ciel tandis que la peau de cette bougresse se décomposait, grillant à petit feu dans un brasier de l'Enfer. Elle méritait ce qui lui arrivait, et j'étais heureux de voir que le peuple aussi était de cet avis. En somme, le peuple adorait voir les malheurs des autres lors des exécutions, c'était un peu comme une nouvelle attraction à chaque fois. Cependant, bien que le spectacle était attrayant et que le regard de cette petite dépravée était levé vers Yoren et que je la fixai moi-même avec un air froid, Yoren sembla s'impatienter. Il ne savait pas pourquoi il était là et il ne semblait pas à l'aise. Pas d'être là, mais il semblait être préoccupé par quelque chose qui l'avait atteint avant même d'avoir franchi le pallier de la porte de mes appartements, et j'ignorais encore de quoi il s'agissait. D'ailleurs, il me demanda la raison pour laquelle je l'avais convoqué ici, espérant que cela n'avait aucun rapport avec... une lettre. Sans bouger la tête, je baissais les yeux vers celle-ci et l'attrapait, redoutant ce que celle-ci allait m'apprendre que j'ignorai encore. Je quittais des yeux ma prisonnière pour parcourir le parchemin qu'avait reçu Yoren, comprenant enfin pourquoi il était aussi inquiet, impatient et peut-être aussi un peu sur les nerfs.

La trahison de Vitani et Riwal envers Soren avait été découverte, et ils étaient tous les deux enfermés dans les cachots du palais de Tashbaan. Ne disant mot, enroulant le parchemin et relevant la tête pour voir où en était le brasier dans la cour du château, j'écoutais attentivement ce que me disais mon meilleur ami. Je n'avais pas prévu de lui dire ce que j'avais à lui dire dans ces circonstances, pas s'il était dans cet état. Je devais cependant lui dire, mais je ne serai pas direct. Il n'allait pas supporter mes sous-entendus, mais je ne pouvais pas me permettre de lui déblatérer mon plan comme ça. Pour lui, il fallait que j'amène le sujet... en douceur. Si cela était possible, bien que la finalité en demeurerait la même.
« Soren va payer pour ce qu'il leur a fait. Pour ce qu'il t'a fait. Tout se paye un jour, peu importe qui on est et ce qu'on fait... » Moi-même j'allais m'imposer le prix de ma victoire, en déclarant ma propre défaite au monde entier. En mimant ma mort. En m'exilant dans le grand nord, sans jamais savoir si j'allais revenir, si ce que j'allais faire servirait à quelque chose et sans être près de lui lorsqu'il referait son ascension au pouvoir. Qu'il s'occuperait du cas de son frère et qu'il libérerait ses alliés. En bas, il semblait que cette petite effrontée luttait trop fort pour sa vie, et n'était pas encore morte asphyxiée ou brûlée.

Les flammes prenaient encore plus vite, devenaient plus imposantes et l'odeur de la chair humaine grillée remontait jusqu'à nos narines. Un vrai festin.
« Il faut que tu reprennes le pouvoir au plus vite, je te donnerai des hommes. Mon armée même, s'il le faut. Mes espions, ceux qui sont fidèles à mon règne ou que j'ai engagé moi, et qui me suivront partout. Je t'aiderai à planifier le jour où tu redeviendras celui que tu dois être. Soren ne sait pas gouverner, il est comme votre père. Il est faible, gentils. Toi non, et c'est pour cette raison que tu vas reprendre le pouvoir, gouverner les calormènes et montrer à tes ennemis que tu as plus de ressources qu'ils n'en auront jamais. Ils sont tous trop prévisibles, car ils sont gentils. Alors que nous, les méchants, on ne peut jamais prédire de quoi on sera capables. Toi comme moi. » Je fis une pause, appelant mon valet pour qu'il aille nous servir du vin dans mes appartements, puis je me focalisai sur le corps sans vie de la prisonnière. C'était fini, le brasier finirait par s'éteindre et seuls les impatients restaient. Pour voir le temps que le feu mettrait à cesser, où à quoi ressemblerait le corps calciné de cette traîtresse.

Finalement, je fis signe à Yoren de rentrer avec moi, et lui fis signe de s'asseoir sur l'un des sièges présent dans la pièce s'il le souhaitait. Quant à moi, je préférai rester debout. Je lui tendis le parchemin qu'il m'avait passé, puis je repris la parole.
« J'aurai du tuer Caspian pendant la guerre, avant de prendre le trône de Telmar. Mais si je l'avais fait, il n'aurait jamais tué Peter Pevensie. S'il ne l'avait pas tué, les narniens ne le haïraient pas autant qu'ils le haïssent maintenant. Il ne serait peut-être pas amnésique. Mais il ne représenterait plus une menace pour moi. Il n'avait aucun héritier, et la seule personne qui aurait pu reprendre le trône aurait été ce... Matias Ernelio. Tu sais de qui il s'agit ? Il me déteste. Je l'ai fais seigneur, espérant aussi le voir déguerpir du château, mais... non. Il vit toujours ici. Il est espion aussi. Mais je sais aussi qu'il a retrouvé son cher demi-frère qui a peu à peu retrouvé la mémoire... et ça, je ne peux pas le permettre. » Le problème, c'est qu'en disant tout ça de cette façon-là, il penserait que j'ai une idée pour me venger. Mais l'affaire était toute autre... aussi je le lui fis comprendre, le regardant cette fois-ci dans les yeux.

« Caspian va récupérer mon trône. Toi tu vas récupérer le tien. Et tu devras le faire avant que je ne mette mon plan à exécution. »

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